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mardi 9 août 2016

Daesh cible la France devenue maillon faible en Europe



DAESH CIBLE LA FRANCE DEVENUE MAILLON FAIBLE EN EUROPE

Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps
      
Al-Souri

          Abou Moussab Al-Souri, le théoricien de Daesh [1] avait tracé la voie à ses fidèles. Il avait tout prévu et tout planifié. La théorie de sa prise de pouvoir était fondée sur trois étapes. S’attaquer d’abord aux pays musulmans faibles en envahissant les centres-villes pour obliger leurs dirigeants à y organiser la répression tandis que la périphérie devenait une proie facile. 



     

          La deuxième phase s’appuyait sur les massacres d’une rare sauvagerie pour forcer les populations à rejoindre les djihadistes, les seuls à rétablir selon eux la paix civile dès lors que les gouvernements locaux auront échoué. Enfin la dernière étape est le rétablissement du califat qui s’appuie sur le rejet de la démocratie, du nationalisme et de l’Occident. Fondé sur un islam rigoriste, le califat s’installe alors dans la durée en créant les structures d’un nouvel État qui organise la vie sociale en soumettant la population par la force.


            
          
       Or Daesh, qui ne ciblait que les pays musulmans faibles comme l’Irak et la Syrie, a réorienté sa stratégie vers les pays européens  en raison des échecs qu’il a subis au Moyen-Orient. La France, devenue le maillon faible de l’Europe avec la Belgique, se trouve confrontée à une probabilité de guerre civile par manque de solidarité nationale. C’est bien la théorie d’Al Souri qui est à présent mise en œuvre en France. Il avait prôné la suppression de la «zone grise» qualifiée ainsi parce que les musulmans y coexistent avec les infidèles. Sa stratégie consiste à rendre la coexistence impossible entre les communautés de différentes religions.
            Les Français n’ont pas évalué le danger qui les entourait et, au lieu de se rassembler au-delà des clivages politiques pour faire face à un ennemi déterminé, ils se sont enfermés dans des combats pré-électoraux d'arrière-garde où l’intérêt personnel prime sur l’intérêt général. Nous sommes loin de l’atmosphère qui avait régné au lendemain des attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis lorsque le peuple entier s’est trouvé réuni en une seule entité autour de son président.
Patrick Calvar

            Les services français, avec en particulier Patrick Calvar, chef de la DGSI, sont certes alarmistes parce que c’est leur métier mais ils prennent très au sérieux le risque de guerre civile en France. L’extrême-droite se sent bafouée par ces islamistes qui veulent lui dicter sa loi et elle n’est pas loin de se lancer dans une confrontation avec tous les Musulmans, sans restriction. On l’a constaté en Corse où les militants nationalistes ont mis en garde les djihadistes du risque qu’ils prendraient à les provoquer. 

Marie Recalde
          C’est aussi l’avis de la députée PS Marie Recalde : «Les attentats visent à déstabiliser l’unité républicaine, la société française. Ils souhaitent que nous réagissions par la panique. Ils essaient de nous entraîner vers la guerre civile entre les communautés. Il y a un vrai risque. Les hommes politiques sont très inquiets. Cela fait longtemps que les forces de sécurité se préparent à des guérillas urbaines».
D’ailleurs dans les réseaux sociaux de nombreux appels circulent pour «former des milices privées» sans mesurer le risque d’une guerre de religions, sinon de civilisations. Le souvenir de l'OAS est encore frais dans les esprits. Pour certains le bulletin de vote ne suffit plus et ils veulent passer à l’action. L’attentat de Nice du 14 juillet a modifié la donne mais les Français perdent le sens des réalités par des contre-sens sur les Musulmans. Ces derniers pensent en majorité que Daesh a défiguré l’islam tel qu’ils le pratiquent et le connaissent en pointant du doigt le fait que de nombreuses victimes de Nice étaient musulmanes.
Hollande à Tombouctou

Mais il s’agit d’analyser pourquoi la France a été choisie comme terrain d’essai pour y étendre son combat en apportant son lot de malheurs. L’explication de François Hollande parait insuffisante pour ne pas dire naïve : «la France était attaquée en raison de son mode de vie et parce que c’est un pays de liberté». Il a éludé la cause la plus probable due à son implication militaire en Syrie et en Irak où Daesh était maître de la région jusqu’à l’intervention des Français. 
De ce point de vue l’attitude des Israéliens a été la plus claire, sinon la plus prudente : on ne soutient pas le régime de Bachar Al-Assad et on n’aide pas non plus les rebelles gangrenés par des djihadistes imprévisibles et sanguinaires. Mais la France a voulu se distinguer sans que l’on sache réellement l’intérêt qu’elle pouvait en tirer dès lors que les Allemands et les Anglais s’étaient désistés de leur responsabilité dans la région. L’épisode de François Hollande, héros de «Tombouctou libérée» lui colle encore à la peau. Il a cru que l’heure était encore au même lyrisme et qu’il pouvait transformer son opération en succès militaire ; mais la Syrie n’est pas le Mali. Les djihadistes ont donc voulu faire payer l’addition à la France.

            Pour ces raisons Daesh veut à présent s’attaquer à la France et à la coexistence entre communautés. Il  s’attaque aux hommes d’Église pour ensuite viser les hommes à kippa. La «fille aînée de l’Église» méritait à leurs yeux une sanction parce qu’elle symbolise toujours le colonialisme au sein du monde arabe, certes sous une autre forme plus moderne. Daesh a trouvé un vivier prospère dans les banlieues françaises peuplées en majorité de Français ce qui rend difficile la comparaison avec les immigrants des générations précédentes qui ne s’étaient jamais plaints d’avoir perdu leur dignité, ni d’avoir été systématiquement humiliés. Ils avaient misé sur une intégration réussie pour récupérer leur dignité.

Mais cela ne suffit pas à expliquer pourquoi de nombreux jeunes musulmans s’identifient aux auteurs des attentats pour ensuite les glorifier. Il est vrai que l’aspect social en France a généré du ressentiment parce que le chômage touche ces jeunes et leurs parents qu’ils n’ont jamais vu travailler. Alors ils deviennent plus sensibles aux thèses extrémistes des djihadistes au sein d’une vision de la laïcité française très spécifique que l’on ne retrouve nulle part ailleurs. En effet, dans les pays anglo-saxons, et même en Israël, la liberté de traditions et de culte est très développée. Il n’y a pas de chasse au foulard.
            Mais par paradoxe, Daesh ne s’intéresse pas uniquement aux populations défavorisées, bien au au contraire. Il puise dans le vivier des familles intégrées pour instiller son poison grâce à une propagande bien huilée. Il remet ouvertement en cause le principe de laïcité en France et arrive à créer le doute au sein de la société occidentale ; pour preuve le discours du Cardinal de Paris qui a dénoncé le «silence des élites devant les déviances des mœurs et la légalisation des déviances», allusion à la loi du «mariage pour tous» appliquée aux unions homosexuelles. L’Église, par opportunisme, semble abonder dans le sens des djihadistes à l’instar de l’archevêque de Rouen, Mgr Dominique Lebrun, qui a estimé que «en mettant les religions à l’écart, on n’aide pas. Je crois que nous sommes au bout du modèle de la laïcité qui était exaspéré ces dernières années».

            La seule réponse française à Daesh a été de s’aligner sur les préoccupations religieuses en lâchant du lest. Manuel Valls a ainsi lancé l’idée de bâtir en «urgence un véritable pacte» avec l'islam, en revoyant notamment les règles autour de ses financements étrangers. Mais il ne se rend pas compte que la publicité faite autour des djihadistes entre dans la stratégie de Daesh. En attribuant systématiquement les attentats à cette organisation, on dévoile ainsi toute sa puissance alors qu’il s’agit parfois d’un illuminé qui a simplement agi pour faire le plus de victimes. Il n’a pas compris la vision binaire de Daesh qui estime participer à une guerre de l’Occident contre l’islam parce que l’Europe est peuplée de Croisés.

            La France est le pays le plus proche du théâtre d’opérations donc plus facile à atteindre que le Grand Satan américain. La France est devenue un cible particulière facile avec des côtes mal protégées. Près de 500 jeunes français sont partis en Syrie et environ 200 en seraient revenus, ce qui représente une menace potentielle et un risque de prosélytisme accru puisque certains terroristes ne se sont jamais rendus en Syrie. En fait nous sommes au début d’un processus dramatique qui peut être difficilement résolu par la stratégie actuelle. Aux dirigeants de trouver le meilleur remède.


8 commentaires:

Anonyme a dit…

Donc, si j'ai bien compris, les coupables c'est nous.
Non, je ne suis pas d'accord, ceux qui doivent réagir, sont les musulmans qui ne veulent pas que l'on fasse d’amalgame, ils doivent faire leur guerre civile entre eux et nous montrer leur désaccord.

evy a dit…

reconnaître ouvertement que la lutte contre le fascisme n'est pas finie.
Que l'islamisme radical et raciste n'est rien d'autre qu'une nouvelle forme de nazisme habillé à l'orientale
que le silence des musulmans modérés (si cela existe vraiment) n'est rien de mieux que le silence de la masse silencieuse allemande en 1933 qui a laissé, en ne votant pas, la démocratie se faire avaler par le totalitarisme et l'hégémonie allemande.
Que la liberté de conscience et de parole sont leurs ennemis jurés, qu'ils soient français, belges ou finlandais.
Que le malheur des palestiniens est le dernier de leurs soucis mais que les juifs, eux, tous les juifs, en Israël comme dans le monde entier, sont la cible principale de leur haine viscérale contre ce peuple "non-domptable" et en éternelle "non-soumission"
reconnaître que le temps de ne pas voir ni entendre le bruits de bottes à nos frontières, est révolu.
reconnaître que ne rien reconnaître de tout cela, n'est que lâcheté.

Aaron a dit…

Il est vrai qu'avec de tels dirigeants des remèdes seront certainement trouvés....

Véronique ALLOUCHE a dit…

Non les attentats ne sont pas le fait d'un illuminé venu de nul part. L'attentat de Nice était préparé de longue date, idem pour celui du 13 novembre 2015 à Paris ainsi que les précédents de cette même année. Le terrorisme actuel répond à un principe idéologique mortifère qui prend sa source dans la haine de l'Occident. Il y a aujourd'hui des voix qui voudraient "aménager" la laïcité à la française au profit du "bien vivre ensemble".....

Lorsque 41 intellectuels musulmans omettent de citer les victimes juives des attentats dans une tribune du JDD, que penser du bien vivre ensemble? Philippe Val, dans sa réponse de ce jour, termine son article ainsi: "Si nous réfléchissons à partir d'un mensonge par omission, nous sommes condamnés à la guerre par soumission."
Si la France baisse les bras, si elle continue à aller de conciliation en conciliation en adaptant son principe de laïcité au gré du temps, alors la guerre civile pointera sans aucun doute à l'horizon.

La célèbre phrase de Churchill est d'actualité: "Vous avez eu à choisir entre la guerre et le déshonneur ; vous avez choisi le déshonneur, vous aurez la guerre."
Bien cordialement
Véronique Allouche

Marianne ARNAUD a dit…

Cher monsieur Benillouche,

A ce que vous écrivez, il faudrait ajouter que si "Daesh cible la France", mais aussi la Belgique, et maintenant l'Allemagne, c'est que c'est toute l'Union européenne qui est désarmée à tous les sens du terme : militairement, intellectuellement et moralement. Car lorsque le père Hamel est égorgé ce n'est pas en tant que Français mais en tant que Chrétien.

Mais lorsque vous incriminez "les Français", je ne peux pas être d'accord, car le peuple français subit ce dont ses dirigeants, élus à ce titre, sont incapables de le protéger.
Les Hollande, Valls et Cazeneuve, après chaque attentat, ne parlent que d'union, de cohésion et de bloc, mais dans les actes ne font rien ou si peu que cela ne vaut même pas la peine d'en parler.
Et voilà que maintenant, après avoir renoncé à notre modèle d'intégration à notre Nation en étant incapables de proposer une identité forte aux enfants de nos écoles qui se retournent contre la France qui les a accueillis et nourris, les politiques veulent proposer un Concordat à l'islam ! Mais de quel islam nous parle-t-on ? Celui du CFCM mis en place par Sarkozy, qui est loin d'être reconnu par les musulmans eux-mêmes ? Ou celui de l'UOIF des Frères musulmans dont l'objectif affiché est de changer la société française de l'intérieur, d'y mettre le temps qu'il faudra mais, à terme, d'instaurer la charia en France ?

Très cordialement.

Bernard MEYER a dit…

@marianne Arnaud

Madame désolé mais les seuls responsables de cette percée de l'Islam en Europe ce sont les Chrétiens
Qu'ont ils fait pour les Chrétiens d'Orient chassés depuis plus 20ans des pays arabes ?
Qu'ont ils fait pour défendre l'idée d'une Europe chrétienne ?
Qu'ont ils fait pour garder leurs églises que l'on voit totalement désertées?
Rien !!! La porte étant ouverte les musulmans se sont engouffrés.
C'est une guerre de religion et elle est ni sociale ni culturelle.
Le Pape en parlant d'un conflit social à abdiqué.
Cordialement
Bernard Meyer

Marianne ARNAUD a dit…

@Bernard Meyer

J'ose espérer, Monsieur, que tant de contre vérités ne sont dues qu'à un aveuglement savamment distillé dans la société française, dont vous ne seriez qu'une des nombreuses victimes. Car je ne sache pas que ce sont les Chrétiens qui gouvernent la France. Or qui a inventé ce terme d'"islamophobie" - destiné à faire le pendant à l'antisémitisme, quand il s'agissait des musulmans - afin de couper court à toute velléité de critique de l'islam ? Qui nous a fait croire aux "loups solitaires", aux "déséquilibrés" et à je ne sais quoi, pour ne pas regarder la réalité en face ? C'est vrai que la porte était ouverte, et largement, par toutes les politiques migratoires successives depuis le celle du regroupement familial des années 70. Mais qui l'a voulu ? Il est vrai que c'est Chirac qui s'est opposé à l'inscription de nos origines judéo-chrétiennes dans la Constitution de l'UE, qui a d'ailleurs été rejetée par les Français. Qui leur a imposé le traité de Lisbonne ?

Alors vous parlez de guerre de religion, mais cette guerre est celle qu'on nous fait, et en retour, pas un "loup solitaire" ni "déséquilibré" chrétiens qui n'ait répondu par le "oeil pour oeil et dent pour dent". Bizarre, ne trouvez-vous pas ?

Eh bien, je veux dire ici mon admiration pour le peuple français qui, malgré l'horreur qu'il a à subir aujourd'hui, garde son sang-froid et n'a pas encore renoncé à voir enfin émerger des urnes l'homme ou la femme d'état capable de mettre un terme au cauchemar qu'il vit actuellement.

Cordialement.

Jard a dit…

"Aux dirigeants de trouver le meilleur remède." C'est de l'humour?
Sarkozy utilisera les attentats pour être élu. Quand il le sera, il passera son quinquennat à exciter les Français blancs contre les immigrés, les Français de couleur et surtout les musulmans. Hollande refuse de lutter sérieusement contre le problème. Les attentats sont une aubaine pour la clique européiste, on ne parle plus du chômage, il est facile de passer des lois liberticides et ces monstres peuvent détourner la colère populaire à leur égard et exciter les Français contre les Français d'origine maghrébine.