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mercredi 15 juin 2016

Règlement régional du conflit israélo-palestinien ? par Gérard Akoun



RÈGLEMENT RÉGIONAL DU CONFLIT ISRAÉLO PALESTINIEN ?

Par Gérard AKOUN


            
          Comme on pouvait s’y attendre, la réunion internationale qui s’est tenue vendredi à Paris, si elle eut le mérite d’avoir lieu, n’a pas débouché sur des résultats concrets. Mais ce n’était pas le but proclamé, il s’agissait principalement de remettre à l’ordre du jour du calendrier international, une reprise du processus de paix israélo palestinien et de l’actualiser en fonction des changements qui se sont produits au Proche et au Moyen-Orient. 



          En ouvrant la réunion, le président de la République a déclaré : «Nous sommes en 2016, avec la guerre en Syrie,  en Irak, avec le terrorisme fondamentaliste. Les menaces et  les priorités ont donc changé. Les bouleversements régionaux créent des obligations nouvelles pour la communauté internationale et pour rechercher la paix».
            Les différentes tentatives de négociations lancées par le seul  parrain américain, depuis 2001 à partir de ce que l’on a appelé les «paramètres Clinton», ont échoué. Les Israéliens comme les Palestiniens en portent, tour à tour  la responsabilité.  Cela fait plus de quinze ans, Bill Clinton était encore président, qu’ont été jetés les fondements d’un accord pour en finir avec ce  conflit, vieux d’un siècle. Ils sont connus de tous les protagonistes. Deux  Etats, aux frontières reconnues, Israël et Palestine vivant côte à côte dans la paix et la sécurité.

            Cette perspective s’éloigne, alors que le statu quo n’est plus tenable. On a accusé la «grenouille» France, de vouloir, en organisant cette réunion, se hausser du col,  se faire aussi grosse  que le «bœuf» américain qui semble ne plus vouloir intervenir dans la politique Moyen-orientale, en quelque sorte, prendre sa place. Je ne le crois pas ; la France veut certes jouer un rôle, elle possède un certain nombre d’atouts qu’elle pourrait utiliser mais elle a conscience de ses moyens ; le monde a changé, nous ne sommes plus à la belle époque des accords Sykes-Picot.
            Je pense que la convocation de cette réunion, quand on sait que la plus forte communauté musulmane d’Europe réside en France, répond à l’inquiétude de voir s’éloigner comme l’a dit Jean Marc Ayrault  la perspective des deux États : «nous approchons du point de non-retour  au-delà duquel elle ne sera plus possible» et de voir le vide s’installer comme l’a souligné François Hollande: «le vide sera forcément rempli par les extrémistes et les terroristes pourront en tirer avantage».
            Il est évident que si Daesh est éliminé géographiquement en Syrie et en Irak, mais il ne faudrait pas l’enterrer trop vite, sa malfaisance  ne disparaitrait pas pour autant. Il se reconvertira dans l’action terroriste à grande échelle. Israël, l’Arabie Saoudite, les Monarchies du Golfe, l’Europe deviendront ses cibles préférées. Il n’est pas étonnant, dans ce contexte que l’Arabie Saoudite, la Ligue Arabe aient rappelé l’initiative de paix arabe lancée par l’Arabie saoudite en 2002. Le  ministre saoudien des Affaires étrangères a déclaré en marge  de la conférence de Paris que l’initiative arabe de 2002 comportait «tous les éléments qui permettent de parvenir à la paix» et d’ajouter «Nous espérons que la sagesse prévaudra en Israël et que les Israéliens l’accepteront».
Adel-al-jubeir-ministre-saoudien-affaires-étrangères

            Benyamin Netanyahou avait, devant la Knesset il y a quelques jours, évoqué positivement cette initiative, en proposant de l’actualiser au nouveau contexte régional tout en maintenant «l’objectif de deux États pour deux peuples». Des convergences se font jour avec le monde arabe comme en témoignent les déclarations, à la télévision, du président égyptien : «un accord israélo palestinien garantirait sécurité et stabilité aux deux côtés»  et sa proposition d’organiser une réunion tripartite au Caire avec les Israéliens et les Palestiniens. L’Egypte, Israël, l’Arabie Saoudite ont des ennemis communs : l’Iran, Daesh et les Frères musulmans. Leurs positions se rapprochent de plus en plus ouvertement  mais le conflit israélo palestinien demeure à la fois  un frein à ce rapprochement et un abcès de fixation que pourraient utiliser, contre eux, leurs ennemis. Disons avec beaucoup de précautions qu’une lueur d’espoir apparait par delà les attentats.

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