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dimanche 16 septembre 2012

ÉCHEC DE LA STRATÉGIE MUSULMANE DE BARACK OBAMA


ÉCHEC DE LA STRATÉGIE MUSULMANE DE BARACK OBAMA

Par Jacques BENILLOUCHE
 copyright © Temps et Contretemps
Obama le Caire 2009

Dès son arrivée au pouvoir, le président américain Barack Obama avait prononcé, le 4 juin 2009 depuis l'université du Caire, un discours intitulé «Un nouveau départ» destiné à améliorer les relations américaines avec les musulmans. Le choix de l’Égypte avait été volontaire pour démontrer aux pays arabes modérés, alliés des États-Unis, qu’ils constituaient des pièces maitresses dans la stratégie américaine au Moyen-Orient. Mais cela ne l'a pas empêché d'abandonner Moubarak au premier coup de feu tiré.



Alignement sur les thèses politiques 


Or, les dernières manifestations antiaméricaines dans tous les pays musulmans consacrent l’échec de Barack Obama dans sa tentative d’aligner sa politique sur les thèses des nouveaux régimes issus des révolutions arabes. L’exemple particulier des deux pays, la Libye et l’Égypte, qui ont reçu une aide militaire et financière illimitée prouve qu’il a échoué à s’attirer les bonnes grâces des gouvernements islamistes, arrivés au pouvoir après le départ des dictateurs. Le défi diplomatique de ces journées de violence est tel que les États-Unis sortent affaiblis alors qu’ils avaient fait preuve de tolérance face à la prise de pouvoir des islamistes. 
Les diplomates devront à nouveau travailler à récupérer des relations sévèrement endommagés. Mais l’ingratitude à l’égard des américains semble une constante. Alors que Mohamed Morsi avait demandé l’aide des États-Unis pour combler son déficit et assurer la continuité budgétaire de son pays, l’ambassade américaine au Caire était attaquée sous le regard des forces de forces de l’ordre passives. Il est inconcevable de croire que l’armée, équipée par Moubarak et Tantawi, n’avait pas les moyens de s’opposer à des manifestants civils au point d’être assimilée à un tigre de papier.
Toute la stratégie d’Obama est à revoir et il devra  concevoir une nouvelle méthode pour s’adapter aux forces politiques nouvelles qui gèrent les anciennes dictatures. Le Pakistan, qui reçoit 2 milliards de dollars d’aide annuelle américaine, a laissé les sympathisants du groupe islamiste Jamaat el-Daawa  manifester en toute impunité dans la capitale Karachi.
Les guerres menées par les américains s’avèrent stériles. La lutte contre le groupe terroriste Al-Qaeda, né en Afghanistan a échoué puisqu’il a réussi à essaimé son idéologie et ses activistes dans le monde entier. Les manifestations anti-américaines, parfois meurtrières, ne peuvent uniquement s’expliquer par la diffusion d'extraits d'un film islamophobe, nul de surcroit, «l'innocence des musulmans», qui décrit l'islam comme un «cancer». La Maison Blanche sait pertinemment que la vidéo qui se moque du prophète Mahomet est un alibi pour justifier les attaques contre les intérêts américains dans le monde, à Benghazi en particulier, où l’ambassadeur a dû faire face à un commando préparé et organisé dans une attaque préméditée.  

Pompe à finance 



Certes l’égyptien Mohamed Morsi a fait preuve de modération en appelant au calme à la télévision sans réussir à convaincre une population qui a manifesté sa colère contre les américains parce qu’ils soutiennent Israël. L’Égypte veut être associée à l’occident, sur le plan économique en particulier, mais elle ne pourra réussir que si elle contrôle les attaques contre les représentations diplomatiques. D’ailleurs Dennis Ross, ancien conseiller d’Obama pour le Moyen-Orient a pointé du doigt la faille : «Les investisseurs ne viendront pas en l'Égypte, si le pays n’a pas prouvé qu’il a établi la loi fondamentale de l'ordre.» Les américains sont toujours bons comme pompes à finance mais cela ne les empêche pas d’être fustigés.
Pourtant à l’université d’Al-Azhar en 2009, Obama a reconnu les erreurs des États-Unis et s’était engagé à trouver une solution innovante pour le conflit israélo-palestinien. Les sondages prouvent qu’il n’a retiré aucun intérêt et que sa côte chez les musulmans a plutôt baissé parce qu’il est accusé pour son attitude ambigüe. En effet, il cible d’une part  les terroristes avec ses drones et fait preuve d’autre part de permissivité avec les organisations terroristes et leurs nombreuses nébuleuses.
En fait les pays musulmans acceptent la qualification d'alliés pour percevoir les millions de dollars d’aide mais s’efforcent de rester neutres avec les terroristes qu’ils doivent combattre. Aucune reconnaissance ne semble due alors que les États-Unis ont financé et armé les rebelles libyens dépenaillés qui croyaient pouvoir renverser Kadhafi avec quelques fusils de chasse. L’ingratitude semble être la qualité majeure des combattants musulmans car sans l’aide de Barack Obama, Benghazi aurait connu l’enfer d’Alep et Kadhafi serait encore au pouvoir. Et c’est pourtant à Benghazi que l’ambassadeur américain a été lynché. 
Consulat de Benghazi


Haine arabe 



La haine s’est exprimée dans tous les pays arabes à l’exception peut-être de l’Arabie saoudite qui verrouille avec efficacité l’information sur ce qui se passe chez elle. Même les pays dits «modérés» ont pris le train en marche pour ne pas paraitre soutenir «l’impérialisme» américain. Certes les forces de l’ordre n’ont pas affronté les manifestants avec la même détermination. En Tunisie, elles ont tué 4 personnes et blessé 29 autres aux abords de l’ambassade américaine lorsque qu’un millier d’islamistes a pris d’assaut l’ambassade, pénétrant dans son enceinte, brisant ses vitres en profitant d’incendier des bâtiments de l’école américaine située à proximité. 5.000 islamistes ont aussi mis le feu à l’ambassade d’Allemagne sans comprendre leur motivation à s’attaquer à un pays généralement neutre. Dans tous les cas la référence à Ben Laden était présente : «Obama, Obama, nous sommes tous des Oussama», criaient les islamistes radicaux.
En Égypte, le président Mohammad Morsi a dénoncé les violences mais il n’a pu stopper les manifestants qui ont affronté la police près de l’ambassade. Même au Sinaï, que les égyptiens croyaient avoir pacifié, des bédouins ont attaqué le camp de la force multinationale. La secrétaire d’État américaine Hillary Clinton a estimé que les pays arabes n’ont «pas troqué la tyrannie d’un dictateur pour celle des foules». Beaucoup de pays, qui cherchaient à calmer l’ardeur de leurs manifestants ont cru devoir s’aplatir  pour tenter d’endiguer la colère de la rue : «Ce film est inacceptable et injustifiable, et porte préjudice aux musulmans ainsi qu’aux non-musulmans qui rejettent les insultes portées aux religions et aux prophètes».
Barack Obama n’a pas compris qu’un demi-siècle après le triomphe des idéologies nationalistes, panarabes et socialisantes, l’heure était à l’idéologie islamiste pour le monde arabe et qu'on lui reprochera toujours d'être l'allié d'Israël. Et pourtant tous les dictateurs avaient brandi cette menace prémonitoire que ceux qui réclamaient plus de libertés et de respect des droits de l’homme seraient balayés par les tenants d’une idéologie encore plus contraignante er pernicieuse. La mise en garde n’avait pas été prise au sérieux parce que les occidentaux croyaient avoir à faire à des militants démocrates, à l’heure où les pays arabes connaissent une régression en matière de tolérance religieuse. 
Le président américain avait la certitude qu’il garderait en tout état de cause son influence car  les islamistes n’ont pas la solution aux problèmes économiques et sociaux mais il s’est mépris sur la capacité des barbus à islamiser les pays où ils prennent le pouvoir. En fait il a prouvé son erreur de stratégie d’avoir tout misé sur les pays musulmans ce qui risque de lui coûter son élection si son concurrent se montrait plus incisif et plus charismatique.

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