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lundi 8 mai 2017

Trump-Palestine : rien de nouveau à l'horizon



TRUMP-PALESTINE : RIEN DE NOUVEAU À L’HORIZON

Par Jacques BENILLOUCHE
Copyright © Temps et Contretemps

            

          Donald Trump a décidé de faire ses premiers pas à l’étranger avec une visite en Arabie saoudite, puis en Israël pour terminer par le Vatican, à la fin du mois de mai. Il en profitera pour participer aux sommets du G7 en Sicile et de l'Otan en Belgique. Un voyage en trois étapes symboliques. La première étape mènera Trump en Arabie saoudite pour un sommet des pays musulmans. Il s’agit selon lui «d’une réunion historique pour bâtir un nouveau partenariat». Réserver son premier voyage à un pays arabe est un symbole pour corriger l’effet d’abandon du monde musulman par Barack Obama.




            L’étape suivante est Israël, le 22 mai, pour tenter d’effacer les relations glaciales du temps du précédent président. La Maison Blanche a annoncé que Trump rencontrera Benjamin Netanyahou et qu’il a accepté l’invitation de Mahmoud Abbas. Bien que les détails de la visite ne soient pas encore dévoilés, il est fort probable qu’il s’agira pour le président d’enclencher son initiative de paix entre Palestiniens et Israéliens. La dernière étape de cette tournée des Lieux Saints mènera Donald Trump au Vatican, où le pape François le recevra le 24 mai.
            Le président palestinien Mahmoud Abbas, déjà reçu à la Maison Blanche le 3 mai, avait tenté de sensibiliser les Américains sur la stagnation du processus de paix. Les Palestiniens semblent résignés puisqu’ils n’entrevoient aucune percée vers une solution au conflit palestino-israélien. Par sa visite, Mahmoud Abbas voulait impliquer personnellement Trump dans ce conflit. Il s’était d’ailleurs bien entouré puisque trois dirigeants importants étaient du voyage.  Le négociateur senior, Saëb Erakat, le chef des services de renseignements Majid Faraj et le ministre adjoint des finances, Mohammad Mustafa.
Faraj, Erakat et Netanyahou

            Mais Donald Trump n’a pas fait évoluer sa position ; rien de nouveau n’a été annoncé. Il n'a pas abordé la solution à deux États, n'a pas mentionné le gel des implantations israéliennes et n’a pas dit mot sur la question de Jérusalem, alors qu’Abbas avait soulevé le principe de Jérusalem-Est comme capitale de la Palestine. Les mots comptent et la sémantique est significative puisque Trump a utilisé un langage asymétrique en parlant «d’Israël et des Palestiniens» faisant comprendre que la Palestine n’avait pas encore de statut d’État.
Sean Spicer

            Le secrétaire à la presse, Sean Spicer, a soulevé les questions pour «prévenir l'incitation à la violence, en particulier par les media directement associés à l'Autorité palestinienne». Il a abondé dans le sens des Israéliens en précisant que «Trump a exprimé des inquiétudes au sujet des aides financières aux familles des prisonniers palestiniens qui ont commis des actes de terreur et qui sont enfermés en Israël». Donald Trump a demandé à Mahmoud Abbas de cesser de verser ces pensions aux familles. Mais paradoxalement, Israël participe de fait à cette aide puisque plusieurs prisonniers disposent de la nationalité israélienne. En fait, le Likoud avait tenté en 2014 d'adopter une loi pour arrêter les prestations sociales pour les familles de prisonniers israéliens, mais la Knesset israélienne a rejeté la proposition qui constituerait une punition collective de familles innocentes.
            Donald Trump a rencontré un leader palestinien affaibli, dont l'autorité est remise en cause. Déjà, avant son élection, le président américain donnait l'impression d'avoir choisi son camp. Il avait promis, dès son arrivée à la Maison Blanche, le transfert de l'ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem, avait fustigé l'administration Obama pour son abstention sur une résolution condamnant Israël et n'était pas sûr qu'une solution à deux États soit la voie à suivre. 
Ambassade américaine à Tel-Aviv

          Mais le pragmatisme de la gouvernance a fait évoluer les choses. Il n'est plus question de déplacer l'ambassade des États-Unis. Lors de la visite de Benjamin Netanyahou à Washington, Trump lui avait publiquement expliqué que la construction de nouvelles implantations n'allait pas dans le sens de la paix.
            Mais en Israël on sent que la politique Trump au Proche-Orient a changé et n’est pas claire. Certes il a exprimé sa volonté de parvenir à un accord de paix mais n’a pas donné le contour politique de cet accord. Il a d’ailleurs confié ce dossier à son gendre et plus proche conseiller, Jared Kushner. De leur côté, les responsables palestiniens craignent les nouveaux liens entre l’administration américaine et les autorités israéliennes : «Nous n'avons pas d'interlocuteurs au sein de la nouvelle administration».
            Donald Trump sait que le dirigeant palestinien est impopulaire, que son mandat de quatre ans devait s'achever en 2009, qu’il n'a autorité que sur une partie de son territoire puisque la bande de Gaza est entre les mains de son rival, le Hamas. Cela ne donne pas de crédibilité à Mahmoud Abbas qui n’est plus en position de négocier un accord. Donald Trump a usé du langage diplomatique en restant évasif : «Nous voulons créer la paix entre Israël et les Palestiniens, nous y arriverons». Il veut jouer le rôle de «médiateur, d’arbitre ou de facilitateur d’un processus qui mènera à la paix».

            Mais rien de nouveau n’apparaît du côté palestinien. Aucun effort n’est fait pour modifier les positions figées des Palestiniens alors qu’une nouvelle situation de fait s’est installée dans la région. Mahmoud Abbas répète les vieux arguments éculés sur une solution à deux États dans les anciennes frontières de 1967 : «Notre peuple subit, depuis 50 ans, la plus longue occupation de l’histoire, et nous demandons aux Israéliens de reconnaître un État palestinien, dont Jérusalem-Est, comme nous reconnaissons Israël». Face à un nouveau président américain, il n’a pas innové d’un pouce ; il n’a pas montré de mesures soit pour reprendre le contrôle de la bande de Gaza, soit pour une réunification du mouvement palestinien avec le Hamas.
            Même le Hamas a évolué en faisant un pas minime dans un sens positif puisqu’il vient de modifier son programme politique. Pour la première fois de son histoire, il évoque l'établissement d'un État palestinien dans les frontières de 1967 mais, pour autant, sans reconnaître Israël. Le chef sortant du Hamas, Khaled Mechaal, confirme que cette nouvelle charte recherche «une formule de consensus national» en précisant : «Depuis dix ans, le Hamas a discuté avec beaucoup de diplomates et de ministres étrangers. Nos dirigeants ont reçu beaucoup de conseils et ils en ont tenu compte. Ils essayent d’avoir un document qui ne s’oppose aucunement au droit international et qui exclut tout racisme et antisémitisme. Notre lutte est légitime, nous ne violons pas le droit international : c’est là notre position».
            Le voyage de Trump en Israël pourrait apporter des surprises, certes dans le domaine de l’anecdote, mais on n’attend pas fondamentalement de révolution dans la position américaine au Proche-Orient.

            

1 commentaire:

Georges KABI a dit…

J'ai l'impression que Trump va louer des liens forts avec la Russie, tout en reconnaissant l'Iran comme etant la puissance dominatrice au Moyen-Orient, ce qui lui permettrait de resoudre le probleme israelo-palestinien en les laissant tomber comme ses dernieres liquettes.