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mercredi 16 avril 2014

DE NOUVELLES ÉLECTIONS SE PROFILENT EN ISRAËL



DE NOUVELLES ÉLECTIONS SE PROFILENT EN ISRAËL

Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps




Ouverture de la Knesset

          Les douze blocs ou partis politiques, présents à la Knesset à travers 120 députés, illustrent l’éclatement de l’échiquier politique. La cause est due au faible pourcentage de voix qu’une liste devait réunir pour pouvoir entrer au Parlement. La barrière était fixée à 2% des suffrages exprimés pour les élections de janvier 2013 et elle a été relevée, en mars 2014, à 3,25% pour qu’une liste soit éligible. 
Si 76.000 voix suffisaient pour entrer à la Knesset, il en faut à présent 124.000 au minimum pour être sélectionné. Un député étant désigné par tranche d’environ 28.500 voix, aucun parti ne pourra siéger à la Knesset s’il ne comprend pas au moins quatre députés. Les micros-partis sont donc condamnés à disparaître ou à s’allier.  Cette mesure vise surtout à limiter l'influence des petites formations charnière qui, avec quelques députés faisaient la pluie et le beau temps.



Instabilité chronique

Bien que la loi stipule que les élections législatives ont lieu tous les quatre ans, nous constatons que depuis quelques années la Knesset ne va jamais au bout de sa législature. De fréquentes élections anticipées sont organisées en raison de l’instabilité du système politique. Il devient une constante en Israël qu’une coalition gouvernementale n’arrive pas à tenir plus de deux ans face aux rivalités internes et aux intérêts personnels divergents.
Bennett, Netanyahou et Lapid

Alors à nouveau on s’achemine aujourd’hui inexorablement vers de nouvelles élections en Israël. En effet, le ministre de l'Économie Naftali Bennett, menace tous les jours de se retirer du gouvernement si une nouvelle libération de prisonniers arabes israéliens intervenait dans le cadre des pourparlers en cours : «Si la proposition de libérer des assassins israéliens est portée devant le gouvernement alors, le  Foyer juif s'y opposera ». Il s'oppose aussi à tout accord de paix qui cède une partie de la Cisjordanie. Sa menace devient de plus en plus pressante bien que Netanyahou ne soit pas prêt à accepter les injonctions de Habayit Hayehudi : «je choisirais les élections plutôt que Bennett ».

La recomposition politique est déjà en marche tandis que le relèvement du seuil d’éligibilité entraîne une porosité dans les frontières entre partis. Tous les hommes politiques se préparent donc à cette éventualité. Ainsi le rabbin Amsalem, ancien député du parti orthodoxe séfarade Shass, qui avait mené sans succès sa propre liste aux dernières élections et qui est certain de ne pas atteindre le minimum de voix requis, a choisi le pragmatisme en se présentant aux primaires du Likoud. S’il est élu, il perdra ainsi sa liberté de ton et de parole qui faisait sa marque de fabrique. Il entrera alors dans le moule du parti de droite avec ses règles, ses prérogatives et ses luttes intestines.

Un retour attendu
Kahlon et Netanyahou

L’ancien ministre Moshe Kahlon, ancien bras droit de Netanyahou au Likoud, a décidé de se lancer seul dans la compétition en boudant son ancien parti avec qui il est en totale opposition en raison de sa politique économique qui délaisse, selon lui, les classes les plus défavorisés. Un dernier sondage le crédite déjà d’une dizaine de sièges. Mais il risque d’être à l’image de tous les nouveaux partis centristes qui ont émergé dans l’euphorie d’un espoir de renouveau mais qui n’ont duré que le temps d’une simple mandature. Il a certes beaucoup d’expérience en tant qu’ancien député-ministre, leader d'un grand parti, et il dispose des qualités pour négocier la mise en œuvre d’une politique sociale dans les méandres des programmes successifs de réforme économique, contrairement à Yaïr Lapid. Un premier sondage le place avant le Likoud s'il alliait avec Avigdor Lieberman avec 23 sièges contre 19 pour le Likoud et 18 pour les travaillistes..
Premiers sondages

Effectivement, le leader de Yesh Atid n’a fait qu’illusion pendant deux ans en se mettant aux abonnés absents sans peser sérieusement sur la politique du gouvernement. Il avait les bras liés en étant  encadré par les deux partis nationalistes Habayit Hayehudi de Naftali Bennett et Israël Beïtenou d’Avigdor Lieberman. Ses électeurs risquent cependant de sanctionner sa passivité et surtout l’oubli de ses promesses de campagne. Benjamin Netanyahou ne s’y était pas trompé en plaçant l’ancien journaliste Yaïr Lapid au poste de ministre des finances alors qu’il n’avait pas la compétence requise. Ce cadeau empoisonné a été un moyen pour lui d’éliminer dignement un concurrent sérieux dont la victoire surprise, en janvier 2013 avec 19 sièges, s’apparente à présent au passage d’une étoile filante vaporisée au contact de la réalité politique. Au mieux Lapid ne pourrait garder qu’une dizaine de sièges de députés.

Modification de la carte politique

Mofaz et Livni

Le relèvement du seuil d’éligibilité aurait dû contraindre Tsipi Livni de Hatnuah et Shaoul Mofaz de Kadima à s’entendre s’ils ne veulent pas disparaître de la carte politique. Mais la haine emmagasinée par ces deux personnages aura raison des calculs politiques les plus triviaux. Deux figures historiques risquent de rejoindre le cimetière des personnages politiques déchus, à moins qu'ils ne s'intègrent à une liste d'un autre parti.
Liberman et Netanyahou

Avigdor Lieberman, qui a acté la faiblesse du premier ministre et qui se verrait bien calife à la place du calife, ne cache plus ses prétentions puisqu’il affirme que le prochain premier ministre sera probablement russophone : «Un jour, nous aurons un ministre de la défense russophone, un président russophone, et nous aurons peut-être bientôt un premier ministre russophone». À bon entendeur… Il a confirmé que son parti ferait cavalier seul aux prochaines élections en ne s’alliant pas avec les listes du Likoud. Le parti de Netanyahou serait alors réduit à sa portion congrue de vingt députés, et peut-être moins, du fait de l’absence de synergie avec Israël Beïtenou et de l'arrivée surprise de Moshe Kahlon qui grignotera une partie de son électorat.   
Yitzhak Herzog

Le parti travailliste est encore convalescent et son nouveau leader Yitzhak Herzog, par ailleurs chef de l’opposition, a entamé sa refondation. Il vient à peine d’arriver aux affaires mais il a déjà de nombreux sujets de contentieux avec le gouvernement sur la politique sociale ou le processus de paix. Il veut se démarquer de l’extrême-gauche pour mordre sur un électorat centriste qui lui a fait défaut. Il mise sur un pourrissement de la situation qui lui permettrait de devenir un recours mais, c’est sans compter sur l’expérience politique du premier ministre et sur l’activisme des partis nationalistes.
On doit donc se préparer à une nouvelle situation bloquée car l’émiettement des voix empêchera l’avènement d’un parti qui pourrait se détacher pour avoir le leadership et éviter de rendre le pays ingouvernable.

Les semaines à venir promettent de nouvelles joutes mais peu de surprises car le milieu politique israélien est sclérosé par un système électoral qui empêche une majorité claire de prendre les rênes d’un gouvernement fort et stable. Alors il s’agit d’une nouvelle péripétie pour gagner du temps car, en période électorale, rien ne se décide ce qui représente une bonne stratégie pour maintenir un statu quo précaire.

3 commentaires:

Marianne ARNAUD a dit…

Croyez bien, cher monsieur Benillouche, que je compatis.
Malheureusement les déboires de la politique israélienne n'arriveront pas à me consoler de ceux de la politique française.

Très cordialement.

iacov a dit…

cette légère modification va dans le bon sens. je me demande comment les politiques israéliens arrivent à gouverner dans une telle pagaille, à la proportionnelle directe?
aucun projet ne tient face à ce système qui ne fait qu'avancer sur lui même, qui ne fait que du sur place.
L' État juif a fêté son anniversaire, il est devenu grand et peut prendre une nouvelle initiative pour la réussite d’Israël.

Avraham NATAF a dit…

Election pour plus de divisions? achever un gouvernement déjà affaibli a un moment critique