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mardi 5 juillet 2011

GEORGES POMPIDOU ET ISRAËL




GEORGES POMPIDOU ET ISRAËL

Par Jacques BENILLOUCHE

Le 5 juillet les français commémorent le centenaire du président Georges Pompidou, né en 1911 et mort le 2 avril 1974. Durant la « traversée du désert » du général de Gaulle, il occupa le poste de directeur général de la Banque Rothschild, avant de devenir directeur de cabinet du général à son retour aux affaires en 1958. Devenu Premier ministre du 14 avril 1962 au 10 juillet 1968, ce qui constitue à ce jour un record de durée à ce poste, il a donc été impliqué dans toutes les décisions des gaullistes qui avaient décidé de chambouler totalement les relations établies avec l’Etat d’Israël. Son ministre des affaires étrangères, Couve de Murville, dans son souci d’éliminer les partisans de l’Algérie Française, vida le Quai d'Orsay des amis d’Israël et recruta des fonctionnaires à particule, idéologiquement pro-arabes. Cette nouvelle vague de diplomates s’acharna à défaire en quelques mois les liens amicaux tissés avec l’Etat juif durant les gouvernements de la IVème République.
En devenant président de la République française, du 20 juin 1969 à sa mort le 2 avril 1974, il a continué sur la scène internationale la politique gaullienne d'indépendance tout en l'assouplissant, notamment à l'égard des États-Unis et de la Grande-Bretagne sans pour autant infléchir sa politique négative vis-à-vis d’Israël. Pompidou, gravement malade, n’eut pas le temps d’imprégner de sa marque personnelle une politique étrangère originale. Son ambition était essentiellement de moderniser l’industrie française et de consolider la construction européenne. Il se contenta, comme plus tard Giscard d’Estaing d’ailleurs, de maintenir les relations avec Israël à un formalisme désespérant sans chercher à faire de vagues ni à innover.
Les juifs avaient été choqués en 1971 par la grâce présidentielle qu’il accorda au fugitif Paul Touvier qui avait été le premier français condamné pour crimes contre l'humanité en 1994 pour des actes commis en tant que chef de la milice lyonnaise durant la Seconde Guerre mondiale. Le lobby catholique, sous la conduite de l’ancien secrétaire du diocèse de Lyon, Monseigneur Charles Duquaire, proche collaborateur du cardinal Jean-Marie Villot, avait réussi à obtenir cette grâce qui ne s’expliquait par aucune contingence humanitaire.
Elu président de la République le 15 juin 1969, Georges Pompidou n’avait pas estimé devoir suspendre l’embargo décrété par le Général de Gaulle durant la Guerre de Six Jours. Certains de ses conseillers lui avaient demandé de respecter le contrat signé pour la vente de 12 vedettes lance-missiles dont 7 seulement furent livrées. Mais il resta inflexible sous la pression du Quai d’Orsay qui craignait une réaction vive de la part des pays arabes. Alors, les vedettes restantes dans le port de Cherbourg prirent le large dans la nuit de Noël 1969 après une mise en scène qui avait ridiculisé le gouvernement français. L’incident de Cherbourg  envenima la situation déjà au plus bas. Le président Pompidou se sentit berné par les instances maritimes qui avaient fait preuve, au moins de négligence et au pire de complicité. La sanction contre Israël tomba sous la forme d’un contrat de vente de Mirages signé avec la Libye.

            Le président avait dès lors décidé d'ignorer l'Etat d'Israël. Cet épisode confirma ainsi que l’opportunisme prenait souvent le dessus sur les bons sentiments et que, une fois arrivés au pouvoir, les amis d’Israël fondaient leur stratégie sur un pragmatisme économique dans lequel l’Etat juif avait peu de place. Le directeur général de la banque Rothschild pouvait difficilement exposer ses amitiés juives face au besoin de la France de garantir son approvisionnement pétrolier.


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