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mercredi 28 juin 2017

Où sont les démocrates israéliens ?



OÙ SONT LES DÉMOCRATES ISRAÉLIENS ?

Par Jacques BENILLOUCHE
 Copyright © Temps et Contretemps

            
Nétanyahou et deux ministres religieux

          Où sont les démocrates israéliens ? Par démocrates, on entend bien sûr ceux qui sont attachés à l'existence d'une démocratie et d'une liberté dans le pays et non pas les membres d’un quelconque parti. Il ne se passe pas une semaine sans que des atteintes aux règles fondamentales ne soient portées par une minorité agissante et écoutée parce qu’elle conditionne l’existence d’une coalition politique gouvernementale. 




          Forts de leur rôle indispensable pour la survie d’une majorité hétéroclite, les orthodoxes n’hésitent pas à imposer de nouvelles règles à la population civile. Certains vont encore prétendre qu’il s’agit d’une fixation de nos chroniqueurs, mais nous ne sommes pas à l'origine d'une information dont la réalité dérange. Le Shass et ses acolytes ont trouvé par leur chantage le moyen pour gonfler les subvntions en direction de leurs écoles talmudiques où ils créent un monde à part, un monde anachronique avec des jeunes coupés de la réalité de la vie moderne et des études profanes qui permettent l’émancipation et l’autonomie financière. 

          Alors on aide des parasites qui vivent de mendicité pour étudier à longueur de journée et de nuit. Après la volonté d’interdire l’ouverture des supermarchés le jour du shabbat pour les laïcs, on veut interdire le droit de prier au Kotel à des Juifs qui revendiquent haut et fort leur judaïsme moderne. Ils représentent la majorité des 6 millions de Juifs vivant aux États-Unis qui se sont éloignés du judaïsme le plus classique, «traditionaliste» ou «orthodoxe moderne». Ils estiment que l’observance rigoureuse des lois et coutumes traditionnelles sont en opposition avec les exigences de la société contemporaine. 
          Ce judaïsme est resté à la révélation de la Torah à Moïse sur le Sinaï et à la Loi écrite qui veut réglementer tous les aspects de la vie quotidienne. Dans les synagogues traditionalistes, hommes et femmes sont séparés pendant les offices religieux. Les femmes sont écartées derrière un rideau, loin des fidèles masculins. Elles ne participent pas au rituel et en particulier ne peuvent pas lire publiquement la Torah. A fortiori, elles ne peuvent obtenir le statut de rabbin et il leur est interdit de porter le taleth, châle de prière, et les phylactères. D’une manière générale, ces traditionnalistes participent à la vie en Israël en reconnaissant l’État d’Israël et en s’engageant dans l’armée, pour des périodes minimum de trois années.
            Le judaïsme ultra-orthodoxe, émanation purement européenne, a été conçu en réaction à l’assimilation qui menaçait le judaïsme européen au XVIIIe siècle. Pour lutter contre le risque d’assimilation, ce mouvement est rigoureux dans l’application stricte des Commandements divins, exige aucun contact avec la société et interdit les études profanes. Il impose des règles vestimentaires spécifiques, issues des Shtetels, les villages d’Europe de l’Est, avec chapeau, pantalon, veste ou caftan noir pour les hommes, qui portent la barbe et les papillotes, manches, robe longue pour les femmes et tête couverte si elles sont mariées.

            Au sein du judaïsme ultra-orthodoxe, le hassidisme est un mouvement de masse religieux et social, fondé en Pologne au XVIIIe siècle, à une époque de persécution et d’oppression. Le yiddish reste la langue courante. Le mouvement le plus connu est celui des Loubavitch, appelé aussi Habad. Parmi eux, des ultra-orthodoxes conteste l’existence de l’État d’Israël qui ne doit naître selon eux qu’avec l’avènement du Messie. Très antisionistes, et pour certains collaborateurs des ennemis d’Israël comme l’Iran, ils manifestent ouvertement pour la destruction de l’État et de ses dirigeants.  
Orthodoxes juifs brûlant le drapeau national

            Le judaïsme libéral, majoritaire aux États-Unis, prône une évolution de la tradition pour l’adapter aux temps modernes, en tenant compte des progrès de la conscience, de la raison et de l’éthique. Les libéraux sont apparus au XIXe siècle en Allemagne sur fondement de la science du judaïsme. Ils estiment que la Loi juive peut être réformée car, même si elle est d’inspiration divine, elle a été exprimée par la bouche d’êtres humains, donc évolutive. Ils s’attachent plus à l’esprit des Commandements qu’à la lettre. Ainsi, hommes et femmes ont les mêmes droits et devoirs au sein de la communauté et les synagogues adoptent la mixité. 

          La majorité d’entre eux fréquentent des communautés dites «réformées» (libérales) ou «masorti» (conservative) où les prières mixtes sont encouragées. Le titre de rabbin ou de responsable communautaire est accessible aux hommes comme aux femmes qui participent à part entière dans le service religieux, en lisant la Torah, en portant le taleth et les phylactères si elles le souhaitent. Une partie très importante des prières est dite dans la langue du pays pour être compréhensible par les fidèles. Une certaine souplesse est appliquée dans certains commandements. Si les libéraux insistent sur l’idée de la sainteté du Shabbat, ils autorisent certains travaux interdits ce jour-là comme l’usage de l'électricité, le transport en voiture et l'usage de la télévision parce qu’ils insistent sur la notion de repos et de joie. Mais parce qu'ils sont modernes, les Juifs libéraux ne sont pas tolérés en Israël, moins que les fidèles des autres religions.
Juifs libéraux dans une synagogue

            L’identité juive est diverse et a plusieurs composantes : religieuse, culturelle, nationale, politique et sioniste. Une très grande majorité de Juifs revendiquent leur appartenance culturelle ou historique au peuple juif mais rejettent la pratique religieuse.
            L’un des problèmes qui fait débat en Israël est celui de la conversion au judaïsme sachant que les rabbins ne sont pas prosélytes. Les candidats non-Juifs passent par un circuit dissuasif de quelques années d’études et de mise à l’épreuve. La conversion reste de la responsabilité du Tribunal rabbinique orthodoxe, Beth Din, parce que le converti n’adhère pas seulement à un credo et à une pratique religieuse mais il entre de plain-pied dans l’histoire d’un peuple en devenant membre à part entière. 

          La question qui agite les milieux religieux reste le refus des instances rabbiniques en Israël de reconnaître les conversions décidées par les libéraux américains. Le mariage civil n’existant pas en Israël, seul le mariage religieux fait foi mais les rabbins libéraux ne sont pas autorisés à procéder à des actes de mariages religieux. Toutes ces restrictions imposées en Israël sont mal perçues par les Juifs américains qui constituent pourtant une grande source de financement des écoles talmudiques.

            Le dernier avatar est le recul de Benjamin Netanyahou, sur injonction des orthodoxes. L'accord gouvernemental sur la création d’une zone mixte de prière au Kotel a été suspendu. L’accord de janvier 2016 prévoyait d’octroyer aux Juifs non orthodoxes un espace séparé le long du Kotel, qui devait leur permettre de pratiquer un rituel différent et de prier à leur manière. Le gouvernement vient de prendre la décision de geler cet accord. Pour Arie Avidor, ancien ambassadeur d’Israël, le premier ministre «inféodé aux partis religieux, cède à leur chantage. Une nouvelle transgression de sa part au profit du maintien de sa coalition gouvernementale et peu importe pour lui la réaction indignée d'une majorité au sein du judaïsme américain qui tend de plus en plus à prendre ses distances d'un État d'Israël soumis à l'obscurantisme ultra-orthodoxe». L’Agence juive dont le rôle est de faire venir en Israël le maximum de Juifs, est choquée par cette décision. Son président Nathan Sharansky, ancien refuznik, estime que : «certains Juifs de Diaspora repensent leur relation à Israël après la crise du Kotel. Ils risquent de reconsidérer leur voyage ou leur don à Israël». Et pourtant, avant que le Kotel ne revienne sous juridiction israélienne, la mixité était totale.


            Où est passé l’opposition ? Où sont passés les Travaillistes et les Centristes qui sont piétinés par un gouvernement aux ordres d’une minorité. Il n’y a plus de démocratie en Israël et le gouvernement doit se méfier des conséquences sur le peuple juiuf en général. En déplacement en France, nous avons été témoins d'une communauté juive qui a d’abord été choquée par l’élection d’un député français à l’Assemblée nationale qui prend ses ordres auprès des rabbins en Israël. Les Juifs français préfèrent aujourd'hui braver l’antisémitisme islamiste en France plutôt que de rejoindre Israël dans l’état actuel de la démocratie et du gaspillage des budgets de l’État au profit de la seule minorité agissante. 
          Le gouvernement doit comprendre que la rupture décidée avec les Juifs de diaspora entraîne une baisse de l’alyah qui est retombée à ses chiffres d’antan de 2.500 immigrants français face au 7.000 des années précédentes. Les Juifs français laïcs ne sont plus les bienvenus.    

1 commentaire:

邓大平 עמנואל דובשק Emmanuel Doubchak a dit…

Ni les démocrates israéliens. En fait, une minorité a brutalement décidé de passer d'une action larvée mais continue depuis vingt-ans, à un combat ouvert contre toutes les institutions démocratiques de l'Etat de droit. C'est la guerre contre le Sionisme, par des "nationalistes", qui détruisent autant la nation que les vichystes le firent au nom de cette même idée, si nous ne réagissons pas au plus vite.