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vendredi 29 octobre 2010

RADIO KOL-ISRAEL ANALYSE : LE LIBAN ET L'ONU


RADIO KOL-ISRAEL : ANALYSE : LE LIBAN ET L'ONU

par Jacques BENILLOUCHE

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jeudi 28 octobre 2010

BILLET D'HUMEUR : CHACUN SELON SES MOYENS



BILLET D’HUMEUR : BIBI, SARKO, CHACUN SELON SES MOYENS


Par Jacques BENILLOUCHE


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En avril 2009 j’avais écrit un article sur Slate où je trouvais que rarement similitude de trajectoire politique n'aura été aussi flagrante entre deux personnages d'origine et de formation si différentes. Benjamin Netanyahou adorait se comparer à Nicolas Sarkozy. Effectivement, il arrive que l’un copie sur l’autre et qu’une rivalité s’instaure entre eux mais le premier ministre israélien n’a pas les mêmes moyens que le président français.


Le chef de l'Etat français a décidé de s’offrir un « Air force one », doté de moyens de communication et de sécurité modernes. Un Airbus d’occasion a été entièrement reconfiguré pour être divisé en neuf volumes comprenant la chambre présidentielle avec un lit double, dressing et douche, le bureau du président, le secrétariat, la cuisine, la salle de communications, une salle de réunion à 11 places, une infirmerie, 60 fauteuils-lits pour les accompagnateurs et une cabine économique pour le petit personnel et les gardes du corps. Equipé de leurres anti-missiles, l'A330 aura coûté 176 millions d’euros.


Mais Benjamin Netanyahou, qui ne veut pas être en reste, a décidé de prendre de vitesse son ami en s’équipant lui aussi d’un moyen de transport exceptionnel qu’il tenait à recevoir avant que l’ «Air France one » ne décolle vers la fin de l’année 2010. Toutefois, il n’a pas les mêmes moyens que son jumeau. La plus longue distance à parcourir étant Eilat, une voiture lui suffisait. Il vient de débourser la coquette somme de un million de dollars pour l’acquisition d’une véhicule blindé avec système de défense anti-grenade. Il n’y avait aucune raison qu’il soit moins bien loti que Nicolas Sarkozy. La limousine Audi A8, dont les spécifications de sécurité ont été établies par le Shin Bet, est à l’épreuve des armes et des bombes et roulera sur des pneus pare-balles.


Pour éviter la scène de ménage chez les Netanyahou car Sarah se sentirait lésée par rapport à Carla, Benjamin a imposé un luxe princier au véhicule : sièges automatiques, toit ouvrant, intérieur cuir, écran DVD, réfrigérateur et humidificateur d’atmosphère. Mais une déception, le constructeur n’a pas réussi à y caser une douche. En cas de visite officielle en Israël de Nicolas Sarkozy, on imagine dès à présent le thème des discussions entre les deux premières dames qui auront à comparer les efforts de leurs « maris » pour leur donner un moyen de locomotion à la hauteur de leurs ambitions. Le mutisme est en revanche total sur le montant de la vignette annuelle qu’aura à payer le trésorier du gouvernement.

Mais dans les deux cas, une constante. Les contribuables de chacun des pays, les pigeons comme diraient d’autres, cotiseront de leur poche pour financer les « caprices » de leurs dirigeants. La crise mondiale n’existe pas pour tout le monde.



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RADIO KOL-ISRAEL : ANALYSE SUR LA FRANCOPHONIE


RADIO KOL-ISRAEL : ANALYSE SUR LA FRANCOPHONIE

par Jacques BENILLOUCHE

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SYNODE : LA SUSCEPTIBILITE ISRAELIENNE


SYNODE : LA SUSCEPTIBILITE ISRAELIENNE

Par Jacques BENILLOUCHE


Les israéliens sont très chatouilleux dès que l’on touche à leurs prérogatives mais ils le sont encore plus à l’annonce des recommandations faites par l’assemblée d’ecclésiastiques convoquée par le Pape pour réfléchir sur les problèmes de l’Eglise catholique. Bien que le synode soit une réunion purement consultative, ses réflexions risquent d’orienter la politique que suivra le Vatican dans le futur.

Suspicions israéliennes

Israël avait déjà vécu avec le nouveau Pape des relations tendues qui avaient trouvé leur paroxysme à l’occasion de son voyage en Terre Sainte. Les israéliens avaient été choqués par la froideur à leur égard de Benoit XVI qui n’avait pu dissiper leur méfiance. Avec ce nouveau synode, ils observent avec inquiétude que toutes les réunions internationales se politisent même si souvent l’ordre du jour ne s’y prête pas. La réunion de la Francophonie du 23 octobre n’a pas dérogé à cette règle puisque cette organisation a orienté ses débats sur des problèmes politiques plutôt que sur la défense de la langue française soumise à l’impérialisme de l’anglo-saxonne. Les israéliens auraient préféré que la culture soit un espace de liberté et de paix où les amoureux des mots et des phrases bien faites se retrouvent dans le seul combat pour la défense du talent et de la liberté de penser et d’écrire.

Les évêques ayant participé aux travaux du synode pour le Moyen-Orient réuni à Rome ont demandé, dans un communiqué publié le 23 octobre, « qu’il soit mis fin à l’occupation israélienne des différents territoires arabes » et fait valoir que « l’Etat hébreu ne pouvait pas s’appuyer sur la Bible pour défendre une politique de colonisation ». Cette déclaration avait été inspirée par Mgr Cyril Salim Bustros, archevêque libanais de rite grec-melkite. Israël n’a pas apprécié cette prise de position car il jugeait que le synode s'était transformé en « tribune pour des attaques politiques contre Israël », alors que l'évènement avait été « pris en otage par une majorité anti-israélienne ».

En raison des propos durs de certains participants, le porte-parole du Vatican, le père Federico Lombardi, a tenu à préciser que « les interventions de chacun des participants ne devaient pas être considérées comme la voix de tout le synode » mais il a cependant implicitement appuyé les conclusions du synode puisque, selon lui, « il n'est pas permis de recourir à des positions bibliques et théologiques pour en faire un instrument pour justifier les injustices ».

Réactions israéliennes vives

La réaction du gouvernement israélien a été vive. Le vice-ministre des affaires étrangères israélien, Danny Ayalon, a réagi au message du Synode demandant l’application des résolutions de l’ONU visant à mettre fin à l’occupation israélienne : « cet important Synode est devenu une tribune pour des attaques politiques contre Israël dans la plus belle tradition de la propagande arabe». Il a été aussitôt relayé par le grand rabbin d’Israël, Yona Metzger, qui a été ferme dans sa réaction en déclarant que « le Vatican n’a pas à nous apprendre comment interpréter la Bible ».

Dans l’immédiat, cette affaire ne risque pas de conduire à un incident diplomatique avec le Vatican mais elle n’arrange pas les relations qui ont subi un coup depuis la visite « froide » à Jérusalem du Pape. Fidèle à sa politique modérée et prudente, il n’a toujours pas réagi à ces propos. Le Vatican ne souhaite pas envenimer la situation déjà compliquée et son porte-parole a tenu à calmer les esprits : « Le synode n'a pas été anti-israélien. Si l'on veut avoir une expression synthétique des positions du synode, il faut actuellement s'en tenir au 'Message', qui est le seul texte écrit commun approuvé par le synode ces derniers jours ».

Les évêques ont précisé que « les citoyens du Moyen-Orient interpellent la communauté internationale, et particulièrement l’ONU, pour qu’elle travaille sincèrement à une solution de paix juste et définitive dans la région ». Israël craignaient que les palestiniens ne profitent de ce débat pour conforter leur position et réorienter le débat. Le négociateur palestinien, Saëb Erakat, a compris l’intérêt qu’il pouvait tirer de cette déclaration et a immédiatement pris la balle au bond en annonçant que « les palestiniens joignent leur voix à celle du synode dans son appel à la communauté internationale pour appuyer les valeurs universelles de la liberté, de la dignité et de la justice ».

Tensions avec le Vatican

Les tensions avec le Vatican ne datent pas de la diffusion de la photo du Pape Benoit XVI en tenue militaire allemande. Elles ont été permanentes puisque d’ailleurs la reconnaissance d’Israël a été tardive. Les relations diplomatiques pleines et entières établies en 1993 par Israël et le Saint-Siège ont été précédées par presque un siècle de contacts et d'activités diplomatiques qui ne furent pas souvent caractérisées par leur harmonie.

Le gouvernement israélien a mesuré le danger d’une convergence de vue entre les ecclésiastiques du synode et l’autorité palestinienne. Benjamin Netanyahou a aussitôt condamné cette digression en « mettant en garde l’Autorité palestinienne contre tout recours à des instances internationales dans le cas où les négociations ne devaient pas reprendre ». Il pourrait d’ailleurs prendre prétexte de cet appel du synode pour retarder les négociations au point mort avec les palestiniens. Il s’est toujours opposé à ce que le conflit israélo-palestinien sorte du giron américain pour être traité par des instances internationales.
Cette déclaration du synode pourrait conforter Mahmoud Abbas à ne plus compter sur les américains et à exploiter le sort des chrétiens d’Orient pour faire avancer son dossier. Il se sent en communion de pensée avec Mgr. Bastros qui a précisé qu’« en tant que chrétiens, nous ne pouvons pas admettre l’idée d’une terre promise au peuple juif. Il n’existe plus de Peuple élu ». Israël s’inquiète de la volonté du Vatican d’aller plus loin puisqu’il étend ses préoccupations aux « différents territoires arabes » faisant ainsi implicitement référence au Golan syrien et aux fermes de Chébaa libanaises.

Les sources de tension entre les juifs et le Vatican sont nombreuses et le prêtre jésuite israélien David Neuhaus avait déjà lancéun appel à la « patience, la sagesse et la prière » car les relations entre le Vatican et le monde juif s’était particulièrement tendues. Les déclarations du synode ne vont pas promouvoir une détente. Le président israélien Shimon Pérès s’était rendu le 2 septembre 2010 à Castel Gandolfo pour rencontrer le Pape, qu’il connait depuis longtemps, afin de réduire les tensions entre les deux Etats et pour promouvoir « un accord qui respecte les aspirations légitimes des deux peuples et capable d'apporter durable la paix en Terre Sainte et pour toute la région. » Cette réunion s’imposait après la publication en janvier 2010 par le Vatican d’un document accusant Israël non seulement de l'exode des chrétiens des territoires sous contrôle palestinien, mais pour le sort des chrétiens dans l'ensemble du Moyen-Orient.

Les déclarations du synode vont faire entrer les relations israélo-vaticanes dans une zone de turbulences qui ne vont pas favoriser l’émergence d’une solution pacifique au Proche-Orient. Les chrétiens de la région, d’ordinaire neutres dans ce conflit, semblent prendre de plus en plus position contre l’Etat d’Israël. Le gouvernement israélien ne pourra s’en prendre qu’à la faiblesse de ses services diplomatiques regroupés sous l’appellation mystérieuse « Hasbara ».

BILLET D’HUMEUR : LA PROTECTION AMERICAINE


BILLET D’HUMEUR : LA PROTECTION AMERICAINE


Par Jacques BENILLOUCHE



Un des arguments américains pour convaincre les israéliens de ne pas attaquer l’Iran a consisté à les assurer qu’ils pouvaient compter sur le parapluie des Etats-Unis pour la sécurité au Proche-Orient. Il n’y avait aucune raison à mettre en doute les affirmations de la première puissance mondiale. Mais cette dépendance n’était déjà pas du goût du créateur de l'État d'Israël, Ben Gourion, qui avait décidé d’avoir sa propre défense et éventuellement son propre arsenal atomique malgré toutes les assurances qui lui avaient été données. Les israéliens auraient bien aimé se débarrasser de leur fardeau militaire qui grève le budget de l’Etat à hauteur de 30% pour un montant de 9 milliards d’euros.


Il semble bien qu’ils aient été inspirés car des doutes sérieux subsistent sur la fiabilité de l’armée américaine à la suite des révélations qui, coup sur coup, viennent d’être diffusées.


On découvre ainsi que l’ancien président américain Bill Clinton était très distrait, certainement à cause des fumées de ses cigares à moins que son esprit n’ait été perturbé par une cause plus charnue. Le général en retraite Hugh Shelton affirme qu’il perdait souvent les codes de sa valise nucléaire : « Les codes ont disparu durant plusieurs mois. C'était un incident grave ». Le sort des Etats-Unis, et par conséquent d’Israël, était suspendu à la carte contenant les codes permettant d’actionner le bouton pour déclencher la riposte nucléaire. Le monde libre l’a échappé belle.


Comme si cet incident ne suffisait pas, les américains ont « perdu » leurs missiles nucléaires pendant plus d’une heure le samedi 23 octobre par suite d’un bug informatique. Certains mal intentionnés croient y voir la main d’un militaire juif refusant de suspendre sa prière du shabbat avant de rejoindre son poste. Israël a par ailleurs assuré le Pentagone qu’il n’avait pas envoyé le virus « stuxnet » contre les ordinateurs de ses alliés car cela aurait fait mauvais genre. Le fait est pourtant grave puisque 50 missiles balistiques intercontinentaux, basés au Wyoming, ont décidé de ne plus communiquer avec leurs servants parce que leurs programmes n’envoyaient que des codes d’erreur. La rébellion de la machine contre l’homme avait trouvé son exemplarité. L’Iran a cependant raté son occasion de punir le Satan occidental, complètement désarmé pendant une toute petite heure alors que quelques secondes suffisent à transformer la planète en cendres.


Ces deux exemples négatifs contraindront Israël à continuer à ne compter que sur ses troupes et ses machines de guerre même si ses citoyens devront mettre encore la main à la poche. L’indépendance militaire est un bien précieux qui ne peut pas être mise entre des mains étrangères, même amies. Les israéliens n’auront plus de raison de se plaindre du poids de leurs impôts.

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http://www.jerusalemplus.tv/index.php?option=com_content&task=view&id=6211&Itemid=218

mercredi 27 octobre 2010

LA MALEDICTION DES PREMIERS MINISTRES FRANCAIS



LA MALEDICTION DES PREMIERS MINISTRES FRANCAIS



Par Jacques BENILLOUCHE




A la veille d’un changement de gouvernement français, et probablement de premier ministre, la spécificité française étonne encore. La Constitution française est vraiment mal adaptée car les Premiers ministres subissent depuis 1958 la malédiction du pouvoir. Ils sont en première ligne, jouent le rôle de fusible du président mais en revanche, ils n’ont le pouvoir que de se taire. Les troubles qui viennent d’agiter la France posent à nouveau le problème de la dualité du pouvoir.

L’origine du malaise remonte au général de Gaulle qui avait commandé une constitution taillée à sa mesure. Le duo Président-Premier Ministre fonctionnait alors parfaitement en phase. En effet Georges Pompidou était à ses côtés depuis 1944 et il l’avait ensuite suivi dans sa traversée du désert comme collaborateur puis, comme directeur de cabinet dès son retour au pouvoir en 1958. Leur longue relation, basée sur la confiance et le respect, avait perduré tant que les deux personnages acceptaient leur rôle respectif. Mais l’entente cessa en avril 1962 lorsque Pompidou, nommé Premier ministre, commença à vouloir exister. Dès lors, les divergences s’accumulèrent et les tensions conduisirent le Général à se séparer de lui en 1968 pour ensuite refuser d’appuyer sa candidature à l’élection présidentielle.


Cohabitation révélatrice



La cohabitation ne peut résister au temps qu’à condition que le Premier ministre ne fasse jamais preuve d’une velléité à être calife à la place du calife. Le chef de l’Etat supporte mal que son vassal songe un instant à le remplacer. Georges Pompidou avait écrit au Général, comme pour s’excuser d’envisager de s’assoir à son fauteuil : « Que puis-je vous dire, mon Général, qui m’avez tout appris, sinon que votre image ne cessera de grandir, que rien, et surtout pas l’ingratitude, ne peut lui nuire, et que celui qui sera peut-être appelé à vous succéder officiellement ne pourra qu’essayer de n’être pas trop indigne ? ».

La Constitution, lacune extrême, empêche le numéro deux d’exister parce qu’il tient sa nomination et son avenir du Président. Cette crise d’identité a toujours été flagrante comme l’avouait Pompidou : « je tiens le rôle du chef de l’Etat pour essentiel, mais, par contre je ne saurais continuer ma tâche, ni porter mes responsabilités qu’autant que je suis ou que je serai pleinement d’accord sur tous les aspects de la politique ».

Dès que le président s’arroge les pouvoirs de son Premier ministre, le clash qui en découle amène invariablement des binômes parfaitement solides à se combattre puis à se détester. Les rivalités personnelles éclipsent souvent l’amitié et prennent le pas sur les enjeux et les intérêts politiques. Pourtant les duos se préparent et s’organisent longtemps avant l’élection pour donner au peuple une image rassurante même si parfois la trahison peut servir à atteindre le sommet. Jacques Chirac avait comploté contre le chef de son parti, Chaban-Delmas, pour s’associer avec celui du Centre afin d’obtenir la place de chef du gouvernement. Mais la gangrène sévit à la racine. On l’a vu s’ébaucher entre Pompidou et Chaban-Delmas, atteindre la virulence entre Giscard d’Estaing et Chirac, se jouer à fleuret moucheté entre Mitterrand et Rocard et puis s’envenimer entre Chirac et Sarkozy.


Le fait du Prince



Fort de la légitimité du suffrage universel, le Président confisque tous les pouvoirs, presque féodaux quand on les compare aux pouvoirs anglo-saxons, parce qu’il est inamovible tandis que le Premier ministre, nommé par le Président, est à la merci du fait du Prince ou d’une motion de censure du Parlement. La deuxième hypothèse ne peut être prise au sérieux avec un parlement godillot. L’omnipuissance de l’Elysée tend à écraser les personnalités et, pour peu que le second prenne le risque de décider au lieu d’exécuter, le conflit devient ouvert. Mais le problème aujourd’hui est inquiétant car deux amis, qui avaient préparé ensemble, durant deux ans, leur programme et leur campagne électorale en viennent à des situations extrêmes surtout après le résultat des dernières élections. Les sondages de popularité sont désastreux pour Nicolas Sarkozy et optimiste pour François Fillon qui dépasse la moyenne.

C’est la première fois dans l’histoire de la cinquième république que les relations se dégradent aussi vite entre les deux têtes exécutives. Pourtant, contrairement aux situations précédentes, le Premier ministre n’est pas encore en compétition pour la présidentielle. En affirmant : « Je suis à la tête d’un Etat en faillite », Fillon avait nargué le Président sur deux points ; il savait bien sûr que Sarkozy était au sommet du pouvoir mais il avait tenu à se poser en acteur de la République ; d’autre part il voulait insinuer qu’il était le seul à dire la vérité sans en avoir peur. Il cherchait en fait à apporter ses propres inflexions tout en mettant mal à l’aise son suzerain.

La rivalité qui se fait jour aussi vite provient certainement de la personnalité envahissante d’un Président voulant user de tous les rôles en laissant derrière lui des cadavres. Michel Rocard et François Mitterrand, qui se sont toujours détestés, ont tenu ensemble et le cessez-le-feu établi entre eux avait permis des avancées politiques et sociales. Rocard avait pu organiser son mouvement de croissance en créant le RMI et la CSG pour couvrir ses dépenses. Seul le machiavélisme de Mitterrand a eu raison de la forte tête du PS.


Avenir incertain



Alors que le premier ministre rame, Sarkozy le flingue souvent puisqu’il se permet en privé d’user d’un langage imagé. Fillon sait que pour rétablir les comptes boiteux du pays, il a besoin d’un soutien franc et massif qu’il ne semble pas avoir : « il y a de grosses divergences entre moi et l’Elysée, la guerre a commencé ». Il avait voulu d’un grand remaniement, il a obtenu des petits changements. Dire la vérité est une qualité qui ne se justifie pas en politique puisque seule la langue de bois peut endormir les électeurs déçus. Le Premier ministre croyait ouvrir une ère politique moderne fondée sur la vérité et le pragmatisme mais il reçoit en plein visage la hargne d’un Président n’acceptant pas qu’une tête dépasse dans l’aréopage de ses courtisans : « Fillon déconne complètement. Il veut exister mais il me fait chier. Je vais le dégager ».

La situation économique de la France ne peut pas permettre une dualité aussi tendue entre les gouvernants car elle altère l’efficacité de l’exécutif en tendant à faire des français des victimes car ils subissent les premiers les conséquences néfastes d’une guerre stérile. Les effets de la crise ne semblent pas encore effacés. Le ministère de l'Emploi vient d'annoncer une hausse de 28.300 chômeurs en septembre. La barre des quatre millions de chômeurs est pratiquement atteinte en ramenant ce résultat à la situation de 1999.

L’avenir n’augure rien de bon pour la majorité des français. Les chiffres prévisionnels sont loin de présager une amélioration de la situation économique et pour l’instant, l’omniprésence et l’omnipuissance de Nicolas Sarkozy ne portent pas leurs fruits d’autant plus que les syndicats ne lui facilitent pas la vie avec les grèves à répétition. Les sondages attestent déjà de la désillusion de la majorité du pays. A cette allure, la gauche, si elle a un candidat de consensus, risque d’avoir un boulevard devant elle. A moins que François Fillon….

dimanche 24 octobre 2010

SLATE - FRÊCHE : UNE POLEMIQUE SANS OBJET EN ISRAEL


FRÊCHE : UNE POLEMIQUE SANS OBJET EN ISRAEL
par Jacques BENILLOUCHE

A l'occasion du décès ce jour de Georges Frêche, nous reproduisons l'article qui avait été publié par Slate le 29 janvier 2010.

Cliquer sur le titre en rouge pour vous connecter sur l'article sur Slate.
http://www.slate.fr/story/16559/freche-antisemitisme-israel-ps-languedoc-roussillon




En Israël, la controverse autour des propos de Georges Frêche semble ridicule quand les véritables comportements antisémites ne sont même pas relevés.


En Israël, on s'étonne beaucoup que traiter en France un juif de juif soit une insulte et fasse couler autant d'encre. En revanche, l'utilisation manifeste d'un éventuel «dérapage» à des fins politiciennes trouble.


Le Parti socialiste, suivi par les médias, semble vouloir sauter sur l'occasion de la plaisanterie déplacée de Georges Frêche pour régler son problème avec la liste Languedoc-Roussillon aux élections régionales et non pas pour s'élever contre la banalisation des propos anti-juifs. Rappelons qu'en France, 631 incidents antisémites ont été répertoriés en 2009 par les autorités sans que l'opinion publique et les politiques, les socialistes en particulier, manifestent leur désapprobation devant ce qui devient une constante acceptée. Les atteintes verbales contre les juifs sont monnaie courante et n'inquiètent pas outre mesure la communauté qui est plutôt sensible aux actes de violences, à l'incendie des synagogues, aux tags sur les tombes juives et aux souillures du mémorial de l'Holocauste.


Il y a pourtant beaucoup d'autres cas où cette soudaine sensiblerie n'a pas fonctionné avec efficacité. Les Israéliens n'ont pas apprécié le silence planétaire devant le dernier rapport de l'ONU sur la guerre à Gaza qu'ils jugent clairement antisémite. Pour eux, les rédacteurs du rapport Goldstone ont utilisé deux stylos. L'un pour le Hamas et l'autre pour Israël. Le thème fondamental de l'accusation est la notion d'intention qui n'est pas sans rappeler la vulgate historique antisémite, les juifs étant l'incarnation du mal. Ainsi, Israël a commis des meurtres en ciblant «intentionnellement» des civils innocents, des hôpitaux et des centres de l'ONU dans une action planifiée au plus haut niveau de l'Etat. En revanche, le Hamas n'avait rien d'intentionnel quand ses combattants s'habillaient de vêtements civils pour envoyer des roquettes et des obus de mortier à destination des villes du sud d'Israël à partir de zones densément peuplées et quand des populations arabes servaient de boucliers humains selon les propres termes du rapport.


Peu de médias non israéliens ont même noté l'extraordinaire action de l'armée israélienne à Haïti qui a été la première à installer en vingt quatre heures un hôpital complet. Les Israéliens répugnent aussi à rappeler au député arabe Ahmed Tibi que, quand il compare de la tribune de la Knesset les victimes de l'opération «plomb durci» à celles de la Shoah, il banalise des faits indicibles. Enfin, lorsque l'évêque de Cracovie, Tadeusz Pieronek, confirme le 28 janvier à un journal italien que la Shoah est une «pure invention juive», les Israéliens doutent de la volonté occidentale de faire taire les brebis galeuses qui parviennent à semer le doute dans les esprits faibles.


Alors, au sujet de Georges Frêche, les Israéliens pensent, sans chercher à s'immiscer dans le débat politique français, que «l'injure» faite à Laurent Fabius d'avoir une «tronche pas catholique» relève plus de la provocation que de la volonté de nuire aux juifs.

samedi 23 octobre 2010

LES CRAINTES ARABES FACE A L’IRAN



LES CRAINTES ARABES FACE A L’IRAN

Par Jacques BENILLOUCHE


Au-delà des premières heures d’euphorie qui donnaient l’impression d’un consensus général, la visite d’Ahmadinejad au Liban a manifestement ravivé les craintes des pays arabes face à un Iran qui se montre de plus en plus conquérant et expansionniste et qui n’hésite plus à chasser sur les terres arabes. Au terme de cette visite, les langues se délient et des informations nouvelles, en provenance des services israéliens, apportent un éclairage nouveau sur le déroulement d’un voyage qui n’a pas généré les espoirs attendus.

Réticences libanaises

Les dirigeants libanais n’avaient pas montré beaucoup d’empressement à recevoir chez eux un personnage sulfureux mais ils en avaient été contraints par le président syrien qui bénéficie toujours d’une force de pression locale. Ils avaient alors tout fait pour limiter l’impact de cette visite en minimisant leur collaboration parce qu’ils craignaient qu’Ahmadinejad n’use de provocation à l’encontre du voisin israélien. Ils ont donc trainé des pieds pour orienter la visite vers un échec cuisant. De ce point de vue, les libanais se sont montrés courageux et efficaces.


L’opinion libanaise n’était pas favorable à mêler le Liban aux querelles irano-israéliennes. Le gouvernement de Saad Hariri est déjà suffisamment empêtré de la présence de milices islamiques armées sur son territoire. Après avoir déploré le fait qu'Ahmadinejad considère le Liban comme «le seul pays de confrontation avec Israël », l'ancien député Farès Souhaid avait estimé que : «jusqu'à présent, le Hezbollah disait qu'il ne constitue pas une structure iranienne au Liban et que son objectif est de défendre la terre libanaise occupée et de participer au pouvoir. Mais la visite d'Ahmadinejad a permis d'abattre les cartes sur ce plan et a montré que l'allégeance du Hezbollah à l'Iran est plus forte que toute autre allégeance. »


Les tiraillements n’ont donc pas manqué entre les deux dirigeants mais le président libanais Michel Sleimane a clairement voulu fixer ses marques. Souffrant de se voir accusé d’être aux ordres d’une puissance étrangère, il est intervenu personnellement pour modifier le déroulement de la visite iranienne et son contenu. A peine la remise du diplôme honorifique à l’université de Beyrouth terminé, il a mandaté auprès des iraniens le commandant en chef de l’armée, le général Jean Kahwagi, pour exiger un changement du programme de la visite au sud-Liban en prétextant des risques sécuritaires.

L’armée libanaise se rebiffe

Le programme n’avait pas été préalablement soumis aux dirigeants libanais qui ont découvert tardivement qu’Ahmadinejad et Nasrallah avaient l’intention de circuler ensemble le long de la côte, en convoi motorisé jusqu’au sud-Liban, sous la protection de miliciens armés du Hezbollah et de Gardiens de la Révolution iraniens. Ils espéraient être reçus en héros dans les villages qui avaient été sollicités par les milices islamiques. L’armée libanaise s’est montrée ferme en excluant le Hezbollah de la responsabilité de la sécurité du président iranien et en conseillant à son chef, Hassan Nasrallah, de renoncer à son déplacement au sud-Liban alors qu’il voulait en faire une manifestation à sa gloire.


Ce refus avait mal été accepté par les iraniens qui, sous la pression du Hezbollah, étaient sur le point de provoquer un clash en mettant prématurément un terme à la visite d’Ahmadinejad. Mais ils en ont été dissuadés par ses conseillers. En raison de ces palabres, la visite a donc débuté avec beaucoup de retard et le principe d’un convoi terrestre a été finalement annulé par manque de temps. Un hélicoptère de l’armée libanaise a transporté le président iranien à Bent Jbeil tandis que l’officier commandant le déplacement a interdit à Nasrallah de monter à bord. Les cadres du Hezbollah ont réagi en boycottant la cérémonie au sud-Liban.


Les militaires libanais ont parfaitement joué leur rôle de saboteurs de cette visite. En effet, en raison du retard et de l’impossibilité de voler de nuit en hélicoptère, ils sont parvenus à annuler la visite à Maroun al-Ras à la frontière israélienne, évitant ainsi toute provocation contre Israël. Le dirigeant iranien devait y visiter un parc touristique, « l'Iran Garden », entièrement financé par l'Iran et un musée de la guerre. Ahmadinejad avait beaucoup misé sur le symbole de sa présence sur les lieux de la guerre de 2006 pour narguer ouvertement l’Etat d’Israël. La visite au sud-Liban, réduite à sa plus simple expression par la volonté de l’armée libanaise, avait ainsi perdu de son aura et de son impact.

Influence de l’Arabie


Plusieurs explications avaient été données sur l’origine du retard pour rejoindre le sud-Liban, attribué à des informations faisant état d’un projet d’une intervention israélienne contre le convoi d’Ahmadinejad. D’autres sources l’avaient justifié par des négociations qui se déroulaient avec le premier ministre Saad Hariri pour le démantèlement du tribunal de l’ONU qui avait décidé d’inculper des membres du Hezbollah. Ces motifs s’avèrent aujourd’hui sans fondements.


Les libanais ne pouvaient pas agir sans être couverts par leurs parrains arabes. Durant tout le voyage d’Ahmadinejad, le premier ministre libanais était en contact permanent avec le roi Abdallah d’Arabie. Cette visite n’avait pas été appréciée par le roi qui tenait à être informé de l’évolution de la situation. Les Etats-Unis, inquiets, avaient cherché eux-aussi à mesurer l’impact de cette visite en envoyant le 17 octobre le secrétaire adjoint Jeffrey Feltman à Beyrouth. Les autorités libanaises lui ont fait comprendre qu’elles avaient réussi à manœuvrer pour transformer la manifestation pro-Hezbollah en une visite à caractère purement libanais, dénuée de toute propagande iranienne.

Réactions militaires


La présence de plus en plus envahissante d’Ahmadinejad sur les terres arabes a exacerbé les craintes de ses principaux leaders qui ont tenu à se montrer plus présents dans la défense de leurs propres territoires. Aussitôt après cette visite et en réponse à l’activisme du président iranien, les forces terrestres, aériennes et navales égyptiennes et saoudiennes ont décidé d’organiser conjointement des exercices militaires, Tabuk-2, pour simuler une attaque extérieure contre leurs pays. Elles devaient montrer leur solidarité devant la menace iranienne. L’exercice a eu lieu du 17 au 21 octobre sous la direction du prince Khaled ben Sultan, fils du prince héritier Sultan. Le prince a déjà une grande expérience de la guerre dans la région puisqu’il a participé, en 2009, à la force d’expédition envoyée par l’Arabie saoudite pour combattre au Yémen les rebelles Houthi soutenus et financés par l’Iran.


Cette nouvelle stratégie développée par l’Egypte et l’Arabie saoudite s’insère parfaitement dans la doctrine de Barack Obama qu’il a certainement inspirée. Il semble qu’ils aient décidé de renouveler ces manœuvres plusieurs fois pour les étendre en Méditerranée, en Mer Rouge et dans le Golfe Persique avec l’intention manifeste de désigner l’adversaire qui était visé. Des indiscrétions révèlent que les forces armées de Tsahal ont été informées de la tenue de ces exercices et qu’elles auraient été sollicitées pour une aide logistique électronique.


La visite d’Ahmadinejad au Liban a donc eu une conséquence imprévue puisqu’elle a contribué à consolider les liens entre les arabes « modérés » qui ont décidé de prendre leur avenir militaire entre leurs mains pour contrer « l’axe du mal ».

BILLET D’HUMEUR : LA FRANCOPHONIE SANS ISRAEL

BILLET D’HUMEUR : LA FRANCOPHONIE SANS ISRAEL



Par Jacques BENILLOUCHE



La présidente de la Confédération suisse Doris Leuthard et le secrétaire général de la Francophonie Abdou Diouf ont accueilli le 23 octobre les chefs d'Etat et de gouvernement participant au XIIIe sommet de la Francophonie de Montreux. Une quarantaine de dirigeants étrangers sont présents sur les bords du Léman à l’exception d’Israël qui, à ce jour, n’a pas été admis parmi les défenseurs de la langue de Molière. Le président français Nicolas Sarkozy était attendu en dernier.


Abdou Diouf s’était plaint dans le journal « Le Monde » du « désamour, désintérêt des Français pour la francophonie » sans pouvoir expliquer les causes. M. Diouf feint d’ignorer que les soixante-dix Etats, répartis sur l’ensemble des continents, se sont comportés en fossoyeurs de l’organisation en la politisant. Au lieu de promouvoir la langue et la culture françaises et de combattre l’impérialisme de la culture anglo-américaine, les Sommets de la francophonie ont toujours eu des ordres du jour strictement politiques : paix et droits de l’homme, démocratie et économie, technologie et environnement. Le thème de cette année ne déroge pas à la règle : le développement durable, les relations internationales et enfin l’éducation, prouvant que la politique et l’idéologie priment sur la culture et la linguistique. Les hommes politiques devraient être exclus des réunions où seules les joutes littéraires seraient admises.


Israël, malgré ses centaines de milliers d’originaires des anciennes colonies françaises, est exclu de l’organisation par suite du véto de certains pays dont la haine politique vis à vis du pays hébreu va jusqu’à s’en prendre à la culture. M. Diouf a pourtant précisé à juste titre que la « langue française appartient à ceux qui ont choisi de la féconder aux accents de leurs cultures, de leurs imaginaires, de leurs talents ». Cette volonté de mêler la politique à la culture ne trouve aucun justificatif tangible alors que rien n’est fait par l’Organisation pour considérer que la défense et la diffusion des textes de Zola, Balzac ou Victor Hugo priment sur les intérêts politiques des dirigeants. La culture est un espace de liberté et de paix où les amoureux des mots et des phrases bien faites devraient se retrouver dans le seul combat pour la défense du talent et de la liberté de penser et d’écrire.


Israël ne mérite pas, selon certains diplomates représentant souvent des régimes verrouillés, de figurer parmi cette caste qui n’ignore pas que Malraux et Sartre défendaient d’abord le combat littéraire avant la lutte politique. La France, marraine de cette organisation, déçoit en faisant preuve de retenue et en se cachant derrière l’alibi des statuts. On modifie des pans entiers de Constitutions et l’on hésite à abroger quelques articles d’un règlement obsolète. Israël est exclu de cette organisation malgré ses 20% de francophones alors que son voisin, l’Egypte y adhère avec 2% sans oublier l’Albanie et les Iles Seychelles avec moins de 1%.


Ses membres devraient s’inspirer des idéaux de culture pour faire asseoir à la même table des ennemis dont le seul ordre du jour serait de lutter pour la prééminence de la langue française face à l’anglo-saxonne. Mais pour cela, il faudrait exiger du réalisme avant de faire preuve d’intelligence qui consiste à comprendre que la culture peut souvent générer des liens humains purs et désintéressés conduisant des ennemis potentiels à se parler, puis à se connaître et enfin à s’apprécier.


Les politiques français, de tous bords, ne se mouillent pas. Ils refusent de se prononcer sur une anomalie qui met Israël au ban de la culture française malgré les nombreuses publications françaises qui naissent au fil des amours des israéliens avec le texte et les mots. La langue française doit être considérée comme une espèce protégée alors que paradoxalement Israël, selon le souhait d’Abdou Diouf, est le seul à « faire l’effort de se penser dans un ensemble linguistique dynamique et créateur de diversité culturelle ».

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vendredi 22 octobre 2010

LA CONVERSION ARABE D’HUGO CHAVEZ


LA CONVERSION ARABE D’HUGO CHAVEZ

Par Jacques BENILLOUCHE



La majorité des pays détenant le pétrole souffrent d’une malédiction de la richesse. Paradoxalement, ceux qui sont éloignés des sous-sols gorgés d’or noir ont souvent favorisé chez eux la naissance d’un modèle de démocratie privilégiant le développement social plutôt que les combats d’intérêts personnels. Or, la dictature semble être le régime requis pour faire partie des privilégiés de l’OPEP et de la majorité des pays pétroliers.

La conversion arabe de Hugo Chavez


Cette malédiction de la profusion des ressources naturelles a touché des régimes que l’on croyait stables à l’exemple du Venezuela. Hugo Chavez décida, dès son arrivée au pouvoir, de bouder le clan des pays démocratiques pour rejoindre celui, maudit, des dictateurs. Les bases sociales de son pays s’opposaient pourtant fortement à l’instauration d’une dictature mais Hugo Chavez s’appuya sur les reculs sociaux pour museler l’opposition et affaiblir les partis qui pouvaient lui faire ombrage. Il grignota progressivement les espaces de liberté en interdisant les plus grands médias de son pays.


Mais, à l’instar des pays arabes producteurs de pétrole, cette radicalisation s’est traduite par une opposition à Israël qui était une attitude nouvelle en ce qui concerne son pays. Le passeport pour entrer dans le cercle fermé de l’OPEP passait selon lui par le déni d’existence de l’Etat Juif. Mais comble du raisonnement, le Venezuela se chercherait à présent une nouvelle identité puisqu’il rêve de faire partie de la Ligue Arabe. En souhaitant dans un premier temps un strapontin d’observateur, il n’aura aucun mal à trouver des ancêtres « bien-pensants » qui lui donneraient son certificat d’arabité.


Cette volonté d’appartenance au monde arabe pourrait à elle seule expliquer l’insistance de Chavez à contrer Israël jusqu’à ne plus contrôler ses relents antisémites. Il pense ainsi pouvoir obtenir son ticket d’entrée dans le monde fermé de milliardaires créé le 22 mars 1945 par l’Egypte qui, opposée à l’époque à une fédération arabe prônée par les Britanniques cherchant à museler la région, inventa le système de la Ligue Arabe. La Palestine la rejoignit en 1976 ce qui tendrait à croire que Gaza et la Cisjordanie regorgent d’un sous-sol noir.

Axe irano-vénézuélien



Le président Mahmoud Ahmadinejad qui recevait en grandes pompes, le 20 octobre, son homologue vénézuélien a attaqué, à nouveau, les pays occidentaux accusés d’organiser l’isolation diplomatique de l’Iran. Hugo Chavez a confirmé sa position : « Je dois profiter de l'occasion pour condamner ces menaces militaires dirigées contre l'Iran ». Les israéliens ont interprété le message d’Ahmadinejad transmis ce jour-là comme leur étant destiné : « Les ennemis de nos peuples partiront un jour. C'est la promesse de Dieu, et la promesse de Dieu sera tenue ». Ces deux pays, qui ont pour seul point commun d’être membres de l’OPEP, ont cherché à afficher leur force face à l’hégémonie américaine. Cette visite avait pour but de prouver que l’Iran maintenait des liens exceptionnels avec plusieurs pays et que la volonté des Etats-Unis de l’isoler s’était transformée en échec.


Les israéliens s’étonnent que, malgré tous les intérêts contradictoires, les régimes dictatoriaux souvent féodaux, sinon sanguinaires, ont la part belle dans cet aréopage majoritaire de dictateurs cultivant tous l’appropriation du pouvoir par la force et la contrainte. Ils ne comprennent pas la position extrême d’Hugo Chavez sauf à la justifier par son espoir d’obtenir un poste au Conseil de Sécurité à moins que sa motivation ait pour simple objectif de narguer ouvertement les Etats-Unis à travers son allié, Israël.


Certains politologues voient dans ce revirement une volonté de masquer ses échecs en Amérique latine. Morales, le bolivien, lui a damé le pion à gauche, le Pérou et le Mexique l’ignorent et son initiative bolivarienne a fait chou-blanc. Alors, lui qui rêvait d’enflammer l’Amérique du Sud à l’instar d’un Ché Guevara plus charismatique, il ne lui restait pas d’autres solutions que de chercher ailleurs ses nouveaux alliés dont l’énoncé de certains noms suffit à démontrer la vanité de sa démarche. Il a alors organisé une tournée auprès des détenteurs d’une carte de visite de dictateur : l’Iran d’abord pour profiter de parler de nucléaire avec Ahmadinejad puis la Biélorussie, la Corée du Nord et enfin la Syrie pour tenter d’obtenir son certificat de conversion arabe.

Manque de volonté internationale


Les occidentaux ne semblent pas intéressés à changer les choses car les régimes dictatoriaux sont propices à leurs intérêts fondamentaux. Ils leur confèrent le droit à une exploitation tranquille des ressources naturelles puisque seuls les pays forts, donc stables, peuvent s’opposer aux revendications de révolutionnaires cherchant à déloger les « pilleurs de ressources ». Washington sera ainsi le dernier pays à encourager des changements de régime. Ses intérêts pour les approvisionnements en pétrole priment sur le principe d’atteinte aux droits humains. Pourtant, l’intervention étrangère et les pressions exercées par les grandes puissances, sont une « condition indispensable pour qu’une révolution non violente puisse se dérouler », explique Jacques Sémelin, spécialiste français au CNRS ; mais pressions ne riment jamais avec profits.


Les dictatures peuvent encore se réjouir de la longue vie qui leur est assurée et du pacte de non agression qui leur est garanti par les occidentaux tant qu’ils se plient à leurs exigences. Elles savent les risques encourus en ne respectant les règles communément admises. L’Irak en a été le témoignage vivant.


Il demeure que les pays pétroliers ne font pas bon ménage avec Israël puisque la plupart d’entre eux font preuve d’une politique anti-israélienne, sinon antisémite. Une des explications tiendrait dans le rejet par les dictateurs de tout ce qui touche de près ou de loin à la démocratie dont ils sont allergiques. Or Israël est le seul point de fixation démocratique dans une région qui ne l’est pas et qui ne cherche pas à l’être. Il n’est donc nullement question de donner des gages à un aussi mauvais exemple. Il faut au contraire le combattre sinon le détruire.


De nombreuses démocraties restent très complaisantes à l’égard des tenants du pétrole au point de vendre leur âme. Au lieu de pointer du doigt tous ces pays où la liberté a été confisquée, où l’opposition est muselée et où les prisons regorgent de politiques, ils ferment les yeux, consommation de pétrole oblige. Hugo Chavez et son ami Ahmadinejad ont vite assimilé ce postulat pour pouvoir se permettre de développer des critiques permanentes à l’encontre des Etats-Unis et d’Israël.

mercredi 20 octobre 2010

ISRAEL-MAROC : UNE OCCASION PEUT-ETRE RATEE


ISRAEL-MAROC : UNE OCCASION PEUT-ETRE RATEE
Par Jacques BENILLOUCHE


L’information avait été discrètement publiée le vendredi 15 octobre mais elle n’avait été confirmée officiellement que plus tard. Le journal israélien Maariv venait de dévoiler qu’une visite officielle du président Shimon Pérès au Maroc était planifiée dans les deux semaines à venir. Depuis sa nomination, le président ne s’est pas contenté du rôle purement honorifique que lui accordent les lois de l’Etat. Il s’est attribué partiellement les fonctions d’Avigdor Lieberman, le ministre des affaires étrangères, qui n’a pas réussi à percer en Europe et dans les pays arabes et qui reste persona non grata dans beaucoup de Chancelleries.

Invitation officielle

Shimon Pérès avait bien reçu une invitation officielle du roi Mohammed VI pour le rencontrer en son palais de Rabat en vue de participer à des réunions avec les dirigeants politiques et les décideurs économiques chérifiens. Cette rencontre était prévue en marge du Forum économique Mondial sur la région du Moyen-Orient et l'Afrique du Nord (MENA) qui se tiendra du 26 au 28 octobre à Marrakech sous le thème « Sens, Résilience et Prospérité ».

Le président de l’Etat d’Israël avait été invité alors que le Maroc avait rompu ses relations diplomatiques à la suite de l’intifada Al-Aqsa en 2000. Le dernier délégué Gadi Golan, qui avait rang d’ambassadeur, avait été appelé à cesser ses fonctions au moment même où le représentant marocain rentrait dans son pays. Mais cela n’avait pas empêché plusieurs personnalités israéliennes de s’y rendre, en particulier la chef de l’opposition Tsipi Livni.

L’information de ce voyage avait suscité des interrogations sur sa finalité. Le Maroc est certes partie prenante dans le débat avec les palestiniens et le président de l’Etat juif pouvait profiter de demander au roi du Maroc d’intercéder auprès de la Ligue Arabe pour modérer sa position dans la reprise des négociations avec les palestiniens. Des indiscrétions tendaient cependant à accréditer l’idée que ce voyage avait un objectif plus ambitieux : la préparation du rétablissement des relations diplomatiques entre les deux pays. Des témoins locaux ont confirmé que les anciens bureaux de la délégation diplomatique israélienne de Rabat sont en cours de remise en état. Ils font désormais l’objet de surveillance de la part de la sécurité marocaine qui anticipe déjà l’arrivée de diplomates israéliens.

Des pourparlers secrets ont été menés sous la houlette du ministre israélien Sylvain Shalom, ancien ministre des affaires étrangères, tandis que l’ancien ambassadeur en Egypte, Shalom Cohen, s’était joint à la négociation. L’implication de Shimon Pérès n’avait rien d’exceptionnelle puisque, déjà en 2005, alors vice-premier ministre du gouvernement Sharon, il avait dévoilé à la chaine Al-Jazzera « qu’un accord de principe pour le rétablissement des relations diplomatiques entre les deux pays avait été conclu entre lui et le roi du Maroc » à l’occasion de leur rencontre à Madrid pour la commémoration de l’attentat du 11 mars 2004. Il semble qu’au terme de cette dernière visite une annonce exceptionnelle de reprise des liens officiels devait être concrétisée.

Discrétion marocaine

Les autorités officielles marocaines avaient refusé de se prononcer sur cette question puisque le ministre marocain Fassi Fihri s’était montré réservé lorsque la rencontre avait été éventée : « Nous avons d’ailleurs apporté un démenti clair et net aux rumeurs qui ont circulé dernièrement sur l’éventualité de l’ouverture de représentations diplomatiques entre ces deux pays ». Il avait cependant confirmé l’invitation faite à Shimon Pérès car « il s’agit d’écouter tout le monde pour agir en connaissance de cause ».

Le chef de l’Etat israélien avait aussi prévu de rencontrer les dirigeants de la communauté juive marocaine qui sont paradoxalement très frileux en ce qui concerne le rétablissement des relations entre Israël et le Maroc parce qu’ils le jugent précipité. Serge Berdugo, responsable de la communauté juive du Maroc, n’appréciait pas l’objectif de ce voyage : « Nous sommes persuadés que toute initiative dans le sens d’une reprise des relations diplomatiques entre ces deux pays devrait probablement, pour être efficace, préalablement attendre un progrès substantiel, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui, de la paix au Proche-Orient et notamment dans le conflit entre Israël et la Palestine. »

Les Etats-Unis ont certainement favorisé la reprise de ces contacts car le Maroc entre dans leur stratégie gagnante impliquant que juifs et arabes doivent être de « véritables partenaires politiques et économiques " pour que la paix intervienne. Lors de son discours à l'Assemblée générale de l'Onu, le président américain Barack Obama avait appelé les pays arabes à entamer le dialogue et à normaliser leurs relations avec Israël : « Le monde doit contribuer à la création d'un État palestinien dans un an ». Il persistait dans sa volonté de créer un axe des pays modérés pouvant contrebalancer l’influence de l’Iran en l’aidant dans le combat contre Al-Qaeda. Il est fortement probable que des pressions ont été exercées contre le jeune roi mais la réaction des organisations marocaines avait été sous-estimée. L’annulation de la visite représente donc une victoire des opposants à la normalisation avec Israël.

Cette approche visant à rétablir des relations avec Israël est en effet vivement combattue par la Syrie, le Liban, le Soudan et le Yémen bien que certains pays arabes aient assimilé l’idée que la guerre ne favorisera pas l’émergence d’un Etat palestinien. Le roi Mohammed VI a donc pris cette nouvelle initiative parce qu’il souhaitait que les négociations entre israéliens et palestiniens se poursuivent, loin de « l'immobilisme et de l'obstruction ». Il voulait bien montrer sa solidarité avec le peuple palestinien mais avec modération et réalisme face au « fait israélien ».

Les autorités israéliennes ne ménagent pas leurs efforts pour régulariser la situation avec le Maroc. Déjà en 2009, Avigdor Lieberman avait rencontré en secret à New-York son homologue marocain Fassi Fihri. Un mois plus tard, Tsipi Livni, chef de l’opposition avait participé à une conférence économique internationale à Tanger. Elle avait reçu un accueil digne d’un chef d’Etat puisque le gouvernement marocain avait mis à sa disposition une vingtaine de gardes du corps et bloqué la circulation de la ville pour sa sécurité.

Le président syrien Bachar El-Assad s’est inquiété de ce développement politique nouveau au point de se rendre le 17 octobre auprès du roi Abdallah d’Arabie Saoudite, le parrain politique du roi du Maroc, pour s’enquérir de sa position dans ce débat. Contrairement à ce qui avait été écrit, le voyage d’Ahmadinejad au Liban n’était certainement pas au menu de ses discussions mais plutôt l’initiative marocaine.

L’Etat d’Israël estime que le royaume chérifien tient une place fondamentale dans sa stratégie car il peut jouer un rôle de médiateur entre lui et ses voisins du Proche-Orient. Avec l’Arabie Saoudite et la Jordanie, il peut créer une force d’opposition aux chiites en général et aux pays de « l’axe du mal » en particulier. Le Maroc pouvait donc être parmi les rares pays arabes à avoir des relations formelles et cordiales avec Jérusalem. Il pouvait entraîner d’autres pays à le suivre favorisant ainsi l’émergence d’une solution pacifique au Proche-Orient. Il semble à présent qu’on veuille empêcher le roi du Maroc de s’engager dans cette voie. En refusant de recevoir Shimon Pérès, alors qu’il sait que les règles israéliennes ne permettent pas au président israélien de visiter un pays sans voir son chef d'Etat, il a reporté sur Israël la responsabilité de l’échec de ce qui aurait pu être une bonne occasion pour le Proche-Orient.

mardi 19 octobre 2010

BILLET D’HUMEUR : LA FRANCE INGOUVERNABLE !


BILLET D’HUMEUR : LA FRANCE INGOUVERNABLE !
Par Jacques BENILLOUCHE


Il est difficile d’appréhender de loin une situation inextricable mais il en ressort qu’aucune réforme ne peut être appliquée en France sans susciter des remous et des blocages. Parce que le parlement est faible, aux ordres et occupé par des godillots, il ne dispose d’aucun pouvoir réel au point de se poser la question sérieuse de l’intérêt de cette institution. Les décisions ne se négocient plus dans l’hémicycle ou dans les ministères mais dans la rue. Pourtant le pays, comme toutes les démocraties, a besoin de réformes pour éviter d’accumuler un retard qui ne cesse de se creuser, au fil des années, à coups de passivité, de reculade, d’inertie et de stagnation. La France est un pays ingouvernable.

Les universités, à qui on interdit la sélection à l’entrée, cumulent les échecs de trente pour cent d’étudiants dès la première année. La liberté d’accès est offerte à tous les détenteurs d’un bac dévalué parce qu’il a été décidé, au nom des bonnes statistiques, de l’offrir à tous les jeunes qui n’en feront rien d’ailleurs. Les diplômés docteurs sont payés au smic et fuient vers les laboratoires outre-Atlantique. Les Grandes Ecoles génèrent une élite qui choisit elle aussi l’étranger car la valeur personnelle y est mieux rémunérée et l’ascension plus rapide. L’université forme des chômeurs ou des jeunes n’ayant aucun débouché concret sur le marché du travail. Alors pour tous ces gens qui recherchent un travail, parler de retraite est un luxe.

La sécurité sociale augmente tous les ans son déficit abyssal parce qu’aucune solution ne peut être envisagée sans que les médecins rouspètent pour leurs honoraires, sans que les mutuelles ne se rebellent pour la baisse de leur profit ou sans que les salariés et les entreprises ne s’opposent aux hausses des cotisations. La France reste ingouvernable.

Lorsque Benjamin Netanyahou est entré au gouvernement Sharon comme ministre des finances en 2002, l’économie israélienne était désespérée. Au bout de trois ans, elle a rivalisé avec celle des Grands. Le ministre a certes axé ses coups contre les plus démunis et les plus fragiles avec sa politique ultra-libérale. Les impôts ont été augmentés et les retraites allongées jusqu’à l’âge de 67 ans. Mais les israéliens n’ont pas bougé. Ils souhaitaient peut-être le faire mais ils étaient en adéquation avec leur décision de porter la droite au pouvoir. Ils ne pouvaient pas se contredire dans leur propre choix.

La fonction essentielle du bulletin de vote est de choisir puis d’attendre les résultats en les sanctionnant le cas échéant au scrutin suivant. Cette attitude peut être taxée d’angélique mais elle dénote plutôt une certaine maturité politique. Les français élisent leur président avec une majorité confortable, désignent une Assemblée ultra-majoritaire mais ils empêchent le gouvernement, qui en est issu, de réaliser le programme pour lequel il a été élu. La France est ingouvernable.

Mais le paradoxe tient au fait que Nicolas Sarkozy, délaissé par son opinion publique, voué aux gémonies, sera certainement à nouveau réélu en 2012 car les électeurs ont peur du changement même si leur pouvoir de contestation est intact. Alors ils râlent et ils manifestent mais dans l’isoloir ils reviennent à leurs fondamentaux. Comment peut-on faire pour que la France soit gouvernable ?

lundi 18 octobre 2010

BILLET D’HUMEUR : LES MOUTONS DE PANURGE MAROCAINS



BILLET D’HUMEUR : LES MOUTONS DE PANURGE MAROCAINS
Par Jacques BENILLOUCHE



Il est souvent désespérant de savoir que les pays arabes sont monolithiques, qu’ils appliquent strictement la même politique et les mêmes concepts et qu’ils n’innovent pas pour tenter de se distinguer les uns des autres. Le seul qui avait été original fut le président tunisien Bourguiba qui avait su donner des leçons à ses collègues arabes pour les convaincre d’adopter une politique sinon tranchée, au moins équilibrée, vis-à-vis d’Israël mais il n’a jamais été suivi.

L’exemple vient de nous être donné par le roi Mohammed VI du Maroc. Sa jeunesse pouvait lui permettre d’oser, de s’affranchir des habitudes de ses ainés et de sortir des poncifs pour faire avancer une situation bloquée. Il avait invité secrètement le président Shimon Pérès à son palais de Rabat pour rencontrer les dirigeants et les décideurs marocains bien qu’Israël et le Maroc n’entretiennent plus de relations diplomatiques depuis l’intifada Al-Aqsa de 2000.

Des indiscrétions tendaient à accréditer l’idée que ce voyage avait un objectif plus ambitieux : le rétablissement des relations diplomatiques entre les deux pays. Des témoins locaux confirmaient que les anciens bureaux de la délégation diplomatique israélienne de Rabat étaient en cours de remise en état et qu’ils faisaient désormais l’objet de surveillance de la part de la sécurité marocaine qui anticipait déjà l’arrivée de diplomates israéliens.

Mais cette approche pacifique visant à rétablir des relations avec Israël est vivement combattue par la Syrie, le Liban, le Soudan et le Yémen alors que certains pays arabes ont assimilé l’idée que la guerre ne donnera jamais naissance à un Etat palestinien. C’est pourquoi Mohammed VI a pris cette initiative parce qu’il souhaitait que les négociations entre israéliens et palestiniens se poursuivent, loin de « l'immobilisme et de l'obstruction ». Il voulait bien montrer sa solidarité avec le peuple palestinien mais avec modération et réalisme face au « fait israélien ».

Et puis patatras ! Le roi du Maroc a succombé à la pression de ceux qui veulent que tout reste figé, que rien ne soit fait dans le sens du développement de simples discussions entre adversaires et que le problème palestinien reste insoluble pour des décennies encore. Il a donc annulé son invitation à Shimon Pérès pour se conformer aux injonctions de ses pairs arabes. La paix attendra tandis que la guerre a de beaux jours devant elle.

samedi 16 octobre 2010

BILLET D’HUMEUR : PAS DE PELERINAGE POUR LE HAMAS


BILLET D’HUMEUR : PAS DE PELERINAGE POUR LE HAMAS
Par Jacques BENILLOUCHE


Il est toujours étonnant de constater que certaines informations ont du mal à être diffusées par les médias lorsqu’il s’agit des relations arabo-arabes. Les récriminations concernant le blocus de Gaza par Israël font habituellement les gorges chaudes des commentateurs qui ont tendance, en revanche, à zapper ce qui n’entre pas dans la dialectique anti-israélienne. Le blocus sélectif persiste certes mais l’existence d’une frontière avec l’Egypte, à Rafah, est toujours occultée afin de culpabiliser l’Etat juif et surtout, afin de ne pas faire de peine au grand frère égyptien.


En prévision du grand pèlerinage musulman de la Mecque, qui aura lieu cette année à compter du 24 octobre, les autorités égyptiennes ont interdit le passage de la frontière avec Gaza aux membres du mouvement islamiste Hamas. Cette information a été rapportée le 15 octobre par l'agence palestinienne Maan. Le docteur Sami Abou Zouhri, un de ses responsables, a confirmé que : « Le Caire avait refusé à certains leaders du Hamas le droit de se rendre au Hadj à travers ses territoires ». Il ne reste plus que le bon vouloir des israéliens pour leur permettre de traverser le territoire juif en toute sécurité. Nous imaginons par avance le tollé qui aurait suivi la diffusion d’une telle information si Israël avait été à l’initiative de cette décision.


Le Hamas n’a pas d’espoir que l’Egypte revienne sur sa décision bien que Sami Zouhri veuille se placer sur le plan strictement religieux : « Le Hadj est un rite religieux qui ne doit pas être mêlé aux divergences politiques ». L’Egypte en veut en fait aux responsables du Hamas parce qu’ils ont refusé de signer, il y a un an, leur proposition de réconciliation inter-palestinienne. L’agence Maan a publié au moins les noms de trois leaders islamistes interdits de pèlerinage. Sami Abou Zouhri, Salah Bardawil, membre du Conseil législatif, et Faouzi Barhoum, porte-parole du Hamas, ont été déclarés « persona non grata » en Egypte.


Il n’y a aucun risque qu’une levée de boucliers accompagne la décision de Moubarak de punir les dirigeants du Hamas sur un plan religieux. En d’autres temps, en plus d’une flottille, une croisade internationale se serait portée au-devant des mécréants israéliens qui auraient osé empêcher l’islam de s’exprimer et de se pratiquer librement.

SLATE : Mystérieuse explosion sur une base de missiles iranienne



Mystérieuse explosion sur une base de missiles iranienne
par Jacques BENILLOUCHE
Selon les services de renseignement israéliens, l'accident survenu le 12 octobre est plus embêtant pour l'Iran que ce Téhéran a bien voulu dire.
Que s’est-il réellement passé le 12 octobre en Iran? Les services de renseignements israéliens viennent de divulguer une version totalement différente de l’incident qui a touché une base iranienne de missiles. Ils révèlent qu’une triple explosion a eu lieu dans une installation secrète iranienne la veille du voyage d’Ahmadinejad au Liban. Selon ces sources, le site concerné stockait en majorité des fusées Shahab-3, lanceurs à moyenne portée destinés à frapper, en représailles, les forces américaines basées en Irak ou les cibles civiles israéliennes.
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