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vendredi 31 décembre 2010

SLATE : VERS UNE NOUVELLE GUERRE A GAZA ?




SLATE : VERS UNE NOUVELLE GUERRE A GAZA ?

par Jacques BENILLOUCHE



Le Hamas a rompu la trêve tacite avec Israël, à la fois pour ressouder la population de Gaza contre l'ennemi commun, pour ne pas se faire déborder par des groupes plus extrémistes et pour donner des gages à son mentor iranien.


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http://www.slate.fr/story/32155/gaza-hamas-nouvelle-guerre





lundi 27 décembre 2010

BILLET D’HUMEUR : LES VOIX DE LA POLITIQUE SONT IMPENETRABLES


BILLET D’HUMEUR :



LES VOIX DE LA POLITIQUE SONT IMPENETRABLES

Par Jacques BENILLOUCHE


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Le 29 novembre 1947 est une date sacrée pour l’Etat d’Israël puisque sa création a été votée à l’ONU par 33 voix contre 13 et 10 absentions. A cette occasion, les Etats d’Amérique latine n’ont pas suivi les directives des pays arabes et ont voté en majorité pour la création, ou se sont abstenus, permettant ainsi à la résolution d’être adoptée de justesse.

Dans une sorte de retour de balancier, cinq pays viennent de décider de reconnaître la Palestine comme Etat indépendant alors qu’ils avaient appuyé la création de l’Etat juif en 1947 ; il s’agit de l’Equateur, la Bolivie, le Brésil, l’Argentine et l’Uruguay.

Cette décision n’a qu’une portée purement symbolique car la Palestine n’a pas encore de frontières, n’est pas admise comme Etat à l’ONU, n’a pas une autorité légale consensuelle et incontestée et surtout, n’a été reconnue par aucun des cinq Grands. Elle n’étonne pas puisque ces cinq pays avaient déjà décidé de rompre leurs relations diplomatiques à l’occasion de l’opération « plomb durci » contre Gaza que l’un d’entre eux avait qualifiée de « génocide ». Leur décision entre donc dans la continuité de leur position anti-israélienne et n’a pas surpris les dirigeants israéliens.

La question de l’évolution, en soixante ans, d’une position amicale à une attitude foncièrement agressive n’est pas à mettre au débit d’Israël qui a toujours favorisé la stabilité de ses relations avec l’Amérique latine. Mais Israël souffre de la politique anti-américaine de l’Amérique latine qui a voulu s’affranchir de ses liens de dépendance après avoir vécu des dictatures fascistes et sanglantes soutenues par les Etats-Unis. Israël paie ainsi ses relations amicales avec son principal allié qui souffre d’un déficit d’amitié avec une région qui tend à se singulariser vis-à-vis du grand frère du nord. Chacun de ces pays a ses propres arguments pour justifier un revirement politique tout à fait explicable.

Le Brésil se bat pour obtenir un siège de membre permanent au sein du Conseil de Sécurité de l’ONU et il doit donc crédibiliser sa position vis-à-vis des pays arabes tandis que les gouvernements bolivien et vénézuélien ont déjà acquis leur statut de héros pro-palestiniens. Mais la nouveauté dramatique dans la région tient dans la capacité de nuisance d’Ahmadinejad qui a réussi à supplanter les Etats-Unis dans l’économie sud-américaine.

L‘Iran fait d’importants investissements économiques et militaires dans les pays d'Amérique du Sud, en exploitant les sentiments anti américains des gouvernements de gauche. L'Iran tient à ses liens avec le Venezuela et la Bolivie car à trois, ils représentent 10% de la production pétrolière mondiale les mettant en capacité de faire fluctuer, à leur guise, les prix du pétrole à l'échelle mondiale. L’Iran profite par ailleurs de cette aide pour y augmenter la présence de groupes terroristes alliés au Hezbollah et au Hamas.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Depuis 2007, l'Iran a offert à la Bolivie plus de 1,1 milliards de dollars pour la coopération industrielle. En janvier 2008, l’Iran a installé un bureau commercial en Equateur et a signé des accords de coopération économique et militaire. Depuis octobre 2007, l’Uruguay se fournit en munitions auprès de l’Iran. Enfin, selon le dissident iranien Manuchehr Honarmand, emprisonné pendant trois ans, des fonctionnaires iraniens seraient impliqués dans chaque secteur de l'économie du Venezuela.

Israël ne peut se battre contre des ennemis qui utilisent l’arme économique pour rameuter à eux des pays faibles et cupides donc, facilement achetables.
















samedi 25 décembre 2010

LE HAMAS RECHAUFFE LE FRONT DE GAZA


LE HAMAS RECHAUFFE LE FRONT DE GAZA

par Jacques BENILLOUCHE


Après une accalmie de longue durée, le Hamas a décidé de réactiver le front de Gaza car il craint que sa population, à l’instar de celle de Cisjordanie, se complaise dans une situation de ni-guerre ni-paix qui démobilise les militants islamistes. Il a décidé de rompre le cessez-le feu tacite, en vigueur depuis la fin de l’opération « plomb durci » de 2009.

Les tirs de fusées Qassam, faisant des victimes civiles en Israël, ont donc repris. L’armée vient de révéler par ailleurs qu’une roquette de type Kornet a été tirée contre un char israélien prouvant que des missiles de nouvelle génération ont été livrés par l’Iran à travers les tunnels reliés à l’Egypte. Nos informations, confirmées par les fuites de WikiLeaks, avaient en effet révélé que l’Iran envoyait des armes à Gaza via le Soudan. Depuis le 19 décembre, 3 roquettes et 18 obus de mortier ont été tirés vers le sud d'Israël. Le chef d’Etat-major israélien a estimé que « la situation dans la bande de Gaza est volatile. Rien ne nous permet de garantir qu’elle ne va pas de nouveau se dégrader. »

Représailles

Certes, des actions de représailles visant les tunnels de contrebande ont été entreprises par l’aviation qui a aussi lancé des raids contre une base d’entrainement de la branche armée du Hamas, les brigades Azzedine El-Qassam, en faisant au moins cinq morts parmi les combattants. Mais il semble qu’Israël ait choisi, dans un premier temps, la voie diplomatique puisqu’il veut impliquer, sans conviction, l’Onu afin de donner une portée internationale à l’escalade de la violence.

Cette stratégie de la violence a été directement dictée par Khaled Mechaal, leader du Hamas à Damas, qui veut démontrer qu’il contrôle totalement le mouvement intégriste de Gaza ainsi que ses toutes ses branches affiliées. A l’occasion du 23ème anniversaire de la fondation du Hamas, il a réitéré le 13 décembre l’objectif palestinien de recouvrer toutes les terres entre le Jourdain et la mer Méditerranée impliquant la suppression implicite d’Israël. Son discours a été marqué par une escalade militaire qu’il a exigée. Le Hamas a célébré à Gaza cet anniversaire par une manifestation qui se voulait imposante mais les témoins locaux ont confirmé que les militants étaient peu nombreux au rendez-vous. Cette organisation commence à pâtir d’une érosion de son image de marque auprès d’une population de Gaza marquée par les excès de ses forces de sécurité.

Le Hamas et ses associés du Djihad islamique et des cellules Al-Qaeda ont délibérément organisé ces attaques contre Israël après avoir reçu des instructions précises du leader en exil à Damas. Khaled Mechaal tenait à attirer l’attention de son parrain iranien qui, en raison de ses problèmes intérieurs, lambine à financer le Hamas. Cependant les israéliens s’inquiètent à la fois de la précision de ce nouveau matériel récemment acquis et surtout de l’audace des militants islamiques qui s’attaquent à présent ouvertement à des cibles militaires, comme le démontre leur attaque de mortier du 20 décembre.

Temporisation

Mais alors que le Hamas se prépare à une épreuve de force, les israéliens ne s’expliquent pas la modération du premier ministre Benjamin Netanyahou et surtout de son ministre de la défense, Ehud Barak, qui s’abstiennent de toute action massive de dissuasion. Pourtant le vice-ministre de la Défense, Matan Vilnaï, a estimé que « nous sommes au début d'une guerre d'usure à la frontière avec la bande de Gaza. Les tirs de Qassam de ces derniers jours proviennent d'éléments encore plus extrémistes que la Hamas, comme le Djihad islamique, qui tentent d'entraîner le Hamas dans une confrontation avec Israël ».

Le débat est ouvert au sein même des forces armées israéliennes. Certains responsables modèrent la gravité de la situation. Selon le commandant militaire de la région sud « les tirs d’obus de mortier provenant de la bande de Gaza ne signifient pas forcément que la situation risque de se dégrader prochainement dans la région ». Il ne croit pas à une volonté immédiate d’embraser la région car le Hamas tire profit de l’accalmie relative de ces deux dernières années, après l’opération « Plomb Durci », pour se consolider, pour se réarmer et pour renforcer son potentiel. D’autres laissent entendre que Tsahal devrait intervenir pour faire cesser ces attaques régulières contre les agglomérations israéliennes.

Tsipi Livni, la chef centriste de l’opposition, qui n’est pas suspecte d’activisme nationaliste, exige des mesures fortes immédiates : « Ce n’est pas le problème d’Israël que de savoir quelle est l’organisation terroriste qui se cache derrière les tirs. C’est le Hamas qui règne dans la bande de Gaza et c’est à lui d’assumer la responsabilité de ces agressions.» Son adjoint au parti Kadima, le président de la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset, Chaoul Mofaz, a appuyé cette déclaration : « Nous ne pourrons accepter la reprise des bombardements. Si la violence continue de s’intensifier dans le sud du pays, nous ne pourrons pas rester les bras croisés, et il faudra entreprendre une action de grande envergure. Le moyen qui peut apporter un changement à cette situation consiste à écraser le pouvoir du Hamas.»

Le premier ministre du Hamas Ismaël Haniyeh et l’idéologue de l’organisation Mahmoud Zahar se sont rapprochés des amis de Mechaal, le ministre de l’intérieur Fathi Hamad et le commandant des brigades Al-Qassam, Ahmad el-Jabary qui ont conjointement décidé par ailleurs qu’il n’y aurait aucune négociation pour la libération du soldat Gilad Shalit parce qu’il représente pour eux, d’une part une assurance pour la vie et d’autre part une légitimité auprès des pays occidentaux contraints de négocier avec le Hamas.

En fait il semble que les israéliens attendent beaucoup du nouveau chef d’Etat-major, Yoav Galant, qui prendra ses fonctions au début de l’année 2011. Ce général avait commandé les troupes israéliennes de l’opération « plomb durci » et il n’avait pu faire admettre alors à son gouvernement son projet d’envahir la totalité de la bande de Gaza pour extirper les dirigeants du Hamas et les remplacer par un ami d’Israël, Mohammad Dahlan, homme de la CIA et du Mossad, ancien homme fort de Gaza, qui rêve toujours d’en découdre avec le Hamas pour restaurer son autorité et celle de l’Autorité palestinienne sur son ancien fief. Les secrets de WikiLeaks attestent de l’intérêt des palestiniens de Cisjordanie à mettre fin à cet abcès de fixation.

Il est à craindre que la modération dont fait preuve à l’heure actuelle le gouvernement israélien cache en fait des préparatifs pour freiner toute velléité des islamistes à s’ériger en trublions dans la région. Le Hamas, mesurant le risque de son attitude belliqueuse, tient à calmer le jeu puisque l’un de ses dirigeants, Mahmoud Zahar, vient de préciser : « Nous proclamons notre engagement au respect de la trêve entre nous et l'occupant israélien ». Conscient qu'il donne des arguments à Tsahal pour intervenir massivement, il se défausse sur les autres en tentant d’accréditer la thèse qu'il est hors course et que les tirs de roquettes proviennent en fait de groupes armés plus radicaux sur lesquels il n’a pas prise. Il craint en fait que cette fin d’année ne ressemble à celle qui prévalait en 2009 et que la situation ne dégénère en conflit armé d’envergure. A force de jouer avec ses roquettes, le Hamas risque de se brûler les doigts.




























jeudi 23 décembre 2010

QATAR : DOUBLE JEU POLITIQUE ET STRATEGIQUE


QATAR : DOUBLE JEU POLITIQUE ET STRATEGIQUE

Par Jacques BENILLOUCHE






 


La diplomatie israélienne n’a pas la même vision politique que les services de renseignements, plus mitigés sur le rôle réel du Qatar au Moyen-Orient. L’ancien directeur du Mossad, Meir Dagan, a qualifié le Qatar « de véritable problème et son émir de quelqu’un qui irrite tout le monde ». Il reproche à cheikh Hamad ben Khalifa Al-Thani « de jouer sur tous les tableaux, la Syrie, l’Iran et le Hamas, pour assurer sa sécurité et affirmer son indépendance » face aux dangers extérieurs. Le Mossad a été jusqu’à conseiller, le 12 juillet, à Fragos Frances Townsend, assistante du président Obama pour la sécurité intérieure et de lutte contre le terrorisme (AFHSC), de se retirer de la base Al-Udeid utilisée par les forces américaines.


Préserver à tout prix les liens

Le ministère israélien des affaires étrangères estime que les relations avec les pays musulmans doivent être préservées surtout depuis la rupture avec la Turquie. Le Qatar a rompu ses relations avec Israël en 2009 à la suite de l’opération « plomb durci » contre Gaza, mais des relations secrètes ont été maintenues au plus haut niveau. Par ailleurs, toute occasion de rencontrer des officiels qataris n’est pas négligée. L’émir du Qatar s’était rendu en visite secrète en Israël, en mars 2010, et avait été reçu par Tsipi Livni, chef de l’opposition, et par l’ancien ambassadeur à l’ONU, Dan Gilerman, l’homme des missions internationales sensibles. Cette visite faisait suite à celle de Tsipi Livni en 2008. La télévision israélienne avait filmé l’évènement et avait rapporté, officiellement, qu’il s’agissait d’aborder l’aide que pouvait fournir Israël en matière d’agriculture. Mais il est certain que le problème de l’Iran avait été abordé.

Le ministre de l’Industrie et du Commerce, Benyamin Ben Eliézer, s’est rendu au Qatar en mai 2010 afin de prendre part au forum économique mondial et de prendre la parole devant les délégués : « J’espère parvenir à convaincre mes homologues du Proche-Orient et des pays du Golfe de considérer l’aide qu’Israël peut apporter surtout en technologie de pointe, et à briser la glace qui empêche tout progrès véritable dans les relations entre Israël et ses voisins ». Enfin, à l’occasion de l’assemblée générale d’Interpol, en novembre 2010, le général de division, Yoav Segalovich, avait participé aux débats qui se déroulaient au Qatar en tant que chef des services d’enquête et de renseignement de la police d’Israël.

Toutes ces visites tendent à démontrer que le gouvernement israélien tient à maintenir des contacts diplomatiques étroits en vue de renouer les relations bilatérales officielles. Cependant il n’est pas dupe car il n’ignore pas la capacité de nuisance politique du Qatar, soumis à des pressions de certains pays ennemis d’Israël. Il n’a pas accepté les conditions politiques posées pour la reprise des relations diplomatiques, en particulier le droit du Qatar de patronner des investissements immobiliers à Gaza.

Scepticisme du Mossad

En revanche, le Mossad n’a pas la même approche car il est plus sensible aux exigences sécuritaires que diplomatiques. Meir Dagan, qui vient de quitter son poste, n’aurait jamais lancé son pavé dans la mare s’il ne se savait pas en fin de mission. Il dispose de nombreux griefs contre le Qatar et souvent, des arguments tangibles à opposer à la diplomatie israélienne.

En février 2010, selon les services de renseignements israéliens, l’Iran a signé un pacte de défense avec la Syrie et le Qatar ouvrant ainsi les portes à une présence militaire iranienne. D’ailleurs, le Qatar a été l’organisateur, avec le président Bassar el Assad, du voyage d’Ahmadinejad en juillet au Liban. Le Mossad révèle qu’il avait été décidé d’utiliser cette occasion de la rencontre des dirigeants iranien, syrien, qatari et libanais pour tenir un conseil de guerre dans le but essentiel de raviver le conflit arabo-israélien. Il s’agissait alors pour le Qatar de cautionner une crise capable de dégénérer en conflit militaire entre Israël et le Liban, pour juguler les nouvelles sanctions votées contre l’Iran.

Le Mossad n’a pas apprécié que, sous couvert de coopération économique, le Qatar se joigne en juin 2010 à la Turquie, la Syrie et le Liban dans un Conseil de Coopération du Golfe, chargé de créer une zone de libre-échange économique. Il était persuadé de voir cette structure se transformer à moyen terme en bloc politique anti-israélien sous l’égide de la Turquie qui pourrait proposer à son nouvel allié, l’Iran, de rejoindre le pacte. La présence de deux pays foncièrement anti-israéliens risquait de créer une influence néfaste conduisant à des décisions politiques qui attenteraient à la sécurité de l’occident dans la région.

La diplomatie de l’émir du Qatar est qualifiée par le Mossad de « dangereuse et imprévisible car, de tous les services de sécurité des pays du Golfe, ceux du Qatar sont les plus laxistes dans la lutte antiterroriste » car ils ont peur de représailles à la fois d’Al-Qaeda et de l’Iran.

Diplomatie anti-israélienne tout azimut

Cette diplomatie semble en effet brouillonne et dirigée tout azimut. L’Emir du Qatar est arrivé le 2 décembre à Alger pour une visite officielle de travail et d’amitié. L’Algérie n’est pas réputé pour être un pays modéré vis-à-vis d’Israël et le renforcement de la coopération entre les deux pays risquait de se faire au détriment de l’Etat juif. L’autorisation d’investissement en Algérie pouvait être subordonnée à une révision des relations stratégiques entre le Qatar et Israël. La preuve que les discussions n’étaient pas uniquement économiques est corroborée par la visite à Doha, le 5 décembre, du Général Ahmed Boustila, commandant de la Gendarmerie nationale algérienne. Selon un communiqué du commandement, cette visite s'inscrit dans le cadre « des liens de coopération entre la Gendarmerie nationale et la force de sécurité intérieure du Qatar ».

Le Mossad a fait part à son gouvernement de ses inquiétudes, confirmées par les révélations de WikiLeaks, précisant que le Qatar et les autres émirats étaient impuissants à lutter contre le financement du terrorisme car il était considéré comme le « pire de la région » en matière de lutte antiterroriste. Il a apporté les preuves que les groupes terroristes ne recevaient pas de financement en provenance des États-Unis ou de l'Europe mais « en réalité du Golfe et du Qatar en particulier ».

Les services israéliens rappellent qu’en 2008, le gouvernement éthiopien avait déjà accusé le Qatar de « déstabiliser la Corne de l'Afrique en faisant preuve d'un comportement hostile ». Addis-Abeba reprochait notamment à l’émir de soutenir et financer des organisations terroristes en Somalie ce qui l’avait contraint à rompre ses relations diplomatiques avec le Qatar car il l’accusait d’avoir un « comportement hostile contre l'Ethiopie ». Les griefs du Mossad ne sont pas nouveaux mais ils apparaissent à présent au grand jour.

Contentieux avec la télévision

Meir Dagan avait par ailleurs un sérieux contentieux avec la chaine de télévision du Qatar, Al-Jazzera qui l’accuse d’avoir fomenté l’assassinat à Dubaï du dirigeant du Hamas, Al Mabhouh, l'un des fondateurs de l'aile militaire du mouvement islamiste Hamas qui contrôle la bande de Gaza. Il se supportait pas le double-jeu de l’émir qui, d’une part s’associait aux accusations contre Israël et d’autre part, l’encensait à l’occasion d’une réunion avec le sénateur John Kerry le 23 février dernier : « On ne peut pas blâmer les israéliens de ne pas faire confiance aux arabes, ils ont été tant trahis. »

Un câble révélé par WikiLeaks précise d’autres termes de l’émir : « Les dirigeants israéliens doivent représenter le peuple d’Israël, qui lui-même ne peut pas faire confiance aux arabes. C’est compréhensible puisque les israéliens ont été menacés depuis très longtemps ». Cette attitude ambivalente ne plait pas au sortant du Mossad qui estime que les nouvelles révélations éloignent tous les doutes sur la vraie nature du chef de l’Etat du Qatar qui, d’une part s’allie avec les pires ennemis d’Israël pour déclarer, d’autre part le 2 décembre : « Israël doit être félicité pour toujours vouloir la paix ».

Le nouveau patron du Mossad devra tracer une stratégie définitive pour les relations entre Israël et le Qatar. Mais en tant qu’ancien numéro deux, il est fort probable qu’il entérinera l’analyse de son prédécesseur laissant à Benjamin Netanyahou le soin de décider de l’intérêt diplomatique du pays.













































mercredi 22 décembre 2010

KOL-ISRAEL : SAAD HARIRI A PEUR DE LA DECISION DU TSL



KOL-ISRAEL :
SAAD HARIRI A PEUR DE LA DECISION DU TRIBUNAL SPECIAL POUR LE LIBAN

Analyse de Jacques BENILLOUCHE
dans le journal de KOL-ISRAEL du 22 décembre 2010 


Rafik HARIRI assassiné dans un attentat en 2005


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mardi 21 décembre 2010

Le souvenir perdu par Marianne ARNAUD


Le souvenir perdu



par Marianne ARNAUD


Treblinka : Photo prise le 22 août 1942




Une de mes fidèles lectrices m'a adressé ce magnifique texte que je me devais de vous faire partager.

Merci à Marianne. 

C'est à trois ans que j'ai quitté la Vienne de ma naissance.


J'ai passé les années de mon enfance à essayer de recoller les morceaux de mes souvenirs.


« Dis maman, je suis toute petite, il y a beaucoup de lumières et de musique, tout tourne autour de moi, je ne peux plus te voir, ça va trop vite, j'ai peur... C'est quoi ?


- C'est sûrement un souvenir de ce soir où on t'a emmenée au Prater. »


Une autre fois je dis : « On se trouve dans un espace tout petit, comme dans un ascenseur, ça bouge, il fait froid, on entend un bruit de ferraille, j'ai du mal à me tenir debout... C'est quoi ?


- Je pense que c'est lorsqu'on traversait le Transsibérien de wagon en wagon pour se rendre au restaurant, on passait alors par les boggies en plein air. Le bruit était infernal et on voyait les voies défiler sous nos pieds par les interstices du plancher de fer. »


Elle validait chacun de mes souvenirs.


Mais quand je disais : « Maman, je suis à la maison avec une femme bienveillante et bougonne. Toi, tu ne rentres que le soir. Extasiée, je te regarde. La femme se met à parler fort. Tu n'as pas l'air de l'entendre. Tu t'amuses avec moi... C'est qui cette femme ? »


Immanquablement ma mère disait qu'elle ne voyait pas du tout de qui je voulais parler.


J'insistais : peut-être une domestique ? Non, je me trompais sûrement.


J'ai donc fini par l'oublier et les années ont passé.


Or un matin, il y a quelques jours, m'étant levée pour me rendre aux toilettes, je suis debout devant le lavabo, à me laver les mains. Je lève la tête, et là, dans le miroir, je la vois.


Je scrute le visage et je le reconnais : c'est le visage de mon souvenir perdu.


Je SAIS que c'est celui de ma grand-mère paternelle.


Celle dont mon père m'a raconté l'histoire, alors que j'étais déjà adulte.


Celle qui est partie dans le dernier convoi pour Treblinka et qui n'est pas revenue.






Le 6 décembre 2010


lundi 20 décembre 2010

DARFOUR ? ON NE CONNAIT PAS !



DARFOUR ? ON NE CONNAIT PAS !


Par Jacques BENILLOUCHE




Qui connaît le Darfour, où il se trouve et ce qui s’y passe ? En quoi peut-il intéresser l’occidental moyen qui se sent très peu concerné par un conflit tellement lointain qui n’a sur lui aucune prise. De temps en temps, le « Collectif Urgence Darfour » se rappelle au bon souvenir de l’opinion pour tenter de réveiller les consciences et de sensibiliser les occidentaux sur un massacre qui se déroule dans l’indifférence générale. Plus les mots se font insistants et plus le cynisme du reste du monde s’affiche au grand jour. La mission de l'Onu dans l'ouest du Soudan vient d’annoncer que de nouveaux affrontements entre l'armée soudanaise et des rebelles du Darfour ont contraint 12.000 personnes à fuir la zone des combats pour se réfugier dans des camps déjà surchargés.

Islamisme sournois

Le Darfour est l’exemple même de l’influence néfaste d’un islamisme sournois qui intoxique des miséreux pour s’inviter dans un conflit qui ne le concerne pas. Il prouve combien est puissante sa capacité de nuisance dès lors où la lâcheté généralisée de tous les gouvernements lui bâtit une armure de protection. Il démontre comment les intérêts personnels des Etats passent avant tout sentiment humanitaire et pourquoi il vaut mieux s’occuper soi-même de sa défense plutôt que de compter sur la solidarité des autres.

L’histoire est pourtant simple. Le Darfour est une région de l’Ouest du Soudan accolée aux frontières de Libye, du Tchad et de la Centrafrique, chacun de ces pays lorgnant sur une influence locale pour s’approprier ce lopin de terre misérable. Tirant son nom de l’ethnie Four, peuple de paysans noirs occupant le massif montagneux, il a longtemps été un royaume indépendant avant d’être annexé au Soudan en 1916. Les conflits d’intérêts ont toujours existé dans cette région mais, depuis 1989, le conflit est devenu racial et culturel, entre ceux qui s’identifient à l’Afrique Noire et ceux qui revendiquent l’appartenance à l’ethnie arabe à laquelle ils n’appartiennent ni par l’origine et ni par la langue. L’objet des querelles n’a jamais été religieux mais essentiellement culturel puisque tous les habitants du Darfour sont musulmans.

Cependant les tribus qui se disent arabes s’opposent aux deux tiers de la population constitués de tribus africaines et s’enflamment au son de la propagande développée à travers le monde. Alors, voulant revendiquer à tort une appartenance arabe, elles cherchent à se donner des gages vis à vis d’un islamisme qu’elles trouvent attractif par son côté prosélyte et conquérant. Ainsi, pour s’acheter le droit de faire partie de l’élite arabe, elles n’ont pas trouvé mieux à faire que de s’attaquer aux tribus africaines musulmanes sous prétexte qu’elles ne sont pas arabes. Le paradoxe réside dans une situation portée à son paroxysme par le seul rêve islamiste.

Pourtant traités par le régime de Khartoum avec le même mépris que celui auquel avaient droit leurs victimes, ces pseudos arabes, les Janjawid, ont accepté de jouer le rôle de harkis avec une haine et une cruauté terrifiantes. Les miliciens tuent, massacrent et violent leurs frères africains musulmans pour se donner un gage d’identité et pour recevoir, enfin, le certificat sanglant d’appartenance au monde arabe. La conséquence s’évalue à 300.000 victimes, mortes dans l’indifférence générale, tandis que le massacre se poursuit encore aujourd’hui. Les musulmans tuant d’autres musulmans, croyant au même Dieu et portant la même couleur de peau.

Deux poids, deux mesures

Ce conflit nous interpelle à double titre. Il montre d’abord que l’occident et les Etats arabes se polarisent sur le problème israélo-palestinien, essentiellement politique, alors qu’ils ferment les yeux sur les massacres aux alentours, dans une sorte de danse du ventre pro-islamiste autour des puits de pétrole. Il démontre surtout que les européens sont tétanisés par les vagues d’hostilités qui se sont élevées à leur encontre suite aux problèmes du voile et des caricatures et qu’ils ne veulent en aucun cas se voir taxés à nouveau d’ennemis des musulmans. Alors ils détournent leur regard avec une complicité désarmante en donnant l’impression que le poids de la politique arabe pèse de plus en plus dans les décisions européennes au point d’endormir les consciences. L’occident se satisfait de rester indifférent aux drames qui se jouent, au vu et au su de tout le monde.

L’ONU n’a plus de troupes à envoyer dans la région tandis que l’OUA, dont c’est le rôle, peine à boucler le budget militaire que lui refusent les instances internationales sous prétexte que ses troupes sont peu aguerries. Enfin, l’Otan se désintéresse tellement du problème que le sujet du Darfour n’a jamais été à l’ordre du jour d’aucune réunion des Grands. On ne sait comment qualifier cette attitude lâche qui tend à ne pas indisposer les islamistes qui tirent indirectement les ficelles et qui abandonne à leur triste sort des peuplades déjà brisées par la misère.

Par là même, on évite surtout de perturber le grand de l’Asie qui, à l’instar des «impérialistes » puisant dans le sous-sol africain, s’est trouvé un os gras à ronger. Dans le brouhaha des armes et des crimes, dans le silence de l’agonie et de la mort, la Chine consolide son implantation au Soudan pour y puiser à bon marché les ressources nécessaires à sa croissance. Le Conseil de sécurité lui-même ne se hasarderait pas à proposer une nième motion sachant que le véto chinois s’appliquerait immanquablement.

Ainsi, les dictatures se renforcent grâce à un droit d’ingérence sélectif. Le seul souci qui préside actuellement est de ne gêner en rien le partage d’un gâteau sanglant, quitte à pleurer plus tard et en chœur les morts d’un nettoyage ethnique. Il ne sert plus à rien de stigmatiser l’impuissance des grandes puissances à mettre de l’ordre dans ce qu’on peut déjà qualifier de génocide prémédité. Les motions votées à l’Onu ne sont pas respectées et, seule certitude, le « machin » perd de plus en plus de sa crédibilité parce qu’il concentre ses efforts sur le seul conflit palestinien. Cette organisation ignore ou en feint d’ignorer les pays où les massacres s’opèrent au grand jour et en toute impunité. Le prix d’un mort palestinien est bien plus élevé que celui d’une peuplade misérable d’Afrique.

Cependant, sensible au malheur de ces ethnies persécutées, Israël continue d’intégrer tous les mois des milliers de réfugiés venus du Darfour après avoir traversé à pied le désert égyptien pour trouver la paix parmi ceux qui ont vécu le même destin discriminatoire.





























dimanche 19 décembre 2010

BILLET D’HUMEUR : DIEU ME GARDE DE MES AMIS JUIFS


BILLET D’HUMEUR : DIEU ME GARDE DE MES AMIS JUIFS

Par Jacques BENILLOUCHE






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Antigone II, roi de Macédoine, avait justement donné le ton : « Dieu me garde de mes amis; mes ennemis je m'en charge ». Cette citation pourrait être adaptée à nos amis juifs dans le monde. En effet, Israël n’a jamais tiré profit de l’indulgence des dirigeants juifs parvenus au sommet car ils n’osaient pas se singulariser en affichant ouvertement leur solidarité avec leur peuple de crainte d’être taxé de partisannerie communautaire.

Le premier qui a détenu la palme de la virulence fut le chancelier autrichien Bruno Kreisky, fils d’un fabricant juif de vêtements, qui régna en Autriche de 1970 à 1983. En se voulant l'apôtre de la « coexistence pacifique », il usa de sa double qualité de juif et de socialiste auprès des gouvernements travaillistes israéliens. Il fut le premier chef occidental à donner ouvertement une stature politique d’envergure à Yasser Arafat en le recevant avec les honneurs puis à attribuer à l’OLP un statut de représentant officiel de la Palestine. Les relations avec Israël devaient progressivement se détériorer tout au long de son mandat.
Plus près de nous, les israéliens savaient que Bernard Kouchner ne pouvait se réclamer de son identité juive car il risquait de susciter des réserves de la part de compatriotes qui vouent à l’islam une passion immodérée ou de ceux qui partagent encore les idéaux racistes d’extrême-droite. Ils étaient persuadés qu’ils ne tireraient aucun profit de la position du ministre puisque chacun de ses actes était mesuré au degré d’amitié perçu dans ses décisions vis-à-vis d’Israël. L’inertie du ministre dans le conflit israélo-arabe était donc justifiée par une volonté de ne pas être taxé de favoritisme alors que les israéliens attendaient de lui plus d’activisme à leur égard.

Voilà que WikiLeaks nous apprend à présent, grâce aux bandes sonores de ses discussions avec le président Nixon, que Henry Kissinger était à proprement parlé une « ordure ». On l’entend nettement déclarer que : « l'émigration des juifs d'Union Soviétique n'est pas un objectif de politique étrangère des États-Unis. Et s'ils mettent les juifs dans des chambres à gaz soviétiques, ce n'est pas un problème américain. » Mais le silence coupable des dirigeants juifs américains étonne puisqu’ils ne se sont pas sentis scandalisés et qu’ils n’ont soumis aucune proposition de le mettre à l’index.

Le français DSK, Dominique Strauss-Kahn, risque lui aussi d’entrer dans le Panthéon des juifs discrets alors qu’il culmine au sommet des sondages. Les israéliens seraient fiers d’avoir un homme de sa trempe aux commandes de la France mais ils ne sont pas sûrs d’en tirer un profit tangible car chacun de ses actes serait mesuré au degré d’amitié qui sera perçu dans ses décisions à l’égard d’Israël. Ils craignent une inertie justifiée par une volonté de ne pas être taxé de favoritisme vis-à-vis des juifs. Alors, ils le préfèrent au FMI où il constitue un parfait tandem avec le président de la Banque d’Israël, Stanley Fisher, homme-clé de la réussite de l’économie israélienne. « Dieu me garde de mes amis….. »





















mardi 14 décembre 2010

GUYSEN-TV : DEBAT SUR L'AVENIR DU PROCESSUS DE PAIX


GUYSEN-TV :
DEBAT SUR L'AVENIR DU PROCESSUS DE PAIX

Présenté par David SEBBAN le 13 décembre 2010
avec Jacques BENILLOUCHE et Maître Léon ROZENBAUM

PARTIE 1


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PARTIE 2


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Cliquer sur le titre en rouge de l'article pour être branché sur le débat sur le site GUYSEN

lundi 13 décembre 2010

SLATE :L'Iran pourra fabriquer une bombe nucléaire dans trois mois



SLATE : L'Iran pourra fabriquer une bombe nucléaire dans trois mois


Téhéran disposera bientôt de suffisamment d'uranium enrichi pour fabriquer une arme atomique.

par Jacques BENILLOUCHE


Centrale nucléaire de Bushehr


Selon des informations confirmées par les services israéliens, l'Iran a constitué un stock de 23 kilos d’uranium enrichi à près de 20% et sera en mesure de d'en avoir 28 kilos d'ici le mois de février 2011, obtenant ainsi la quantité d’uranium nécessaire à la fabrication d'une bombe nucléaire. Cette information est confirmée par le chef de l’Agence iranienne de l’énergie atomique, Ali Akbar Salehi, qui a précisé que ce lot provenait de la mine de Gachin, au sud du pays.


....Lire la suite
cliquer sur le titre en rouge de l'article pour lire le texte de l'article sur Slate

http://www.slate.fr/story/31435/iran-bombe-nucleaire-mois

dimanche 12 décembre 2010

LIVRESQUE : APRES-DEMAIN ? de Marc LEV



APRES-DEMAIN ?

de Marc LEV





Marc Lev signe ici son deuxième roman. Il vit dans un kibboutz du Néguev et tient un blog politique qui traite d’Israël et du Moyen-Orient. Pour sortir du sérieux habituel de ses textes, il a choisi l’œuvre romanesque pour traiter d’un sujet d’actualité englobant le terrorisme international nourri à l’islamisme en particulier.

Ecrite sur un ton alerte et dynamique, usant d’un style journalistique, l’histoire s’apparente à un polar qui ne s’éloigne cependant pas de la réalité souvent occultée par les gouvernements occidentaux. Le terrorisme islamique en France sert de trame au thriller mais le lecteur comprend vite qu’il s’agit d’un problème international crucial, lié aux extrémistes de tous genres.

Le roman est vivant et le suspense bien entretenu mais il ne se veut pas trop complexe pour ne pas indisposer le lecteur à la recherche d’une détente et d’une lecture facile. Tous les ingrédients du polar et du roman d’espionnage y figurent : l’alcool, la belle espionne, les micros, l’électronique sophistiquée, les retours de situation.
 
L’auteur semble connaître son sujet et l’anagramme de son nom, qui est accolé au héros du récit conté à la première personne, donne l’impression que les faits ne sont pas totalement inspirés par la fiction. Il navigue ainsi entre crédulité et inquiétude pour interpeller sans cesse son lecteur.

L’histoire se déroule crescendo sans que jamais on ne se doute du dénouement final qui fait le sel du livre. Un beau cadeau de fin d'année


Editions EDILIVRE
56, Rue de Londres
75008 – PARIS



samedi 11 décembre 2010

BILLET D'HUMEUR :LES EUROPEENS ET ISRAËL


BILLET D'HUMEUR :LES EUROPEENS ET ISRAËL


Par Jacques BENILLOUCHE


Cliquer sur le triangle noir pour écouter le texte radiodiffusé.
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Quelques anciennes pointures européennes se rebiffent. Ils sont 26 retraités de la politique qui lancent un appel européen à prendre de sévères mesures coercitives contre l’Etat juif et parmi eux : l’espagnol Javier Solana, ancien secrétaire général de l’Otan, l’allemand Richard Von Weizsäcker, ancien président de l'Etat, l’espagnol Felipe Gonzalez, ancien président du gouvernement, l’italien Romano Prodi, ancien président du conseil des ministres, et Mary Robinson, ancienne présidente d’Irlande.

Ils justifient leur démarche par la nécessité d’aider Barack Obama à mener les israéliens et les palestiniens vers une paix pourtant improbable. Mais sans consensus ni volonté affirmée des deux parties, la paix devient une simple vue de l’esprit. Cet appel pêche par sa position unilatérale qui risque de braquer Benjamin Netanyahou puisque la responsabilité de l’échec des négociations est entièrement reportée sur les seuls israéliens. C’est pourquoi ils doivent subir les foudres de l’Europe.

Les mesures proposées sont draconiennes. Il s’agit, ni plus ni moins, que de geler toutes les relations bilatérales israélo-européennes tant que le gel des constructions n’est pas rétabli dans les territoires et à Jérusalem-est. Par ailleurs, des indiscrétions persistantes font état de la volonté de certains dirigeants israéliens de proposer la fixation unilatérale des contours d’une nouvelle entité palestinienne si aucun progrès n’était réalisé dans les discussions. Ces européens ont donc mis en garde Israël contre une quelconque modification des frontières de 1967 et en particulier contre le maintien de la réunification de Jérusalem. Les seules concessions acceptées portent sur de mineures rectifications uniquement agréées par les palestiniens eux-mêmes.

L’objectif inavoué de ces européens est d’aider les palestiniens à proclamer leur indépendance à l’intérieur des frontières de 1967 et de calquer leur position sur celle de certains pays d’Amérique du Sud, le Brésil et l’Argentine, qui ont décidé de reconnaitre officiellement l’Etat palestinien. La ficelle est un peu grosse mais elle risque cependant de dérouler tout l’écheveau du clan des opposants à Israël.

Le gouvernement israélien peut difficilement continuer à faire le gros dos devant des manifestations répétées de solidarité de nombreux pays à l’égard des palestiniens. Ses ennemis tissent progressivement une toile qui l’isole du monde occidental. La diplomatie israélienne a beaucoup de pain sur la planche pour redresser une image de marque qui se dégrade de jour en jour. Il est certes toujours possible de vivre dans un camp retranché, à l’abri des critiques, mais la mondialisation de la politique internationale ne peut plus laisser Israël indifférent.









mercredi 8 décembre 2010

ARABE CERTES MAIS ISRAELIEN D'ABORD !


ARABE CERTES, MAIS ISRAELIEN D'ABORD !

INTERVIEW EXCLUSIVE D’UN MAJOR ARABE DE LA MARINE ISRAELIENNE

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Quelques mots en français du major à écouter :

"Je suis le major Elias Gaby Karam. Je voudrais transmettre mes salutations aux auditeurs et le souhait de paix entre nos peuples"

DOSSIER SUR LES MINORITES EN ISRAEL

2. LES ARABES

Par Jacques BENILLOUCHE






Photos du major Elias Gaby Karam
Avec autorisation de Tsahal


Les arabes, hors la Cisjordanie, constituent 20% de la population israélienne totale et ce pourcentage a peu évolué depuis la création de l’Etat en 1948 car le fort taux de natalité arabe a été compensé par l’arrivée massive de juifs de l’ancienne URSS. 10% de ces arabes sont de confession chrétienne et représentent une communauté de 120.000 personnes. Les experts démographiques estiment que les arabes israéliens constitueront le tiers de la population israélienne dans les années 2050 en raison du tarissement des sources d’immigration juive.

Les arabes choisissent souvent de vivre dans des communautés rurales ou dans les quartiers historiquement arabes des grandes villes comme Jaffa, Haïfa, Akko-Saint-Jean d’Acre, ou Jérusalem. Les systèmes d’éducation sont distincts puisque les arabes tiennent à disposer de leurs propres écoles où l’enseignement se fait majoritairement dans leur langue.

La citoyenneté israélienne est unique pour toutes les populations mais elle comporte trois nationalités : la nationalité juive reconnue par le rabbinat, la nationalité arabe musulmane et chrétienne, et la nationalité druze. Les arabes ayant le droit de vote, leurs voix étaient acquises, jusqu’en 1980, aux partis sionistes (travaillistes, parti national religieux) moins par idéal politique que par clientélisme. En effet, Le Parti National Religieux, au pouvoir au ministère des Cultes, gérait les affaires cultuelles et octroyait les budgets pour les lieux de prière.

A partir de 1980, le clivage politique a poussé les arabes à créer leurs propres partis et à revendiquer ouvertement leur allégeance au palestiniens. Le parti communiste Hadash, doté à l’origine de cadres gauchistes en majorité juifs, affiche ses tendances antisionistes. Il s’est converti au nationalisme palestinien après avoir milité pour un Etat binational. La liste arabe unie regroupe les mouvements islamiques qui s’inspirent de l’idéologie des frères musulmans. Enfin le parti nationaliste Balad se définit comme parti progressiste et démocratique pour les palestiniens citoyens d’Israël.

Les arabes israéliens disposent de tous les droits mais sont dispensés du service militaire national. C’est pourquoi le cas d’un officier arabe reste une exception rare. L’armée m’a autorisé à rencontrer le major arabe Elias Gaby Karam. Il m’attendait dans sa base maritime au nord du pays et il était venu à ma rencontre dans son uniforme bleu et blanc pour m’accueillir avec un cérémonial oriental et des gestes qui se voulaient amicaux : main serrée longuement, tapes sur les dos et bras autour des épaules. D’entrée de jeu, je lui avais indiqué que j’étais intrigué par cette communauté d’arabes d’Israël dont la situation est soumise à controverse à l’étranger.

Qui êtes-vous Major ?

J’ai 30 ans. Je fais partie de la minorité arabe chrétienne et j’habite un village près de Nazareth. J’ai obtenu le grade de major, reconnaissable à la feuille de vigne sur mon épaulette, et j’occupe un poste dans la Marine sur lequel je ne suis pas en mesure de m’étendre. Mon périple, commencé à l’âge de 16 ans, a été jalonné d’étapes difficiles parce que je m’étais donné l’objectif très jeune de ressembler aux autres juifs.

Vos parents vous ont ouvert le chemin ?

Mon père est professeur de technologie, mon frère ainé est officier de police, deux frères sont gradés dans la police et dans les services pénitentiaires. Ma sœur, docteur en anglais, dirige un département à l’école catholique de Nazareth. Nous avons tous suivi un parcours universitaire imposé par nos parents : licence de gestion ou juriste. Je vous donne ces détails pour vous démontrer que nos parents nous ont toujours appris que l’intégration au pays passait par la case études et par le don de soi à la nation.

Pourquoi la Marine ?

Depuis jeune, je rêvais d’entrer dans la Marine et pourtant j’avais été déçu quand, en classe de terminale, tous mes amis avaient reçu leur ordre de recensement sauf moi parce que je n’étais pas tenu au service militaire obligatoire. La bataille administrative a alors commencé. J’ai fait ma demande d’engagement volontaire en 1998 mais on m’a refusé la Marine qui était un secteur sensible. Plusieurs emplois militaires étaient alors strictement réservés aux arabes mais je n’en ai pas voulu.

Vous vouliez être différent des autres ?

Je voulais un corps de combat dans la Marine. A mon époque, l’accès des minorités aux postes sensibles n’était pas possible mais cela a complètement évolué depuis. J’ai écrit au président de l’Etat, Ezer Weizman [1], pour défendre ma cause et j’ai gagné. Je suis parmi les premiers à avoir rejoint la Marine. Mais mon combat n’était pas terminé pour autant car il me fallait ensuite obtenir le droit de devenir officier de Tsahal. J’en avais les aptitudes et la compétence grâce à ma licence de droit et de criminologie et celle d’électronique.

C’était un défi personnel pour vous ?

Je voulais prouver qu’avec un combat personnel on pouvait réussir. Je me voyais être le catalyseur pour convaincre les jeunes de ma communauté à s’enrôler et à s’intégrer en masse dans l’intérêt du pays. Nous devons combattre pour nos droits et ne pas être passifs. Nous devons bâtir une communauté fondée sur l’intégration, sur le droit et sur le respect des minorités et des religions. Je voulais donner le signal aux autres minorités, les bédouins, les circassiens, parce que je crois beaucoup au facteur chance et à l’opportunité qui est donnée à chacun d’entre nous.

Vous teniez à faire partie entièrement d’un Etat qui vous considère pourtant comme minoritaire.

Je n’ai jamais dit que dans le pays, tout était de miel mais je combats la passivité qui conduit à l’échec. On ne peut se plaindre que rien ne marche dans notre communauté tout en étant passif pour changer le cours des choses. Nos différences de religion ne doivent pas être un obstacle et elles doivent au contraire encourager notre optimisme. L’homme doit se distinguer par ses valeurs intrinsèques et non par sa religion ou ses pensées.

Pourquoi avez-vous eu besoin de faire l’armée alors que vous n’y êtes pas astreint ? Vous bénéficiez de tous les droits et vous aviez le choix d’une carrière dans le civil.

J’estime que faire l’armée est une mission. Le citoyen doit avoir des droits mais aussi des devoirs. Je pense que le service militaire nous aide à intégrer la société dans laquelle nous vivons. L’armée constitue un melting-pot car les écoles sont communautaires, laïques ou religieuses, juives ou arabes. L’armée permet la fusion de la nation dans un tronc commun. Toutes les religions y sont représentées. Même pour les juifs, elle sert à opérer le mixage entre sépharades et ashkénazes. Combattre pour la défense du pays et la sécurité des frontières crée automatiquement des liens forts entre les soldats qui combattent aussi pour la paix. L’armée sert à réunir, parfois pour la première fois, des jeunes qui n’ont jamais cherché à approcher d’autres communautés qui vivaient sous leurs yeux.

Etes-vous autorisés à avoir des fonctions de combat ? Ma question s’explique par les exigences sécuritaires du pays.

 

Nous avons à présent le droit à toutes les fonctions dans tout le pays et dans toutes les unités, sans exclusive. J’insiste à nouveau que, si par hasard un poste m’était interdit en raison de mon identité, il m’appartiendrait de lutter pour l’obtenir. Je suis têtu. Mais avec le temps, toutes les portes s’ouvrent à présent.

Acceptez-vous de circuler en tenue militaire dans votre village face aux autres arabes ?

Je n’ai aucun problème pour le faire d’autant plus que je suis fier de mon grade. Ils vivent dans ce pays, ils doivent en faire autant. Je n’ai pas peur d’eux, mais seulement du Ciel. Mais je tiens à préciser qu’il y a 3.000 arabes chrétiens aujourd’hui dans l’armée et la police.

Avez-vous des relations avec la communauté juive ?

Nos relations sont naturelles. Haifa, où j’ai vécu le plus longtemps de ma vie, est l’exemple d’une ville où les communautés sont imbriquées. Nous avons des relations humaines, commerciales, industrielles, scolaires ou universitaires. La question de notre religion ne se pose jamais dans nos entretiens mais chacun sait d’où il vient.

Pourquoi vivez-vous dans des villages spécifiquement arabes ?

C’est une fausse idée qui est diffusée. Les arabes vivent partout dans les villes. La vie dans les villages est un choix lié à notre confort et à notre histoire mais pas à une règle imposée. Nous voulons être proches de nos parents et grands-parents sans renier nos racines. C’est aussi une question financière puisque le coût des logements y est moindre.

A l’étranger on parle beaucoup d’apartheid à votre encontre.

C’est un terme qui me choque. Nous sommes très loin de l’apartheid ici dès lors où nous avons des droits, le droit de parler et d’agir et le droit de nous développer. J’insiste, il n’y a pas d’apartheid en Israël car on nous impose aucun ghetto. En revanche, il peut y avoir des barrages sociaux qui dépendent uniquement de la maturité de notre société qui n’est pas prête à accepter certaines réalités. Vous avez ce même problème en France.

De la discrimination ?

Non plus. Je vous signale qu’il existe chez nous une discrimination positive, en particulier pour imposer un quota minimum d’étudiants arabes. Je pense que certains postes de hauts fonctionnaires ne nous sont pas encore ouverts. Nous sommes loin d’avoir un ministre de la défense d’origine arabe. Mais nous avons des députés, des ministres et des ambassadeurs arabes. Je ne dirais pas que tout est rose mais laissez-nous le temps. Le pays a été créé il y a à peine 60 ans et il est encore en guerre. Des tensions intercommunautaires existent certes, entre orientaux et occidentaux, entre russes et éthiopiens, entre universitaires et incultes. Mais les conflits ne sont politiques mais sociaux, inhérents à tout pays qui doit intégrer des gens venus de tous les bords.

On parle d’émigration importante des chrétiens

C’est exact. Il est vrai que certains ne supportent pas d’avoir à vivre dans un Etat juif, même démocratique, à fortiori lorsqu’ils ont des difficultés économiques. Ils vivent entre le marteau musulman et l’enclume juive. Le Pape s’en est d’ailleurs inquiété mais il faut dire qu’il est difficile de résister à l’appel économique de certains pays comme le Canada qui ont besoin de nous pour peupler leur territoire. Par ailleurs, en s’expatriant, ils oublient les tensions dues à la guerre. Les dirigeants religieux chrétiens veulent consolider et renforcer la communauté pour qu’elle reste. Mais il s’agit de la liberté de chacun. Personne ne nous contraint à nous exiler.

A l’étranger on pense que les chrétiens n’ont aucun avenir dans ce pays

Cette communauté a un rôle tampon à jouer entre musulmans et juifs et il appartient au gouvernement israélien de la rassurer par des mesures pratiques qui démontrent qu’elle fait entièrement partie de la nation, des mesures pratiques qui permettent de maintenir cette communauté toujours ici. Notre choix doit pourtant être clair. Nous devons être fidèles à l’Etat d’Israël car Israël est un fait et qu’il est l’Etat de tous ceux qui y habitent. Notre communauté est pacifique. Notre religion modérée agit pour influencer la tolérance dans la vie de tous les jours. Certains ont du mal à accepter l’idée que nous sommes une minorité active au sein d’une autre minorité. Mais nous vivons dans un pays démocratique.

Comment résolvez-vous le dilemme d’avoir à combattre vos frères arabes musulmans ?

Il faut comprendre une chose simple. Si nous décidons d’avoir une carte d’identité d’un pays, quel que soit ce pays, nous devons nous engager pour ce pays. Il n’est pas nouveau que des arabes combattent d’autres arabes. L’Histoire nous en donne des exemples. En 1991 l’armée koweitienne a combattu contre l’armée irakienne. On n’a pas pointé du doigt qu’il s’agissait d’arabes contre arabes mais on s’est penché sur les motivations de la guerre. Dans un exemple plus récent, des combats fratricides ont éclaté entre palestiniens, Hamas contre Fatah, arabes contre arabes. Pour moi, un seul élément est à prendre en ligne de compte. Si mon pays doit prendre les mesures appropriées pour défendre ses intérêts de sécurité et sa population civile, alors, par respect pour lui et ses citoyens, je n’ai aucune gêne à combattre toute organisation qui sème la terreur chez moi, même si elle est arabe. Je dois choisir les réponses appropriées pour me défendre.

Et si on vous demande de faire le sale travail ?

Vous n’avez pas le droit de dire cela car en tant que minorité, nous faisons le même travail que les juifs israéliens, chacun selon sa compétence. Il n’y a plus de régiment spécifiquement arabe et nous sommes répartis à travers tous les corps d’armée. Je n’ai aucun complexe à combattre d’autres arabes car je défends d’abord mon pays. Nous ne sommes pas des chairs à canon pour protéger les tanks ou les fantassins qui avancent au combat. Nous sommes des israéliens combattant pour la survie de notre pays.

Quelle différence voyez-vous entre un arabe chrétien et un arabe musulman, en dehors de la religion bien sûr ?

Je n’accepte pas ce débat basé sur la religion. Les hommes m’importent avant tout. Nous sommes d’abord des humains. Les problèmes de religion ne doivent pas dicter notre comportement. Chez nous les chrétiens, nous avons avant tout le respect et l’amour de l’autre et nous combattons pour la paix même si nous devons cependant prendre les armes. Notre Pape ne parle que d’options de paix qui donneront un avenir d’espoir au Proche-Orient. La paix ne doit pas être liée à un problème de religion parce que l’homme tient avant tout à vivre. Dans nos écoles chrétiennes qui reçoivent des juifs et des musulmans, nous enseignons le devoir de paix. Nos différences religieuses sont parfois un moyen d’agir en tant qu’arbitre.

Comment réagissez-vous aux propos du palestinien chrétien Elias Sanbar [2] qui a écrit d’écrire que les arabes qui collaborent avec les juifs en Israël sont coupables de trahison ?

Je pense que son propos est tout à fait disqualifié et impropre. Si moi soldat, je suis un traitre alors il en est de même de tous les arabes qui travaillent en Israël et qui perçoivent des salaires des entreprises privées ou du gouvernement. Tout arabe qui détient une carte d’identité, identifiée à l’ennemi, serait lui aussi un traitre. Son propos ne fait pas avancer les choses et certainement pas la société arabe. Il n’est pas sain de prôner l’extrémisme qui ne règlera pas nos problèmes et qui ne rapprochera pas les juifs des arabes. La réalité est la seule qui vaille puisque la communauté arabe en Israël collabore totalement avec les juifs dans tous les domaines, culturels, économiques, sociaux et industriels.

Comment voyez-vous votre propre avenir ?

Je pense que je n’ai pas de limites et que seul le Ciel est ma frontière. Celui qui a des compétences peut réussir et je n’ai aucune raison de ne pas être nommé un jour général si j’en ai les capacités. Voyez l’exemple d’Obama. Qui aurait cru qu’un noir pouvait devenir président des Etats-Unis. Donc pourquoi un arabe ne pourrait pas réussir en Israël. C’est un combat naturel permanent que de chercher à évoluer et à gravir les échelons.

Et la crédibilité vis-à-vis de vos soldats malgré votre identité arabe ?

J’enseigne d’abord à mes soldats d’accepter l’autre. Je leur enseigne, il est vrai, à connaitre ce que représente la minorité et ce qu’est un officier arabe. C’est un devoir en Israël de bien connaitre autrui. Je cite toujours l’exemple du film « le dernier samouraï ». Lorsque Tom Cruise, général anglais, tomba entre les mains des samouraïs, ils ne l’ont pas tué car ils ont appris à se connaitre l’un l’autre. Peu à peu, Cruise apprend à connaître et à comprendre l'esprit du samouraï et son antique sagesse. Je ne pense pas, malgré ma position de militaire, que seules les armes, les fusées et les balles peuvent convaincre. On peut convaincre en apprenant à connaitre l’autre, à le comprendre ainsi que sa religion. L’image du musulman est déformée et fausse. Beaucoup veulent la paix. Tous les musulmans ne veulent pas être des kamikazes, ni des assassins. Chez les juifs aussi il y a des irréductibles. Alors, asseyons-nous ensemble pour discuter en respectant notre adversaire.
[1] http://fr.wikipedia.org/wiki/Ezer_Weizman


[2] http://conflits.revues.org/index702.html


Retrouvez l'interview du colonel druze Safwan :