Pages

jeudi 26 novembre 2020

Le bien, c'est le mal par Maxime TANDONNET

 

LE BIEN, C’EST LE MAL


Par Maxime TANDONNET

M. Obama, dans la conscience politique occidentale, incarne le «bien». Peu importe son bilan de président des Etats-Unis sur le plan intérieur comme extérieur. Cela n’existe pas. Au regard de l’idéologie dominante, de l’air du temps, 98% du pouvoir médiatique et universitaire, les grandes chaînes de télévision ou de radio occidentale, en tant qu’incarnation vivante de la diversité, il est «le bien». Comme M. Trump est le mal par définition, lui M. Obama est le bien, par définition.  



Le titre de son livre de Mémoires, la Terre promise, le situe d’ailleurs dans une lignée prophétique, A promise land, Une terre promise, le monde meilleur ou le paradis annoncé. Pourtant, par-delà cette éclosion du bien, de la perfection, de l’avenir radieux qu’il annonce, se glisse une phrase sidérante, concernant Nicolas Sarkozy qui fut pendant quatre ans l’un de ses partenaires privilégiés: «Avec sa peau mate, ses traits expressifs, vaguement méditerranéens, son père était hongrois, son grand-père maternel juif grec, et de petite taille, il mesurait à peu près 1,66 mètre, mais portait des talonnettes pour se grandir, on aurait dit un personnage sorti d’un tableau de Toulouse-Lautrec».

 Soyons honnête : ces mots – l’original est pire que la traduction – sont parfaitement représentatifs des pamphlets racistes et antisémites de «Je suis partout», dans les années 1930 voire sous l’occupation allemande. Ils renvoient à la haine virulente du «métèque juif d’Europe centrale» désigné comme bouc-émissaire par les extrémistes fanatiques de cette époque. Pour tout dire, on croirait une caricature antisémite des heures sombres. Une maladresse ? Que nenni !

Le livre a paru en anglais, puis en traduction française… Tout le temps pour réfléchir… Non, c’est autre chose. Dans un monde occidental déboussolé, nihiliste, en perte de ses repères et de sa mémoire, le «bien suprême», le «politiquement correct» accouche  du mal absolu; le mal absolu qui renaît presque naturellement, des entrailles du bien… Il fallait d’y attendre. D’ailleurs, le chœur des indignés habituels ne se manifeste guère. Imaginez-vous, exactement les mêmes propos, d’une personnalité étiquetée dans le camp du mal, portés envers une autre, présumée du bien – le tollé apocalyptique ? Deux poids, deux mesures. «Qui veut faire l’ange fait la bête» Pascal.

1 commentaire:

  1. Vous dites très justement que dans l'opinion occidentale, Obama incarne "le bien". David ben Gourion, à ce propos, a déclaré : "Ce que les nations disent ou pensent n'est pas important. Ce qui est important, c'est ce que font les juifs." Déclaration qui nous renvoie finalement à nous-mêmes. Dans cette guerre (forte heureusement diplomatique) qui nous oppose aux grands de ce monde et aux institutions internationales, la tentation est grande de se satisfaire de mots... et d'oublier d'agir !

    RépondreSupprimer