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mardi 11 janvier 2022

Ces Chrétiens qui détestent Israël par Albert NACCACHE

 

CES CHRÉTIENS QUI DÉTESTENT ISRAËL


Chronique d’un papy flingueur Albert NACCACHE


L'église du Saint-Sépulcre, lieu de la mise au tombeau de Jésus, en plein cœur de la vieille ville de Jérusalem


Parrainé depuis sa fondation en 2005 par Pax Christi-France, l’Œuvre d’Orient et l’Institut catholique de la Méditerranée, le réseau CDM Chrétiens de la Méditerranée se veut «au service de l’information et la formation, du dialogue et des partenariats entre les chrétiens de l’espace méditerranéen». En suivant les activités du réseau CDM on découvre qu’en réalité, sa principale activité est la défense de la cause palestinienne. Pourtant selon l’ONG évangélique Portes ouvertes, 260 millions de Chrétiens à travers le monde ont été « fortement persécutés » en raison de leur foi en 2019.


En Irak, l’islam radical est «quasiment parvenu à éradiquer les Chrétiens de cette terre ancestrale de Mésopotamie». La Syrie fête cette année le triste 10e anniversaire de sa guerre civile. Le christianisme est en voie de disparition au Moyen-Orient. CDM est membre de la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine et propage en France l’idéologie de Sabeel et de Kairos. Sabeel est un Centre œcuménique de Théologie de la Libération d’inspiration anti judaïque avec les thèmes du Jésus palestinien et de la substitution du peuple juif par le peuple palestinien. Il combat «l’instrumentalisation des Saintes Écritures» par les Juifs.  

Kairos est une association de Chrétiens palestiniens qui a lancé en 2009 un appel à la communauté internationale pour qu’elle l’aide à résister à l’occupation israélienne. L’association rappelle l’urgence de la situation en Palestine à chaque Noël. Comme Sabeel, Kairos prétend que les Palestiniens ont désormais hérité de la promesse divine de la terre d'Israël, représente Jésus, le Juif de Judée, en tant que Palestinien et ressasse l'ancienne diffamation selon laquelle les Juifs ont tué Jésus.

En février 2021 Global Kairos for Justice a lancé un ToolKit (boîte à outils),  Boycott, désinvestissement et sanctions (BDS), baptisé «Résister à l’apartheid et au racisme» qui fournit une base théologique au soutien du mouvement, «en citant des références écrites et en préparant la voie à une action décisive, très solidaire et prophétique de la part des églises à l’échelle mondiale». Voici deux illustrations de Noël proposées cette année par CDM aux membres de son réseau :

Marie Joseph et le petit Jésus  une famille palestinienne par Laïla Shawa


la crèche dans la muraille de sécurité


          L’argumentaire de CDM est fondé sur la désinformation, des statistiques faussées, des mensonges, la reprise du narratif palestinien, l’antijudaïsme, l’antisionisme, l’antisémitisme. Témoignage de Juwana Elias, chrétienne palestinienne, enseignante à Ramallah : «Un colon juif extrémiste a tenté de mettre le feu à l’église de Gethsémani, violant ainsi de manière flagrante le respect dû aux lieux de culte chrétiens à Jérusalem. …. Le lieu témoigne de l’endroit où Jésus le Christ a passé ses derniers moments sur la terre. Là, selon les Évangiles, les responsables juifs de son temps sont venus avec des hommes en armes, dans ce jardin de Gethsémani, calme, planté d’oliviers, symboles de la paix, pour arrêter Jésus et le conduire à la crucifixion. …Israël essaie de semer la haine entre les citoyens de Jérusalem, surtout en ces mois de fêtes».

Marilyn Pacouret, présidente de CDM développe dans la rubrique «Regards» les thèmes de l’apartheid, des actes inhumains, de l’oppression systématique des Palestiniens et du recours à la CPI (Cour Pénale Internationale) et à l’ONU pour y remédier.

Les chefs des confessions chrétiennes à Jérusalem ont lancé une campagne de protestation contre la violence des groupes radicaux et les tentatives des organisations de colons israéliens d’acquérir des propriétés dans la vieille ville, dénonçant une «tentative systématique de chasser la communauté chrétienne de Jérusalem et d’autres parties de la Terre Sainte». L’archevêque de Canterbury Justin Welby, le chef de l’Église anglicane, et l’archevêque anglican de Jérusalem, Hosam Naoum ont affirmé que les Chrétiens palestiniens quittaient la Cisjordanie à cause de «l’augmentation des communautés de colons» et des restrictions de mouvements.

L'archevêque de Cantorbéry et chef de l'Église d'Angleterre Justin visite le sanctuaire du Dôme du Rocher dans la vieille ville de Jérusalem

Le ministère des Affaires étrangères a assuré qu’Israël «défend la liberté de religion et de croyance pour toutes les religions, ainsi que la liberté d’accès aux Lieux Saints. Les déclarations de chefs de l’Église à Jérusalem sont particulièrement révoltantes au vu de leur silence sur la détresse de nombreuses communautés chrétiennes du Moyen-Orient qui souffrent de discrimination et de persécution». 

Prétendre que les cas limités d’hooliganisme juif constituent «une menace systémique pour l'existence chrétienne à Jérusalem est une distorsion grossière qui masque la réalité». L’organisation caritative chrétienne Open Doors a explicitement attribué la forte baisse du nombre de Chrétiens dans la région à «l'oppression islamique», expliquant que «les militants extrémistes islamiques» dans la Cisjordanie administrée par l'Autorité palestinienne faisaient craindre aux Chrétiens de violentes attaques. Un rapport de 2019 du Centre d'études stratégiques Begin-Sadate a indiqué qu’en avril 2019, des habitants chrétiens de Jifna, près de Ramallah, ont supplié l'A.P. de les protéger après que des hommes armés musulmans aient pris d'assaut leur village à la suite d'une plainte contre le fils d'un dirigeant affilié au Fatah qui avait attaqué une famille chrétienne.

Les Chrétiens ne sont plus que quelques dizaines de milliers (1% des Palestiniens), notamment à Bethléem qui compte une communauté de moins de 11.000 fidèles, soit seulement 20% de la population, dans une ville où ils furent longtemps majoritaires. En 2005, lorsqu'Israël s'est retiré unilatéralement de Gaza, environ 5.000 chrétiens y vivaient. Aujourd'hui, il reste moins d'un millier de Chrétiens à Gaza.

Le patriarche latin de Jérusalem Pierbattista Pizzaballa conduit la messe de minuit


Le patriarche latin de Jérusalem Pierbattista Pizzaballa est plus modéré que les chefs des confessions chrétiennes. Il conduit la messe de minuit à la Basilique de la Nativité à Bethléem «Nous vivons dans un monde de pluralité », a rappelé le patriarche dans cette messe en arabe, allemand, latin, anglais, hébreu... Le ministère israélien des Affaires étrangères a déclaré que les accusations contre Israël étaient «sans fondement et déforment la réalité de la communauté chrétienne dans le pays. La population chrétienne en Israël – dont celle de Jérusalem – bénéficie de la liberté totale de religion et de croyance, est en augmentation constante, et fait partie de ce patchwork unique qu’est la société israélienne».

Voici quelques exemples qui le montrent. Le Bureau central des statistiques d’Israël (CBS) a révélé qu’environ 182.000 chrétiens vivaient aujourd’hui en Israël. Les Chrétiens représentent 7% de la population arabe d’Israël, et 76,7% des Chrétiens d’Israël sont arabes. Les plus grands centres de population arabe chrétienne en Israël se trouvent à Nazareth (21.400), Haïfa (16.500) et Jérusalem (12.900). La population chrétienne en Israël est en augmentation constante (1,4% par an).

Mercredi 29 décembre 2021, une centaine de responsables des communautés chrétiennes de Terre sainte ont été reçus par le président israélien Isaac Herzog. L’occasion pour le chef de l’État d’Israël de réaffirmer son engagement pour la préservation de la liberté de culte dans le pays. La Bibliothèque nationale d'Israël ajoute 1.600 manuscrits chrétiens anciens à ses archives en ligne.

Des documents, des photos et des manuscrits anciens provenant du monastère de la péninsule du Sinaï sont désormais disponibles gratuitement sur le site internet de la Bibliothèque nationale d'Israël. La collection du monastère de Sainte-Catherine comprend des documents datant du 12e siècle. Elle contient des ouvrages en différentes langues, dont le grec, l'arabe, le syriaque, le géorgien et l'arménien. Selon les responsables de la bibliothèque, les textes liés au christianisme sont un «trésor».

Privés de voyages, les Israéliens (re)découvrent Nazareth pour Noël. La municipalité et le gouvernement ont investi à l'approche de Noël en publiant un guide de plus de 100 pages en hébreu et en lançant un site internet destiné aux Juifs israéliens. Sur le marché de Noël de Nazareth, de nombreux Juifs israéliens admirent un immense sapin et les nombreuses décorations lumineuses, petit goût d’exotisme au moment où les voyages à l’étranger sont vivement déconseillés voire interdits pour cause de coronavirus. «L’ambiance est géniale, de nombreux Israéliens juifs viennent. Nous sommes contents, même s’il n’y a pas de tourisme étranger».

Plus grande ville arabe d’Israël et haut lieu de la chrétienté, Nazareth accueille habituellement à l’approche des fêtes de fin d’année des foules de pèlerins qui visitent notamment la basilique de l’Annonciation où, selon la tradition chrétienne, l’archange Gabriel a annoncé à Marie qu’elle donnerait naissance à Jésus.

Eglise Nazareth


Les gens se rassemblent autour de l’arbre de Noël géant à l’extérieur de l’église grecque orthodoxe de l’Annonciation dans la ville de Nazareth, le 18 décembre 2021. Des musiciens juifs et arabes se réunissent pour le festival de musique de Noël de Nazareth. Polyphony's Liturgical est un festival de trois jours qui célèbre la musique classique dans des églises pittoresques de la ville. Dans l'esprit de Noël, des musiciens juifs et arabes se sont réunis dans la ville arabo-israélienne de Nazareth, pour lancer la troisième édition du Festival liturgique. Le concert d'ouverture à guichets fermés avec l'Orchestre de chambre de Galilée a eu lieu jeudi dans la pittoresque église salésienne, qui surplombe la ville.

Festival liturgique Nazareth 


C’est la promesse d’un avenir serein pour les chrétiens d’Israël

Vue sur le Lac de Tibériade également appelé Mer de Galilée, depuis le Mont des Béatitudes. 

 

 

12 commentaires:

  1. Monsieur Naccache,

    Si vous m’y autorisez, j’aimerais remplacer le titre de votre article : «Ces chrétiens qui détestent Israël » par : « Avenir serein pour les chrétiens d’Israël » qui vous sert de conclusion.

    Cela me paraîtrait beaucoup plus positif, à moi qui ai souvent le vertige quand je pense à ce peuple juif – notre grand frère - qui ne représente que 0,2% de la population mondiale, face aux 35% de Chrétiens pour qui Jésus est le Messie annoncé par les Écritures, né et mort juif.



    Très cordialement.

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  2. Pour qu'Israël puisse être apprécié des chrétiens, il faut agir envers eux de la même manière que les musulmans, les persécuter, les spolier et même les chasser du pays. Si quelqu'un en doute, il suffit de constater que lorsque Bethléhem était une ville Israélienne (Bethléhem ça veut dire la Maison du Pain en Hébreu) 80% de la population était chrétienne, depuis que ces brêles de dirigeants Juifs en ont fait cadeau à arafat le dégoutant adulé par les européens, il n'en reste plus que 3% et, ce n'est qu'un exemple parmi des centaines d'autres. Moralité, si on veut être appréciés des chrétiens, il faut les persécuter, les chasser après les avoir spoliés.

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  3. Je connais un Libanais qui dit ceci, il s'agit d'un Chrétien, "nous Chrétiens on aime bien les Israéliens, mais quand on pense que les Juifs ont mis Jésus sur la croix, on vous en veut un petit peu" réponse, "mais c'est les Romains qui mettaient en croix et non pas les Juifs" ce à quoi le Libanais dit ceci :"Bien sûr que tout le monde sait que les Romains ont mis Jésus sur la croix après avoir été condamné par Ponce Pilate, mais pour la légende on accuse les Juifs, c'est plus acceptable"

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  4. Merci Albert Naccache pour ce contre argumentaire étayé.

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  5. Madame Marianne ARNAUD

    Tout à fait d'accord avec le titre « Avenir serein pour les chrétiens d’Israël »

    Un lecteur -sur un groupe Facebook- Joël Moreau me suggère d'écrire sur les chrétiens qui aiment Israël; c'est un bon sujet et j'y travaille.

    Très cordialement.

    Albert Naccache

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  6. Ingrid Israël-Anderhuber10 janvier 2022 à 10:07

    À Albert Naccache : Après lecture de votre article, mes questions :
    - Déjà par rapport à votre 1er titre «CES Chrétiens qui détestent Israël» (avant la suggestion de Marianne) : Sur quoi vous basez-vous pour affirmer que CES gens qui détestent Israël sont Chrétiens ? Qu’est-ce qui vous permet de les qualifier comme tels ?
    Et son corollaire :
    - Sur quoi se base un Juif pour dire qu’il est Juif ? Ou autrement dit, quels sont les critères qui permettent à quelqu’un, Juif et non-Juif, d’authentifier la judéité d’une personne qualifiée de Juive ?
    Merci d’avance pour vos réponses.

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  7. Bonjour,

    @Hervé, @jean-claude: BEN VOYONS :)

    Cordialement,

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  8. قرأت مقال " ألبير نقاش مرات عديدة بعد كل قراءة أجد نفسي في حوار داخلي . هذا الحوار كان سببه العنوان .. عنوان المقال .. العنوان، إسم إشارة جاء جمعا .. "هؤلاد" من هؤلاء الذين في نظر كاتب المقال يكرهون إسرائيل ؟ هؤلاء في رأيي إشارة قاسية
    للمسييحين.. قسوة لم نعهدها في كتابات ألبير نقاش لقد طغى العنوان على المقال، طغى على النص .. و كاني بصاحب المقال قد قال كل شىء في العنوان. ماذا بقي؟ السؤال الذي يطرح نفسه، من يكره من؟ مادمنا نعيش داخل أتون من التنافر و التصادم والكره..كل الثقافات و الحضارات والديانات تدعي التسامح وتدعو إلى التعايش السلمي ونبذ الكره والحقد واحترام الآخر، ولكن في أول اختلاف تتنافر..نحن جميعا نحتاج إلى مراجعة أنفسنا..مراجعة مانفكرفيه و ما نقوله و ما نكتبه...

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  9. قد يسمعك المؤلف.

    حكمة،
    في بعض الأحيان ، ولكن نادرًا جدًا ،
    إنه الاهتمام بالكلمات التي نختارها لأن هذا يعكس الاهتمام الذي نقدمه للآخرين ، لأولئك

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  10. Réponse à Ingrid Israël-Anderhuber

    Sur quoi vous basez-vous pour affirmer que CES gens qui détestent Israël sont Chrétiens ? Qu’est-ce qui vous permet de les qualifier comme tels ?

    Ce sont eux qui l’affirment et je crois qu’il n’y a aucun doute à ce sujet :
    Pax Christi-France, l’Œuvre d’Orient, l’Institut catholique de la Méditerranée, le réseau CDM Chrétiens de la Méditerranée, Sabeel Centre œcuménique de Théologie de la Libération et Kairos sont des associations chrétiennes. Ainsi que l’archevêque de Canterbury Justin Welby, chef de l’Église anglicane et l’archevêque anglican de Jérusalem, Hosam Naoum.
    Dans mon livre « Suis-je le gardien de mon frère ? la tragédie des chrétiens d’Orient » qui a fait l’objet d’une recension de Jacques Benillouche dans Temps et Contretemps, j’explique le décalage entre les idées de ces chrétiens et celles de la majorité des chrétiens d’Occident.

    - Sur quoi se base un Juif pour dire qu’il est Juif ? Ou autrement dit, quels sont les critères qui permettent à quelqu’un, Juif et non-Juif, d’authentifier la judéité d’une personne qualifiée de Juive ?

    Je n’ai pas traité ce sujet (complexe) qui pourrait faire l’objet d’une ou plusieurs tribunes.

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  11. Traduction (aidé par Google des deux opinions exprimées en langue arabe

    NAZIHA TABAINIA a dit… J'ai lu l'article « Albert Naccache » plusieurs fois. Après chaque lecture, je me retrouve dans un dialogue interne. Ce dialogue a été provoqué par le titre de l'article. Mon opinion …J’y ai trouvé une cruauté que l'on ne connaissait pas dans les écrits d'Albert Naccache. Le titre a éclipsé l'article, il a éclipsé le texte. Comme si l'auteur de l'article avait tout dit dans le titre. Ce qui reste ? La question est : qui déteste qui ? Tant que nous vivons dans une fournaise de disharmonie, d'affrontement et de haine, nous avons tous besoin de nous revoir…de faire un examen de ce que nous pensons, de ce que nous disons et de ce que nous écrivons.

    ANONYME a dit...Sagesse, Parfois, mais très rarement, C'est l'intérêt pour les mots que l'on choisit car cela reflète le souci que l'on porte aux autres.

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