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lundi 15 octobre 2018

Crimes de haine en Israël



CRIMES DE HAINE EN ISRAËL

Par Jacques BENILLOUCHE
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          La rage et la colère qui peuvent s’emparer des Israéliens quand une jeune mère de famille de 28 ans Kim Levengrod, et un père de 35 ans Ziv Hajbi, sont abattus de sang froid comme des chiens sur leur lieu de travail, sont justifiées et compréhensibles. Mais nul n’a le droit de se faire justice lui-même car ces méthodes de «western» mènent à l’anarchie. Il est inadmissible de répondre à un crime de haine par un autre crime de haine. Le cycle meurtres-représailles risque de prendre des proportions ingérables. Les Israéliens doivent s’élever au dessus de la barbarie des terroristes palestiniens.



Police dans le tramway



          Israël est un pays en guerre et son salut dépend des forces de police et de l’armée en qui la population doit avoir une confiance aveugle. Se substituer à ces services de sécurité pourrait mener à une forme de dictature déguisée conduisant vers l’inconnu. Autant on peut comprendre la douleur des parents des victimes, autant on ne peut accepter l’action d’extrémistes, même juifs, qui dénaturent l’esprit démocratique de l’État d’Israël en voulant se transformer en vengeurs masqués. 

          En tuant des innocents, cela ne découragera pas les attentats, au contraire, car ceux qui les perpètrent, juifs ou arabes, ont un cerveau limité qui les met en dehors de tout raisonnement humain. Le but des terroristes est d’empêcher que le calme ne revienne entre les communautés. Leur terreau c’est le sang et les larmes.


Aïcha al-Rawbi


          La femme arabe du village de Biddya en Cisjordanie, Aïcha al-Rawbi, âgée de 47 ans, a été tuée par un jet de pierres de jeunes Juifs contre son véhicule, à proximité du carrefour Tapouah. Son mari a également été blessé. 

         Les terroristes arabes sont minoritaires dans leur communauté mais à vouloir se venger sur tout membre de la population arabe, on risque d’étendre la haine et d’aggraver la situation sécuritaire ; la vie redeviendra intenable. Personne ne peut dire que la police et l’armée sont laxistes puisque les assassins des Juifs ont toujours été arrêtés, avec plus ou moins de délai, et condamnés à de lourdes peines quand ils ne sont pas abattus sur place s'ils refusent de lâcher leurs armes. Il est vrai que l’assassin de Barkan, qui a abattu Kim Levengrond Yehezkel et Ziv Hagbi, court toujours mais il est connu et son avenir est tout tracé ; c’est une question de temps.

L'assassin de Barkan

          Certaines organisations juives extrémistes entraînent leurs membres à combattre les Palestiniens pour les dissuader de commettre des exactions contre les habitants des implantations. La méthode est discutable car il appartient aux seuls services officiels d’assurer la sécurité des citoyens. Mais souvent ces militants s’en prennent à l’armée et à la police avec une certaine impunité. Les dirigeants nationalistes ne s’empressent pas de condamner les actes de terreur et les cautionnent souvent quand ils n’encouragent pas eux-mêmes les terroristes en herbe. 
          L’ancien chef d’État-major, Benny Gantz, avait condamné les actes de haine : «Bien que les temps aient changé depuis l’assassinat d’Itzhak Rabin, il y a encore des éléments, dans la société israélienne, qui veulent faire justice eux-mêmes et changer la situation en incitant à la violence et en attentant à des civils innocents. Nous devons couper ces mauvaises herbes avant qu’elles ne poussent plus mal». Tsipi Livni avait taclé le premier ministre en estimant «qu’il n’y a pas de place pour des gens comme cela chez nous, et le devoir d’un leader est d’éduquer tous les enfants d’Israël sur la base de valeurs communes qui constituent le fondement de notre existence en tant que société».

Des extrémistes juifs défilent avec leur insigne
Le Shin Beth, la sécurité intérieure, connaît parfaitement les extrémistes juifs mais il faut une volonté politique pour taper dans la fourmilière. Certains officiels affirment ouvertement que les services de sécurité internes sont infiltrés par de nombreux nationalistes qui les rendent inefficaces. Le premier ministre lui-même temporise, car il est prisonnier d’une coalition qui aurait du mal à survivre si elle s’en prenait à son aile droite. 
          Le tribunal de première instance de Jérusalem a rendu une ordonnance de censure à propos de l'enquête sur la mort d'Aïcha al-Rawbi. Cet incident a provoqué l'a colère des habitants de Biddya qui ont décrété une grève générale, incluant toutes les entreprises et institutions publiques. Des milliers de Palestiniens de la région ont participé aux obsèques d'Aïcha al-Rabi, dans le calme et la dignité parce que les leaders arabes et la famille l’ont voulu. Le cortège funèbre est parti de l'hôpital où elle a été déclarée morte vers son domicile, avant l'inhumation dans le cimetière de la ville.


          Aïcha, mère de sept enfants, était bien intégrée et n’avait pas un cursus de terroriste. Elle venait de terminer ses études universitaires avec ses filles, dont l’une est dentiste. Elle avait opté pour la voie de l’émancipation culturelle et non pas pour l’action criminelle. Elle est morte bêtement, par une volonté de vengeance stérile alors qu’elle était innocente comme les deux victimes israéliennes d’ailleurs. Le drame est que ce sont toujours les innocents qui paient les dérives de haine. 
          La violence des deux côtés est un échec. Les terroristes ne sont pas des héros mais des lâches car il est facile de s’en prendre à des innocents désarmés. Mais la vie des populations civiles deviendra invivable. Pour venger la mort d’une Arabe, des enfants juifs seront en danger, les routes de Cisjordanie deviendront peu sûres et l’armée, au lieu de combattre les vrais ennemis islamistes du nord, aura des taches policières et non pas militaires. On sait déjà que les terroristes arabes sont des sous-hommes décervelés et barbares, il ne faudrait pas que les jeunes juifs nationalistes s’engagent dans cette voie inhumaine. De manière officielle, les forces palestiniennes aident Israël à retrouver l'assassin de Barkan.
Police des frontières

La sécurité des citoyens et la recherche des terroristes incombent à la police et à elle seule. La vengeance est du domaine de l’illusion.






3 commentaires:

  1. Bien d accord avec toi.
    Mais est ce que Abu Mazen à condamné l attentat de Barqan ?

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  2. Jacques BENILLOUCHE14 octobre 2018 à 06:35

    @ Patrick

    De manière officielle, les forces palestiniennes aident Israël à retrouver l'assassin de Barkan

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  3. Ce crime est épouvantable. Il bafoue l’état de droit en tuant des innocents : c’est exactement ce que les Juifs combattent partout car cela les menace toujours.
    J’espère qu’il sera condamné très fort au plus haut niveau politique. J’espère qu’il sera condamné très fort par la justice après que la police ait fait son travail avec diligence. Le judaïsme c’est aussi (d’abord?) la religion de la loi : le meurtre d’innocents est proscrit.

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