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jeudi 2 janvier 2014

ŒCUMÉNISME ET APARTHEID



ŒCUMÉNISME ET APARTHEID

Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps
                 
         
          La volonté d’attaquer Israël sur un point sensible ne cesse de se développer en Europe. Il s'agit de qualifier Israël de pays d’apartheid parce qu’il met ses Arabes à l’index. Les tenants de la thèse de la ségrégation réussissent souvent à convaincre parce que la communication israélienne est souvent défaillante, par trop de fierté ou par refus de parler de faits imaginaires. Et pourtant, s'il fallait des preuves flagrantes de l'existence ou non de l'apartheid israélien si décrié à l’étranger, il aurait fallu se trouver durant cette fin d'année au bord de la Mer Morte et, pour être plus précis pour ceux qui voudraient vérifier ces assertions, à l’hôtel Royal Rimonim (publicité gratuite!).




La mer Morte, lieu d’aparteid


Spa à l'hôtel

              Nous étions un groupe de francophones, fidèles aux traditions, venus fêter en cachette le nouvel an civil; en cachette car le Grand rabbinat interdit ce genre de célébrations dans les hôtels voulant toujours bénéficier de la cacherout. Sur les 400 chambres, au moins une cinquantaine était occupée par les minorités visibles. D'après les informations confirmées par la réception, aucun étage ne leur a été spécialement réservé puisqu’ils étaient disséminés parmi les «colonisateurs».
            Nous les avons rencontrés dans le lobby où ils étaient les plus rapides à occuper les fauteuils et nous nous sommes trouvés, pêle-mêle, avec des Arabes dont les femmes portaient ostensiblement le foulard bien ajusté sur leur tête et tombant sur un jeans moulant. D’autres, plus traditionnelles préféraient la grande robe traditionnelle qui leur permettait d’évoluer avec grâce sans une certaine volonté d’attirer le regard. Parfois quelques hommes s’éclipsaient discrètement à l’extrémité de la salle pour participer à leur prière quotidienne, à genoux sur la moquette bien épaisse, sans que quiconque n’ait trouvé à redire. 
Vieilles femmes druzes

Les femmes druzes, reconnaissables à leur teint plus clair et au voile blanc transparent porté négligemment sur leurs épaules, pouvaient rivaliser avec les plus belles européennes. La seule remarque, peu originale, concernait leur courage à affronter la salle du Spa, surchauffée avec une piscine d’eau à 40° riche en substances minérales, non pas en maillot de bain mais en robe longue presque transparente. Il n’était pas besoin d’avoir des horaires séparés pour les hommes et les femmes et il n’était pas besoin de loi pour le port du foulard dans les lieux publics. La liberté appartient à tous les citoyens d’Israël. 
Et enfin des Arabes chrétiens, qui affichaient ostensiblement leur croix autour du cou en signe d’appartenance à leur communauté, semblaient gênés de vivre en paix alors que leurs semblables subissaient le feu et les exactions dans d’autres pays voisins.


Cohabitation pacifique


Parfois, timidement, des Arabes s’approchaient des joueurs de rami car il n’existe pas de francophones sans experts en cartes, et ils étaient invités à se joindre à eux par quelques mots d’arabe maladroit appris à Tunis, à Meknès ou à Alger. Puis ils se retrouvaient ensemble au restaurant où l’œcuménisme devenait total puisque les serveurs étaient en majorité des Bédouins du Néguev. 

Par réflexe journalistique, on pouvait être tenté de filmer et de photographier ces groupes originaux qui n'avaient aucune raison de se distinguer des israéliens moyens. On risquait alors de porter atteinte à leur droit à l'image privée. On ne filme pas des gens normaux, dans un pays normal, s’adonnant à des vacances normales. Mais la seule pensée qui pouvait traverser l'esprit, au risque de se faire traiter de gauchiste, était celle qui prouvait que dans un même lieu, un simple hôtel en l’occurrence, des Juifs, des Arabes, des Druzes et des Bédouins pouvaient cohabiter dans le respect de l’autre et dans la paix dès lors où cela se faisait dans l’intérêt de la vie. 
En quelques jours ce microcosme, cette image réduite du monde ou de la société, prouvait à qui voulait le croire que l’apartheid n’a jamais existé et n’existera jamais en Israël et qu’il suffirait d’une seule étincelle, de paix bien sûr, pour que l’avenir appartienne à tous les optimistes. N’en déplaise aux jeteurs de mauvais sort.  

2 commentaires:

  1. j'aime bien ton site situé a présent en favoris

    pourquoi ? on ne s' y emmerde pas a lire des zaama analyses de pseudos "experts", les sujets sont intéressants, voire parfois captivants..
    la langue est riche sans êztre prétentiarde et le style, disons a ton âge ...alerte !
    bonne santé pour 2014 et les années a venir-Amine :lol:

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  2. Ah que c'est bon de vous lire,enfin des gens normaux que ces gens là,il faudrait que tous ces journalistes ou prétendus tel vous lisent !

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