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samedi 8 janvier 2022

Netanyahou ne renonce pas et prépare la remontada

 


NETANYAHOU NE RENONCE PAS ET PRÉPARE LA REMONTADA


Par Jacques BENILLOUCHE

copyright © Temps et Contretemps

Netanyahou au siège du Likud, à Tel Aviv, Israël, le 19 décembre 2021

            

        Netanyahou contrôle, plus que jamais, le Likoud pour en faire l’arme de la reconquête du pouvoir. Il n’a pas l’intention de laisser sa place et mise sur l’éclatement de la coalition actuelle. Mais il doit d’abord enlever l’épine du pied constituée par son opposition interne active. Il a décidé d’intervenir face à la fronde qui se développe contre son leadership au sein du Likoud : «Ce n’est un secret pour personne que certains membres du parti ne m’aiment pas particulièrement, ils ont leurs opinions, leurs ambitions, ce n’est pas neuf». Benny Begin avait estimé que «si Netanyahou continue à diriger le Likoud, il va le détruire». Ceux qui constituent l’aile du parti libéral se rebellent aujourd’hui pour imposer une nouvelle gouvernance.


Les nouveaux Likoudniks veulent révolutionner le parti majoritaire


Une révolution de l'intérieur a déjà commencé dans le parti. Un clan fort de 10.000 affiliés au groupe des Nouveaux Likoudniks, s’est donné pour mission de changer cette formation politique en y adhérant et en élisant des personnalités qui partagent leurs valeurs. C’est pourquoi, le tribunal interne du parti a décidé d’expulser 1.000 membres et d'enquêter sur 7.000 autres, accusés d'être des infiltrés de gauche. Les membres de cette faction se défendent en affirmant qu'ils visent à ramener le Likoud à ses valeurs libérales d'origine. Il faut rappeler qu’en 1965, le Hérout de Menahem Begin s’était allié au sein de la coalition Gahal (bloc Hérout-Libéraux) avec les sionistes généraux du parti libéral, le mouvement historique du centrisme sioniste.

La décision de justice intervient alors que Netanyahou fait face à une dissidence croissante sur la façon dont il a perdu le pouvoir en mars et sur un défi de leadership imminent. Il a utilisé l'affaire pour critiquer son rival Israël Katz, le puissant ancien ministre des Finances et président du secrétariat du parti, qui s’est opposé à l’expulsion des membres.



Les Nouveaux Likoudniks, fondés en 2011 après des manifestations de masse contre le coût de la vie, disent qu'ils cherchent à faire avancer «les intérêts économiques de la classe moyenne et la préservation de la démocratie libérale» depuis l'intérieur du parti. Ils ont réussi à attirer plusieurs milliers de nouveaux membres et se sont transformés en force organisée qui ne se cachait pas de voter pour le centre-gauche au point d’être qualifiée de «cinquième colonne» ou de «chevaux de Troie». Contrairement à ses habitudes, Netanyahou a tenu à assister aux débats du tribunal. Il en a profité pour décrire la situation noire du pays en frappant sur la table comme un simple militant et en prédisant la catastrophe.

Malgré les troubles dans le parti, le soutien à Netanyahou reste fort et ses challengers les plus ouverts n'ont pas beaucoup de soutien. Mais dans une grande déception, le tribunal du Likoud a décidé de ne pas disqualifier des milliers de membres du parti mais de traiter chaque cas séparément, impliquant un long processus et des décisions à long terme, voire aucune décision d'expulsion. Cela a aggravé la colère de Netanyahou qui a accusé le ministre des Finances Israël Katz de chercher à détruire le Likoud de l’intérieur. Il a d’ailleurs décidé de déposer un appel le 26 décembre : «Nous voyons un danger pour l'existence du Likoud et cela en fait un danger pour le pays. Je vais jusqu'au bout, car je ne suis pas prêt à concéder ce parti, qui est l'avenir de ce pays».

Barkat et Edelstein candidats à la direction du Likoud 


Ses rivaux se sont frottés les mains face à ce qu’ils ont qualifié d'«action ridicule». Mais Netanyahou contrôle toujours le Likoud et résiste en empêchant Nir Barkat, son challenger, d'utiliser sa fortune personnelle pour faire campagne contre lui au sein du parti. Il a pour lui la loi israélienne qui interdit aux candidats aux primaires d'utiliser leurs biens personnels pour financer leur propre campagne. Les contributions personnelles sont très encadrées. D’ailleurs, le plénum de la Knesset a voté le 29 décembre, par 64 voix contre 17, le projet de loi dit «anti-Barkat», qui limiterait un élu et sa famille à des dons de 100.000 shekels par an pour une activité politique hors élection.

Des sondages désignent Barkat, l’homme le plus riche d’Israël grâce à la vente de sa startup, comme le principal rival de Netanyahou. Il n’a pas caché son ambition de prendre la tête du parti et pense pouvoir ramener le Likoud au pouvoir. Mais Netanyahou bataille sur tous les fronts, avec ses amis inconditionnels, pour garantir son retour à la tête d’un nouveau gouvernement.

4 commentaires:

  1. Dominique WASSERMANN30 décembre 2021 à 09:47

    Incroyable, la droite israélienne et le Likoud ne comprennent pas la toxicité du personnage. Comment ce grand Premier Ministre a t il pu arriver à devenir un politicien pathétique.

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  2. Il faut déconstruire son idéologie pharisienne 😂 a savoir de diviser pour mieux régner en imposant le culte d'une secte unique dirigée par des sbires douteux et des mains mises sur toutes les affaires économiques du pays.

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  3. Il a fait toutes les betises politiques (ocales et etrangeres) et va se faire reelire par un masse qui n'a jamais rien lu depuis leur certificats d'etudes et qui seront ses premieres victimes. C'est pathetique, c'est ecoeurant.

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  4. La présence continue de Natanyahou au Likoud est nuisible pour Israel puisque sa personnalité empeche le renouveau d'une coalition de droite. Les memes causes produisent les memes effets, vérifiés lors des multiples dernières élections.
    Quant à lire des outrances du genre "le culte d'une secte unique dirigée par des sbires douteux et des mains mises sur toutes les affaires économiques du pays" voilà qui ne mérite pas l'ombre d'une réponse.
    S'il y'a un plein accord dans ce pays sur le dos de la collectivité c'est précisément entre la bourgeoisie d'affaires de gauche et de droite unis dans un consensus.
    Il suffit de se pencher sur les fonctions des précédents dirigeants du parti travailliste pour comprendre qu'ils ne sont ni révolutionnaires ni particuliérement intéressés par des réformes sociales d'envergure dans un pays qui en a bien besoin.
    Ce pourquoi de ce point de vue il est inutile de se faire des illusions.

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