LA CHINE VEUT RÉSOUDRE LE CONFLIT
ISRAÉLO-PALESTINIEN
Par Jacques BENILLOUCHE
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Xi Jinping s'adressant à la Ligue Arabe |
Contrairement à ses habitudes de rester neutre
dans les conflits qui touchent les pays étrangers et ses partenaires
économiques en particulier, la Chine a décidé de modifier sa stratégie au
Proche-Orient pour tenter de résoudre le conflit israélo-palestinien. Elle est
d’ordinaire discrète et participe à l’aide des pays défavorisés sans
contrepartie politique. Cette nouvelle attitude s’explique par le fait que tout
passe à présent par la politique internationale. En fait la Chine semble
vouloir contrer la Russie, qui prend de plus en plus de place au Moyen-Orient
en installant ses pions inamovibles, mais aussi s’opposer à l’hégémonie
américaine alors que l’Europe a décidé de se désengager de la région. Elle doit
défendre ses approvisionnements pétroliers indispensables à sa croissance et assurer
ses intérêts économiques qui passent par une implication plus étroite dans les
conflits de la région.
Abbas en Chine |
Pendant
longtemps, du temps de Mao, la Chine faisait croire qu’elle adoptait une
politique de neutralité ; cela ne l’a pas empêchée de se placer uniquement
du côté des Palestiniens, par principe anti-impérialiste. Elle avait opéré un
revirement politique en participant à la Conférence de paix de Madrid en 1991
et avait décidé d’aligner sa politique palestinienne sur celle de la communauté
internationale, c’est-à-dire pour la défense du statu quo. Mais à l’arrivée de
Xi Jinping au pouvoir, la Chine est devenue plus active sur le plan
diplomatique et vis-à-vis des Palestiniens. Ainsi Mahmoud Abbas s’est rendu
deux fois à Pékin en 2013 et en juillet 2017.
Madrid 1991 |
Dans
sa première tournée à l'étranger en 2016 et sa première visite dans la région
depuis son entrée en fonction, le président Xi s'était adressé à la Ligue arabe
au Caire dans un message clair. La Chine veut militer, dans une région marquée
par des décennies de troubles, pour la paix, pour le développement et pour la
stabilité. Il avait expliqué sa politique et présenté ses propositions pour
faire la promotion de la paix et du développement au Moyen-Orient : «La
Chine participera à la construction d'un parc industriel au Moyen-Orient,
mettant particulièrement l'accent sur la mise en place de la Zone de
coopération économique et commerciale de Suez. En formant des professionnels,
en concevant et en mettant conjointement sur pied des usines, nous voulons
réaliser l'intégration de la fabrication, de la logistique et des exportations».
Xi
Jinping avait promis 10 milliards de dollars en prêts commerciaux et 10 autres
milliards en prêts préférentiels pour stimuler la coopération avec des pays du
Moyen-Orient. Il veut aussi mettre en place un fonds d'investissement commun de
20 milliards de dollars avec les Émirats arabes unis et le Qatar. Il en avait
profité pour déclarer que la question palestinienne ne devait pas tomber dans
l'oubli car elle est d'une importance fondamentale pour la paix au Moyen-Orient.
Lors
de la dernière visite de Mahmoud Abbas à Pékin, Xi Jinping avait proposé un
plan en quatre points, le même qui avait été proposé en 2013. Il préconise la
solution à deux États et appelle les deux parties à poursuivre les
négociations. Il reconnaît les préoccupations sécuritaires d'Israël concernant
un État palestinien, tout en appelant Israël à «cesser ses activités
de colonisation en Palestine». La Chine soutient dorénavant un État
palestinien basé sur les frontières d'avant 1967, avec Jérusalem-Est comme
capitale.
Mais
le plan de 2017 a un volet économique plus élaboré. A l’instar de Benjamin
Netanyahou, il appelle à «la paix par le développement économique». Si
la Chine veut accroître et sécuriser ses projets dans la région, elle ne perd
pas de vue son initiative One Belt One Road, qui vise à relier la Chine
à l'Europe par voie maritime et terrestre dans 68 pays d'Asie, d'Afrique et du
Moyen-Orient.
Liu Jieyi |
Le
18 juillet 2017, l’ambassadeur chinois à l’ONU, Liu Jieyi, avait déclaré :
«la Chine considère la Palestine et Israël comme des partenaires importants
dans l'initiative Ceinture et route (One Belt, One Road). La Chine est
disposée à travailler sous le concept de développement pour la paix afin de
promouvoir la coopération entre la Palestine et Israël dans une coopération
mutuellement bénéfique». L’entreprise publique chinoise China National
Technical Import and Export Corporation a été présélectionnée pour le projet de
canal mer rouge - mer Morte, dont les partenaires sont la Jordanie, Israël et
l’Autorité. La Chine veut favoriser des projets conjoints Israël-Palestine car
pour elle, c’est le seul moyen de briser le statu quo.
L’ambassadeur
chinois auprès de l’ONU, Liu Jie yi, avait évoqué un plan en quatre points qui
avait été présenté, le 18 juillet, par Xi Jinping lors de sa rencontre avec
Mahmoud Abbas.
1.
Avancer fermement vers la solution politique du conflit. La Chine
apporte tout son soutien à la solution de deux États et à l’établissement d’un
État indépendant de Palestine, jouissant d’une pleine souveraineté, sur la base
des frontières de 1967 et avec Jérusalem Est comme sa capitale. La Chine
compte, comme depuis toujours, jouer un rôle constructif dans la solution de la
question palestinienne.
2.
Agir en faveur d’une conception de sécurité commune, globale, coopérative
et durable. La Chine appelle à une application rapide de la Résolution N° 2334
du Conseil de Sécurité de l’ONU et à un arrêt immédiat de la création de
colonies dans les territoires occupés. La Chine espère que des mesures
immédiates seront prises pour empêcher les violences contre les civils.
3.
Coordonner davantage et renforcer
les efforts de la communauté internationale en faveur de la paix. La communauté
internationale devrait se coordonner davantage et présenter, en début du
processus, des initiatives conjointes pour la paix. À cet effet, la Chine
organisera, au courant de cette année, un symposium visant à rassembler les
défenseurs de la paix en Palestine et en Israël, afin de contribuer par des
idées et des solutions à la question palestinienne.
4.
Promouvoir la paix par le développement économique. En promouvant la
négociation politique, il est aussi nécessaire, afin de progresser, d’accorder
une valeur importante à la question du développement. La Chine voit la
Palestine et Israël comme deux partenaires importants dans son projet Une
ceinture, une route et se déclare prête à établir un mécanisme de trialogue
Chine-Palestine-Israël, destiné à cordonner et à pousser de l’avant, des
projets pour aider la Palestine.
Mais
pour que la Chine joue un rôle de leadership efficace dans la résolution du
conflit israélo-palestinien, elle doit d'abord contourner les initiatives
internationales précédentes, contester les positions dominantes de certains
pays et remettre en question le statu quo. C’est
une tâche à laquelle d’autres pays se sont attelés, sans succès. La puissance
économique chinoise parviendra peut-être à convaincre les acteurs
internationaux à envisager un changement réel dans la région.
Les Chinois doivent a tout prix se procurer de l'energie pour faire fonctionner son economie. Si cette energie tombe dans les mains d'un ou de deux partenaires plus ou moins en alliance, le prix que les Chinois devront payer sera eleve et son economie s'en ressentira immediatement.
RépondreSupprimerLe seul pays qui empeche de danser en rond dans cette region est Israel, mais il n'est pas detruisable (grace a la France et a Shimon Peres) et il faut donc trouver une solution au probleme palestinien, d'ou l'assouplissement des propositions chinoises, assouplissement inacceptable par Israel.
Israel a tout à gagner à ce que les Chinois aient une expérience directe aussi large que possible de l'incurie, de l'incapacité et de la corruption qui sévissent sous l'Autorité palestinienne.
RépondreSupprimerLes Chinois achètent des terres en france, en Europe et en Afrique...de quel droit..?
RépondreSupprimerNous ne sommes pas là, pour résoudre le problème de leur surpopulation!
d'autre part, faut-il rappeler aux Chinois qu'ils ont envahi le Tibet...
Il faudra bien que les Chinois et le reste du Monde comprennent qu'Israel a 6000 ans d'histoire, que c'est un tout petit territoire et que Jérusalem est sa capitale.
Que la renaissance de son Etat est en grande partie liée à la Shoah et qu'il est inutile de nous prendre pour des" cons " à coup de milliards..
Par contre, il est évident que le Monde doit s'organiser pour diminuer la population de cette planète, le réchauffement climatique et j'en passe...
Six mille ans d'Histoire, pourquoi pas 8000 ? ou plus ? comme les Chinois qui ont inventé le fil à couper le beurre de yak avant même l'invention du yak et celle du beurre.
RépondreSupprimerJ'en suis confus (孔子), comme le disait le célèbre philosophe grec Sacroûte, pardon Confucius.
Entre mythes et réalité historique, entre méconnaissance de la Chine et fantasmes biblico créationnistes, il y a des réalités à apprendre et à étudier.
On peut être pour ou contre les différentes politiques, mais il faut connaître les réalités de ces deux pays. En quoi les autres pays, des Etats-Unis à l'Europe, de la Russie à d'autres, seraient-ils plus capables ou plus valables moralement pour nous aider à résoudre ce problème ? Si les Chinois ont quelque chose à proposer et que c'est de l'intérêt de toutes les parties, étudions la question.
Quoi qu'il en soit, nous réaliserons notre rêve d'un monologue fructueux en faisant la paix entre nous, ce qui n'est pas pour demain...
quelque soit la solution à apporter au problème israélo-palestinien ,on ne pourra jamais trouver de solution tant que l'idée force des palestiniens est In fine de "détruire Israel" dans tous les sens du terme.Inonder la région de millions de "réfugiés palestiniens",laisser le Hamas transférer son armement en Cisjordanie(comme ils l'exigent) et enfin continuer à éduquer la nouvelle génération dans le but de "récupérer" TOUTE la Palestine!!!!!!!!De plus n'oublions pas que Abbas ne veut plus voir un seul israelien en Cisjordanie.Consequetif à toutes ces raisons on établit un "État Palestinien".de fait comment ne pas comprendre la position d'Israel qui refuse de se faire Hara-Kiri.
RépondreSupprimerLes Chinois n'ont rien a fiche du conflit israelo palestinien : ils cherchent une position d'influence economique avant tout comme le decrit si bien l'article.
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