Présentée par l’Algérie, l’Égypte, le Liban, le Maroc, Oman, le Qatar et le Soudan, une résolution niant les liens historiques et spirituels du judaïsme avec ses lieux saints dans la vieille ville de Jérusalem, a été adoptée par le Conseil exécutif de l’Unesco mardi dernier. Cette résolution est scandaleuse, même si «elle affirme l’importance de la vieille ville de Jérusalem pour les trois religions monothéistes», dans la mesure où il n’est jamais fait référence, aux dénominations juives des Lieux Saints.
Le
Mont du Temple n’est que l’Esplanade des Mosquées, le Mur des lamentations, le
Kotel se nomme place al Buraq. Cela constitue l’appropriation par l’islam des
monothéismes juifs et chrétiens qui l’ont précédé : pas de Temple, pas de Mur,
donc pas de Roi David pour construire la ville de Jérusalem, pas de roi Salomon
pour construire le Temple, pas de temple, pas de Jésus priant au Temple, pas de
Jésus chassant les marchands du Temple,
Comment
peut-on nier, à ce point, la réalité, je conçois que le combat politique puisse
conduire à des extravagances, que les Palestiniens aient pu pousser des pays
arabes à présenter, en leur nom, cette résolution à l’Unesco pour affirmer, au
mépris de l’histoire, leurs droits exclusifs sur la vieille ville de Jérusalem.
Ce que je ne comprends pas, en revanche, c’est d’abord le silence du Vatican
face à cette réécriture de l’Histoire Sainte, et le soutien apporté au vote de
cette résolution, par des pays chrétiens, plus souvent catholiques que
protestants, comme ceux d’Amérique latine, qui ont voté pour ou se sont
abstenus.
Le
Brésil, le Nicaragua, la République Dominicaine ont voté pour, les autres se
sont abstenus. Parmi les Européens, l’Angleterre, l’Allemagne, les Pays Bas ont
voté contre, la France et l’Espagne se sont distingués en s’abstenant. Un
progrès quand même, dans des scrutins précédents, ces pays avaient émis des
votes favorables. De toute manière, l’abstention, signe de lâcheté sur un sujet
pareil, n’empêchait pas l’approbation de la résolution, compte tenu de la
majorité anti-israélienne régnant dans cette assemblée.
La
France, à travers son exécutif n’a pas fait preuve d’un grand courage, non
plus, et en tant que juif je me sens blessé par son attitude, trompé par les
engagements qui avaient été pris à la suite du premier vote favorable à cette
résolution au mois d’avril de cette année. Les Juifs avaient été profondément
troublés par l’adhésion de la France à cette réécriture de l’histoire et on
leur avait expliqué qu’il s’agissait d’un imbroglio diplomatique qui ne se
reproduirait plus. François Hollande considérait que cette résolution était fâcheuse,
Manuel Valls regrettait le vote de la France, Bernard Cazeneuve ne l’aurait pas
voté et François Hollande assurait «qu’il serait extrêmement vigilant
et qu’il regarderait personnellement la nouvelle résolution de l’Unesco au mois
d’octobre». Il précisait ainsi sa position : «Il n’est pas possible
que les Lieux Saints puissent être mis
en cause ou en doute quant à l’appartenance aux trois religions».
Irene Bokova |
Eh
bien Monsieur le Président, j’ai le regret de vous dire que c’est possible, en nommant mal les
choses. Il fallait reprendre les déclarations de madame Irène Bokava, directrice
générale de l’Unesco, c’eut été plus clair et indiscutable : «Le patrimoine de Jérusalem est indivisible... Nier, occulter ou vouloir
effacer l’une ou l’autre des traditions juives, chrétiennes ou musulmanes
revient à mettre en péril l’intégrité du site… Dans la Bible, Jérusalem est la
capitale du Roi des Juifs David, où Salomon construisit le Temple qui abrita
l’Arche d’Alliance. Dans l’Evangile, Jérusalem est le lieu de la passion et de
la résurrection du Christ. Dans le Coran, Jérusalem est la destination du
voyage nocturne (Sira) que le prophète Mohammed fit depuis La Mecque jusqu’à la
Mosquée Al Aqsa…La reconnaissance, l’usage et le respect de ces noms sont essentiels».
Pour le Coran, c’est, il faut le préciser, une erreur, dans la mesure où le
Coran ne cite jamais de façon explicite Jérusalem : lorsqu'il relate le voyage
nocturne de Mahomet, il désigne la mosquée vers laquelle il se dirige du nom de
«El Aqsa», ce qui signifie «La lointaine». Ce sont des Hadith
postérieurs qui situent cette mosquée à Jérusalem. Voilà ce qu'écrit le Coran :
«Gloire à celui qui fait voyager de nuit
son serviteur de la mosquée Al Haram jusqu'à la mosquée lointaine dont nous
avons béni l'enceinte». (Sourate 17, verset 1).
Si donc une religion devait revendiquer un lien intrinsèque avec les lieux
saints, c'est bien le judaïsme, et je déplore que notre pays, la France, qui
pourtant, protège et estime sa population juive, n'aie pas le courage
d'affirmer haut et fort ce lien plurimillénaire.
Je partage votre indignation devant la dérobade de la France concernant le vote de cette résolution qui dénie au peuple juif son antériorité historique sur Jérusalem. Je suis même persuadée que la majorité du peuple français serait à vos côtés pour peu qu'on lui demande son avis. Mais gageons qu'il en est qui ne tarderaient pas à y voir "la patte du Front National" !
RépondreSupprimerBonjour, à l'époque du commentaire dans le coran il me semble que la mosquée n'existait pas encore. Pouvez-vous confirmer ?
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