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mercredi 9 avril 2014

ILAN HALIMI : 24 JOURS Par André Nahum



ILAN HALIMI : 24 JOURS

La chronique de André NAHUM




J’ai vu dimanche dernier  le film d’Alexandre Arcady, «24 jours», qui raconte le calvaire d’Ilan Halimi. Un film très fort, joué par des acteurs remarquables,  qu’il faut absolument aller voir dès qu’il sortira en salle. Certains critiques l’auraient parait-il  trouvé violent, mais c’est oublier que ce sont les faits réels qui sont violents.



Faits réels

La souffrance d’Ilan, l’angoisse de sa famille, les rapports téléphoniques et par internet avec les ravisseurs, les erreurs de la police, tout est vrai. Comment imaginer que ses tortionnaires,  des garçons  sans envergure, se  soient transformés en monstres,  en barbares comme  ils se qualifient eux-mêmes, pour séquestrer et  torturer jusqu’à la mort, dans des conditions dignes de celles des pires nazis, un jeune homme qui aurait pu être leur copain, à ceci près qu’il était  juif  et que les Juifs  pensaient-ils sont riches et solidaires et qu’ils peuvent payer d’énormes rançons.
Fofana

On se demande  comment  des autorités judiciaires  ont pu voir,  au début dans ce drame, un crime crapuleux sans connotation raciste. C’est bien  plus tard qu’elles furent obligées de convenir que, comme le criait  la mère, si Ilan n’avait pas été juif,  il n’aurait pas subi un tel sort... Pourquoi a-t-on encore  tendance face à une agression anti-juive d’en cacher  ou d’en nier la cause réelle ? La vérité serait-elle si difficile à admettre ?
Oui l’antisémitisme revient en force. Oui, il tue. Il n’y a aucune raison de le  cacher. Oui, des jeunes des banlieues, comme on les appelle, considèrent  le feuj comme le prototype du mal, comme l’ennemi à abattre. Pourquoi ? Comment ? Allez savoir.

Les temps ont changé

Juifs à Sarcelles

Quand je me suis installé dans ma banlieue, à Sarcelles  il y a  50 ans, nul ne se préoccupait de savoir si son voisin était blanc, noir ou jaune, chrétien, musulman, juif ou bouddhiste. Nous ne formions qu’une seule communauté. Nos jeunes, issus d’une cinquantaine d’ethnies différentes n’étaient pas des  délinquants. Ils travaillaient ou étudiaient  et  tous songeaient à  se construire un avenir. Que les temps sont changés !
Aujourd’hui, on  s’enferme dans  son groupe ethnique ou religieux  et certains jeunes  se constituent  en bandes, sous l’autorité d’un chef qui se veut tout puissant. Pourquoi une fraction de cette jeunesse,  minoritaire certes,  s’est-elle aujourd’hui fanatisée ? Pourquoi cette  haine envers l’autre ?  Cet autre étant  de préférence  le juif ? Pourquoi certains d’entre eux abandonnent-ils avec joie famille et études  pour  aller faire le djihad en Syrie, pour  mourir en martyr ou  s’ils s’en sortent, revenir  en France pour y semer la mort  et  devenir de nouveaux  Fofana  ou de nouveaux Mohamed  Merah? Pourquoi la police dont la bonne volonté ne peut être mise en doute s’est-elle  lourdement trompée dans sa gestion de l’enlèvement d’Ilan Halimi ?  Elle a eu 24 jours pour lui sauver la vie. Elle a échoué. On peut dire pour sa défense qu’elle s’est comportée d’une façon rationnelle face à des criminels  totalement irrationnels.

Bourreaux sans état d’âme

L’autre réflexion qu’inspire ce drame est l’incroyable facilité avec laquelle les tortionnaires d’Ilan ont pu évoluer dans leur quartier, dans leur immeuble, sans que personne ne s’inquiète de leur comportement pendant plus de trois semaines : inconscience, aveuglement, loi du silence  ou  peur des représailles.
Bourreaux  sans états d’âme, ces garçons n’étaient pourtant que des petits  voyous ordinaires, qui, leur tour de garde  ou leur séance de torture achevés,  retournaient probablement à leurs  tournantes  avec des copines du quartier dans les caves voisines ou à leurs activités de minables dealers.
Daniel Pearl

Il a été fait allusion dans ce film au journaliste américain  Daniel Pearl torturé et  décapité par les Talibans pare que juif. Ses cris, avec ceux d’Ilan Halimi, ceux  des  élèves de l’école Or Torah de Toulouse et de  leur professeur  assassinés par Mohamed Merah, s’élèvent vers nous pour nous  confirmer,  qu’au nazisme a succédé aujourd’hui  une nouvelle internationale de la haine du juif qui transcende les frontières et qu’il faut combattre sans relâche.

Ces cris, Alexandre Arcady les a entendus et son film  doit être considéré par nos éducateurs comme un outil pédagogique incontournable. Qu’il en soit remercié !


2 commentaires:

  1. Ancien professeur d'hébreu en région parisienne et à Lyon, j'ai été tellement écœuré par la chape de silence qui entourait des actes quasi-quotidiens contre les communautés et les individus dans la fin des années 70, et par les déclarations de type Barre ou Cheyssen, que je suis parti pour le Canada anglophone. Je suis revenu en France, avec femme et enfant, mais uniquement pour constater la continuité du phénomène et de la dénégation systématique. Dès 89, je suis rentré en Israël, dans une réalité certes difficile parfois, qui met à l'épreuve nos convictions, mais avec une fierté et la satisfaction d'avoir mis mes enfants à l'abri de cette réalité. Ils ont grandi en tant qu'individus israéliens libres et ont les idées de leur choix, pas celles que leur imposait leur condition éclatée et schizoïde de "dhimmis" de la République et de Juifs français. Je ne le regrette pas un instant !

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  2. Ce fait divers AbOMINABLE s'est déroulé en 2005 je croid et près de 10 ans après il m'inspire encore de l'HORREUR & de la COLÈRE !!!!!!!!!!.
    De l'horreur parce qu'il s'agit d'1 'crime gratuit' 'prémédité'donc d'1'meurtre' !!
    et sr la photo d'ILAN on peut NOTER
    Aisément un visage gentil celui d'1 'ange' un peu trop 'naif' qualité qui l'a 'perdu'!!!!!!!!!!!
    C'est vrai qu'on aurait aimé être son
    'ami' tant il 'respirait' la bonté !!!!!!!!!!.
    On a d'autant plus la 'HAINE' quand on sait très bien qu'il est 'tombé'dans 1 'piège' tendu par sa copine !!!!!!!!!!.
    ""LE GANG DES BARBARES AVAIT
    Tout 'calculé ne laissant rien o 'hazard'!
    Ilan confiant n'avait aucune chance de
    's'en sortir' vivant !!!!!!!!!!.

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