LES ÉTATS-UNIS LÂCHENT
ISRAËL À L’ONU
Par Jacques BENILLOUCHE
conseil sécurité 20.02.23 |
Karine_Jean-Pierre |
Israël a réagi avec une violence inaccoutumée vis-à-vis de son allié :
«le vote du Conseil de sécurité n’aurait pas dû avoir lieu et les États-Unis
n’auraient pas dû la signer». En effet les Américains n’ont pas voulu user
de leur droit de veto contre cette résolution. Joe Biden ne veut pas cacher les
divergences grandissantes sur les implantations et sur la réforme judiciaire. L'attachée
de presse de la Maison Blanche, Karine Jean-Pierre, a exprimé la consternation
de Washington face à la décision israélienne d’étendre les implantations de Cisjordanie
malgré les mises en garde de hauts responsables américains contre toute mesure
unilatérale. Antony Blinken a déclaré que les décisions israéliennes allaient à
l'encontre de la politique américaine de longue date maintenue par les
administrations démocrate et républicaine.
Israël a traité par le mépris ces deux déclarations et la conséquence ne
s’est pas fait attendre. Les États-Unis sont également gravement préoccupés par
le transfert d'autorité de la gestion de la Cisjordanie au profit du ministre
des Finances Bezalel Smotrich. L'administration a clairement indiqué qu'une
telle décision équivaudrait à une annexion de jure du territoire. Par ailleurs
les Américains ont répondu à la menace de refonte judiciaire d’une manière
mesurée. Joe Biden insiste sur la nécessité d'un consensus et refuse d’inviter
Netanyahou à Washington dans l’attente d’une solution négociée avec
l’opposition.
Le porte-parole du Département d'État américain Ned Price |
La déclaration du Conseil de Sécurité a été ferme : «Le Conseil de
sécurité exprime sa profonde préoccupation et sa consternation face à l'annonce
faite par Israël le 12 février 2023, annonçant la poursuite de la construction
et de l'expansion des colonies et la légalisation des avant-postes de colonies.
Il réitère que la poursuite des activités de colonisation israéliennes met
dangereusement en péril la viabilité de la solution à deux États basée sur les
lignes de 1967». Certes, grâce aux efforts d’Antony Blinken, la résolution
n’est pas contraignante mais la brouille est actée. En échange d’une résolution
plus modérée de la part des pays arabes, il a invité Mahmoud Abbas à
Washington.
Mais cela n’est pas tout. Les Américains ne cessent de cibler Israël dans
sa politique en Cisjordanie. Le raid israélien à Naplouse, à la recherche de
terroristes impliqués dans le meurtre du sergent Ido Baruch, 21 ans, abattu
près de la ville de Shavei Shomron, qui a fait onze morts palestiniens, a été
critiqué à Washington. Ned Price, porte-parole du Département d’État, a déclaré
que les États-Unis sont «extrêmement inquiets et préoccupés par les niveaux de violence en Israël et en
Cisjordanie après cette journée meurtrière». Les États-Unis affirment qu'Israël
a de «vrais problèmes de sécurité».
L’administration Biden n’est pas seule à s’opposer aux projets israéliens. Les principales organisations juives américaines, qui n’approuvent pas la politique officielle israélienne à un degré peut-être sans précédent, se prononcent contre la refonte judiciaire. Elles souhaitent que Netanyahou transige sur les changements judiciaires, et le mettent en garde contre les dangers pour la démocratie. Cependant l'AIPAC s’est abstenue d'interpeller le gouvernement. Israël ne peut se permettre de se brouiller avec les Américains.
Netanyahou a été contraint d’agir pour restaurer la confiance avec le grand allié. Il a informé Joe Biden de certaines concessions qu’il envisageait, à savoir l’interdiction de la légalisation de tout avant-poste sauvage supplémentaire en Cisjordanie pendant plusieurs mois. Mais il se refuse à revenir ses les décisions déjà annoncées car il est lié par des accords de coalition avec l’aile droite de sa coalition. Smotrich et Ben Gvir ne sont pas prêts à lâcher du lest dans la position favorable qu’ils occupent. Toute entorse à ce qui a été signé risque donc de conduire à de nouvelles élections dont les résultats restent très imprévisibles.
Ben Gourion disait : "Ce qui est important, ce n'est pas ce que les nations disent : c'est ce que font les juifs." De toute façon, dans quelques semaines, peut-être même dans quelques jours, les Usa et l'ONU vont avoir fort à faire pour gérer ce qui se prépare au Kremlin. Cette diversion arrivera à temps.
RépondreSupprimerLes Etats-Unis changent avec chaque Président; Jo Biden, qui a abandonné l'Afghanistan aux Talibans, veut, avec son administration, amener Israël à négocier, céder ses pouvoirs à Abbas. Cela avait été tenté avec Arafat et Israël avait repris la Cisjordanie à la suite d'attentats. Ces pays qui veulent donner des leçons devraient conseiller l'acceptation d'Israël dans la région
RépondreSupprimerLes américains démocrates sont ainsi . C'est par de pareils sentiments , sous Jimmy carter , qu'ils ont favorisé la chute du Shah d'Iran . Les palestiniens savent très bien comment les manipuler . C'est eux qui provoquent et se plaignent des ripostes israéliennes .
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