LE BEST-OF DES ARTICLES LES PLUS LUS DU SITE, cliquer sur l'image pour lire l'article


 

dimanche 23 octobre 2022

L'utilisation classifiée des armes de guerre

 

L’UTILISATION CLASSIFIÉE DES ARMES DE GUERRE


Par Jacques BENILLOUCHE

Copyright © Temps et Contretemps

            


       La guerre déclenchée par la Russie en Ukraine a révélé l’existence de différentes armes militaires, chacune ayant des objectifs différents et des conséquences plus ou moins dramatiques. Ces armes sont officiellement classées en quatre catégories. Les différents débats télévisuels actuels utilisent cette terminologie sans souvent expliquer la teneur réelle de ces armes. L’expérience a montré que certains pays ne respectent pas la limitation de certaines armes, la Syrie en particulier, ce qui les rend passibles des tribunaux lorsque les conventions ont été signées.



ARMES CONVENTIONNELLES



      Ces armes classiques répondent aux conventions de guerre internationales régies par les Conventions de la Haye et de Genève. La Convention de la Haye pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé est le premier traité international qui porte exclusivement sur la protection des biens culturels en cas de conflit armé. Le traité a été ratifié par 133 États. La Convention de la Haye, signée le 14 mai 1954, a été adoptée à la suite des destructions massives de patrimoine occasionnées par la Seconde Guerre mondiale. Elle concerne le patrimoine culturel mobilier ou immobilier : les monuments, les produits des fouilles archéologiques, les collections scientifiques, les manuscrits rares, les œuvres d'art, les objets d'antiquité d'intérêt artistique ou historique.

            La convention comporte trois protocoles sur l'interdiction ou la limitation de l'emploi de certaines armes classiques qui peuvent être considérées comme produisant des effets traumatiques excessifs ou comme frappant sans discrimination. Le protocole-I vise les armes qui blessent ou tuent en laissant dans le corps des petits éclats dont l'utilité militaire est désormais insignifiante. Le Protocole II concerne l'interdiction ou la limitation de l'emploi des mines, pièges et autres dispositifs en prévoyant qu'ils soient équipés de mécanismes d'autodestruction ou auto-désactivation et qu'ils soient détectables. Des dispositions sont aussi prévues pour la signalisation des champs de mines. Le Protocole III interdit l'utilisation des armes incendiaires contre des civils ou contre des cibles militaires situées à l'intérieur de concentrations civiles. 

ARMES NON CONVENTIONNELLES 



            Il s’agit des armes nucléaires, radiologiques, biologiques, chimiques ou armes spéciales généralement de destruction massive. Une arme chimique est un produit chimique utilisé pour provoquer la mort ou d'autres dommages par son action toxique. Les munitions, dispositifs et autres matériels spécifiquement conçus pour transformer en arme des produits chimiques toxiques entrent également dans la définition des armes chimiques. Les armes biologiques utilisent des agents microbiologiques (comme les bactéries, les virus ou les champignons) ou des toxines pour causer intentionnellement la mort ou des dommages aux humains, aux animaux ou aux plantes. 

ARMES STRATÉGIQUES 

Arme stratégique russe


            Les armes stratégiques sont principalement nucléaires, embarquées sur des vecteurs de longue portée, souvent intercontinentaux (bombardiers, missiles de croisière, sous-marins), dont les objectifs peuvent être démographiques, économiques ou militaires. Les armes nucléaires stratégiques se définissent habituellement comme des armes de portée «intercontinentale» (plus de 5.500 kms), mais peuvent aussi, dans certains contextes, inclure les missiles balistiques de portée intermédiaire, à rayon d'action inférieur.



      Trois traités Start successifs de réduction des armes stratégiques ont été négociés entre les États-Unis et l'Union soviétique puis la Russie dans les années 1990. Le Start I, signé le 31 juillet 1991 par les présidents George H. W. Bush et Mikhaïl Gorbatchev, est entré en vigueur le 5 décembre 1994.  Le Start II, signé le 3 janvier 1993 par les présidents George H. W. Bush et Boris Eltsine dont la ratification est retardée jusqu'au 14 avril 2000 en raison de désaccords entre les deux États.  Le Start III, négocié sur la base d'un accord préliminaire intervenu entre les présidents Bill Clinton et Boris Eltsine à Helsinki les 21 et 22 mars 1997 pour réduire les plafonds autorisés par Start II. Le traité Start I, entré en vigueur le 5 décembre 1994 pour une durée de quinze ans, a expiré fin 2009 et a été remplacé par le traité New Start de réduction des armements stratégiques.

ARMES TACTIQUES

Les armes nucléaires tactiques sont de petites ogives nucléaires et des vecteurs destinés à être utilisés sur le champ de bataille ou pour une frappe limitée. Elles sont conçues pour détruire des cibles ennemies dans une zone spécifique sans provoquer de retombées radioactives généralisées. Par opposition aux armes stratégiques, ces armes à portée relativement courte, à visée militaire sont souvent défensives. Elles peuvent être définies par leurs effets spécifiques, comme les mines nucléaires terrestres ou sous-marines, les armes à rayonnement renforcé (bombes à neutrons). Les vecteurs utilisés sont les avions, les fusées et les canons ou obusiers.




Une arme nucléaire tactique est une bombe A ou bombe H destinée à un usage sur le champ de bataille ou en arrière de celui-ci, visant des cibles tels que quartiers-généraux, concentration de troupes, bases militaires, moyens logistiques, navires et avions de combat et pouvant être portée par une vaste gamme de vecteurs. Elle produit une explosion d’une puissance variante entre 300 tonnes et 300 kilotonnes. Les médias anglophones utilisent régulièrement le terme «mini-nuke». Par comparaison, les bombes A utilisées pour les bombardements d'Hiroshima et de Nagasaki ne dépassaient pas la puissance de 100 kilotonnes.

Il existe deux types d’armes atomiques. La première, la bombe A, utilise l’énergie dégagée par la fission de noyaux d’atomes d’uranium ou de plutonium. Ces noyaux se scindent en entrant en collision et créent des noyaux plus petits, un processus qui dégage de l’énergie. Le second type d’ogive est la bombe H, ou bombe à hydrogène. Elle a recours à la fusion nucléaire, elle-même déclenchée par l’explosion d’une bombe A. Les noyaux atomiques s’assemblent alors pour former un noyau plus lourd. Ce processus est à l’œuvre dans le Soleil et la plupart des étoiles de l’Univers.

Le bouton nucléaire est un mythe tenace. En réalité, le processus conduisant au déclenchement d’une frappe nucléaire s’avère bien plus complexe. Les dispositifs y ressemblant le plus sont des clés qui peuvent être tournées par les officiers déclenchant les tirs de missiles au sol ou à bord d’un sous-marin. Aux États-Unis, un aide de camp, qui reste toujours à proximité du Président, détient une mallette nucléaire. Elle contiendrait les procédures de lancement et des moyens de communication. Comme en France, le système est fait pour que le Président puisse engager seul la force nucléaire.

Aucun commentaire: