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samedi 1 octobre 2022

Les élections de la dernière chance pour Netanyahou

 

LES ÉLECTIONS DE LA DERNIÈRE CHANCE POUR NETANYAHOU


Par Jacques BENILLOUCHE

Copyright © Temps et Contretemps



Il est très classique dans les élections israéliennes de promouvoir par les sondages un premier ministre et qu’à la sortie des urnes le résultat fourni par les sondeurs devient obsolète. Benjamin Netanyahou était classé comme le futur grand vainqueur des élections du 1er novembre 2022 mais le doute s’est installé depuis quelques jours. Les chiffres des sondages ont peu de valeur scientifique d’autant plus que 20% des sondés ne se prononcent pas. On peut seulement parler de tendance ponctuelle. Pour l’instant, à un mois des élections, le Likoud et ses alliés peinent à obtenir les 61 sièges qui leur assureraient de revenir au pouvoir. Les sondages tiennent peu compte du taux de participation et du nombre élevé d’indécis parmi les sondés. En l’état actuel de la situation politique aucun clan ne pourra réunir les 61 sièges de majorité.


Les anciens du Likoud


Netanyahou avait pourtant labouré le terrain en imposant au couple Itamar Ben Gvir et Bezalel Smotrich un mariage de raison après avoir oublié toutes les récriminations passées à l’égard d’une droite extrême. Par ailleurs, la haine qu’il distille à longueur de discours contre Ayelet Shaked, qui avait fait le faux-pas de se joindre à Lapid, s’amplifie alors que les quatre sièges du Foyer juif sont indispensables à la droite. Les fidèles de Netanyahou continuent à lui faire confiance malgré ses problèmes judiciaires. D’ailleurs, aucun autre dirigeant de droite n’ose faire acte de candidature et pourtant il est certain qu’il représente le bouchon qui bloque l’accès au pouvoir d’une droite pourtant majoritaire dans le pays. Avec l’arrivée de l’ancien chef d’État-major Gadi Eizenkot, d’origine marocaine, auprès de Benny Gantz, le socle bétonné des militants séfarades est ébranlé.

Mais de leur côté, Yaïr Lapid et Benny Gantz n’arrivent pas à percer le plafond de verre. Certes, le ministre de la Défense s’affirme de plus en plus comme un homme d’État ayant acquis avec le temps une expérience et une certaine stature. Cependant, tout au long de son mandat sous Netanyahou, il ne s’est jamais aplati devant son premier ministre et il a défendu son territoire bec et ongles. Le métier est vite rentré, montrant que l’avenir de Gantz était loin d’être obstrué. On le considère aujourd’hui comme un recours hors du Likoud car les hommes de sagesse manquent. La gauche est laminée mais elle survit grâce à quelques électeurs fidèles qui ne lui ferons jamais défaut. Quelques nouveaux jeunes sont en marche pour redonner des couleurs à une sensibilité politique qui ne peut pas s’éteindre.

Accord Eizenkot, Gantz et Saar


Bezalel Smotrich et Itamar Ben Gvir se frottent les mains parce que Netanyahou leur a fait la courte échelle et qu’ils vont récupérer les voix de Yamina dans la déroute. D’autre part, les élections italiennes ont réussi à légitimer l’extrême-droite et le kahaniste Ben Gvir en particulier. Il est certain, si l’on croit aux sondages, que les Israéliens sont lassés d’élections stériles à répétition. Dans tous les cas, Netanyahou sera perdant car s’il réussit, il sera l’otage de Ben Gvir et il devra lâcher du lest pour satisfaire un groupuscule prêt à tout pour exister. S’il perd, son avenir au Likoud sera hypothéqué.

Benny Gantz est le seul homme relativement nouveau capable de desserrer le carcan du Likoud. Il pourrait faire le lien entre tous les opposants à la droite, du centre droit à l’extrême-gauche. Certains militants déçus du Likoud pourraient même le rejoindre, quelques religieux orthodoxes aussi. Il est capable de jouer le rôle de sage orchestrant les différences et de conduire à une nouvelle gouvernance sans idolâtres.

Le bateau coule en Iran


            La nouvelle gouvernance aura beaucoup de défis à surmonter : la situation économique critique issue de la guerre d’Ukraine, le risque croissant de l’Iran qui persiste à vouloir croiser le fer avec Israël et bien sûr la lutte contre la hausse des prix et la pauvreté persistante. Cela ne peut pas se faire avec un pays divisé.

            Mais cela bouge aussi au Likoud puisque des responsables songent déjà à écarter Netanyahou s’il n’obtient pas la majorité. Ils pourraient le ménager en lui laissant la direction du parti, ou la direction de la Commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset mais l’excluraient d’une éventuelle coalition gouvernementale pour éviter un sixième tour d’élections. Ils sont prêts à faire sauter le bouchon sachant qu’ils n’obtiendront pas 61 sièges. Le scénario est pratiquement prêt. La difficulté sera de trouver un nouveau premier ministre de consensus. Yariv Levin est trop proche de Netanyahou pour être accepté tandis que Nir Barkat et Israël Katz s’en sont éloignés.

Nir Barkat et Yuli Edelstein


            Mais d’autres militants du Likoud, Nir Barkat en particulier, sont plus catégoriques car ils exigent à présent des primaires pour choisir le nouveau leader car «Israël n’est pas une monarchie qui passe le relais à l’héritier». Nir Barkat est formel : «Netanyahou ne se présentera pas à un autre tour des primaires du Likoud s’il échoue à former un gouvernement». Rien n’est moins sûr car l’ancien premier ministre est tenace et il peut appliquer la politique de la terre brûlée s’il se sent abandonné par ses fidèles les plus proches. Déjà, beaucoup l’ont quitté à l’instar de Yuri Edelstein, David Bitan et David Amsalem, rétrogradés au rang de militants de seconde zone.

          Il est certain que la panique s'est emparée de la Droite israélienne qui semble résignée à une défaite. De nombreuses rumeurs persistantes font état de réunions secrètes entre dirigeants de toute la droite, religieux compris, pour envisager des mesures face à un avenir sombre et pour être prêts à toutes les éventualités. Mais il reste un mois pour modifier le cours des choses.

1 commentaire:

Georges Kabi a dit…

Bibi est pret a toutrd ;rd evntualites, meme a l'etablissemnt d'une dictature. Il doit, pour gagner, etre blanc comme neige et lave de ou et soupcon. Je ne vois pas tres bien si les juges sont prets a accpter le Marche: ou vous innocentez Bibi ou vous entrez dans un camp de concentration.