LE BEST-OF DES ARTICLES LES PLUS LUS DU SITE, cliquer sur l'image pour lire l'article


 

samedi 13 août 2022

Ayelet Shaked, leader à la dérive

 

AYELET SHAKED, LEADER À LA DÉRIVE

Par Jacques BENILLOUCHE

Copyright ©  Temps et Contretemps

Hendel et Shaked

          Ayelet Shaked qui a pratiquement fait le tour du cadran politique a minimisé ses chances en s’alliant à deux bras cassés qui, comme elle, ont migré de parti en parti sans aucune constance politique. Yoaz Hendel a commencé sa carrière politique au Likoud en tant que directeur des communications et de la diplomatie publique du Premier ministre Benjamin Netanyahou entre 2011 et 2012.   En 2019, il avait rejoint Moshe Yaalon qui avait créé le parti Telem. Il a ensuite été élu au sein de l'alliance Kahol Lavan en 2019, avant de quitter et de former son micro parti Derekh Eretz en mars 2020. 



anciens du Likoud Dan Meridor, Sylvain Shalom et Zvi Hauser


En avril 2009, lors de l'établissement du trente-deuxième gouvernement dirigé par Benjamin Netanyahou, Zvi Hauser avait été nommé 17ème secrétaire du Cabinet d'Israël et avait occupé ce poste jusqu'en 2013. Il avait rejoint Gideon Saar en tant que député Nouvel espoir puis avait été député de Kahol Lavan avant de créer son micro parti Derekh Eretz de 2019 à 2021. Ces deux députés, Hendel et Hauser, ont été critiques vis-à-vis du gouvernement Bennett et à la limite de le quitter en raison du soutien de l’islamiste Mansour Abbas et surtout de la présence de Meretz au sein du gouvernement. Benny Gantz n'a pas admis cette attitude ambiguë, et il a refusé de les intégrer dans la nouvelle structure avec Gideon Saar.

Yomtob Kalfon


Ayelet Shaked a perdu pratiquement toutes ses troupes de Yamina, excepté Yomtob Kalfon, un pur idéaliste qui reste fidèle à son parti d’origine malgré les avances qui lui ont été faites par le Likoud. C'est tout à son honneur mais il hypothèque son avenir politique. On doit éviter la proximité d'une perdante qui l'utilise pour ses fins personnelles. Shaked a été contente d’intégrer ces deux bras cassés dans sa structure. Ce va-et-vient au sein de plusieurs partis les a, tous les trois, déconsidérés par l’électorat ce qui laisse peu de chance à la nouvelle structure, Esprit Sioniste, de dépasser le seuil électoral pour entrer à la Knesset. A vouloir trop satisfaire son ambition, Shaked a commis plusieurs erreurs, mue par sa volonté de réussir en laissant plusieurs cadavres sur sa route et en oscillant entre l’extrême-droite et le centre-gauche au gré des évènements.

Mais Naftali Bennett avait fait la même constatation, Yamina manquait de base sérieuse et le changement de nom du parti n’apportait rien de nouveau. Il a tiré les bonnes conclusions en se mettant en retrait de la politique pendant au moins un mandat. Shaked croyait devenir la nouvelle Golda Meir, à la rigueur la nouvelle Tzipi Livni, mais ses dents longues ont eu raison de ses ambitions. Le changement de nom du parti ne suffit pas à donner une nouvelle impulsion à sa démarche. D’abord parti religieux issu du PNR (parti national religieux) en déconfiture politique, Yamina est devenu un parti laïc dirigé par une laïque.



Sa position politique n’est pas claire ce qui rebute ses électeurs. Au gouvernement elle s’est opposée au ministre Gideon Saar qui voulait présenter une loi interdisant aux inculpés d’être premier ministre. Elle a voté contre pour ménager son avenir au Likoud. Mais cela ne semble pas suffire. Aujourd’hui encore, elle et son équipe ne refusent pas d’entrer dans un gouvernement Netanyahou si son parti est admis à la Knesset. Être assise entre deux chaises en attendant de voir dans quel sens tournera le vent, n’est pas une attitude courageuse et les électeurs ne sont pas dupes. Ils veulent connaitre l’effet réel de leur bulletin de vote et refusent l’opportunisme.

Général sans troupe, elle n’a pas de nouveau programme ni des idées originales. Il ne suffit pas de dire : votez pour mon joli minois. Elle ne prend aucun risque politique, se bornant à courir après les grands partis qui peuvent lui offrir un strapontin mais ses déclarations sont vides d’intérêt. Et ses nouveaux amis ont aussi une stratégie politique variable. Hendel et Hauser avaient quitté le Likoud parce qu’ils voulaient tout sauf Bibi et maintenant, après tous leur zigzag, ils n’excluent rien, ce qui leur fait perdre les électeurs de droite lassés de Netanyahou tout comme Shaked, prête à toutes les négociations pourvu qu’on lui donne un ministère régalien.

Ayelet Shaked n’a pas compris qu’il fallait un changement radical de ligne politique pour attirer de nouveaux électeurs mais elle n’en prend pas le risque. Bien que les sondages soient douteux en Israël, elle ne passera pas le seuil électoral. La raison est simple, elle reste coincée entre le Likoud et Kahol Lavan sans convaincre un nouvel électorat. Bennett a pris la bonne résolution, quitter la politique pour se faire oublier pendant un mandat ou le temps du départ définitif de Netanyahou de la politique. Shaked a gaspillé toutes ses munitions et un échec de sa liste serait fatal pour son avenir politique. Pas d'inquiétude, elle pourrait retourner dans le high-tech où elle excellait.

 

6 commentaires:

bliahphilippe a dit…

A vouloir profiter des deux rives, le courant l'emporte à la dérive . Faute d'amarre, finira t'elle dans la mare? Un peu facile mais je me marre.😀

Abensour a dit…

Vous mentionnez plusieurs fois un certain Bennett. Ce nom me dit vaguement quelque chose: qui est-ce?

Anonyme a dit…

Très bonne analyse, à ceci près : Yomtov n’aurait aucune chance au Likud, à mon avis. Il est définitivement grillé ou se serait à désespérer de l’électeur israélien.

Anonyme a dit…

Shaked et kalfon c'est tournez manège

Georges Kabi a dit…

Ayelet Shaked me rappelle la fille de David Levy. Elle a mange dans tous les rrateliers et il est grand temps de l'envoyer en cure de desintoxication. Quant aux deux "H", ils font un pendant parfait. Allez, du balai

Anonyme a dit…

En politique on succède à des imbéciles et on est remplacé par des incapables et n’oublions pas que le plus grand secret en politique est dans ces deux mots : SAVOIR ATTENDRE !