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dimanche 5 décembre 2021

Valérie Pécresse, la rescapée de la Droite

 


VALÉRIE PÉCRESSE, LA RESCAPÉE DE LA DROITE


Par Jacques BENILLOUCHE

copyright © Temps et Contretemps


            

          On ne donnait pas cher de la peau de la Droite de la voir atteindre le deuxième tour des élections présidentielles. Mais Éric Zemmour est passé par là en dynamitant l’extrême-droite ce qui fait dire à certains qu’il était en mission secrète contre Marine le Pen. Les chances de Zemmour se réduisent depuis qu’Éric Ciotti, postulant au poste de ministre de l’Intérieur, a abondé dans son sens en lui piquant quelques mesures concernant l’immigration. Les chances de Valérie Pécresse, qui étaient nulles quelques mois auparavant, se sont accrues dès l’instant où Éric Zemmour occupait l’espace politique. Les Républicains n'ont jamais soutenu l'extrémisme.




            Valérie Pécresse n’est pas venue de nulle part. Elle a derrière elle une grande expérience de la chose politique. Née Valérie Roux le 14 juillet 1967, elle a obtenu son baccalauréat à 16 ans puis a réussi le concours pour entrer à l'École des hautes études commerciales de Paris (HEC Paris), dont elle sort diplômée en 1988. Elle a ensuite intégré l'École nationale d'administration (ENA) d’où elle est sortie 2ème de la promotion Condorcet (1990-1992). Elle a alors entamé son cursus comme maître des requêtes au Conseil d'État de 1992 à 2015 puis comme conseillère de Jacques Chirac. Elle enseigné à l'Institut d'études politiques de Paris pendant six ans.

Elle s’est lancée en politique à l'occasion des élections législatives de 2002 pour être élue députée dans les Yvelines, réélue en 2007 sans siéger au Parlement en raison de son entrée au premier gouvernement François Fillon. Elle a ensuite accumulé les postes ministériels : ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche de 2007 à 2011, ministre du Budget, des Comptes publics et de la Réforme de l'État et porte-parole du troisième gouvernement François Fillon de 2011 à 2012. En 2015 elle enlève la région aux socialistes en étant élue présidente du conseil régional d'Île-de-France, la plus grande région de France, voire d’Europe. Elle est réélue à la tête de la région Île-de-France en 2021.

Gouvernement Fillon


Certains à tort considèrent qu’elle part avec le handicap d’une femme politique alors qu’au contraire il s’agit d’un avantage car la qualité d’une femme est sa capacité à ne pas changer aussi souvent qu’un homme et à ne jamais céder. Dans le panthéon des femmes politiques, elle pourrait rejoindre Golda Meir en Israël, Margaret Thatcher au Royaume-Uni, Indira Gandhi en Inde et Angéla Merkel en Allemagne. Même en Tunisie, pays arabe, une femme a été nommée Premier ministre.

La question se pose de son positionnement vis-à-vis d’Israël. Chez les Républicains, le soutien à Israël a toujours été affiché. Valérie Pécresse a plusieurs fois annoncé son appui à l’État juif et a officiellement soutenu «les légitimes ripostes d’Israël, face au Hamas, organisation terroriste». Son tweet du 13 mai 2021 est clair : «À la suite des pluies de bombes envoyées sur Israël par le Hamas, organisation terroriste, et des légitimes ripostes d’Israël, mes pensées vont à toutes les victimes. Je souhaite pour les Israéliens et les Palestiniens le respect du droit international et le retour de la paix».

A Yad Vachem


Valérie Pécresse s’était déplacée en Israël les 23 et 24 octobre 2017. Elle avait alors rencontré les principaux dirigeants de l’époque : Nir Barkat maire de Jérusalem, Yariv Levin ministre du Tourisme, Ofir Akunis ministre de la Science et de la Technologie, et Ron Huldaï maire de Tel Aviv. Après avoir visité le mémorial Yad Vashem, elle a réuni les acteurs de la French Tech, des start-ups israéliennes et des acteurs de l’innovation, des investisseurs et de grands groupes israéliens et enfin des tour-opérateurs israéliens. Elle avait souhaité proposer des partenariats sur des projets de coopération. Elle était certaine qu’il y avait «beaucoup à faire dans les technologies de la sécurité, où Israël a un savoir-faire qui nous intéresse».

Il semble que l’horizon se soit éclairci pour la Droite qui peut à présent espérer alors que ses chances de figurer au deuxième tour s’étaient évaporées. Valérie Pécresse a une grande expérience politique, une compétence dans la gestion de la plus grande région de France et le soutien d’un grand parti. Elle dispose d’une équipe pratiquement constituée avec les quatre autres candidats à la primaire qui se sont engagés à la soutenir et dont les spécialités politiques sont complémentaires. L’équipe autour d’elle parait solide, compétente, solidaire après avoir mis les egos au vestiaire. La candidate devient crédible. Ciotti lui amènera les voix de l’extrême-droite, et Bertrand celles du centre-gauche. Barnier apportera son expertise en diplomatie européenne et internationale. Juvin enfin sera la caution médicale en cette période de pandémie. Les sondages sont à présent obsolètes car les conditions ont changé. Son conseiller Patrick Stéfanini, magicien des campagnes électorales, a l'avantage de déborder d'idées. Les cartes devront être rebattues. 

Zemmour et Marion Marechal


C’est à présent que l’on peut répondre à notre question de notre précédent article «Pour qui roule Zemmour». Il ne travaille pas pour lui car il est conscient qu’il n’a pas l’étoffe d’un président, à fortiori d’origine juive, mais d'un faiseur de dirigeant. L’hypothèse la plus probable est qu’il prépare le terrain, en deux étapes, pour Marion Maréchal avec qui il est très proche. D’abord il faut éliminer de la scène politique Marine Le Pen qui, après trois échecs, devrait tirer ses propres conséquences. Cela passe par l'affaiblissement du RN et par la montée de la Droite. Ensuite, il faut mettre les jalons pour un nouveau parti d’extrême-droite nettoyé des scories qui ont empêché le FN puis le RN d’être porté légalement au pouvoir, à savoir les anciens collaborateurs, les vichyssois et les nostalgiques de l’Algérie française. Trop jeune pour concourir à l’élection présidentielle en 2022, la nièce de Marine aura cinq années pour se préparer avec l’aide de son mentor Éric Zemmour pour prouver qu’elle peut faire mieux que sa tante.  



Valérie Pécresse est un danger politique pour Emmanuel Macron qui n’a plus l’aura de ses débuts. Il perd de nombreux soutiens déçus de n’avoir rien vu venir en ce qui concerne les changements qu’il avait promis de réaliser. Ceux qui le soutenaient encore, par opposition à Marine Le Pen et à Zemmour, pourraient trouver un point de chute honorable et républicain. La campagne est engagée et elle laissera beaucoup de cadavres sur son chemin. Macron peut à juste titre s’inquiéter malgré les 23% que lui attribuent les sondages. Il n’a plus le boulevard qui l’attendait il y a quelques jours encore.

10 commentaires:

Unknown a dit…

Merci pour votre pertinante analyse.
Le staff de Macron doit être en ébullition. Les petites prévisions 6 mois avant les élections sont toujours erronées.
Je vois bien V Pécresse comme prochaine presidente si elle parvient à créer une dynamique et resiste au peaux de bananes

Michaël BOUTBOUL a dit…

Alors vous avez tourné votre veste à droite ?

Jacques BENILLOUCHE a dit…

@Michael

Un journaliste honnête n'est pas censé uniquement critiquer. Il peut et doit être positif quand c'est nécessaire. Il doit s'ouvrir à tous les horizons et parler de tout.

bliahphilippe a dit…

L'analyse de jacques Benillouche est pertinente.
La gauche française est inexistante.Elle a montre ses limites vu l'etat de dégradation du pays. Elle n'a aucune chance aux présidentielles et risque fort d'etre laminée au cours d'élections législatives quelque soit le candidat qui se positionnera au second tour.
Le combat ... et le débat se situera en tous les cas à droite. A ce jeu il est probable que l'électorat "Fillon", frustré à juste titre reviendra en force.
Bien sur le thème de l'immigration s'imposera grace à EZ le temps des élections mais en pratique une fois le résultat des urnes tombées le retour aux vieilles habitudes primera s'agissant de ne pas "aller trop loin" et surtout ne pas bouleverser la situation actuelle et à venir.
Quelques fortes mesurettes feront l'affaire pour "faire croire"; puis tout continuera à peu près comme avant.
Telle est mon opinion désabusée sur le refrain "la france est foutue", les électeurs préférant la forme au fond la propagande ayant lessivée les cerveaux depuis de decennies de politiquement correct...
La France d'aujourd'hui ressemble à mon sens à un malade qui se rend chez deux médecins :
-Le premier lui préconise une opération délicate, risquée, innovante, osée mais salvatrice
-Le second s'insurge contre une opération radicale en prescrivant un ensemble de médicaments destinées à calmer et retarder le mal quitte à en nier le besoin, à l'ignorer ou à la minimiser.
Mon pessimisme en matiére humaine m'amène à penser -peut-etre à tort- que le patient se pointera chez le pharmacien plutot que chez le chirurgien avec certes une liste plus étoffée de produits destinées à le calmer.

Marianne ARNAUD a dit…

Cher monsieur Benillouche,

Loin de moi l’idée de vouloir doucher votre enthousiasme d’autant qu’il est indéniable que Valérie Pécresse soit une femme politique d’expérience, et qu’il est vrai que le parti LR revient de loin.

Mais il faut raison garder : son triomphe est dû à 69 326 voix que lui ont apporté des militants encartés, à mettre en parallèle avec les 10 638 475 voix remportées par Marine Le Pen auprès des électeurs français, au second tour de l’élection présidentielle de 2017.

Nous n’en sommes pas là !

Car rien n’est joué pour Valérie Pécresse et ce n’est que ce soir que commence son vrai combat pour devenir la Présidente de la France.

Mais elle doit savoir que la bataille risque d’être féroce car aucun des autres candidats ne lui fera de cadeaux.

Toutefois l’intérêt pour cette élection se trouve relancé d’autant plus que la suite risque de réserver encore bien des surprises.

Très cordialement.

Ingrid Israël-Anderhuber a dit…

Valérie Pécresse, même si elle descend actuellement Macron pour monter, elle, dans l’opinion publique et politique, elle a néanmoins la même politique, ou du moins le rejoint globalement sur beaucoup de sujets et d’actions. Lors d’interviews récentes, qui fusent de partout actuellement, elle a laissé entendre qu’elle ne se laissera rien dicter par son entourage, et aussi que ce que Macron n’a pas fini, elle le finirait assurément. Ce qui ne présage rien de bon pour la France et les Français quand on voit les dégâts occasionnés par la politique de Macon...
Par ailleurs, il ne faut pas oublier que V. Pécresse, effectivement comme votre photo nous le rappelle, a fait partie du gouvernement sous la présidence de Sarkosy. Or Sarkosy est resté le mentor de V. Pécresse. Tout le monde le sait bien. D’ailleurs, c’est lui précisément qu’elle s’est empressée d’appeler au téléphone hier à peine son élection gagnée (dixit un journaliste). Or…
Or ne pas oublier non plus que
- Sarkosy est celui qui n’a pas respecté la volonté du peuple français exprimée lors du dernier referendum sur l’Europe qui était : NON !. Et quand on sait qu’un NON n’est pas un oui, n’est pas un consentement déguisé, j’appelle cela un VIOL! VIOL de la France et des Français.
- Sarkosy est aussi celui qui a dit, devant le Medef en 2019, que la population mondiale était en excès, qu’il fallait absolument limiter les naissances. Là, il a juste oublié que, quant à lui, il s’est empressé de faire 4 enfants avec 3 femmes bien sûr, mais 4 enfants quand même. En France, 4 enfants plus 2 adultes, c’est le début de la famille nombreuse. Je n’ai rien contre les familles nombreuses mais quand quelqu’un se permet de critiquer l’augmentation de la population mondiale, il ne devrait déjà pas être lui-même à l’origine d’une famille nombreuse. Et là donc on retrouve la politique du célèbre adage pratiqué par beaucoup de nos élites, de nos «élus» : «Faites ce que je dis mais (surtout, surtout !) ne faites pas ce que je fais» !
- Sarkosy est aussi celui qui s’est moqué de Greta Thumberg, la militante écologique.
ETC.
Donc un adage aussi à prendre en compte, en tout cas qui mérite réflexion : «Dis-moi qui tu fréquentes, Valérie, et je te dirai qui tu es»...

bliahphilippe a dit…

J'apprécie les commentaires de mesdames Arnaud et Anderhuber.
Valérie Pecresse est une variante macronnienne de Sarkozy. Elle a été placée pour s'opposer à EZ dans le but de rogner un peu de son électorat tout en faisant semblant d'adopter-élections obligent- certaines mesures préconisées par "le polémiste", en l'attente de rejoindre au second tour Macron si elle y arrive pour le cas non impossible où les électeurs de droite molle préférent une mauvaise copie rassurante à l'original impolitiquement correct.

Unknown a dit…

Je ne crois pas que Valérie Pécresse ait l'étoffe pour être là prochaine président de la République Française. Rien ne la distingue de Macron. Elle a fait preuve de beaucoup d'opportunisme en se rapprochant de la droite radicale en adoptant son discours autoritaire. Les Français ne sont pas dupes de ces retournements de veste a l'approche des élections. Ca sonne faux . Elle n'a pas de programme ni sur le plan économique ni sur le reste. Elle fera de la figuration et sera prise en étau entre Macron et la droite radicale ou l'extrême droite. Elle sera victime du vote utile. Tout le monde aura vu le soutien de Fillon qui est un revenant condamné par la justice a de la prison ... A bon entendeur salut

delpard a dit…


Que tout ceci est complaisant. Valérie Pécresse a une expérience politique écrivez-vous. Aucune, cher monsieur. Elle agi jusqu'à présent comme tous les Enarques qui ont choisi la politique que la vie tranquille dans un ministère ou un de ces nombreux strates de l'administration. Je viens de lire sur JForum, le programme de la candidate, un seul mot le caractérise : affligeant. De la mesurette et rien d'autre. les problèmes de fond qui font tanguer la société française sont absents. Le jeu des Républicains est clair. Etre au troisième tour et appelez à voter Macron. Le président ainsi reconduit nommera Valérie Pécresse au poste de Premier ministre, et deux ou trois autres membres des Républicains tel Barnier à des secrétariats d'Etat.
Revoyez votre analyse de la situation. Celle que vous proposez n'existe que dans votre tête et ne correspond en rien à la réalité.

Yaakov NEEMAN a dit…

Valérie qui ?