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lundi 29 novembre 2021

Gantz au Maroc pour finaliser la coopération militaire

 


GANTZ AU MAROC POUR FINALISER LA COOPÉRATION MILITAIRE

Par Jacques BENILLOUCHE

copyright © Temps et Contretemps




Le ministre israélien de la défense, Benny Gantz, est arrivé au Maroc le 23 novembre au soir pour une première visite visant à renforcer la coopération sécuritaire entre les deux pays, un an après la normalisation de leur relation, et en pleine tension entre Alger et Rabat sur le Sahara occidental. Cette visite a été précédée en août par celle du ministre israélien des Affaires étrangères, Yaïr Lapid, le plus haut responsable israélien à se rendre au Maroc depuis 2003. 

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          Il s’agit de la première visite d’un ministre israélien de la Défense depuis 2006.
Gantz devrait rencontrer Abdul Latif Al-Loudiyi, ministre délégué auprès du Premier ministre chargé de la Direction de la Défense Nationale pour discuter de la coopération militaire et sécuritaire conjointe, ainsi que pour signer quelques accords à cet égard. Il rencontrera Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération le 25 novembre avant de quitter le Royaume.

Benny Gantz serre la main à son homologue marocain Abdellatif Loudiyi après la signature d'un protocole d'accord


Le but du voyage est le renforcement de la coopération militaire et stratégique entre les deux États. Depuis que le Royaume marocain et l'État d'Israël ont renoué leurs relations, les deux parties se sont précipitées pour combler le retard en signant plusieurs accords et en renforçant le lien aérien pour permettre aux ressortissants de la communauté juive ainsi que les citoyens des deux pays qui souhaitent se détendre ou rechercher opportunités d'investissement, de visiter les deux pays en toute tranquillité. La visite de Benny Gantz pose les fondements de relations militaires et de sécurité solides pour deux pays qui font face à des défis communs à cet égard.

Skylock Dome


Les forces armées royales ont annoncé que le Maroc allait acquérir le système de défense aérienne anti-drone Skylock Dome de fabrication israélienne. Le système, révélé pour la première fois en février lors de l'International Defence Exhibition and Conference (IDEX) à Abu Dhabi, peut détecter et neutraliser les drones sans pilote. Ces systèmes anti-drone, modulaires et multicouches, offrent une solution complète pour les aéroports, les infrastructures critiques, les bases militaires et les événements nationaux pour permettre aux gouvernements et aux municipalités d'anticiper et de répondre efficacement aux incursions de drones.

Le Maroc et Israël devraient signer un accord qui verrait les deux pays coproduire des drones kamikazes. Le contrat doit inclure les systèmes de missiles à courte et moyenne portée dont l'armée marocaine a besoin pour renforcer son arsenal militaire, ainsi que des véhicules blindés et des chars qui peuvent être utilisés dans tout conflit armé qui pourrait éclater avec l'Algérie ou paralyser le Front Polisario le long du mur du Sahara occidental. Ce n'est pas la première fois que le Maroc s'intéresse aux systèmes aériens sans pilote. En avril, le pays avait négocié l'achat de 13 drones de combat turcs Bayraktar TB2 dont une partie a été livrée en septembre. Ces drones turcs avaient prouvé leur efficacité sur plusieurs théâtres d'opérations, en Irak ou en Syrie et se sont avérés mortellement efficaces dans la guerre entre l'Azerbaïdjan et les forces arméniennes au Haut-Karabakh.



Le Maroc ne voit aucun problème à se procurer des drones turcs tout en convenant avec Israël de fabriquer des drones dans le cadre d’une joint-venture impliquant des parties marocaines et des parties étrangères, voire américaines. Quatre Hermes 900 de fabrication israélienne ont déjà été envoyées au Maroc pour contrer les attaques le long du mur du Sahara occidental. Ce mur de 2.720 kilomètres sépare les zones occupées par le Maroc et celles contrôlées par le Front Polisario au Sahara occidental. Le Maroc recourt généralement à la diversification de ses équipements et de ses partenaires militaires. Le budget 2022 du gouvernement marocain prévoit que 12,8 milliards de dollars seront consacrés à l'acquisition de nouveaux chars, avions de combat et autres matériels majeurs. Cette coopération militaire entre le Maroc et Israël n’est pas nouvelle après des décennies de relations secrètes en matière de défense et de renseignement.

Yaïr Lapid au Maroc


Benny Gantz a détaillé le programme de sa visite au Maroc.

24 novembre

 * 10h30 Visite du mausolée Muhammad V.

 * 11h00 Réunion avec le ministre de la Défense, à l'issue de laquelle ils signeront un protocole d'accord de sécurité (MOU) lors de la cérémonie.

 * 11h55 Rencontre avec le chef d'État-major (l'inspecteur général des forces armées).

 * 13h30 Déjeuner officiel avec le ministre de la Défense, le ministre des Affaires étrangères et les chefs d'établissement de la défense.

 * 16h00 Visite de la première unité de parachutistes au Maroc.

 * 16h45 Rencontre avec le ministre des Affaires étrangères.

 25 Novembre

 * 11h00 Rencontre avec le responsable de la DGED (responsable de l'institution marocaine)

 * 12h00- Visite de la synagogue "Talmud Torah".

 * 18h00- Retour en Israël.



Cette coopération militaire entre Israël et le Maroc va envenimer les relations avec l’Algérie qui voit d’un mauvais œil son voisin acquérir de l’armement de haute technologie. Quant à la Tunisie, elle persiste dans sa volonté de ne rien entreprendre avec «l’entité sioniste», préférant s’enfoncer dans une crise économique dramatique dont elle a du mal à se lever. Elle n’a pas assimilé le principe de la paix par l’économie en s'inspirant de ce que font d'autres pays arabes.

 

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