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samedi 12 juin 2021

Un gouvernement israélien de gauchistes

 


UN GOUVERNEMENT ISRAÉLIEN DE GAUCHISTES


Par Jacques BENILLOUCHE

Copyright © Temps et Contretemps

 


            

          À la suite de la décision finale de Naftali Bennett de ne pas rejoindre Netanyahou, un nouveau gouvernement a été constitué par Yaïr Lapid avec pour premier ministre Naftali Bennett. C’est une première historique qu’un parti disposant seulement de 6 députés soit appelé à prendre la direction politique du pays. Selon la sémantique habituelle de la Droite, tout gouvernement non dirigé par le Likoud est obligatoirement qualifié de gauchiste. En fait, il s’agit d’un gouvernement d’union avec toutes les sensibilités représentées dans un but d’efficacité en éliminant tout intérêt personnel, la Droite et le Centre étant ensembles majoritaires.





Contrairement à l’image prospère d’Israël, le pays doit répondre à trois défis fondamentaux. Le défi sanitaire est en bonne voie d’être résorbé mais le pays est encore convalescent. La situation économique est fragile et les conséquences du covid doivent trouver une solution pérenne. L’absence de budget est un handicap pour les entreprises et pour les administrations nationales. Enfin la situation sécuritaire est la plus grande préoccupation car le Hezbollah, le Hamas et la Syrie n’ont pas renoncé à leur menace existentielle pour le pays.

Pour appuyer une connotation péjorative à ce nouveau gouvernement, la droite a estimé que l’objectif des nouveaux ministres restait la neutralisation de Netanyahou pour le renvoyer dans sa retraite de Césarée. Selon eux, les nouveaux venus n’avaient aucun programme politique sinon se venger d’avoir été longtemps brimés malgré leur forte personnalité et en raison de l’ombre faite au leader du Likoud.



Ce serait faire injure aux grands dirigeants israéliens qui étaient déjà aux affaires à un certain moment de leur carrière politique et qui ont estimé aujourd’hui que l’intérêt de l’État primait sur leur préférence politique. Les adversaires de Lapid et Bennett prédisent un gouvernement fragile de courte durée et ne veulent pas comprendre que la diversité est un gage de réussite. Au contraire le nouveau gouvernement détient tous les ingrédients pour diriger durant toute la législature. Les nouveaux ministres ne feront pas tapisserie et ils ont déjà décidé de réussir en mettant parfois quelques-unes de leurs convictions en réserve au profit de décisions consensuelles. Après douze années de règne sans partage, le pays est convalescent et ne peut se permettre des querelles de clocher qui mettront en danger l’unanimité indispensable et la réussite sans étiquette politique. La coalition s’est ouvertement prononcée pour le plus petit dénominateur commun agréé par tous. La volonté de réussir imprègne donc tous les esprits qui ne sont pas prêts à se lancer dans des guerres intestines, une fois arrivés au pouvoir.

Bien sûr la Droite, la Droite nationale religieuse, le Centre, les Travaillistes, la Gauche et le parti Raam ont tout pour se distinguer mais ils ont compris que depuis quelques temps la haine s’est emparée des Israéliens, la haine de la Gauche contre la Droite, la haine des laïcs contre les religieux, la haine des Séfarades contre les Ashkénazes et la haine des Juifs contre les Arabes. Si cette haine persistait, se serait la fin du peuple israélien. Nous sommes dans le même bateau et ce ne serait pas faire preuve de naïveté que de faire confiance aux Arabes. De toute façon, les décisions sécuritaires sont prises par le Cabinet de sécurité des huit principaux ministres dont ne font pas partie les Arabes. Ils ne peuvent pas être bons quand ils nous soignent ou nous vaccinent et mauvais quand ils partagent le pouvoir. Ils ne peuvent pas être douteux quand ils construisent les logements de nos enfants et traitres quand ils sont ministres. Ils ne peuvent pas être des dhimmis quand ils nous servent dans les supermarchés et des terroristes quand ils réclament à juste titre des avantages auprès du gouvernement à l'instar de tout citoyen. 

Soldats arabes invité par le président Rivlin


Faisons confiance dans l’intelligence de nos responsables politiques et souhaitons-leur de réussir.  Un échec conforterait le retour des extrémistes, des racistes et des va-t’en guerre alors qu’Israël a donné la preuve de sa capacité à absorber toutes sortes de communautés. La haine ne figure pas dans les gènes du peuple juif qui a suffisamment souffert dans sa chair. Souhaitons bon vent au nouveau gouvernement mais soyons cependant très vigilants.  

Levin le président de la Knesset aux ordres


En revanche utiliser des manœuvres dilatoires pour reporter sine die la séance de prestation des ministres à la Knesset n’est pas digne d’une instance démocratique. Ce retard est censé permettre à Netanyahou de convaincre quelques députés de ne pas voter pour le nouveau gouvernement en leur proposant des faveurs honteuses pour un représentant digne. L’intérêt du pays est en jeu. Il faut savoir reconnaitre sa défaite et ne pas s’accrocher indéfiniment au pouvoir au point de perdre son âme. Le premier ministre laissera, même auprès de ses amis, une impression antidémocratique désagréable qui ternira ses douze années au pouvoir.   

Prêt à toutes les éventualités


Mise à jour du 8 juin 2021

Le président de la Knesset Yariv Levin a fixé au 13 juin la date d'investiture du nouveau gouvernement. Il a également annoncé qu'un vote à la Knesset aura lieu le jour même pour élire le président de la 24e Knesset. Le député de Yesh Atid, Mickey Levy, devrait être élu président de la Knesset par le nouveau gouvernement.


5 commentaires:

Jean-Marc ILLOUZ a dit…

Merci Jacques Benillouche. Au delà de l exigence de sens de l'Etat ou de la Nation, le souci d Unité pas seulement de coalition mais de conviction.
Qui a vécu les terrains de guerre ou l’antisemitisme connait le phénomène de meute.
Être juif ne consiste pas à adorer une idole, à se prosterner, à bêler avec les moutons, mais à éternellement refuser la meute.
Celle des siens autant que celle de l adversaire. Elles ont toutes deux le même visage: celui de la haine
La haine n est pas la force qui fait les victoires mais la faiblesse des bourreaux ou des éternels cocus de l’Histoire
Son aveuglement est incapable de gagner. De gagner la Guerre ou de gagner la Paix

Unknown a dit…

Le titre ne reflète pas le (excellent) contenu.

Gilbert OHANA a dit…

Tous les préjugés toutes les accusations sont les bien venues pour disqualifier le gouvernement de changement
Mais le pire est à venir notamment avec l anathème de trahison et de pacte avec le Hamas qui a été instrumentalisé depuis 10 ans contre le Fatah
Cette stigmatisation de trahison affirmée sans vergogne est un immense risque d allumer un foyer incendiaire de guerre civile voire de délits contre les politiques
La mémoire d Itshak Rabin se rappelle à nous
La rupture avec le système politique installé depuis 12 ans est devenue une nécessité
L alliance inconditionnelle avec les partis orthodoxes et maintenant avec les extrémistes religieux réalise un système phalangiste dangereux et anti-démocratique
Le likoud doit se sortir de cette impasse de culte de la personnalité pour retrouver sa liberté d’expression et de réflexion politique dans un cadre démocratique
La situation creee par le nouveau gouvernement est salvatrice pour le likoud pout redevenir un parti de gouvernement et d alliances démocratiques libres
Les autres partis politiques qui font la trame du pays doivent retrouver leurs marques et réaliser des alliances dans un contexte démocratique
Il s agit d une respiration indispensable et d une renaissance politique vitale pour Israël…..

Jacques BENILLOUCHE a dit…

Au sujet du titre, il s'agit d'une réflexion au second degré pour attirer les inconditionnels de Netanyahou à lire l'article. C'est un artifice connu de la presse.

Eric A a dit…

Comme biden a voir / je suis surpris que le Hamas rentre au gouvernement