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mercredi 23 juin 2021

Afflux de candidats pour le leadership du Likoud

 

 

AFFLUX DE CANDIDATS POUR LE LEADERSHIP DU LIKOUD


Par Jacques BENILLOUCHE

Copyright © Temps et Contretemps 

          

             


      Sages comme une image pendant de longues années, les dirigeants du Likoud s’expriment à présent au grand jour pour prendre le leadership du Likoud. Netanyahou est à peine parti que les esprits se réveillent sans scrupules pour participer à la curée, la cérémonie de mise à mort politique de Netanyahou. Longtemps placés sous carcan et réduits au silence par le Lider Maximo, ils n’ont pas attendu pas que le corps soit froid pour prendre part au combat pour la nouvelle direction d’un parti qui risque d’exploser tant les antagonismes sont puissants. Pendant douze années, ils sont restés muets de crainte d’être sanctionnés et de perdre leur ministère. À présent, on donne l’intention à certains, libérés de la tutelle d’un chef incontesté, de prendre leur liberté et de rejoindre Gidéon Saar, le militant courageux qui a seul osé défier le chef suprême jusqu’à lui enlever toute chance de se maintenir au pouvoir.


Nir Barkat

          Netanyahou a tenté en vain de persuader les militants de son parti d'organiser la prochaine primaire du Likoud beaucoup plus tôt que prévu. Selon les statuts du Likoud, le parti doit élire une nouvelle direction avant les prochaines élections à la Knesset. Si Netanyahou pouvait faire avancer la primaire, aucun candidat sérieux ne le contesterait probablement, et il pourrait rester à la tête du Likoud jusqu'à la prochaine élection à la Knesset, qui n'interviendrait que dans quelques années.

          Nir Barkat, l’ancien maire de Jérusalem, auquel Netanyahou avait proposé avec réticence le ministère des Finances sans le nommer finalement, a le premier posé sa candidature à la tête du Likoud. Il a organisé un rassemblement de 4.000 militants likoudniks et exhorté Netanyahou à ne pas organiser de primaire alors que le Likoud se retrouve dans l'opposition. Il a appelé les membres du parti à faire preuve d’unité dans l’opposition, et à retarder la tenue de nouvelles primaires à la direction du Likoud. Cet appel a été perçu comme une démonstration de force au sein du parti, et comme une volonté de s’inscrire dans la longue liste des hauts responsables qui se bousculent pour défier Netanyahou à la tête du Likoud. Vae victis, malheur au vaincu, expression prononcée par le chef gaulois Brennus qui avait vaincu Rome. Aujourd’hui, elle rappelle que le vaincu Netanyahou est à la merci du vainqueur, surtout pendant les négociations qui suivent le combat.

Avi Dichter


Avi Dichter, ancien directeur du Shabak, s’est lui-aussi lancé dans la course pour briguer la tête du parti. Il a annoncé qu'il prévoyait de se présenter à la direction du Likoud et plus tard au poste de Premier ministre : «J'ai l'intention de me présenter pour diriger le Likoud, et de là, de me présenter au poste de Premier ministre». Il en a profité pour critiquer Benjamin Netanyahou qui a manqué de fair play en ne consacrant que vingt-cinq minutes pour la passation du pouvoir à Naftali Bennett : «Il est très difficile de dire qu'une demi-heure de travail ensemble est suffisante, mais je laisse cela à Netanyahou et à Bennett». Effectivement, la démocratie a été malmenée par un mauvais perdant.

Israël Katz


Netanyahou fait face à présent à une fronde de plusieurs membres du Likoud qui refusent d’organiser des primaires anticipées. Israël Katz, Haïm Katz, David Bitan et Yuli Edelstein, se sont opposés à lui. Israël Katz a déclaré à huis clos : «J'ai l'intention d'insister sur ce point, les primaires ne seront pas avancées. Nous ne nous engagerons pas dans des guerres civiles maintenant, les affaires au sein du Likoud attendront».

Yuli Edelstein


Le fidèle parmi les fidèles, Yuli Edelstein, ancien président de la Knesset, veut à présent défier Netanyahou pour le contrôle du Likoud. Il a déclaré à huis clos que «Netanyahou doit être remplacé». Il a pris langue avec des hauts militants du parti pour obtenir leur soutien. On avait parlé de lui comme candidat à la présidentielle, mais il avait jugé qu’il était encore trop jeune pour abandonner la politique active. Pour lui : «La tâche commune de nous tous est de contrecarrer le gouvernement qui s’appuie sur les voix du mouvement islamique».

Cette lutte pour le leadership crée ouvertement des dissensions au sein des militants ce qui fait désordre. Le ministre Katz a accusé Nir Barkat d'actions «subversives» contre Netanyahou. Rien de moins. Il a exprimé son indignation que l’ancien maire de Jérusalem convoque une conférence pour annoncer sa «vision» pour le pays. Le conflit a éclaté entre ces deux hauts responsables du parti qui se considèrent comme des successeurs potentiels du Premier ministre. Les grondements de mécontentement se sont intensifiés au Likoud mais certains restent encore réservés et préfèrent exprimer leurs opinions de manière anonyme dans la presse.

Les extrémistes


Il était prévisible que le départ de Netanyahou conduise à une guerre des chefs, une guerre qui n’a d’ailleurs jamais vraiment cessé en coulisses. Le Likoud risque de laisser voguer son navire sur la rive la plus droitière imposée par ses alliés extrémistes Bezalel Smotrich et Itamar Ben Gvir, en attendant qu’il sombre. Les ténors de la droite vont désormais se disputer avec le risque de rendre leur formation rabougrie. Il faut une personnalité capable de rassembler à nouveau la droite pour que le Likoud revienne à ses valeurs d’origine, historiques et libérales, celles de Begin et de Shamir, sinon elle sera menacée de disparition comme la Droite en France.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Bonjour,

Cela signifie, peut-être, les prémices de la refondation de la droite israêlienne.

Le Likoud va partir sur sa droite, il va séduire moins de citoyens et de nouveaux, partis de droites vont naîtres ..

Bref, cela ressemble justement à une vie politique, démocratique, normale: le renouvellement des partis, donc des idées et, au final, un renouvellement de l'offre politique proposée à tous les citoyens.

Ce mouvement, ce balancement politique, est intéressant, je suis curieux, j'observe.

Cordialement,

bliahphilippe a dit…

N'avais-je pas mentionné à plusiers reprises sur votre page et ce voici plusieurs mois aprés les premiéres élections non concluantes que le Likoud allait amorcer son déclin historique?
Usure du pouvoir prolongé, statu quo paralysant, politique menée par un Chef qui écarte au sein de son parti toute personnalité susceptible de le cocurrencer, guerres répétées à Gaza sans jamais gagner autre chose que du temps avant une nouvelle confrontation, limitation des permis de construire accordés à petite dose par centaines en Judée Samarie, le plus généralement aprés des attentats ayant marqué l'opinion, abandon sous la pession de toute decision gouvenmeentale sous la crainte d'emeutes arabes en vieille ville (cf l'affaire des portiques de sécurité), abandon progressif par laxisme du Neguev aux Bedouins au detriment des exploitants juifs etc... Tout démontrait malgré les apparrences que Natanyahou s'il n'a pas été un homme de gauche, ne se comportait pas sauf en baux discours comme un homme de droite. Ce qui a fait dire au Président de la grande association juive americaine l'AIPAC qu'il classait Natanyahou comme homme de Centre gauche. Seule la dialectique habile et pragmatique de Natanyahou faisait croire à son public -qui ne demandait que cela-qu'il était vraiment positionné a droite faute de parti crédible pour l'assumer avec intelligence et souplesse. Ainsi parcourir en France par exemple la presse et autre medias qui qualifiaient Natanyahou "d'extreme droite" relevait de la malhonneteté.
Ceci améne à la réflexion divergente de la votre dans votre conclusion: 1) d'abord on peut convenir que Begin et Shamir étaient perçus dans leur action beaucoup plus à droite, beaucoup plus brutal, beaucoup plus fiable et clair que Natanyahou sur la question palestinienne et meme arabo israélienne au point d'imaginer que les rebellions à Lod, à AKKO auraient pris une autre tournure avec eux . 2)Vos souhaits de retour du Likoud dans le giron d'une "moindre droite" si j'ai bien compris risquent plutot de déprécier pour ne pas dire briser le Likoud dont l'électorat ne verra que peu de différences de fond avec Bennett, Gantz, Saar , Libermann et meme avec quelques variantes Lapid. Au contraire c'est en se positionnant franchement à droite autrement qu'en paroles que le Likoud a des chances de continuer en grand parti rassembleur de la droite. Sans un leader capable à mon humble avis de cette performance, le Likoud est voué à subir les outrages du temps vers son destin historique : le déclin inéluctable... comme les autres.