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jeudi 20 mai 2021

Amas de raisons puantes par Claude MEILLET

 

AMAS DE RAISONS PUANTES

Par Claude MEILLET



Non, il ne s’agit pas d’une erreur d’écriture. L’énergique patronne d’une agence bancaire de Ramat Aviv venait d’écrire le mot en grosse écriture sur une feuille blanche, posée au centre de la table autour de laquelle ils étaient sagement assis. Six téméraires, habitués du groupe, qui avaient bravé la stridence d’une éventuelle sirène pour la rejoindre dans ce magnifique appartement, au 24e étage d’une des tours telaviviennes.




Elle expliqua. Cette énième guerre Hamas/Israël, car il faut bien appeler les choses par leurs noms, l’avait amenée par homonymie à lui attribuer cette dénomination. Quatre lettres d’un petit mot sémantiquement, gros mot pour toutes les saletés qu’il recouvre. «Espèce de gros tas, entassements désordonné». Ce drame tragique, l’affrontement militaire déclenché par le Hamas, résultait en fait d’une stratification d’absurdités. Elle pouvait en énumérer quelque unes. Mais elle leur demandait de «mettre au pot». Afin d’identifier les racines du drame pour mieux le connaître.

A la banquière la première salve, proposa donc Jonathan. Première base de l’amas, l’histoire. Chacun la sienne. L’invasion d’une terre arabe, contre le retour sur la terre juive. Le Hamas s’empare d’une revendication générale en justification de son action particulière. Israël s’efforce de contenir l’embrasement dans ses limites afin d’éviter son extension. Oubliant tous deux que l’Histoire embolise le présent. Un présent qui fait d’Israël une réalité ancrée, instituée, qui fait de sa disparition une illusion rétrospective. Qui oblige à anticiper la transformation du Hamas, présentement entité terroriste, une fois une vraie victoire des armes gagnée, en interlocuteur réaliste, dédiabolisé. Même si c’est dur à dire maintenant, ajouta-t-elle.



Seconde strate du «gros tas», la manipulation. La grosse ficelle de part et d’autre. Du côté du Hamas, mise en œuvre d’une opération programmée, préparée patiemment. Fabrication, importation de missiles, stockés, répartis, entrainement militaire poussé, sophistication logistique, technologique. Double étincelle de départ amenée par l’interruption du processus électoral interne et par la combinaison d’inflammation des réseaux sociaux, de l’expulsion de familles palestiniennes de Jérusalem-Est, des affrontements sur l’esplanade des mosquées. De l’autre côté, un pousse au crime gouvernemental israélien, perturbant un processus menaçant de constitution d’un gouvernement alternatif de changement. Additionné d’une action de maintien de l’ordre difficile certes, mais étrangement provocatrice.

Émoustillée par ce démarrage en fanfare, l’assemblée fit feu à son tour. Premier enrichissement de cet amas, la religion. Chacun ses extrêmes. Côté Hamas, la dimension spectaculaire d’envois répétés, massifs, larges, persistants, d’obus et missiles sur la plus grande partie du territoire israélien trouve un relais privilégié, enflammé, auprès de la population islamisée, intégrant intimement sa religion à son nationalisme. Côté Israël, une tranche extrémiste de la religion orthodoxe, chauffée par un corps de rabbins à vocation messianique passe sauvagement à l’acte contre la minorité arabe, quelle qu’elle soit. Envenime toute situation dans la prétention au Grand Israël.



Participe au fatras des raisons du drame, l’idéologie. Du côté israélien, l’idéologie sioniste s’est transformée. En réalité vivante. Réalité cependant encore travaillée par la volonté rampante d’annexion des territoires occupés. En face, soigneusement entretenue, exaltée, proclamée, l’idéologie représente, elle, le substrat majeur de la volonté revendiquée d’annihilation de l’État d’Israël. La volonté mortifère affronte la volonté de vie.

Un des participants mis sur la table, avec un mélange de précaution et de certitude, un mixte de sociologie/ethnocratie. Car, expliqua-t-il, le statut démocratique relève des deux disciplines. Soulignant qu’on se trouvait devant le cas d’opposition déséquilibrée entre un État, une démocratie, avec une armée visant des cibles militaires, et une organisation, sans statut, de nature terroriste, visant directement et exclusivement la cible des civils. Indiquant aussi en passant, que les populations dites pro- palestiniennes manifestant à l’étranger, étaient dans une erreur sociologique et ethnocratique, Hamas étant gazaouie et non palestinienne, organisation terroriste et non autorisée.



Ils ajoutèrent ensemble, à l’enchevêtrement des strates de cet amas malodorant, la mobilisation par réseaux sociaux et média interposés, de jeunes générations, aussi bien arabes que juives, manipulées, incontrôlées, le climat de violence généralisée qui libère la sauvagerie de foules, entre individus comme vis-à-vis des symboles publics et religieux, l’absence d’appel d’un monde politique silencieux à la réconciliation ethnique interne, le caractère oppressant, lancinant, du discours médiatique.

Jonathan rappela, Prévert l’a écrit, Montand l’a chanté, Quelle connerie la guerre. Tous reconnurent en chœur, avec la banquière en tête, que cette connerie fleurissait cette fois-ci comme toujours, sur un amas de raisons puantes. Que, déblayer, trier ces raisons pouvait aider à se rétablir plus vite de la connerie en cours.

Et, conclut la banquière, pourquoi pas, éviter la prochaine.

3 commentaires:

Marianne ARNAUD a dit…

N'ayant pas réussi à faire le tri dans votre amas et dans l'enchevêtrement de vos strates - mais qui le pourrait ? - et puisqu'on en est à mettre les participants sur la table (hi ! hi !), voici celui que je vous propose (à partir de 4 : 23) :

https://video.lefigaro.fr/figaro/video/frederic-encel-est-linvite-de-la-matinale-radio-classique-le-figaro/

Jonathan a dit…

Pardon pour ce fatras rédactionnel, merci de signaler la strate Frédéric Encel, comme toujours très éclairante, qui souligne cependant, elle aussi, la nécessité de démêler l'enchevêtrement des causes pour interrompre le cycle infernal de ce conflit.

lorlila a dit…

Article très mal écrit, brouillon a l'image des idées exprimées par l'auteur. Je relève une phrase: "Côté Israël, une tranche extrémiste de la religion orthodoxe, chauffée par un corps de rabbins à vocation messianique passe sauvagement à l’acte contre la minorité arabe, quelle qu’elle soit. Envenime toute situation dans la prétention au Grand Israël." De qui voulez-vous parler très exactement ? Si vous accusez au moins soyez clair et précis. De quels actes sauvages voulez-vous parler, ? soyez clair et précis. En réalité il n'y a rien de ce que vous prétendez , c'est uniquement l'occasion pour vous d'attaquer sauvagement les religieux alors qu'ils n'ont strictement rien a voir avec ce conflit. Vous vous discréditez tout seul .