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jeudi 22 avril 2021

La revanche de Gidéon Saar, seul à pouvoir sauver Netanyahou

 


LA REVANCHE DE GIDEON SAAR, SEUL À POUVOIR SAUVER NETANYAHOU

Par Jacques BENILLOUCHE

Copyright © Temps et Contretemps


           


          Ce serait une véritable revanche que celle de Gideon Saar qui détient entre ses mains le sort du nouveau gouvernement de Netanyahou. L’homme, qui a été voué aux gémonies au sein de son parti et qui a été mis à l’écart de la gouvernance malgré son rang élevé aux primaires du parti, malgré sa fidélité mille fois confirmée pendant plus de vingt ans, malgré son attitude légitimiste vis-à-vis du seul parti auquel il a adhéré depuis son plus jeune âge, malgré son refus de suivre Ariel Sharon alors que la majorité du Likoud avait rejoint le général, est le seul qui pourrait sauver la constitution d'un gouvernement de droite. Il a quitté le Likoud récemment quand il a compris que son avenir politique était bouché.



Saar et ses alliés


       Mais il est tenu par sa haine à l’égard de Netanyahou et par son engagement à ne jamais entrer dans un de ses gouvernements alors que Naftali Bennett n’avait jamais pris un tel engagement. La droite dispose de 59 sièges mais elle semble refuser les voix arabes car alors elle exploserait en vol face aux menaces de Bezalel Smotrich et d’Itamar Ben Gvir de renoncer à leur participation si Mansour Abbas entrait dans la coalition. Effectivement les sièges de Gidéon Saar règleraient une situation complexe où les egos mènent la danse et où l’intérêt du pays est mis entre parenthèses.

            L’attitude théâtrale devant les caméras de Naftali Bennett ne suffit plus à en faire le faiseur de roi : «Je l’ai dit au Premier ministre et je le dis ici aussi – le Likoud peut compter sur les voix du parti Yamina pour soutenir la formation d’un gouvernement de droite». Son retour à la maison mère était un secret de polichinelle car c’est un homme qui a toujours été de droite et allié des orthodoxes religieux. Mais Bennett est un homme complexe auquel on ne peut pas se fier car pour ménager son avenir, il n’a jamais pris de position ferme, oscillant entre l'opposition et le Likoud. Des indiscrétions le montrent à la fois en train de négocier avec le Likoud et simultanément avec Yaïr Lapid pour faire monter les enchères. D’ailleurs Netanyahou lui a promis la lune, la même qu’il a promise à Saar.



Le Likoud a proposé à Bennett un accord de rotation qui verrait Netanyahou occuper le poste de Premier ministre pendant les deux premières années et Bennett pendant les deux suivantes. Mais l’expérience avec Benny Gantz a brisé la confiance pour un tel accord sachant que la rotation n’aura jamais lieu. Mais même dans ce cas, Bennett devrait avaler des couleuvres sachant qu’il a passé la campagne électorale à crier haut et fort que Netanyahou avait échoué et qu’il fallait le remplacer, par qui ? par lui bien sûr. Il a obtenu de Netanyahou de fortes concessions, comme les ministères clés de la défense et des affaires étrangères et plusieurs autres ministères alors que son poids électoral n’est que de sept députés.

Mais Netanyahou s’inquiète des négociations discrètes qui se trament derrière son dos entre Lapid, Bennett et Saar dont le seul objectif n’est pas idéologique mais la neutralisation du premier ministre. Ces trois opposants travaillent pour une solution de rechange qui n’est cependant pas aussi facile à réaliser car se serait une coalition de bric et de broc, de la carpe et du lapin. Il est vrai que Bennett est tenté de rejoindre Lapid car il peut obtenir d’entrée de jeu le poste de premier ministre auquel il rêve depuis son entrée en politique.

Les prétendants à la chute de Netanyahou


Il semble acquis par ailleurs que le président Réouven Rivlin ne prolongera pas la date limite du 4 mai laissant entendre qu’il choisirait un autre candidat capable d’éviter un cinquième tour d’élections. Lapid est prêt à tous les sacrifices en proposant à Bennett d’être premier ministre dès le départ pour empêcher un gouvernement où l’extrême-droite aurait la plus belle part dans le jeu gouvernemental. Mais il exige que Bennett se prononce dès à présent et non pas le 4 mai car à ce moment l’échec de Netanyahou sera acté et la décision tardive. Mais le Likoud ironise sur une telle éventualité : «Nous laisserons Bennett et Saar essayer de s’entendre avec Meretz et les Travaillistes et la Liste arabe unie, nous les mettrons dans l’embarras avec des projets de loi qui les mettront mal à l’aise. Voyons Ayelet Shaked de Yamina traiter avec la leader travailliste Merav Michaeli ou le leader de Meretz Nitzan Horowitz. Nous ne sommes pas effrayés par la perspective de siéger dans l’opposition».

            En fait on accuse le système électoral d’être la cause de cette impasse mais il a montré son efficacité pendant plus de 60 ans parce que les dirigeants d’alors avait une conscience politique plus réaliste en écartant leurs intérêts personnels au profit de l’intérêt national. David ben Gourion voulait la proportionnelle intégrale pour que toutes les sensibilités soient représentées à la Knesset plutôt que dans la rue. L’avènement de Netanyahou a cassé le processus pour le rendre inopérant.

            Mais le premier ministre ne s’avoue pas vaincu et fait monter la pression autant que les enchères. Il fait tout à présent pour convaincre Gideon Saar de le rejoindre malgré l’animosité qui a régi leurs relations. Il lui propose le poste de vice-premier ministre ainsi que la présidence de la Knesset à Zeev Elkin, ainsi que de nombreux ministères. La proposition est tentante même si Saar s’est engagé à la télévision de ne jamais siéger avec Netanyahou mais les promesses…. «J'appelle d'ici Gideon Saar. Le Likoud est votre maison. Vous avez été élevé dans cette maison. Vous serez accueillis ici à bras ouverts! Ce n'est pas le moment de former un gouvernement de gauche. Venez nous rejoindre, et ensemble nous formerons un gouvernement de droite stable afin d'assurer, ensemble, notre avenir sur notre terre». 

          Cessez les larmes et sonnez trompettes !

1 commentaire:

mmaiman a dit…

Je ne suis pas "politologue" mais logique : Puisque la droite est nettement majoritaire en Israel, il faut qu'il y ait un gouvernement de droite dirigé par le plus compétent cad Netanyahou et éviter la cacophonie dirigée par un journaliste qui a un peu plus de la miyoié des voix que lui. CQFD.