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jeudi 25 mars 2021

Le naufrage du parti travailliste d'Israël par Daniel HOROWITZ

 


LE NAUFRAGE DU PARTI TRAVAILLISTE D’ISRAËL


Par Daniel HOROWITZ


          Elie Barnavi, ancien ambassadeur d’Israël, défend dans un article du magazine «Regards» son point de vue sur la  décision du parti travailliste  Avoda  de placer Ibtisam Mara’ana en septième position sur la liste des candidats-députés en vue des élections législatives. Mara’ana est une Israélienne arabe, réalisatrice de cinéma, enseignante, militante féministe et antisioniste. Barnavi précise qu’elle est mariée à un Juif, comme si cela devait exclure l’idée qu’elle pourrait être antisémite.





En 2008, Mara’ana déclarait au cours d’une interview avec un journaliste du quotidien israélien Globes qu’elle aurait aimé écrire un scénario où elle imaginerait la destruction de la ville de Zikhron Yaakov [1] et expédierait ses habitants en Pologne. Elle ajoutait dans un même souffle que les Juifs sont un peuple lâche, cupide et dominateur. Mara’ana est notoirement opposée à l’État du peuple juif tel que défini dans la Déclaration d’Indépendance d’Israël. C’est fidèle à cet esprit qu’elle estime ne pas être tenue de respecter la mémoire des soldats de Tsahal morts au champ d’honneur. En 2012 elle déclarait que quand retentit la sirène de commémoration une fois par an, et que les automobilistes sortent de leur véhicule pour se tenir debout en signe de recueillement, elle continue de rouler et dit éprouver de la jubilation à être seule à poursuivre son chemin.

Barnavi estime que Mara’ana a changé d’avis depuis, puisqu’elle invoque ces jours-ci «une erreur de prime jeunesse». Mais comme elle avait 37 ans à cette époque, cela ne correspond pas vraiment à la notion de prime jeunesse. Elle était au contraire déjà une militante politique mûre, et consciente de la portée de ses propos.

Elie Barnavi


Barnavi affirme qu’à l’annonce de la position de Mara’ana sur la liste du parti travailliste «la droite a aussitôt introduit une requête auprès de la Commission électorale pour lui interdire de se présenter aux élections». Difficile de déterminer si Barnavi se trompe ou s’il induit sciemment ses lecteurs en erreur, mais le fait est que cette pétition a été déposée par la gauche, notamment par Maozia Segal, ancien combattant et membre du parti travailliste, ainsi que par d’autres membres qui objectent à la candidature de Mara’ana pour des raisons d’ordre éthique. C’est dans un deuxième temps seulement que d’autres demandes d’annulation ont suivi la gauche.

Je suis en faveur de la liberté d’expression dans son acception la plus large. J’estime donc que Mara’ana a le droit de détester les Juifs, les cyclistes, les chiens et les chats, et quiconque ne lui revient pas. Elle a aussi le droit de penser que les Juifs doivent retourner en Pologne et que la planète se porterait mieux sans eux. Mais le scandale est ailleurs : indépendamment des opinions politiques de tout un chacun, il est indécent pour un des partis fondateurs du projet sioniste de pousser vers la Knesset une militante opposée au principe même de l’État juif. Le fait que Mara’ana se soit excusée à la suite de la demande d’annulation de sa candidature est cousu de fil blanc et n’est pas crédible eu égard à la coïncidence avec le calendrier électoral.



Cela ne signifie pas que l’on ne puisse jamais revenir sur ses propos, ni changer d’avis, ni faire amende honorable ; chacun a droit à l’erreur.  Mais si Mara’ana s’était excusée avant de prétendre siéger à la Knesset et avait milité de manière durable dans un parti sioniste, c’eût été différent. Maintenant le fait est là : Mara’ana a réussi son coup politique, mais le parti de Ben Gourion, de Levi Eshkol, d’Itzhak Rabin, de Golda Meïr et de Moshe Dayan et de tant d’autres héros d’Israël s’est déshonoré par la même occasion.

Quant à Elie Barnavi, personnalité et intellectuel respectable, il ne devrait pas soutenir l’insoutenable au nom de l’idée qu’il se fait de la gauche israélienne. Celle-là mérite mieux qu’Ibtisam Mara’ana.

 

[1] Zikhron Yaakov a été fondée au 19ème siècle par une centaine de pionniers venus de Roumanie. C’est une des premières agglomérations de la mouvance sioniste.

 

6 commentaires:

  1. La ruse est leur mot d'ordre , dissimulation. TAQIYYA.

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  2. Florent TEBOUL18 mars 2021 à 17:59

    Ce naufrage s’explique aussi par l aggravation des inégalités. La pauvreté empêche l éducation et les inégalités font fuir les forces vives du pays . Les pays dans lesquels la gauche démocratique est à ce niveau sont soit des dictatures( orban en Hongrie bolsonaro au Brésil ou trump aux US) soit des démocraties très faibles comme en Israël.... l inverse n est pas vrai car la droite entretient ces inégalités, cette pauvreté et cette inculture , seuls à lui permettre de se maintenir au pouvoir et en profiter personnellement ( Sarkozy en France , bibi en Israël )

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  3. Eli Barnavi fut un si mauvais défenseur de la cause d'Israel lorsqu'il a sévi es qualité d'ambassadeur d'Israel en France, qu'il etait surnommé à juste titre dans la communauté juive "l'ambassadeur de Palestine".
    On le voyait obséauieux se promener bras dessu bras dessous avec la représentante de l'OLP Hannan Hashrawi violemment antiisraélienne. Aujourd'hui encore Barnavi ne manque pas de cracher son aigreur sans honte sur Israel à l'avantage des ennemis de son pays à chaque occasion que les media francais lui offrent avec plaisir sur les plateaux de télévision.
    Il n'y'a donc rien d'étonnant à ce qu'il vole au secours d'une candidate antisioniste soucieuse en remerciement de détruire le pays qui lui a permis de devenir ce qu'elle est.
    A la limite le problème n'est pas tant cette personne antisioniste, mais le parti travailliste lui meme qui a pris une orientation gauchiste qui n'a plus rien à voir avec le sionisme de ses fondateurs qui se retourneraient dans leur tombe au vu de sa mutation.(le mot "transformation", trop faible est inapropprié!).
    Le résultat logique s'est opéré avec les années : la décadence! le Parti travailliste peine pour sa survie.
    Enfin il importe peu au fond connaissant les politiciens que quelques uns d'entre eux du Parti travailliste aient les premiers pris les devants pour exclure cette ingrate : rien n'empechera de penser que cette décision relève de l'opportunisme politique en matiére électorale surtout en état de mauvaise posture.

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  4. Ceux qui ont leur alyah maintenant arrivent dans un pays qui ne correspond pas vraiment à celui qu'ils espéraient trouver à leur arrivée. L'autre jour, à un député qui était venu rendre visite à une réunion d'olim 'hadashim, l'une d'entre elle, fraîchement arrivée de France, lui a dit : "Je ne sais pas ce que j'ai. Je n'ai pas l'impression d'être en Israël."

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  5. Le partie travailliste cherche "le bâton pour se faire battre" cette histoire est vraiment lamentable et Anonyme résume bien la situation...ainsi que Mr. Horowitz

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  6. Welcome in Isreal: des problèmes millénaires toujours pas réglés.
    Welcome dans un pays/nation pas super top.

    Genre si on est pas d'un kibbutz ou l'enfant de l'un d'eux ...
    c'est genre on est étranger.

    C'est très coco. C'est pas surf ou windsurf, c'est genre très chiant.
    Genre, la France, à côté, c'est super, malgré les problèmes.

    Bref. Inutile de partir de France, c'est mieux, c'est plus grand, c'est plus d'opportunités.

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