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mardi 12 janvier 2021

La dictature de Twitter par Michèle MAZEL

 


LA DICTATURE DE TWITTER

La chronique de Michèle MAZEL


Le directeur général de Twitter, Jack Dorsey

          La cause est entendue, le couperet est tombé. Donald Trump, encore président des Etats-Unis fusse pour quelques jours, n’a plus accès à ses comptes Twitter et Facebook - les plateformes sociales les plus répandues en Occident – qui étaient suivis pas des centaines de milliers de ses partisans. Une décision immédiatement saluée par les Démocrates en Amérique et les cercles libéraux un peu partout dans le monde. Ce qui n’est pas étonnant parce qu’ils n’avaient pas fait mystère de leur opposition à ce politicien pas comme les autres dont ils contestaient plus ou moins ouvertement la légitimité depuis le début de son mandat.




Il est vrai que le spectacle de centaines d’hommes prenant d’assaut le Capitole, temple de la démocratie, avait choqué le monde entier. Des hommes que leur président avait appelé à manifester devant le Capitole. Certes, il avait parlé de «peaceful protest» manifestation pacifique,  mais il porte une lourde responsabilité dans ce qui a suivi. Légitime alors la décision de Twitter, qui prive le président de la possibilité de s’adresser aux 74 millions de citoyens américains qui ont voté pour sa réélection ?

Mais au fait, d’où Twitter tire-t-il sa légitimité ? Il s’agit en fait d’une entreprise commerciale cotée en bourse ; son capital est évalué à près de dix milliards de dollars et ses revenus bruts pour 2019 dépassaient 3 milliards. Une goutte dans l’océan à côté de Facebook, autre entreprise commerciale dont le revenu brut en 2019 dépassait soixante-dix milliards de dollars. Est-il permis de se demander à quel titre des personnalités non élues du monde des affaires, dont le grand public ne sait rien, se permettent de décider que la voix d’un président ne doit plus être entendue ? S’agit-il de le sanctionner et dans ce cas, de quel droit ?  De prévenir d’éventuelles incitations à la violence ?



Saluons ce grand quotidien qu’est Le Monde pour avoir, dans un éditorial vendeur du 11 janvier qui fera date, adopté tout à tour le pour et le contre. IL approuve d’abord la décision de Twitter et de Facebook regrettant qu’elle ait été si tardive : «Il est regrettable qu’il ait fallu attendre ce contexte explosif pour que ces plates-formes tranchent un débat lancinant depuis déjà plusieurs années. Prise sous le coup de l’émotion, la décision cristallise les divisions. Longtemps accusés de laxisme, ils l’ont été tout au long du mandat de Donald Trump, qui n’a pas attendu le 6 janvier pour manipuler l’opinion». 



Avant d’ajouter avec une parfaite mauvaise foi «Censeurs, ils le sont de fait aujourd’hui. Quelle est la légitimité de leurs PDG pour s’ériger en arbitres du débat sur la liberté d’expression, alors que leur préoccupation principale consiste à préserver la rentabilité de leur modèle économique ?..... Ne rien faire était impossible au regard de la gravité de la situation. Mais, en agissant trop tard et de façon radicale, les réseaux sociaux alimentent l’idée qu’un complot est à l’œuvre pour faire taire Donald Trump».

On ne saurait mieux dire.

8 commentaires:

Albert LEZMY a dit…

Sincèrement, je trouve qu’ils ont eu de la patience.
Quand les tweets deviennent des appels à l’insurrection et/ou limite racistes et suprémaciste, Président ou pas, il convient de sévir.
Pourquoi aurait-il un traitement de faveur par rapport au quidam ?
Bien sûr, ceux qui l’auront hissé au stade d’idole (en Israel notamment où on oublie facilement le premier commandement) crieront au scandale, mais franchement trop c’est trop.
Et on ne peut pas dire que cette décision soit gratuite, l’action Twitter ayant chuté de 8% aujourd’hui à cause de cette exclusion

Véronique Allouche a dit…

Curieux cet article. D’un côté vous reconnaissez « la lourde responsabilité » du président Trump qui appela ses partisans à investir le Capitole, haut lieu de la démocratie, et de l’autre vous vous interrogez sur le bien-fondé de Twitter à lui retirer son compte au prétexte que ce serait une entreprise privée. Mais madame, comme dans chaque entreprise commerciale qui se respecte, une charte de déontologie existe et se manifeste lorsqu’elle constate des débordements inadmissibles encouragés ici par le président des États-Unis.
Bilan ce soir là :4 morts....


Francis MORITZ a dit…

Au risque de déplaire, tout en appréciant l'article de Michèle Mazel, le réel problème que cette interdiction pose est celle du pouvoir d'un média privé, de décider qui elle voudra diffuser ou pas. Effectivement laisser le soin à un média aussi puissant que Twitter e prendre la decision, surtout quelques jours avant le départ du président Trump de la Maison blanche laisse à désirer.
Il n'existe pas actuellement de législation publique, car c'est bien de cela dont il s'agit. Donc on pourra encore conjecturer, fallait il interdire, ne fallait il pas censurer? C'est encore la question, car demain on censurera et qui trouvera cela normal ? Les pouvoirs publics doivent traiter la question et appliquer une réglementation. A défaut, selon l'époque et le contenu, tout sera permis avec toutes les conséquences possibles.

ACACIA52 a dit…

C'est tout le problème . les chartes déontologiques peuvent elles remplacer l'autorité judiciaire ? par qui seront elles contrôlées à leur tour? Le controle de contenus peut-il aller jusqu'à la fermeture du compte sans contrôle? ici cela parait justifié à tous en raison des excès du président américain mais qu'en sera-t-il demain?

Paul B. a dit…

Et pendant ce temps là, Ali Khamenei, continue lui ,en toute impunité à appeler régulièrement sur son compte Twitter à la destruction d’Israel. C’est pas un vulgaire péquin. C’est le guide supreme de l’Iran. Bizarre ! Non ?
Par conséquent, Trump n’a pas enfreint un quelconque code déontologique. Il subit tout simplement une sanction politique. Ces GAFAM (je met Twitter dedans) qui votent pourtant tous Démocrate vont, à coup sûr, etre démantelé, car devenus trop puissants (comme à l’époque AT&T) et ce sera une tres tres bonne chose !

Germax a dit…

Merci Mme Allouche de me dire qui sont responsables de ces quatre morts au Capitole. Je suppose que vous vous êtes penchée sur les films montrant les Antifas et les provocateurs infiltrés au milieu des manifestants républicains ? Permettez-moi aussi d'apprecier votre humour quand vous qualifiez le Capitole de haut lieu de la démocratie. C'est bien mal connaître le niveau de corruption des élus américains et pas simplement par l'argent.

Marianne ARNAUD a dit…

Ainsi donc les GAFAM ont osé déclarer la guerre à la démocratie :

https://lecourrierdesstrateges.fr/2021/01/11/les-gafam-declarent-la-guerre-au-parti-republicain-et-a-la-democratie/

Très cordialement.

Véronique Allouche a dit…

@germax
Mon humour vous plaît et c’est tant mieux. Et oui j’ai la faiblesse de croire en la démocratie malgré la corruption qui l’entrave ici ou là. Israël n’est d’ailleurs pas en reste par son ministre de l’Interieur qui a fait un petit séjour en prison et qui n’en n’a pas fini avec la justice, par un premier ministre dont on attend le procès d’ici peu pour des affaires nébuleuses.
Enfin pour ceux qui s’offusquent de la suppression du compte Twitter de Donald Trump, s’étaient-ils érigés en faux lorsqu’on priva Dieudonné et Soral des mêmes outils de communication?