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mercredi 13 janvier 2021

Au nom de la religion par Claude MEILLET

 


AU NOM DE LA RELIGION


Chronique d'humeur de Claude MEILLET



«Mon commandant en chef m’appelé, et mon Seigneur et Sauveur m’a dit d’y aller». Debbie Lusk, comptable à la retraite, s’est ainsi expliquée d’intégrer la horde vociférant, prenant d’assaut le Capitole à Washington. «Tu te rends compte ! Non mais, tu imagines !!» lui jeta, abasourdi, effondré, son éternel complice, d’une voix un peu essoufflée, pendant qu’ils faisaient leur marche rapide quotidienne matinale au bord de la mer. Jonathan, ralentissant le rythme en prévision de la discussion qu’il sentait venir, lui renvoya, en guise de démarrage des hostilités, «Malraux t’avait prévenu, le XXI siècle sera religieux ou ne sera pas. Bien maintenant, tu y es».



Cela dit, il leur suffit de lister l’islam, les évangélistes, pentecôtistes, juifs ultra-orthodoxes, sans compter les variantes du catholicisme, ni par dérivation les sectes telles l’Église de Scientologie et ses innombrables émules, pour effectivement, constater les dégâts. Dans ce XXI e siècle, la pure raison a du plomb dans l’aile.

Ils se mirent vite d’accord pour accorder le pompon à l’islam. Difficile de saisir la vérité. Le Coran disant, apparemment, tout et son contraire. Nous sommes tous frères, et tous les mécréants doivent être tués. Mais une chose est sûre. L’islamisme, peut-être forme extrême de l’islam, par nostalgie d’une époque de splendeur passée, par volonté de domination politique, régissant les populations au-delà des individus, veut imposer sa loi au monde entier. Par tout moyen, sanglant de préférence. L’évangélisme, de façon plus feutrée, surfant sur la médiatisation universelle, érigeant la prédication en irrésistible force de mobilisation de masse, n’arrive pas loin derrière. S’appuyant sur sa colonisation américaine pour diffuser sa vocation colonisant sur tous les continents.

Coran

Derrière ces deux champions, chacun s’efforce de tirer son épingle du jeu de la conquête. Les différents catholicismes œuvrent à tenir leur pré carré, l’excroissance de la religion juive que sont les ultra-orthodoxes, tirant avantage du poids que leur donne le système électoral israélien et du jeu pervers des associations politiques, se consacrent à l’imposition de leur extrémisme à toute la population israélienne. Pendant que la pieuvre Scientologie étend invisiblement les tentacules de son pouvoir de prédation dans tous les milieux.

Comment cette pauvre Debbie en est-elle arrivée là ? La question se posa immédiatement pour les deux marcheurs, après cette revue des protagonistes. En même temps que leur allure se ralentissait. «D’abord, ça n’est pas nouveau. C’est comme le lait sur le feu» déclara tout de go le compagnon de marche. De tout temps et sous toute latitude, la religion a débordé le champ de l’éclairage des consciences individuelles. Pour étendre sa vocation à la communauté des individus. Aucune raison que cette ambition de généralisation disparaisse. Au contraire, la modernisation étendue, globalisante, ne fait que de démultiplier ses moyens. Sans compter que l’ébranlement causé par la modernité ne fait que provoquer la quête du sens perdu du monde. Et donc, le retour vers les vieilles croyances.



Un besoin de racines qui répond au vertige identitaire. L’instrumentalisation de la religion par l’ambition politique, la soif de puissance, la tentation de prédation, c’est une des grandes constantes de l’humanité. Si bien qu’un coup de trumpisme suffit à faire entendre la musique du Seigneur à Debbie.

«En ce sens, ton Malraux a vu juste, dit son copain traînant maintenant les pieds, à la raison provenant de l’expérience, en ce siècle, on préfère l’espérance née de la foi. Au risque que ce siècle s’effondre».

Heureux de cette occasion de revivifier la joute, réaccélérant vicieusement le pas, Jonathan le prit à rebours. En fait, l’avenir de la religion tient au recours à la raison. L’exemple Debbinien le prouve. Donner collectivement libre cours à la religion conduit à l’anarchie du Capitole. Ce n’est que si la raison encadre le territoire religieux que le monde continuera son cours. Redonnant par la même occasion son sens original à la religion, ramenée au territoire de l’individu, et non plus de la masse.

Retrouvant et sa verve et son deuxième souffle, son ami insista. «Il n’empêche le religieux est formaté pour son chemin. Sais-tu qu’à un Jésuite qui lui demandait la direction pour la cathédrale, un habitant lui a répondu : vous ne pourrez pas y arriver. Parce que c’est tout droit».

C’était la victoire par KO.

1 commentaire:

ingrid Israël-Anderhuber a dit…

Heureusement que vous parlez ici de religion et non pas de foi. Car la religion n’a absolument rien à voir du tout avec Dieu, Dieu de la Bible, ni avec la foi biblique. En effet, quand on parle de foi biblique on parle de la foi qui se nourrit de la PAROLE divine contenue dans la BIBLE. Or cette foi biblique va agir non pas en opposition ou en contradiction avec la PAROLE divine mais en adéquation, en conformité avec cette dernière. De ce fait, pour juger si une parole ou un acte vient de Dieu, il faut juger à l’aune de la PAROLE de Dieu, la BIBLE, ce qui implique donc de la connaître un minimum. Par conséquent :
- si quelqu’un vous dit que Dieu lui a dit de faire exploser le Capitole (destruction), vous êtes parfaitement en droit de lui demander de vous montrer où cette PAROLE divine est écrite et d’en vérifier le contexte ;
- si quelqu’un vous dit que Dieu lui a dit de tuer telle ou telle personne, vous êtes parfaitement en droit de lui demander de vous montrer où cette PAROLE est écrite et d’en vérifier le contexte ;
- si quelqu’un vous dit qu’au Non du Christ (héb. Messie) il a le droit de faire ceci ou cela, vous êtes parfaitement en droit de lui demander de vous montrer où le Christ (Messie) a dit ceci ou cela, et dans quel contexte…
La religion, les religions n’ont rien à voir avec Dieu ni avec son Messie-Sauveur Yeshoua (grecisé Jésus). Les religions sont des bricolages humains, influencés par les ténèbres, qui produisent par conséquent l’erreur, et pour certaines d’entre elles l’hérésie, les folies avec tout leur cortège d’atrocités...
A noter que lorsque je parle de religions je fais allusion ici notamment aux religions monothéistes dites officielles à savoir, par ordre chronologique de leurs naissances respectives : le Judaïsme RABBINique (avec toutes ses tendances), le «Christianisme» (ou «Messianisme») NON BIBLIQUE (avec toutes ses tendances dont le Catholicisme, le Protestantisme, l’Orthodoxie etc.), l’Islam (avec toutes ses tendances) et… et même le «Mouvement Evangélique» ! Car il y a énormément de dérives évangéliques. En effet, par exemple, les évangéliques américains sont excessivement impliqués dans la politique au lieu de l’être raisonnablement dans la mission qui devrait être la leur : faire connaître le message BIBLIQUE du Messianisme (grécisé Christianisme), qui est la Bonne Nouvelle (grec Evangile) du pardon de nos péchés par le sacrifice du Messie Yeshoua à Golgotha.
Voilà la première mission d’un authentique croyant BIBLIQUE : vivre du mieux possible pour Dieu selon ses préceptes divins messianiques, avec l’obligation d’«amener toute pensée captive à l’obéissance du Messie» (2 Corinthiens 10, 5) - ce qui signifie que par exemple si on a envie de brûler ou de faire exploser le Capitole, eh bien, on va SE MAÎTRISER -, témoigner de sa foi et de l’action de Dieu dans sa vie, annoncer le salut...