Je n’ai jamais été un militant. Persuadé que tôt ou tard je pouvais être sommé de penser et d’agir contre ma raison, je n’ai formellement adhéré à aucun groupement. En outre, si j’avais fait partie d’un mouvement quelconque, révolutionnaire ou nationaliste, par exemple, j’aurais été de ces militants qui continuent la lutte après la victoire.

Albert MEMMI

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mardi 7 juillet 2020

Le crime de Christophe Colomb et le siècle de la déraison par Michèle MAZEL


LE CRIME DE CHRISTOPHE COLOMB ET LE SIÈCLE DE LA DÉRAISON

La chronique de Michèle MAZEL



Dans le cadre du mouvement de protestation «Black Lives Matter - Les vies noires comptent» des manifestants en colère ont fait tomber dimanche de son piédestal l’imposante statue de Christophe Colomb, érigée dans la ville de Baltimore, et l’ont précipitée dans les eaux du port. Un peu partout à travers les États-Unis des monuments en son honneur avaient déjà subi le même sort.  Pourtant l’intrépide navigateur n’a jamais eu d’esclaves et n’a jamais, que l’on sache, exprimé d’opinion négative sur les populations d’Afrique. Quel crime lui est-donc imputé ?



Et bien la découverte de l’Amérique justement. Dans un raisonnement qui aurait ravi les sophistes, de nombreux membres du mouvement soutiennent que c’est cette découverte qui a ouvert la voie à l’arrivée de l’homme blanc – nous y voilà – avec à la clé le début d’une entreprise colonisatrice qui a entraîné le massacre des tribus indiennes indigènes et quelques siècles plus tard, institué un esclavagisme reposant sur le sinistre commerce d’Africains arrachés à leurs familles et transportés de force vers le nouveau monde.  En un raccourci saisissant, on pourrait même soutenir que c’est grâce à Christophe Colomb que Donald Trump est à la Maison Blanche car si les blancs n’étaient pas arrivés…
Christophe Colomb

Inutile de répliquer que si ce n’avait pas été lui, c’en aurait été un autre, ou même que si le continent s’appelle Amérique c’est parce qu’un certain Amerigo Vespucci en avait déjà découvert les côtes avant Christophe Colomb. Inutile surtout de souligner que ni l’un ni l’autre ne peuvent être jugés responsables de ce qui a pu arriver par la suite. Avec des «si» on mettrait Paris dans une bouteille dit-on. Tandis qu’une partie de l’Amérique brûle ce qu’elle a adoré – les héros de son indépendance, comme Georges Washington et les artisans de l’émancipation des noirs comme Abraham Lincoln et le général Grant qui a battu les forces de la Confédération, le révisionnisme historique fait aussi des ravages en France. Voltaire, dont la verve caustique ne respectait rien, ne serait plus digne d’avoir un lycée en son nom ; il en serait de même pour Jules Ferry, père de l’école publique gratuite et laïque, mais hélas artisan de la grande aventure coloniale de la France.
Ce tableau d’une «bienpensance» dévoyée ne serait pas complet sans mentionner deux récents développements. D’une part les efforts du BDS pour impliquer Israël en soutenant, sans aucun fondement, que les polices américaines mettraient en application des techniques apprises de la police israélienne.  De l’autre, l’entreprise de récupération du mouvement Black Lives pour l’associer au conflit israélo-arabe. 
Traite arabo-musulmane

Curieuse mansuétude de ces descendants d’esclaves qui semblent vouloir ignorer – à moins qu’ils ne l’ignorent vraiment – le rôle joué par ce qu’on appelait alors les négriers arabes dans la traite des noirs dont ils étaient les véritables artisans en Afrique.
D’ailleurs des marchés aux esclaves se tiennent encore en Libye, comme l’ont révélé au monde les images captées par la chaine CNN  en 2017 ; les malheureux paradés sur ces marchés n’étant autres que des Africains fuyant la misère de leur pays et tentant de gagner l’Europe, tombés aux mains de  passeurs sans scrupules.


6 commentaires:

MG a dit…

C'est la colonisation française et britannique, donc ...blanche, qui a mis fin à l'esclavage en Afrique.
Le nombre d'esclaves razziés avait tellement augmenté dans la deuxième moitié du XIXe s. après l'arrêt de «l'exportation» vers l'Amérique, qu'il a entraîné des combats violents des la part des rois du Dahomey par exemple contre la France, celle-ci ayant tari cette source de revenus.
Quant à la Mauritanie, officiellement abolitionniste récente, elle compte encore de 2 à 4 pct d'esclaves.

Michel HAFAYEDH a dit…

Hélas, nos ancêtres Amazigh musulmans et juifs étaient des intermédiaires et des brokers entre les chefs de tribu qui fournissaient leurs ´sujets’ dans ces transactions d’esclavagisme des noirs africains. Cette pratique d’esclavagisme des noirs existait depuis le temps des carthaginois où tout prisonnier devient un esclavage, peu importe la couleur de sa peau ou ses origines...

Anonyme a dit…

Christophe Colomb fut le précurseurs qui a fait venir les conquistadors d'Espagne: ce fut le massacre des incas, des tribus indiennes etc.... et des esclaves noirs qui ramaient sur les négriers avant de servir comme des betes dans les champs de coton !!!! C'est normal que les noirs l'aient en mauvaise odeur...... Einstein n'a pas créé la bombe atomique mais on l'associe a cette arme redoutable étant donné que sa formule de la relativité a évolué en fission de l'atome !!!!! C'est idem pour Christophe Colomb : sa découverte de l’Amérique a entraîné le génocide d'ethnies complètes ainsi que l'esclavagisme des noirs! C'est pourquoi les noirs d'aujourd'hui se vengent sur sa statue !

Anonyme a dit…

C'est pas un prêtre catholique qui a conseillé d'aller chercher les nègres car les indiens ne tenaient pas le coup :toujours malades ?

Marianne ARNAUD a dit…

Il n'est pas inutile de rappeler que l'organisation de monde antique reposait sur l'institution de l'esclavage.
Mais pourquoi l'Église ancienne n'a-t-elle pas songé à abolir l'esclavage ?
La réponse ne serait-elle pas que les premiers disciples de Jésus, qu'ils soient juifs ou païens, ne pouvaient trouver dans les Écritures juives aucune condamnation du système esclavagiste ?
Citons cependant, le Pape Jean VIII, qui dans sa lettre - Unum est - de septembre 873, aux princes de Sardaigne, les exhorte à affranchir leurs esclaves.
C'est le Pape Paul III qui s'est trouvé au coeur du débat sur l'esclavage des Indiens d'Amérique.
Le 29 mai 1537, par une lettre au cardinal Juan de Tavera, il dit soutenir Charles Quint dans sa démarche d'abolition de l'esclavage.
Le 2 juin 1537, dans "Veritas ipse", il confirme le droit de l'homme à la liberté et à la propriété, incluant dans sa lettre, "tout autre peuple éventuel existant ou qui viendrait à être découvert."
Le 9 juin 1537, ces courriers sont confirmés par la bulle "Sublimis Deus".

Très cordialement.

Acacia52 a dit…


Merci Madeleine de nous rappeler que l'organisation du monde que ce soit en Europe ( le servage ) ou en Chine ou en Afrique ..... a reposé sur l'esclavage depuis la nuit des temps... L'Eglise catholique a eu fort à faire pour adoucir les moeurs au Moyen Age mais l'esclavage repose sur l'utilisation de la force humaine et a perduré jusqu'a ce qu'il soit remplacé aujourd'hui par les machines ...
Avec une machine pour le linge, la vaisselle et les produits industriels que nous achetons notamment les vêtements autrefois réalisés à la maison etc... nous disposons à la maison de la force d'environ une dizaine d'esclaves.....