Je n’ai jamais été un militant. Persuadé que tôt ou tard je pouvais être sommé de penser et d’agir contre ma raison, je n’ai formellement adhéré à aucun groupement. En outre, si j’avais fait partie d’un mouvement quelconque, révolutionnaire ou nationaliste, par exemple, j’aurais été de ces militants qui continuent la lutte après la victoire.

Albert MEMMI

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dimanche 5 juillet 2020

La guerre des Juifs, discriminations, l'ennemi intérieur par BAZAK


LA GUERRE DES JUIFS, DISCRIMINATIONS, L’ENNEMI INTÉRIEUR

Par BAZAK



          Joseph Ben Matthatias, né à Jérusalem en 37/38 avant notre ère, plus connu sous son nom romain Titus Flavius Joseph, nous a laissé un ouvrage de référence : la guerre des Juifs, qui relate la vie des Judéens du premier siècle. Il fut témoin de la destruction de Jérusalem en 70. Et alors ? Quel rapport avec notre temps ? Au delà des événements déjà très difficiles que vit le pays, Israël est confronté à une autre «guerre des Juifs» la discrimination identitaire et religieuse des russophones. Non content participer à une discrimination auto créée par le groupe ultra orthodoxe, les rabbins sont à l’origine d’une nouvelle forme de division des citoyens.





Yosef et Lau

Dernièrement, le monopole du rabbinat en matière de conversion au judaïsme a été renforcé. Il place désormais des obstacles supplémentaires à la conversion. Par la même, cette situation attise et creuse encore un peu plus les conflits et différences avec la diaspora, dont Israël a absolument besoin. Ce qui est vrai aujourd’hui et risque de l’être encore plus demain. Personne ne sait ce que sera la politique américaine après l’élection de novembre. On voit bien que le projet d’annexion a lourdement divisé les communautés juives dans le monde.
            Le grand rabbin séfarade Yitzhak Yosef, dans une déclaration aussi violente qu’inutile contre les immigrants russes, met ce problème en lumière. La réalité est que les deux Grands Rabbins séfarade et ashkénaze, Y. Yosef et David Lau, ont imposé l’application d’une halakha (loi juive) au quotidien, des règles de vie extrêmement strictes, notamment en matière de contrat de mariage, certificat de judaïsme. Ces mesures ont pour effet d’éloigner ces citoyens encore un peu plus du judaïsme. Même si depuis, le grand rabbin a revu sa diatribe, le mal est fait. Ces hommes et femmes sont des sionistes, grands supporters d’Israël avec leurs motivations. Cette situation les place en position de citoyens et de Juifs de deuxième classe. Ces mesures sont de nature à diviser encore un peu plus les différentes composantes de la population, comme si c’était utile présentement !.
Soldat d'origine éthiopienne

Les récents problèmes rencontrés avec la communauté Falasha en témoignent, si besoin était. Il est grand temps que le monopole du Grand Rabbinat soit revu et substantiellement modifié sinon supprimé.
On estime à 1,2 millions les Israéliens d’origine russe dont environ un tiers sont considérés comme athées, bien que certains eux se considèrent comme juifs, voire même pratiquant la Halakha, quand bien même ils ne seraient pas considérés comme juifs à ce titre !
       Qu’ils soient athées ou halakhiques, ils sont citoyens israéliens, fréquentent l’école publique, font des études à l’université, accomplissent leur service militaire. Ce qui n’est pas le cas d’une partie de la population, qui paradoxalement se considère comme plus juive que juive, les ultra orthodoxes. En résumé, cette partie de la population vie, souffre, remplit ses obligations sans réserves. Malgré ces évidences, le grand rabbinat les déconsidère et les traite avec la plus grand méfiance comme non juifs ( Goyim)
Chacun sait qu’il n’existe pas de mariage civil en Israël. Le Grand rabbinat et ses alliés politiciens ultra orthodoxes ont, jusqu’à maintenant, réussi à bloquer toute mesure qui permettrait de briser ce monopole. De sorte que ces Israéliens à 100% n’ont pas la possibilité de se marier autrement que sous contrôle du rabbinat qui leur oppose des conditions toujours plus complexes qu’ils ne peuvent que très difficilement remplir ou pas du tout.
Ce double standard continue à poser de sérieux problèmes, dès lors que ces citoyens sont israéliens, ils ne devraient pas faire l’objet de discriminations. Les nouveaux arrivants de Russie ou d’Ukraine, sont confrontés aux mêmes difficultés. Des mariages célébrés par des rabbins orthodoxes ont été remis en cause par le grand rabbinat qui a considéré que les règles halakhiques n’avaient pas été respectées. Chaque année le grand rabbinat examine environ 4.500 dossiers pour valider la judéité d’Israéliens qui doivent prouver leur origine juive.  Ce qui reste une expérience très humiliante. Le trait s’aggrave quand il s’agit de décès où les familles doivent apporter la preuve que le défunt était bien juif. A défaut, il ne peut pas être enterré dans un cimetière juif, ou à la rigueur dans un carré spécial séparé d’un muret. Ce qui constitue une double humiliation y compris dans la mort.
Immigrants d'Ukraine

Il est actuellement question d’amender la Loi du Retour, qui modifierait la possibilité d’appliquer la «clause du grand père» qui permet d’obtenir la citoyenneté. Mais à quoi bon vouloir rétroactivement créer de tels problèmes à cette communauté de citoyens à part entière,  qui paye ses impôts, accomplit le service militaire ?  On n’exige pas des citoyens arabes, druzes ou chrétiens d’Israël de se marier sous l’égide du grand rabbinat, pourquoi ne pas laisser le choix aux Israéliens juifs ?
Choisir ou subir ? La seule solution réaliste doit être la réforme complète des institutions afin de supprimer ce monopole et de permettre aux citoyens de choisir leur mode de vie spirituelle, de se marier religieusement ou pas. On sait bien qu’Israël n’est pas un pays comme les autres, mais on ne peut pas en permanence ignorer les réalités et laisser le pays subir un monopole qui constitue une punition permanente pour une partie de sa population qui ne démérite en rien. Tout le monde ne peut pas en dire autant.


3 commentaires:

2 nids a dit…

Merci pour cet article, en ce qui me concerne pour entrouvrir la vérité familliale, j'ai entrepris de faire une analyse A.D.N. sur mes origines, chose que refuse encore l'état Français...comme par hasard..
Ma mère fut une enfant cachée et dans le déni depuis 1945, comme imposé dans tout le pays..
Résultat, je suis Juif à 100% du côté de ma mère et surprise 13% du côté de mon père
Bien sur, de nombreux Rabbins n'acceptent pas ce genre d'analyse, qu'importe, pour moi, ils sont dans l'idolâtrie et non dans la recherche de la Vérité
Leur but devrait être le "rassemblement des 12 tribus d'ISRAEL" et que font ils..? ils les divisent pour mieux les manipuler..?
Quelle perte de temps...

Marianne ARNAUD a dit…

Félicitations, monsieur Bazak, pour cet article courageux où vous reconnaissez qu'une partie des citoyens israéliens souffrent des discriminations du rabbinat.
Mais comment pourrez-vous faire admettre aux Juifs, dans leur ensemble le : "Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu" de l'Évangile, qui est à l'origine de la République laïque française ?

Très cordialement.

Bazak a dit…

Merci Mme Arnaud et Mr 2 nids pour votre intérêt. A mon sens- tous ces problèmes persisteront, aussi longtempsque la religion voudra s’imposer au collectif au lieu de se limiter à l’individu et âme et conscience. D’autant plus que la communauté juive, dans sa dimension en Israel et hors Israël présente une grande diversité, dans sa façon d’appliquer les préceptes.cela suppose une stricte séparation entre la religion et l’etat moderne que veut être Israel, start-up nation. Le problème identitaire israélien ne peut pas etre exclusivement du ressort du Rabbinat. Il faudra, tot où tard, reformer le système electoral, condition sine qua non en vue d’une reforme des institutions.sauf erreur de ma part, on attribue la formule «  rendre à Cesar ce qui appartient à Cesar » au rabbi Yeoushayaiou, appelé plus tard Jesus, en réponse à la question, faut il se révolter ou payer aux Romains, les lourdes taxes imposées au peuple Judéen. Réponse ...rendons...
Reference, l’effigie de Cesar frappée sur les pièces de monnaie. Quant aux évangiles, il me semble qu’elle ne concernent que la religion chrétienne, tant dans la forme e sur le fond et je ne vois pas le lien avec le judaïsme.
Bien cordialement,