Je n’ai jamais été un militant. Persuadé que tôt ou tard je pouvais être sommé de penser et d’agir contre ma raison, je n’ai formellement adhéré à aucun groupement. En outre, si j’avais fait partie d’un mouvement quelconque, révolutionnaire ou nationaliste, par exemple, j’aurais été de ces militants qui continuent la lutte après la victoire.

Albert MEMMI

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dimanche 26 juillet 2020

La côte-d'Azur bénit le coronavirus



Billet d’humeur

LA CÔTE D’AZUR BÉNIT LE 
CORONAVIRUS

Par Jacques BENILLOUCHE
Copyright © Temps et Contretemps
             
Lalaland désertée

        Affirmer qu’une région de la côté d’Azur est heureuse du coronavirus peut être considéré comme incongru, voire provocateur. Mais c’est un fait avéré au moins pour Cannes, Juan-les-Pins et Antibes. Ces villes n’avaient plus connu depuis longtemps un tel engouement touristique. Cette année sera une année record car les Juifs, habitués à se rendre à Netanya et Ashdod, ont été interdits d’Israël et de leur plage attitrée de Lalaland à Tel-Aviv. Aucune exception pour les Juifs et plus grave encore aucune exception pour ceux qui disposent d’une résidence secondaire en Israël. 


Juan les Pins

       C’est ainsi que l’on constate que les lois israéliennes sont votées par des technocrates, inconscients des conséquences de leurs décisions. Les parents ont été punis et, ni leurs enfants, ni leurs petits-enfants n’ont eu droit à une quelconque dérogation pour les sortir de la solitude. Quand d'autres imposent des restrictions pour les Juifs, Israël n'a rien fait pour les siens. 
            Alors les Juifs de la Capitale ont retrouvé le chemin de la «côte et de Juan» pour le grand plaisir des hôtels et des commerçants de la région. Tout a été préparé en un temps record par des organisateurs ingénieux. D’abord une grande plage «casher» a été réservée pour les adeptes d’une nourriture conforme aux lois de la Halakha, la loi juive. L’interdiction d’utiliser de la monnaie le samedi a été résolue légalement. Les utilisateurs de la plage peuvent commander et payer le jeudi leur «dafina» du samedi, coucous, loubia, pkaila, nikitouche. Ils retrouvent ensuite leurs mets habituels servis au bord de la plage, sans transgresser les lois juives.
Cette plage est bondée, non seulement en raison de la nourriture spéciale, mais par atavisme d'une communauté recherchant toujours le vivre «ensemble», tous entassés, pour le plaisir de rencontrer des amis que l’on n’a pas le temps de voir à Paris.

            Et pour les nostalgiques d’Israël, Gérard Sarfati de Levallois a ouvert une petite «gargote» typique où les chawarma, viandes disposées en tranches fines sur une broche tournante, et grillées verticalement, sont servis dans des pitas pour rappeler les plages de «là-bas». Les végétariens ne sont pas oubliés avec les fallafels, ces boulettes de pois chiches broyés et épicées puis frites dans l'huile. La crise du coronavirus ne semble pas être parvenue jusque dans ces villes.
Chawarma

Mais il existe un réel risque pour Israël car les Juifs français peuvent se réhabituer à ce qui avait fait la réputation de la «côte» française. Ils peuvent constater la différence des prix en raison d’un shekel fort, à la fois dans la restauration et dans l’hôtellerie, voire dans les locations d’appartements. Ils retrouvent la même convivialité. L’an prochain, ils pourraient à nouveau déserter les villes israéliennes devenues trop chères pour un Français moyen. Trois saisons sont en danger, juillet-août bien sûr, mais la période de Pessah, la Pâque juive, et les fêtes de fin d’année juive (Tichri) en septembre.
Israël s’est toujours désintéressé des Juifs français. Après les avoir incités, dans les périodes économiques sombres, à ouvrir des comptes en Israël pour aider l’économie en berne à l’époque, il les a abandonnés en rase campagne quand leurs comptes ont été bloqués par des banques dont l’ingratitude avait dépassé toutes les bornes.

De la même façon, après les différents salons immobiliers organisés tous les ans en France pour favoriser l’achat d’appartements de "vacances" par les Français, le gouvernement leur interdit aujourd'hui de s’y rendre parce qu’ils sont d’abord considérés avant tout comme des étrangers. Des immeubles entiers sont vides aujourd'hui alors que par solidarité ils auraient pu héberger des propriétaires juifs cherchant un refuge sanitaire en Israël. Certains, écœurés, ont prévu de vendre leur bien à la première occasion ce qui ne manquera pas d’influencer le marché immobilier déjà touché par le coronavirus.
Tout un pan commercial risque de souffrir ou de s’effondrer non seulement par la pandémie, mais surtout par la décision irréfléchie de bureaucrates uniquement penchés sur les courbes de la contamination. Les organisateurs de banquets, les propriétaires de salles de fêtes et certains kibboutzim vont voir s’échapper une clientèle qui trouvera d’autres lieux pour fêter un mariage ou une bar mitzva. La pandémie risque d’être dramatique économiquement pour les mois à venir en Israël. Juan-les-Pins a donné le signal.

10 commentaires:

andre a dit…

Tout ce qu’a écrit Jacques Benillouche est exact ....mais incomplet !
Juan les Pins c’est pour les anciens , Deauville c’est déjà plus dans le coup et beaucoup de Tunes sont au Résidence Hotel de Gammarth près de Tunis. Il y a également beaucoup de monde à Mykonos, à Paros, à Santorin ...
De plus pourquoi reprendre le refrain lancinant de «  c’est la faute de Bibi » ?
Il y a une pandémie , il n’y a pas de vaccin et un confinement serait fatal à l’économie et aux classes sociales défavorisées , celles qui attendent leur salaire pour payer le loyer et les super !
Alors ceux qui seraient venus embrasser leurs enfants sabra et occuper leur résidence secondaire se font une raison .
La vie avant tout !
Il reviendra le temps des grandes tablées , des pints de bière Et des controverses sur la manière de refaire le monde !
André Simon Mamou
Tribune juive

Jacques BENILLOUCHE a dit…

@André Mamou

J’ai fait un article exhaustif sur la côté d’Azur et non pas sur tous les lieux de villégiature sur la base d’un témoignage d’un ami d’Israël sur place et qui me donne de manière quotidienne sa correspondance. Je n’avais pas vocation à tout savoir sur les lieux de vacances des "tunes".

Je n’ai jamais prononcé le nom de Netanyahou dans l’article mais en tant qu’idolâtre vous le voyez partout et vous prenez même la liberté de citer une phrase imaginaire entre guillemets pour faire plus véridique alors que je ne l’ai jamais écrite ni même pensée.

Mon article ne comporte que des faits avérés.

Michael BOUTBOUL a dit…

Il signe André Mamou, Tribune juive, pour faire un peu de pub à son site en perdition ?

On ne le lit pas souvent et il ferait mieux de mettre sa plume dans l’encrier au lieu de déblatérer sur les autres.

Si son Bibi est si bien que cela, pourquoi ne vient-il pas vivre en Israël pour donner de sa personne ?

andre a dit…

Jacques Benillouche , quand on fait des reproches aux dirigeants israéliens on sait qu’ils s’adressent d’abord à celui qui est à leur tête ! Ça saute aux yeux ! Quant à Monsieur Boutboul qui y va de sa perfidie, qu’il sache que ma signature est André Simon Mamou pour me distinguer d’un homonyme ! Et si j’ajoute Tribune juive c’est pour qu’il reconnaisse ! Quant à Tribune juive , il a raison ! Depuis le début de l’année on n’a réussi qu’à doubler le nombre de nos lecteurs , on visait davantage . Et on peut lui en envoyer les preuves !
Bonne semaine et portez vous bien
André Simon Victor
Tribune juive

Nelli ROUXEL TAL a dit…

Je crois malheureusement que cette pandemie a et va pousser chaque pays a se replier sur lui-meme. J'entends par la que tout le monde restera dans son pays que ce soit en France ou en Israel ou ailleurs. Vous avez raison sur le comportement des banques mais que faire. En tant qu'israeliens, nous avons le meme traitement que vous sinon pire. Pour ce qui est de vendre un bien en Israel, il faut rester confiants et patients et ne pas vendre, et tout rentrera dans l'ordre et tous les juifs francais pourront venir en Israel.

B.S a dit…

Je confirme cannes fait le plein cet été

Marianne ARNAUD a dit…

J'espère qu'on voudra bien me pardonner de m’immiscer dans cette disputation judéo-juive, pour constater que le seul changement notoire sur la Côte d'Azur, sera le remplacement des Arabes par les Juifs parisiens.

Et quand je dis Arabes, je vous rassure, il s'agit de vos amis arabes des Émirats du Golfe qui avaient leurs habitudes estivales sur notre Côte d'Azur, et à qui l'État a décidé, pour cause de Coronavirus, de faire des difficultés à leur atterrissage en France, cette année.

bliahphilippe a dit…

Trois observations 1) Bien que je ne les porte pas dans mon coeur-mais qui aime les banques?-vous faites ici un mauvais procés aux banques israéliennes. Les controles drastiques portant sur les tranferts de fonds sont imposées à Israel par l'UE.
A défaut d'y satisfaire pleinement elles sont menacées de cesser toutes relations commerciales avec l'UE laquelle on s'en doute se ferait un malin plaisir de souligner et sanctionner toute défaillance israélienne.
C'est ce que m'expliquait un employé de banque contrit obligé de réclamer des justificatifs agaçants.
Pour l'application de ces mesures,hélas, comme partout ils se trouve des employés plus zélés que d'autres.Il faut souvent discuter à l'échelon supérieur.
2) Je ne crois pas que ce soit une bonne chose pour les juifs de se regrouper masivement par affinités culturelles et cultuelles relativement fermées sur soi dans des lieux précis de villégiature et plus encore par les temps qui courrent en France. Que des commercants s'adaptent en tout humour juif :-"quoi, moi antisémite en pleine saison?"- ne signifie pas,loin de là une sympathie ou une adhésion de la part de l'environnement pour ne pas dire plus, les juifs étant souvent naifs ou inconscients quant à la perception de leur comportement.
J'en sais quelque chose pour en avoir assez vu ou entendu à ce sujet sans qu'il soit besoin pour qui veut le comprendre de s'étendre sur ce sujet.
3) Le gouvernement israélien pas plus ni moins que bcp d'autres dans le monde navigue à vue
avec cette crise du corona alimentée de nouvelles contradictoires.
Lorsqu'on sait à quel point les mesures sanitaires de protection ne sont pas respectées en France par une population peu docile et donc à risque il apparait difficile d'ouvrir sans restriction les frontiéres aériennes lors meme que d'autres pays pésent cette décision à contre coeur.
Pour le reste concernant les habitudes alimentaires saines consistant à déguster en plein été couscous bkaila falafel et schwarma je m'en rapporte aux gouts de chacun. Bon apéttit!

Anonyme a dit…

Je rentre de cannes, en effet c'est plein à craquer mais pas partout, d'habitude je vais plutôt à Juan mais je n'ai pas trouver une bonne location en front de mer, à Juan les resto cacher c'est vraiment pas top et il n'y a pas grand monde même à Cannes à part deux resto sinon c'est très calme, au mois d'août ça va être chaud.

Unknown a dit…

Les défaillances des uns font l'avantage d'autrui si bien Qu'on se console du sauf qui peut mais la vie et longue et se qui est aujourd'hui sera différent demain apprécié un moment n'est pas l'éternité alors gardons nous bien de ce fait car tout va vite.
Sachons que des imprévus peuvent bouleverser en 1 seconde tout un monde
On le vois alors pas de moraleni de jugement surtout pour notre eretz Israël c'est ici la réponse à tout nos questions.