Je n’ai jamais été un militant. Persuadé que tôt ou tard je pouvais être sommé de penser et d’agir contre ma raison, je n’ai formellement adhéré à aucun groupement. En outre, si j’avais fait partie d’un mouvement quelconque, révolutionnaire ou nationaliste, par exemple, j’aurais été de ces militants qui continuent la lutte après la victoire.

Albert MEMMI

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vendredi 31 juillet 2020

Antisémitisme : la question que personne ne pose par Michèle MAZEL



ANTISÉMITISME : LA QUESTION QUE PERSONNE NE POSE

La chronique de Michèle MAZEL


Un légionnaire monte la garde devant une synagogue à Marseille

Périodiquement la presse européenne, et tout particulièrement la presse française, consacre de longs développements à l’antisémitisme. Ainsi Le Monde dans un éditorial du 2 novembre 2017 : «C’est une maladie mortelle qui refuse de s’éteindre. L’antisémitisme a encore frappé en France, en cette Toussaint 2017».  Aujourd’hui c’est au tour du Figaro : «Le Covid-19 engendre une vague d'antisémitisme dans le monde qui inquiète» lit-on dans le journal du 27 juillet qui rapporte qu’une cinquantaine de plaintes auraient été déposées depuis mars pour des actes ou propos antisémites en France. 




La veille, un grand quotidien israélien signalait lui que la France détenait le record de tweets antisémites avec 9.150 au cours des deux derniers mois sur les 14.181 enregistrés à cette époque dans toute l’Europe, soit largement plus de la moitié. Et pourtant… qui cherche vraiment d’où vient cette haine, pour reprendre le titre d’un article récent ? Si de maladie mortelle il s’agit, quelle en est le cause ?  Il y aurait bien quelques pistes mais les médias ne se hasardent pas à les approfondir.  Pas question de montrer du doigt les enseignements de l’islam, car cette religion d’amour et de paix ne peut être rendue responsable des propos et des actes de certains de ses fidèles qui n’ont pas bien compris son message d’amour et de paix.


Hors de cause aussi les tenants du BDS et autres partisans de la destruction d’Israël, car ce n’est pas le peuple juif qui est leur cible mais seulement son État – et d’ailleurs eux non plus ne peuvent être rendus responsables des propos et des actes de certains militants qui n’ont pas compris qu’être antisionistes ne signifiaient pas être antisémites. Pas question de critiquer un système éducatif qui évite soigneusement de donner aux enfants une base historique et objective pour connaître l’histoire du peuple juif et qui se garde bien d’évoquer des sujets - comme par exemple l’holocauste - qui fâchent certains éléments qualifiés de «jeunes issus de l’immigration et/ou de quartiers défavorisés».
Les professeurs ne sont pas payés pour se faire insulter ou agresser. Pourrait-on alors parler de la responsabilité de l’Église, l’enseignement de la haine et du mépris pour les Juifs, qualifié de peuple déicide, les siècles de persécutions ? Mais le concile Vatican II a balayé tout cela en 1965 en proclamant Nostra Aetate qui dit clairement : «les Juifs restent encore, à cause de leurs pères, très chers à Dieu…..ce qui a été commis durant la Passion ne peut être imputé ni indistinctement à tous les Juifs vivant alors, ni aux Juifs de notre temps».
À Jérusalem, le 26 mai 2014, le Pape François au Kotel avec le rabbin Abraham Skorka et l'imam Omar Abboud.

 Évidemment ce texte n’a été publié qu’il y a un tout petit peu plus d’un demi-siècle et la nouvelle n’est pas encore arrivée partout. Ce n’est pas la faute de l’Église si quelques ignorants, comme le président de la France insoumise, continuent à soutenir que ce sont «ses compatriotes» qui ont mis Jésus en croix au mépris d’ailleurs de la vérité historique : ce sont des soldats romains qui l’ont crucifié sur l’ordre d’un gouverneur romain.
Bref, on se perd en conjectures sur ce qui peut expliquer la pérennité d’un antisémitisme pourtant universellement condamné.    


4 commentaires:

bliahphilippe a dit…

Voyons, reprenons les éléments de recherche énoncés :
1)L'Islam -religion d'amour de paix- ne saurait porter évidemment aucune responsabilité quant à ses adeptes s'adonnant à la haine des juifs. A coup sur, ils n'ont pas lu ou mal compris son message essentiel. Une université supérieure d'enseignement du Coran réformé, purgé des textes litigieux s'imposerait pour empécher le passage à l'acte -dit "islamisme" par amalgame de mauvais aloi- de s'accomplir du fait de quelques trublions incivils si vils . Mais le diplome en question étant délivré à la naissance, abandonnons cette idée.
2) Aucun journal à l'instar du Quai d'Orsay distributeur de leçons de morales universelles comme "Libération" ou "le Monde" et combien d'autres sur le Web qui ne cessent d'attiser la haine contre Israel et le sionisme ne portent également la moindre responsabilité. Ceux-ci d'ailleurs, se gardent bien d'incriminer l'Islam dont la pureté reste aussi intouchable que la personne du Prophéte. Les survivants de Charlie-Hebdo en témoignerait y compris les adeptes non encore égorgés du :"vous n'aurez pas ma haine".!! 3) L'enseignement de la Shoah empéché -mais par qui-on se perd en conjectures, aucune supposition ne pouvant etre émise à ce sujet au risque de se heurter à... mais à quoi et à qui exactement?" Tu'te demandes "comme dirait Coluche! 4) Les mouvements antisionistes style BDS fleurissant dans les mairies vertes et communistes ne peuvent etre antisémites-d'ailleurs ne comptent-ils pas des juifs parmi leurs membres? 5)Les catholiques ayant mal digéré l'enseignement hors mépris trop tardif des dirigeants de l'Eglise qui se sont mépris sur une petite période de quinze siécles? Soit, mais sont-ce eux qui fulminent dans les media, sont-ce eux qui se livrent à la chasse aux juifs dans leurs maisons, y compris celles de priéres et leurs écoles? Non si antisémitisme chrétien dangereux existe encore il s'est déplacé de plus fort vers un laicisme plus porteur dans ses valeurs de moraline et d'amour universels certes gauchistes mais devenues plus qu'une idéologie : une religion pas moins hostile aux juifs que celle dont elle est issue ou dont elle s'est appropriée le sacerdoce.
Certes l'influence de l'environnement n'est pas étranger à des réactions introverties mais d'où vient la menace réelle contre les juifs? Fort de ces questions sans réponses-permettez d'en rire- en voilà quand meme deux sur lesquelles tout le monde pourrait se mettre d'accord sans perdre le sens de l'humour:
-L'antisémitisme est irrationnel
-L'origine de la haine ?: la haine des origines.
Une proposition à creuser dans le cadre d'une étude sérieuse, le retour aux sources-bibliques peut-etre?- bien compris permettant un éclairage certes désespérant dans une société obnubilée à faire table rase du passé, mais utile à comprendre la marche du monde, celle sur laquelle un trop grand nombre trébuche.

Michèle Mazel a dit…

Faut-il le souligner? Cet article est évidemment à lire au second degré.

bliahphilippe a dit…

@Michèle Mazel: chére madame accordez- moi le crédit d'avoir apprécié votre article également au 3 iéme degré. "Je vous ai compris".

Jacques galazka a dit…

Il faut aussi voir du côté de tous les médias qui depuis plus de 50 ans partagent les mêmes idées sur l etat Juif .le JT de 20 heures a l l heure de la soupe ,est le meilleur vecteur de la haine d Israel.