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mardi 5 mai 2020

Le ciel s'éclaircit pour Biden face à Trump


LE CIEL S’ÉCLAIRCIT POUR BIDEN FACE À TRUMP

Par Jacques BENILLOUCHE
Copyright © Temps et Contretemps
           

          On ne donnait aucune chance à Joe Biden de battre Donald Trump aux élections présidentielles du 3 novembre 2020. Mais le coronavirus est venu à son secours pour menacer une élection acquise d'avance. Ce n’est que dans ces derniers jours que les partisans de Trump réalisent le danger et que la droite israélienne s’inquiète de l’élection d’un démocrate à la Maison Blanche allant jusqu’à dire, pour marquer les esprits certainement, que l’existence d’Israël est en jeu.




            Il est vrai que beaucoup d’Américains ne voteront pas pour Biden en fonction de leur approbation de son programme politique mais pour leur aversion et leur antipathie pour le président Trump. Beaucoup de griefs sont portés contre le président actuel mais il arrivait à surfer sur des résultats économiques exceptionnels en ce qui concerne la croissance et le taux de chômage réduit au minimum incompressible. 
          Les Israéliens pardonnent à Trump sa conduite et son comportement, son auto-promotion incessante et sa partisanerie extrême parce que, selon eux, sa politique internationale fait rêver Israël. Il est inflexible au Conseil de sécurité de l’ONU, il a reconnu Jérusalem comme la capitale d'Israël et la souveraineté d'Israël sur les hauteurs du Golan ; il se montre discret face aux actions militaires contre la Syrie et le Liban. Il s’est retiré de l’accord nucléaire iranien en appliquant des sanctions américaines qui ont frappé l’économie iranienne et diminué les capacités de nuisance iraniennes au-delà de ses frontières. Il agit comme un allié parfait. Mais le coronavirus vient de remettre tout en cause.
            Netanyahou redoute l’élection de Joe Biden qui adopterait une politique inverse de celle de Trump puisque en tant que vice-président, il avait cautionné l’accord nucléaire. Il pense qu’il mettrait fin aux sanctions économiques avec le risque de relancer les actes terroristes iraniens. Les mollahs risquent alors de menacer sérieusement l’existence de l’État d’Israël.

            Il ne fait aucun doute que Joe Biden n’est pas un ennemi d’Israël, bien au contraire mais la droite israélienne pense qu’il serait incapable de contenir les ambitions destructrices de l'Iran.  Ils pensent qu’avec Barack Obama, il s'est trompé sur tous les grands problèmes de politique étrangère et de sécurité nationale au cours des quatre dernières décennies. Bien sûr il s’agit d’une accusation partisane mais il est certain qu’il n’aura pas une attitude inconditionnelle vis-à-vis d’Israël, sans pour autant mettre en danger l’État juif.
            Mais les Israéliens ont tendance à se voiler la face sur les réelles intentions de Donald Trump à l’égard du Proche-Orient. Il est prêt à reconnaître l’annexion des territoires mais avec de sérieuses réserves : «Comme nous l’avons constamment et clairement établi, nous sommes prêts à reconnaître les actions israéliennes d’élargissement de la souveraineté et l’application de la loi israélienne dans les secteurs de Cisjordanie qui, selon le plan, seront intégrés à l’État d’Israël». Mais on feint d’ignorer que l’Administration américaine pose ses conditions et a adopté une position plus nuancée : «dans un contexte où le gouvernement d’Israël acceptera de négocier avec les Palestiniens sur les bases définies par le plan de vision du président Trump». En effet le principe de la négociation avec les Palestiniens est prérequis : «L’annexion aura lieu dans le cadre d’une offre faite aux Palestiniens d’obtenir leur propre État sur la base de termes et de conditions spécifiques, de dimensions territoriales et d’un soutien économique généreux. C’est une opportunité sans précédent et hautement bénéfique pour les Palestiniens».
            Il est donc clair que Trump n'acceptera une annexion qu'en contrepartie d'une déclaration de principe du gouvernement israélien selon laquelle il proposerait un État aux Palestiniens avec une configuration géographique acceptable pour eux. Il sera ferme vis-à-vis d’Israël et n’acceptera l’annexion qu’une fois le processus engagé, lorsque Israël aura démontré sa bonne foi et soumis des propositions sérieuses ne se heurtant pas à un refus palestinien.

            La réélection de Trump n’est plus acquise automatiquement. Le camp démocrate, qui n’espérait plus, s’est soudain réveillé et les soutiens de poids pour Biden se multiplient : Barack Obama, Hillary Clinton, Nancy Pelosi, les sénateurs Bernie Sanders et Elizabeth Warren … 
       Mais si le coronavirus pénalise Donald Trump, il gêne aussi la campagne de Joe Biden. Confiné chez lui depuis plus d’un mois, le candidat démocrate à la Maison-Blanche reste peu audible dans un pays centré sur la crise du coronavirus. La pandémie a tout paralysé alors qu’il doit combler l’avance prise par Donald Trump avec le risque de transformer l’élection en un référendum sur Trump. Par ailleurs, Joe Biden n’est pas à l’abri d’une campagne sale avec des accusations farfelues de dernière minute. Mais les Américains sont crédibles dès qu’il s’agit de voyeurisme.
Jeremy Ben Ami

            Joe Biden est en meilleurs termes avec les lobbies pro-israéliens alors que l’AIPAC boude la politique de Netanyahou. Bien sûr il est inconditionnellement adopté par J Street dont le président Jeremy Ben Ami vient de déclarer : «Nous tous, dans la communauté pro-israélienne et pro-paix, savons que la voie vers un avenir meilleur commence par la défaite de Donald Trump aux urnes».
            Joe Biden a clairement exprimé sans ambiguïté sa position lors de la réunion vidéo annuelle de l'AIPAC: «Je soutiens Israël et un État palestinien. Les Israéliens se réveillent chaque matin face à une menace existentielle de leurs voisins. Il existe une menace constante à laquelle Israël est confronté à sa frontière sud avec la bande de Gaza». Mais s’il a confirmé qu'il soutiendrait toujours Israël, il croit également en une solution à deux États pour les Palestiniens. Il s'est également engagé à lutter contre l'antisémitisme et contre les boycotts d'Israël : «Je m’opposerais toujours à l'antisémitisme, qu'il provienne de la gauche, de la droite ou du centre. Chaque génération doit se battre pour les valeurs de l'Amérique afin de s'assurer que le pays ne cède pas à la haine».
            L’ancien vice-président a également déclaré qu’il reconnaîtrait toujours le droit d’Israël à exister en tant qu’État juif. Il a exhorté les groupes terroristes basés à Gaza, le Hamas et le djihad islamique palestinien, à mettre fin à leurs attaques à la roquette constantes contre Israël, et a appelé l'Autorité palestinienne à cesser de lancer des attaques terroristes contre les Israéliens. Pour Joe Biden : «Il n'est pas nécessaire d'être anti-palestinien pour être pro-israélien».  Il a qualifié la situation dans les territoires palestiniens de «crise humanitaire». Il a également déclaré que l'annexion par Israël des colonies de peuplement est un obstacle à l'accord de paix israélo-palestinien. Mais sa conclusion est encourageante : «Il n'y a rien que nous ne puissions pas réaliser quand Israël et les États-Unis sont unis».
            L’élection, qui était perdue d’avance par Joe Biden, est remise sur le tapis. Trump ne joue plus sur du velours. La situation économique et sanitaire, dégradée suite au coronavirus, ne plaide plus en sa faveur.

7 commentaires:

Harry NUSSBAUM a dit…

Jacques, vous écrivez que "la politique internationale de Trump fait rêver Israël".
Je dirais plutôt que "la politique internationale de Trump fait dangereusement délirer Israël" !
Sa loghorrée démagogique flatte les illusions et les fantasmes de beaucoup d'israéliens qui ont perdu le sens des réalités.

andre a dit…

Quand on va au champ de courses , on joue le cheval qui a le plus de chances de gagner et dont la victoire rapportera plus !
Une élection présidentielle aux USA est très difficile à prévoir en raison de leur système électoral né de leur fédéralisme !
Il ne faut pas mélanger ses propres souhaits avec la réalité sur le terrain . Aux États Unis , la réélection du Président est toujours fonction des résultats économiques . Les électeurs américains se décident selon les jobs qu’ils ont ou qu’ils pourraient avoir pour eux ou pour leurs enfants !
Cette fois ci Trump ne peut rien contre la pandémie et Biden encore moins !
Que vont décider les électeurs ? On l’ignore pour le moment . Mais pronostiquer Biden c.est jouer le cheval ou l’écurie qu’on préfère plutôt que ceux qui vont gagner !
André Mamou
Tribune juive.info

Jacques BENILLOUCHE a dit…

@André

Informer et expliciter les faits n'est pas pronostiquer.

andre a dit…

Biden peut se vanter de quoi ? Il a été sèchement écarté de la candidature par HILLARY que les électeurs ont sèchement écartée.
Il a un fils salarié à très haut niveau par une société sous contrôle russe ,
il traine comme tant d’autres une accusation de harcèlement et son programme est celui de Obama : un peu d’eau tiède dans la tasse !

Malgré tous les commentaires désobligeants sur Trump, le Président sortant conserve toutes ses chances d’être réélu !
André Mamou
Tribune juive

Jacques BENILLOUCHE a dit…

@André Mamou
Tribune militante

Vous avez une drôle de notion du journalisme. Écrire sur quelqu’un, ce n’est pas informer mais le soutenir.
Je comprends à présent pourquoi Tribune Juive est pauvre intellectuellement. C’est un site militant qui ne parle jamais de Gantz, de Lapid, de Biden….

Marianne ARNAUD a dit…

Cher monsieur Benillouche,

Permettez-moi d'ajouter un mon grain de sel à votre joute avec André Mamou, pour constater que tous les rêves sont permis à ceux qui voudraient voir le président Trump perdre les prochaines élections.
Passés de Bernie Sanders "vrai favori démocrate pour 2020" à Joe Biden, voici que les démocrates rêvent de voir Michelle Obama en vice-présidente !

https://www.courrierinternational.com/article/presidentielle-2020-michelle-obama-colistiere-de-joe-biden-les-democrates-en-revent

Mais s'il y a loin de la coupe aux lèvres, il se pourrait aussi qu'il y ait loin du rêve à la réalité !

Très cordialement.

bakoun a dit…

faut il rappeler à André Mamou qui ne l'a sans doute pas oublié que Trump a obtenu moins de voix au suffrage universel(-2.868.686) qu'Hillary Clinton et qu'il ne doit son élection qu'au vote des Grands Electeurs. dans une élection européenne à un ou deux tours il aurait été battu.
Gérard Akoun