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mardi 18 février 2020

Vers un face-à-face Turquie-Russie en Syrie par BAZAK


VERS UN FACE À FACE TURQUIE-RUSSIE EN SYRIE

Par BAZAK

           
          En Syrie, les deux puissances qui par ailleurs entretiennent des relations très ambivalentes, s’affrontent presque ouvertement pour le contrôle de la région stratégique d’Idlib. La Turquie envoie massivement des troupes, des blindés, ainsi que des tanks type LEO, des lances roquettes mobiles de type T 122 Sakaryaet, des canons howitzers de moyenne portée, pour appliquer sa propre stratégie.


Hulusi Akar

            Le ministre de la défense turque Hulusi Akar affirme avoir transmis des messages clairs aux russes en vue de maintenir le cessez-le-feu conclu à Sotch, alors qu’il est violé quotidiennement par les forces gouvernementales syriennes, soutenues par Moscou. L’objectif turc est d’empêcher «le déplacement massif de populations vers sa frontière et  une tragédie humanitaire». On ne peut que s’étonner de cette seconde affirmation, alors que le conflit a déjà causé des centaines de milliers de victimes civiles et l’exode forcée de centaines de milliers d’autres, sans que la Turquie ou la Russie et d’autres ne s’en émeuvent.
            «La Turquie veut éviter un bain de sang», affirme le ministre qui se réfère aux accords d’Adana et de Sotchi, pilotés par la Russie. La Turquie menace d’appliquer un plan B ou C, si ces accords continuent à être violés, précise-t-il, en rappelant que dans le passé son pays avait toujours appliqué les plans annoncés, dont l’opération bouclier de l’Euphrate en 2016, après le coup d’État manqué, Branche d’olivier et Paix de printemps. Selon lui, les forces syriennes, soutenues par Moscou «tuent des civils innocents» encore un scoop ! La Turquie, elle, ne fait pas de victimes. On posera la question aux Kurdes. On s’en doutait, mais maintenant que le ministre nous informe. Le doute n’est plus permis !
            Ankara a sommé Damas, de cesser les combats à Idlib avant fin février, mais la Syrie ne semble pas entendre. Ces derniers jours, on a dénombré 120 bombardements par l’aviation russe sur les forces retranchées dans le sud et l’est de la région, d’où proviendraient des tirs contre l’armée gouvernementale. Pour le régime syrien, il est vital de contrôler la route M5 de Damas à Hama et Alep ainsi que la route M4 qui donne accès à d’autres localités.

Hay’at Tahrir Al Sham

            Ces zones sont actuellement occupées par diverses milices, dont les djihadistes d’Hay’at Tahrir Al Sham filiale d’Al Qaeda qui est la milice dominante du secteur avec d’autres milices, ses alliées. Les forces gouvernementales ont conquis plusieurs localités à l’est et au sud d’Alep dont Al-Eis au sud, passage stratégique. Les États- Unis ont soutenu les milices qui s’opposaient à Al Qaeda, pensant faire une bonne opération. Il s’est avéré que toute l’aide fournie, militaire et financière a été ensuite transférée à Al Qaeda. Parallèlement l’armée turque entretient de «bonnes relations» avec ces milices qui s’opposent, elles aussi, à l’armée syrienne. Ces alliances, troubles pour le moins, se traduisent par des accrochages et des victimes entre les deux armées.
            Pour la Turquie, l’objectif est d’empêcher tout prix ce déplacement de l’ordre de 600 à 700.000 personnes. Les organisations humanitaires ont dû cesser leur activité. La multiplication des accrochages risque de conduire à un élargissement des combats et peut être même à un face à face direct entre Russes et Turcs, aux objectifs manifestement divergents. En dépit des liens entre Turquie et Russie, Moscou ne laissera pas le président Erdogan dépasser les lignes rouges qu’il a fixées. Sa crédibilité dans la région en dépend et on connaît l’habilité de Wladimir Poutine à manœuvrer.
            Pendant ce temps, les civils continuent à payer un lourd tribut. Où sont donc les Européens, l’ONU et tous ceux qui n’ont de cesse que de condamner Israël leur bouc émissaire préféré ? La haut-commissaire aux Droits de l’homme a beau jeu de répertorier dans son bureau la liste des entreprises qui auraient des activités dans les implantations. Elle ferait bien mieux de se rendre en Syrie et prendre des notes sur place !


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