Je n’ai jamais été un militant. Persuadé que tôt ou tard je pouvais être sommé de penser et d’agir contre ma raison, je n’ai formellement adhéré à aucun groupement. En outre, si j’avais fait partie d’un mouvement quelconque, révolutionnaire ou nationaliste, par exemple, j’aurais été de ces militants qui continuent la lutte après la victoire.

Albert MEMMI

LE BEST-OF DES ARTICLES LES PLUS LUS DU SITE, cliquer sur l'image pour lire l'article


 

dimanche 2 février 2020

Rachida Dati par Maxime Tandonnet



RACHIDA DATI

Par Maxime TANDONNET


            


          Rachida, je la connais très bien, comme collègue au cabinet de Nicolas Sarkozy puis comme ministre de la Justice. Elle concilie sagesse, dynamisme et force de caractère, des qualités qui se trouvent rarement réunies chez la même personne. Le défi qu’elle s’est donné, celui de la reconquête de Paris martyrisé, mérite toute notre attention et notre soutien. Rachida Dati fait campagne seule, et ne fait aucune concession. Comment expliquer que sa stratégie fonctionne si bien ? Que devraient en retenir les autres candidats LR aux municipales ?



            Plusieurs facteurs expliquent sa réussite. D’abord, elle s’est forgé une belle image dans sa mairie du 7ème arrondissement depuis 2008. Elle n’est pas parachutée, elle dispose d’un ancrage parisien depuis plus de dix ans et d’une réputation positive, de proximité et d’efficacité. Ensuite elle donne une image de dynamisme, de volonté et de pragmatisme. Elle n’avance pas à «reculons», elle montre qu’elle y croit et tient un discours de victoire. Elle manifeste une énergie qui plaît, voire qui impressionne, rappelant consciemment ou inconsciemment, celle de son mentor Nicolas Sarkozy en 2007. Elle est claire et sans ambiguïté dans ses propositions, elle ne fait aucune concession aux modes idéologiques : elle veut remettre de l’ordre à Paris, par exemple rendre aux bois de Vincennes et de Boulogne leur vocation d’accueil des familles, rétablir en partie la circulation sur les voies sur berges. Enfin, elle est droit dans ses bottes, refuse toute concession et toute compromission, notamment avec les candidats en Marche.
            Aujourd’hui, Dati a créé une vraie une vraie dynamique, et est donnée deuxième par les sondages juste derrière Anne Hidalgo (20% contre 23%) et devant Benjamin Griveaux qui est de 16% des sondages. N’est-ce pas là la preuve que LR doit sortir de sa réflexion au regard de potentielles alliances avec LREM et que les candidats LR aux municipales peuvent remporter les élections locales seuls ?
            Oui, il existe un potentiel électoral pour la droite dont les idées et les valeurs, à condition d’être clarifiées, pourraient être majoritaires dans le pays, en matière de sécurité, d’immigration, de politique économique et sociale, d’éducation. Son grand problème aujourd’hui est qu’elle est écartelée entre LREM et le RN. Elle a le sentiment qu’entre les deux son espace démocratique est réduit et ne suffit plus pour gagner des élections. Les difficultés rencontrées par le quinquennat Macron, son impopularité et son échec annoncé aux municipales rouvrent un horizon à la droite. L’exemple de Rachida Dati montre qu’elle peut s’en sortir à la condition toutefois de rejeter toute compromission – car les électeurs détestent les manœuvres politiciennes – et de montrer qu’elle a un projet clair et précis notamment axé sur le rétablissement de l’autorité de l’État dans le pays avec une volonté déterminée de le mettre en œuvre.
            En optant pour cette stratégie, LR pourraient-ils créer la surprise et consolider leur ancrage local ? La difficulté est que cette stratégie dépend beaucoup de la personnalité des candidats. Mme Dati incarne déjà quelque chose à Paris. En outre, elle a été ministre de la Justice pendant plus de deux ans. Donc ce n’est pas seulement affaire de stratégie mais aussi de personnes. 
          Cependant, elle montre en effet la bonne ligne : celle du refus des compromissions ou de la tentation de l’alliance avec LREM et de l’énergie conciliée avec le respect des principes républicains. Il faut aussi un discours clair autour du besoin de rétablissement de la paix civile que ressent plus que jamais le pays. Il faut répondre au besoin de démocratie et de dialogue authentique, de respect du peuple qui s’exprime un peu partout. À ce prix, un bon résultat de LR aux municipales est envisageable et permettrait d’aborder l’avenir et d’ouvrir une espérance pour les prochaines échéances de 2022, présidentielles et législatives.

2 commentaires:

bliahphilippe a dit…

Tout à fait d'accord sur votre article élogieux du personnage. Souhaitons lui bonne chance!

2 nids a dit…

Franchement, faire"du lèche botte" à ce point, ça devient lamentable!
Laissez Rachida dans sa mairie du 7ième, il semblerait que vous oublié un peu trop vite ses "casseroles", relisez le Canard Enchainé ainsi que médiapart en autre au lieu de ce déni si caractéristique de ce pays la France..!