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jeudi 13 février 2020

Les Arabes israéliens, des citoyens entre colère et ressentiment par BAZAK


LES ARABES ISRAÉLIENS, DES CITOYENS ENTRE COLÈRE ET RESSENTIMENT

Par BAZAK

           
Députés arabes
          La période est difficile pour ces deux millions de citoyens israéliens. Le dévoilement du plan américain, quelques semaines avant la troisième élection est le point d’orgue d’une dégradation progressive des relations de ce groupe de citoyens avec le reste du pays et ses dirigeants. 
Le plan soutenu par les colons et l’extrême-droite, prévoit des échanges de terres et de population, qui feraient basculer 250.000 citoyens israéliens arabes du côté de l’Autorité palestinienne. 



Universitaires israéliens
          Quel que soit notre propre sensibilité, peut-on facilement imaginer et accepter que d’un trait de plume ces citoyens, dont le plus grand nombre aujourd’hui n’a connu qu’Israël avec tous les avantages et les contraintes que cela suppose, soient purement et simplement transférés sous le régime de l’Autorité palestinienne dont tout le monde, eux compris, connaît la corruption, l’arbitraire et tous les autres vices d’un régime non démocratique, en place depuis la dernière élection législative de 2006.
            Voudrait-on s’aliéner cette population et renforcer leur ressentiment envers le reste de la population israélienne, qu’on ne s’y serait pas pris autrement. On rappelle les faits ; juillet 2018 Israël est proclamé État nation du peuple juif. Cette formulation sera le premier choc. Le premier ministre vient d’ailleurs de la rappeler, en invitant «les Palestiniens à reconnaître Israël comme état Juif». Vient ensuite l’hébreu comme seule langue officielle, or on sait que la plupart des documents officiels, les textes juridiques etc… sont bilingues, que les panneaux de signalisation sont même trilingues ce qui est exceptionnel ! Ce sera le second choc frontal.
            Il est à craindre que ces chocs successifs ne conduisent cette population à se mobiliser contre cette situation qui leur donne le sentiment d’être devenus une monnaie d’échange et des citoyens de seconde zone.

            Au-delà, on peut imaginer que le Hamas saisira cette situation pour renforcer sa présence parmi une population qui, sans être un soutien actif du gouvernement, restait passive. Peut-être même ce troisième choc et catalyseur qu’est le plan américain, permettra-t-il à Mahmoud Abbas d’organiser des élections, mais rien n’est moins sûr, car tout l’appareil du Fatah corrompu ne voudra pas abandonner le gâteau qu’il se partage depuis des années.   Les Arabes israéliens savent parfaitement quels sont les avantages de vivre en Israël et au fond, aucun d’eux ne veut passer sous le contrôle de l’Autorité palestinienne ou du Hamas, mais on ne doit pas sous-estimer les motivations idéologiques de la jeunesse et des étudiants.
            Jusqu’à maintenant le pays pouvait être fier de cette coexistence pacifique et exemplaire dans la région. Il est à craindre que l’accumulation de ces décisions successives ne changent l’attitude de ces citoyens qui ne constitue pas moins de 20% de la population totale du pays.
            Parallèlement, la Liste arabe unie fera sans doute le même score que précédemment, voire peut être mieux, et représente le troisième parti en Israël. Toutefois ses dirigeants ne sont plus en phase avec ces électeurs de sensibilités très variées, coincés entre les positions radicales du Hamas et de l’AP et les perspectives du plan américain. On parle même de «dégagisme» de ces mêmes députés double-face.
            Les manifestations ont déjà commencé, les étudiants de leur coté, les villageois du leur. Personne ne peut préjuger sur quelle nouvelle situation, elles peuvent déboucher.  N’est-on pas en train de créer une nouvelle catégorie de désespérés, avec tous les risques connus que cela comporte ? Là aussi, le temps de l’aggiornamento et du printemps arabe israélien est sans doute venu.

1 commentaire:

Yaakov NEEMAN a dit…

Petite remarque sémantique. Pourquoi dit-on "arabes" alors qu'en fait il faudrait dire "musulmans" ? Effectivement, il y a des "arabes musulmans" et des "arabes chrétiens". Peut-être que le seul mot de "musulman" nous fait peur, non ? Que cache ce glissement sémantique, adopté par tout le monde ?