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vendredi 7 février 2020

Laïcité et Blasphème par BAZAK


LAÏCITÉ ET BLASPHÈME

Par BAZAK
            

          L’affaire Mila, cette adolescente lycéenne, qui a critiqué, à sa manière et avec ses mots, l’islam comme religion a déclenché une vive polémique dans tous les médias et suscite de nombreuses questions. Cette lycéenne est victime d’une forme collatérale de djihad scolaire. Elle a pratiquement été chassée de son lycée par des élèves musulmans. Elle reçoit des menaces de mort. Elle a été mise sous protection policière.  


            
          A l’heure actuelle elle est déscolarisée depuis deux semaines.  Ce phénomène prend de l’ampleur sans que les pouvoirs publics ne s’émeuvent outre mesure, ni ne prennent des mesures radicales pour y mettre fin.  Enfin presque, le ministre de l’éducation «cherche des solutions».  Il ajoute maintenant «nous voulons l’aider dans la discrétion». Comme souvent se terminent certains articles bien intentionnés, on se perd en conjecture sur ce qu’il faut comprendre. Concrètement, ce ne sont pas les djihadistes scolaires anti républicains en infraction qui sont pénalisés mais leur victime.
            La situation est dramatique. En effet, si, comme a cru devoir le souligner le ministre de l’intérieur et des cultes, «le blasphème n’est pas un délit», à la différence de l’incitation à la haine, alors pourquoi l’autorité de l’État, que ces deux éminents ministres représentent, ne prend t-elle pas des mesures pour réintégrer cette lycéenne là où est sa place, au lycée en Isère. Car dans le cas contraire, c’est l’autorité de l’État contestée, voire bafouée, qui sera responsable de sa déscolarisation, ce qui serait contraire aux lois de la République !
            S’agit-il alors d’un manque de courage et d’un calcul purement électoral, sinon ces deux motifs, qui pèsent sur toute action ? On s’attend à un très mauvais résultat du parti majoritaire aux prochaines élections municipales ou s’agit-il d’une forme de capitulation devant ce qui constitue une dégradation et mise à mal de la laïcité et de l’école publique, donc son bien le plus précieux, l’éducation. On a déjà vu des conférenciers et intellectuels se voir interdire l’accès de certaines universités ou Grandes Écoles, c’est maintenant l’école publique qui est mise à mal ! Les enseignants ne sont pas préparés à affronter ces situations de discriminions. Finalement c’est un déni même de l’école républicaine, car l’État n’a rien mis en place jusque là pour les y aider voire les inciter à adopter une attitude en conformité avec la laïcité à la française. La contester, c’est mettre en cause son principe même.
            La gauche, à quelques exceptions près, est globalement absente du débat, comme souvent. Ségolène Royal a cru bon de s’exprimer : «une adolescente qui manque de respect», sans rien apporter à la polémique en cours. Cette gauche et les islamo-gauchistes plus largement, veulent certes être laïcs mais peinent à prendre des positions qui le refléterait.

            Le délégué général du CFCM, Abdallah Zekri, dans une déclaration ambivalente, a cru bon de préciser «qui sème le vent récolte la tempête» et d’ajouter «qu’elle l’avait bien cherché, qu’elle assume». Devant le tollé provoqué, son président Mohammed Moussaoui a rétropédalé en déclarant condamner toutes les menaces contre Mila. Pendant que le parti LFI, par la voix de son ex porte-parole Raquel Gerrido qualifie l’affaire MILA de «diversion du gouvernement». C’est un mauvais argument, car dans la période actuelle, le gouvernement s’en serait sans doute passé. Enfin l’extrême-droite soutient MILA.
            Il est grand temps que les plus hauts responsables de l’État mettent un terme à une polémique qui n’aurait jamais dû avoir lieu. La laïcité ne soufre pas de renoncement, de reculades, de compromis ! Si on prétend faire autre chose, qu’on le dise.


2 commentaires:

Véronique Allouche a dit…

« Mila a d’abord été insultée par les plus cons, puis menacée par les plus fanatiques, et enfin abandonnée par les plus lâches. »extrait du dernier article de Riss, directeur de Charlie Hebdo et rescapé du 7 janvier 2015. Il sait de quoi il parle car c’est exactement ce cheminement qui a abouti à cette abominable tuerie de la rédaction de ce journal. Pour autant cette tragédie n’aura pas ouvert les yeux de nos dirigeants car si « La laïcité ne souffre pas de renoncement, de reculades, de compromis ! » comme vous l’écrivez très justement, ils se plient un peu plus chaque jour à l’asservissement et au désaveu de celle-ci.

Marianne ARNAUD a dit…

Effectivement, il serait grand temps de mettre un terme à cette polémique, et même à toutes les autres ! Mais le président Macron en a-t-il la possibilité, si même il en avait la volonté ? Rien n'est moins sûr, lui qui va de dérapage en dérapage, jusqu'à avoir criminalisé la France depuis l'étranger, au point que certains se demandent très sérieusement s'il n'a pas "pété les plombs" :

https://www.causeur.fr/president-macron-pete-les-plombs-172123

Quant à sa malheureuse Garde des Sceaux, Nicole Belloubet, professeur agrégé de Droit et ancien membre du Conseil Constitutionnel, elle estime que "l'insulte à la religion, est une atteinte à la liberté de conscience", en semblant ignorer que le droit au blasphème est inscrit, que cela lui plaise ou non, dans la fameuse Constitution dont elle est une spécialiste !

Les polémiques ont toutes les chances d'aller bon train longtemps encore !