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mercredi 15 janvier 2020

Retour des djihadistes, confrontation ou résignation par BAZAK


RETOUR DES DJIHADISTES, CONFRONTATION OU RÉSIGNATION

Par BAZAK
             

          Les plus récents évènements en Syrie et en Irak, nous rapprochent de l’heure du choix. Notre démocratie et plus largement les pays d’Europe ne sont pas prêts à affronter la situation créée. On voit bien à travers tous les débats, que nous n’avons pas pu ou pas su ou peut-être pas voulu, prendre la mesure du défi lancé à la démocratie occidentale par le salafisme, dont nous sommes l’ennemi numéro un.


Tribunaux d'exception

            Comme personne ne croyait au «terrorisme de l’intérieur» ; on a le plus grand mal aujourd’hui à appréhender la situation déjà créée, qui est hors du contrôle de l’Etat de droit. Pendant la guerre d’Algérie, nous avions des tribunaux d’exception. Ce n’est plus le cas. L’Europe toute entière, à des degrés différents, s’interroge encore sur sa capacité à mettre sur pied une cour pénale internationale capable de juger ses «terroristes nationaux» comme il faut bien les appeler, sans parler des «autres»
         Ce projet ne verra pas le jour, faute d’unanimité et de vocation claire. La situation confine à l’absurde lorsqu’on prétend juger selon le droit en vigueur qui n’a jamais été pensé pour de telles circonstances. A telle enseigne que ceux déjà incarcérés, bénéficient d’une libération automatique anticipée conforme à la procédure judiciaire en vigueur. De plus, sur base du droit actuel, il restera à apporter des preuves. A défaut, les accusés seront purement et simplement relâchés. On sait tout cela mais on ne fait rien pour adapter la législation à cette situation exceptionnelle, alors que la France est si prompte à générer des lois, domaine dans lequel nous excellons.
Djihadistes français en Irak

            Nombre d’experts n’ont cessé de plaider pour la déradicalisation des terroristes en devenir ou déjà avérés. L’expérience a montré que c’est un combat voué à l’échec. La seule méthode qui aurait pu produire des effets eut été la prévention. C’est dépassé. Nos prisons sont devenues de centre de formation du terrorisme. Alors notre ministre de la défense est allé conclure un accord au terme duquel les terroristes prisonniers en Irak y seraient jugés, mais on voudrait leur éviter la peine de mort. C’est une contradiction de plus. On préfère que ce soient les autres qui condamnent, mais selon nos critères !
            On a déjà eu suffisamment d’attentats pour imaginer ce que pourrait être la suite.  La défaite sur le terrain de Daesh a déplacé et relancé ses actions en Europe, en s’attaquant à tous les pays membres de la coalition soit en Irak soit en Syrie. Dans le même temps, la Libye est devenue une base de plus pour les mouvements terroristes, comme le devient le Sahel ces derniers mois (voir Sahel, l’or des djihadistes novembre 2019). 

        L’idéologie salafiste, strictement religieuse à l’origine, est devenue un véhicule qui s’adresse désormais à une population plus large qui se considère comme déshéritée, voire laissée pour compte par nos démocraties européennes. A partir de ce constat, le recrutement de nouveaux adeptes est élargi à une population carcérale d’abord et en souffrance dans nos banlieues.
            On a bien compris qu’aucun de nos pays n’a les moyens humains et matériels de mettre un policier derrière chaque terroriste sur le retour ou en devenir. Dans ces conditions, il faut se rendre à l’évidence, nous sommes dans une situation inédite, qui réclame une approche adaptée. Beaucoup contestent cette approche qui réduirait nos libertés, qui permettrait l’arbitraire. Alors faudra-t-il attendre encore combien de drames de plus, demain dans une église, un temple, une synagogue, une salle de spectacle, un grand magasin, pour prendre conscience de ce ver qui ronge le bon fonctionnement de la démocratie ?

            A situation d’exception, il faut des moyens exceptionnels, d’investigation, de police, de droit, à défaut d’accepter cette confrontation inédite, nous passerons directement à la résignation avec toutes ses lourdes conséquences. Par tolérance mal comprise, ne faisons pas l’erreur, de ne pas reconnaître qu’il s’agit d’une guerre avec un ennemi dont l’idéologie et l’objectif affichés sont la destruction de la société occidentale sans aucune tolérance.  Qui voudra en prendre la responsabilité ? Demain se joue aujourd’hui.

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