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lundi 20 janvier 2020

Les nouveaux habits du Hezbollah par BAZAK


LES NOUVEAUX HABITS DU HEZBOLLAH

Par BAZAK

            

          L’organisation terroriste l’avait rêvé depuis plusieurs années, Trump et Soleimani l’ont fait. D’affidé fidèle subordonné à l’Iran, le Hezbollah devient un allié et un partenaire de premier rang au sein de la coalition menée par l’Iran, après avoir été sous ses ordres. Le 5 janvier, le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, constatait «l’absence de  réciprocité dans les représailles de l’Iran et l’absence de cible américaine comparable» après l’élimination du général et  celle d’Abu Mahdi, chef de la milice chiite des Forces iraquiennes de mobilisation, affidée de la force al Qods.



            Il poursuivait en réclamant des mesures de vengeance contre la présence américaine dans la région mais en précisant que  «Les civils devraient être épargnés, mais toutes les bases hébergeant des troupes sont les cibles à viser». Il est peu probable que le Hezbollah engage une confrontation directe avec les États-Unis, prenant en compte les tensions à l’intérieur du mouvement et la situation avec Israël.
            Depuis des semaines la dégradation croissante de la situation du Liban constitue un problème de plus car, de protecteur qu’il était «contre la menace israélienne», il est devenu une des causes du mécontentement de la population. Parallèlement, l’organisation a subi de sérieuses pertes en Syrie où elle combat aux cotés de l’Iran. De plus, deux thèses s’affrontent en interne, entre la faction la plus extrémiste et la faction plus politique. L’une veut chercher à déclencher une guerre ou au moins un harcèlement permanent contre Israël pour regagner en sa faveur l’opinion publique. L’autre plus politique, malgré les outrances verbales continues de son chef, veut maintenir la pression sans devoir subir une réaction massive d’Israël qui la mettrait en réelle difficulté.
            Depuis son origine l’organisation terroriste n’a cessé de renforcer ses moyens militaires ; elle a augmenté également ses capacités en matière de cyber-guerre. Elle possèderait des milliers de missiles dans des rampes souterraines.
            Depuis sa création au début des années 80 le Hezbollah a poursuivi deux objectifs : le premier devenir un acteur incontournable de la politique au Liban, puisqu’il avait réussi à contrôler le gouvernement, actuellement démissionnaire, au sein duquel ses ministres et alliés étaient en place, afin de renforcer le pouvoir chiite, religieux et économique, jusqu’à la crise en cours.
            Le second objectif, était de devenir un allié et partenaire de l’Iran, avec voix au chapitre, et de participer pleinement à un soi-disant «arc de résistance» constitué de l’Iran, du régime Syrien, du Hamas  ainsi que de diverses milices chiites à l’origine de l’attaque contre l’ambassade américaine de Bagdad. Le Hezbollah, voudra désormais faire entendre ses objectifs qui pourraient constituer une surenchère aux revendications iraniennes.
            Devant ses nombreuses difficultés au Liban et à l’extérieur, on peut s’attendre à ce que l’organisation déclenche des opérations contre Israël qui se trouve en période électorale et pourrait avoir des hésitations sur le plan militaire.
            C’est une des analyses faites par l’organisation. On se rappellera qu’en 2006, les opérations contre Israël se sont finalement traduites par d’énormes destructions du côté libanais. Symétriquement le Hezbollah craint également une attaque préventive et conjointe de l’Amérique et d’Israël. Donc autant d’éléments qui vont dans le sens d’opérations prochaines et isolées destinées à prévenir une telle intervention massive. Les intérêts américains, notamment des camps d’entrainement avec l’armée libanaise, pourraient être les premières cibles. Ses capacités avérées en matière de cyber guerre et moyens de brouillage électronique pourraient également créer des problèmes de communications dommageables à cette présence militaire et diplomatique sur place. 

            Dans la situation actuelle, il n’est pas du tout sûr que l’opinion publique, déjà exaspérée par sa situation très difficile, suive l’organisation. Certains pensent même que ce serait un pas de plus vers un conflit ouvert entre l’opposition libanaise et le Hezbollah.  Aujourd’hui, en raison de son alliance intime avec l’Iran et le partage, sans nuance,  de son idéologie anti américaine et anti israélienne face aux menaces intérieures au Liban, le groupe terroriste voit dans une reprise mesurée des hostilités envers Israël sa seule voie de sortie pour maintenir son rang d’allié de premier rang et revendiquer ainsi être la «ligne de front face à l’impérialisme américain et son allié israélien».  Ce n’est pas par hasard si Israël renforce actuellement ses défenses sur la frontière nord, notamment contre les tunnels de pénétration. Si la situation devait s’aggraver, Israël serait sans doute amenée à anticiper et à déclencher une opération dissuasive.


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