LE BEST-OF DES ARTICLES LES PLUS LUS DU SITE, cliquer sur l'image pour lire l'article


 

mercredi 22 janvier 2020

Gesticulations autour d'un nouvel hôpital à Gaza


GESTICULATIONS AUTOUR D’UN NOUVEL HÔPITAL À GAZA

Par Jacques BENILLOUCHE
Copyright © Temps et Contretemps
           
Personnel médical pour Gaza

          Une organisation américaine privée a décidé de construire un hôpital de campagne au nord de la bande de Gaza. L’ONG Friend Ships a pour mission de développer et soutenir des programmes d’aide humanitaire et de développement dans le monde et de sensibiliser l’opinion publique et les décideurs aux défis auxquels font face certains pays. La prise de position politique n'est pas sa vocation. C'est pourquoi, Israël a autorisé l’entrée du matériel hospitalier. 


Lieu de la construction de l'hôpital
          L’Autorité palestinienne ne cautionne pas ce projet et même s’y oppose. L'hôpital de campagne est condamné par le ministère de la Santé de Mahmoud Abbas qui affirme que «le projet d’hôpital américain n’est pas innocent et que ses objectifs sont dangereux». L’AP va plus loin dans ses allégations en prétendant que «l’hôpital était géré par la CIA. Son objectif n’est pas de soigner les Palestiniens malades, mais de faire des expériences et d’être un partenaire dans le trafic d’organes humains. L’administration américaine et la CIA, qui supervisent actuellement l’hôpital et son personnel, l’ont transféré dans les districts du sud de la Palestine (c’est-à-dire la bande de Gaza) pour servir les Etats-Unis en tant que station d’alerte, de surveillance et d’espionnage où ils ont été installés». Ces accusations ne sont pas étayées par des faits. 
            Le ministère de la Santé de l’Autorité palestinienne y voit une raison politique car il considère comme une «mesure délibérée d’Israël de séparer définitivement et complètement la bande de Gaza et la Cisjordanie en empêchant tout lien à quelque niveau que ce soit entre notre peuple dans les deux parties de la patrie». Certaines sources, relayées par la Ligue Arabe, vont jusqu’à affirmer qu’Israël effectuait des expériences médicales sur des prisonniers et volait les organes d’organes de terroristes morts. L’Autorité palestinienne sait pourtant que, par absence de structures médicales à Gaza, les malades sont contraints de se rendre en Cisjordanie et parfois en Israël pour les cas extrêmes. Y voir un motif politique dans ce projet est d’une inconscience totale.

Chantier de l'hôpital

            Le Hamas, craignant un sabotage autour du chantier de construction du centre médical, a décidé de renforcer la sécurité autour de la zone de construction. Un point de contrôle a été établi au nord de la bande de Gaza pour sécuriser l’emplacement. Il s’agit pour le Hamas de contrôler et de surveiller les mouvements des personnes à l'intérieur et autour de l'hôpital. Des hommes armés du Hamas se sont déployés à 70 mètres de l'hôpital américain donnant ainsi un argument à l'Autorité palestinienne pour prétendre qu’il s’agit en fait d’une base militaire pour espionnage. Pourtant, avec les moyens technologiques actuels, les États-Unis n’ont pas besoin d’être sur place pour «espionner».
            Ce projet d’hôpital a suscité des controverses et des critiques et entraîné des accusations entre toutes les factions palestiniennes. L'organisation américaine Friend Ships, qui pilote le projet, a commencé en novembre 2019 la construction de l'hôpital près du passage à niveau de Beit Hanoun. Des photos et des clips vidéo de travailleurs installant du matériel hospitalier près du passage à niveau ont été publiés mais cela n’a pas empêcher la controverse de se développer au sein des réseaux sociaux qui mettent le doute sur l’autorité qui supervisera l’hôpital et sur la nature réelle de son travail. L’Autorité palestinienne s’élève contre cette construction qui est intervenue après que les États-Unis ont coupé toute aide aux Palestiniens.

            L'Autorité palestinienne, appuyée par le Fatah, est convaincue que l'hôpital est en fait une base de sécurité américaine avancée dans la bande de Gaza, conçue pour mettre en œuvre le plan de paix de Trump ayant pour objectif de séparer Gaza de la Cisjordanie. Elle accuse le Hamas d’être complice avec les Américains et rejette totalement ce plan qui, en fait selon eux, aurait pour but de séparer économiquement le Hamas du Fatah.
            Le Hamas s’est engagé à fermer l’hôpital de campagne s’il s’avérait qu’il ne remplissait ses fonctions médicales et s’il existait des failles sécuritaires. Il persiste à déclarer que l’hôpital de campagne ne lui a pas été imposé et qu’il, se trouve pour l’instant en période de test pour finaliser son existence. Le Hamas est convaincu que l'hôpital aiderait le peuple palestinien à répondre aux besoins médicaux locaux manquants. 
Dr Masad Barhoum, médecin arabe israélien à la tête du second plus grand hôpital du pays
          Cela dépend évidemment de la qualité des médecins, des chirurgiens et des infirmières. Plusieurs médecins internationaux ayant promis leur concours, il est pratiquement certain que certains cadres médicaux arabes israéliens puissent apporter leur concours dans une opération strictement pacifique. Cela consoliderait les liens pacifiques entre communautés et éloignerait tout risque de guerre généralisée.
Hôpital de Gaza

            Une délégation de professionnels américains est déjà sur place pour à travailler sur le nouvel hôpital ; de l'équipement médical est encore attendu. Installé sur un terrain de 40.460 m² ou près de 40 dounams, à 200 mètres du passage d’Erez, anciennement occupé par un hôpital militaire de Tsahal, il va récupérer en partie l’équipement médical qui se trouvait dans l’hôpital de campagne à la frontière d'Israël avec la Syrie. Le reste de l'équipement a été offert par des ONG américaines. Le Qatar a fait don d'un million de dollars au projet.
            Le Hamas soutient le projet de l'hôpital, dans le cadre de ses efforts désespérés pour empêcher l'effondrement des services de santé dans la bande de Gaza, mais tous les autres groupes terroristes de Gaza s'y opposent. Cela n’est pas étonnant tant ils prônent la mort plutôt que la vie et la paix. Ils estiment, dans un argument fallacieux, que l’hôpital est trop proche de la frontière et qu’il peut être envahi par Tsahal à tout moment comme si l’armée israélienne avait l’habitude de s’en prendre aux hôpitaux.
L'Unrwa à Gaza

            Il est vrai que les terroristes de Gaza ne peuvent soutenir aucune action pacifique car leur idéologie reste la destruction d’Israël, même au prix de celle de Gaza. Par ailleurs, ils ont effectivement peur que la solution de la crise sanitaire à Gaza réduise encore plus l’importance de l’Unrwa (Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient) qui finance des activités douteuses à Gaza et qui a été privée de l’aide américaine par Donald Trump. En effet, l'administration Trump avait critiqué l'UNRWA en 2018 et suspendu puis coupé tous ses financements parce qu’elle accusait l'organisation de perpétuer le conflit israélo-palestinien en étendant le statut de réfugié à des millions de descendants, plutôt que le statut uniquement aux réfugiés d'origine, comme c'est la norme pour la plupart des populations de réfugiés dans le monde.
            Le Hamas craint donc que les terroristes utilisent leurs armes et leurs explosifs contre l’hôpital, d’où la décision qu’il a prise de sauvegarder la sécurité du bâtiment et du personnel du nouvel hôpital par des moyens militaires.  


2 commentaires:

bliahphilippe a dit…

Il y'a tellement dans le monde de populations misérables dont ni elles ni leurs dirigeants ne nourrissent le terrorisme ni ne professent la haine d'Israel ,des populations qui crévent de faim et de maladies- lesquelles survivant dans des hopitaux de campagne -ne sont pas abreuvées de millions de dollars par les institutions internationales gouvernementales ou non ou par des pays comme le Qatar .
Dans ces conditions, franchement il y'a de quoi trouver ridicule voire inutile de s'interesser à ce probleme de Gaza...
Y ajoutant qu'au lieu d'investir les dons et subventions dans l'armement militaire les Gazéens pourraient etre autosuffisants dans le domaine hospitalier et qui sait ,alimentaire. Comme on dit on ne saurait les plaindre de maux dont ils sont responsables.
Quant au personnel "humaniste" non islamisée je lui souhaite beaucoup de chances de passer les mailles du filet lors "des jours de la colére" palestinienne.
La représentation diplomatique française à Gaza qui pourtant ne ménage ni sa peine ni son affection débordante pour eux en a fait les frais : elle a failli disparaitre brulée avec ses occupants!

ingrid Israël-Anderhuber a dit…

D'accord globalement avec ce qu'a dit Bliahphilippe. En effet, les Palestiniens ont suffisamment de soutien parmi les Musulmans d'autres pays arabes riches qui ont effectivement les moyens financiers de mettre en place ce genre d'équipement médical, alors que viennent faire les USA ici quand ailleurs des populations non hostiles à Israël manquent absolument de TOUT, notamment dans le domaine médical ?!