LE BEST-OF DES ARTICLES LES PLUS LUS DU SITE, cliquer sur l'image pour lire l'article


 

lundi 16 décembre 2019

L'inquiétude des Français par Michèle MAZEL



L’INQUIÉTUDE DES FRANÇAIS

La chronique de Michèle MAZEL

           

          C’est un scoop extraordinaire que nous offre Le Figaro du 12 décembre. Alors que la France est paralysée par des mouvements sociaux d’une ampleur inouïe ;   que des centaines de milliers, voire des millions de manifestants descendent dans la rue pour protester contre une politique gouvernementale qui rogne leurs revenus et menace leurs retraites, le terrorisme est la première préoccupation des Français. 



            Au terme de la vaste enquête annuelle entreprise sur le thème «Victimation et sentiment d’insécurité», menée par l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) et l'Insee publiée ce jeudi, avec 20% le terrorisme arrive devant la pauvreté (19%) et le chômage (16%).  Vous avez bien lu. Pourtant, avant 2014, c’est à peine s’il dépassait le bas de l’échelle avec moins de 5%. Seulement depuis il y a eu Charlie Hebdo, l’Hyper Casher, le Bataclan, la promenade des Anglais à Nice, les marchés de Noël et bien d’autres.  
            Devenu première préoccupation des Français, le terrorisme avait grimpé à 32% l’an dernier. A regarder de plus près les résultats de cette enquête, rapporte Le Figaro, «le terrorisme est considéré comme le problème le plus important pour les Français âgés de 14 à 49 ans. Et c'est chez les adolescents que cette préoccupation est la plus forte, puisque 26% des 14-17 ans l'identifient comme le principal problème. A partir de 50 et jusqu'à 77 ans, le problème considéré comme le plus préoccupant est la pauvreté. Après 77 ans, il s'agit de la santé». 
            Que les plus âgés se soucient d’abord de leur santé, quoi de plus naturel ; que plus on avance en âge dans un pays où l’on prend sa retraite très tôt, on se demande parfois comment joindre les deux bouts, on peut le comprendre. Mais comment expliquer cette sourde angoisse des adolescents, cette jeunesse, qui représente l’espérance et l’avenir du pays, et celle de qu’il est convenu d’appeler les forces vives du pays ? Pourquoi voient-ils dans le terrorisme le plus grave problème auquel ils sont confrontés ?

            C’est une question que Le Figaro ne s’est pas posée. Sans doute parce que pour y répondre, il aurait fallu parler du terrorisme, de ses manifestations, de ses causes, du vivier dont sont issus les terroristes.  Toutes choses qui sont absolument tabou dans la France actuelle. Malheur à celui qui se hasarde à évoquer l’extrémisme religieux qui est à l’origine d’une majorité des attentats. Il va se voir rabrouer sévèrement, voir rappeler à l’ordre comme ce journaliste qui avait avancé une possible piste islamique dans l’attentat de la préfecture, ou même chassé des plateaux et menacé des foudres de la justice.
            On constate avec quel acharnement les médias se refusent à appeler les choses par leur nom. Dans les statistiques officielles, les agressions antisémites «mineures» sont aseptisées et qualifiées d’incivilités et les plus graves attribuées à des accès de folie subite. Des individus estimés dangereux repérés par les services de sécurité et inscrits au fameux fichier «S» pour «sécurité de l’État» circulent en toute liberté. Évidemment, si l’on se refuse à identifier le problème, on ne peut le traiter. D’où cette inquiétude diffuse qui ne tire aucun réconfort des patrouilles de soldats dans les endroits sensibles et des contrôles renforcés à l’approche de certains sites.

8 commentaires:

bliahphilippe a dit…

On ne peut que féliciter Madame Mazel d'avoir osé les vrais questions que de façon générale les journalistes communs des media francais se gardent de poser.
Sans doute l'auteur en poussant plus loin l'analyse devrait dans un prochain article aussi pertinent que celui-ci oser des réponses qui risquent de s'avérer encore plus délicates en en tirant des conclusions dangereuses sur ces questions demeurées volontairement sans réponse pour ne pas affoler la societé française dont l'inquiétude est justement matérialisée dans le sondage évoqué.
Peut-on aider à les formuler hors du politiquement correct?
La vérité est que sous le poids du nombre d'ethnies étrangéres maghrébines, musulmanes et africaines fortement identitaires aux moeurs, aux valeurs, au comportement et à la religion radicalement différente pour ne pas dire hostile liée a un absolu d'ordre politico-religieux rejetant entre autre la notion de laicité, l'assimilation voire meme une bonne intégration s'avérent un échec au surplus couteux obérant le pouvoir d'achat des francais écrasés sous le poids des impots et autres ponctions nécessaires sur les retraites entre autres.
En témoignage d'echec les"zones de non droit" et la multiplications des "incivilités"rapportées au jour le jour dans une litanie sans fin comme partout en Europe où "ils" se multiplient.
Le gouvernement français en est parfaitement conscient et informé :les propos tenus par Mr Colomb ex ministre de l'intérieur insinuant le risque de guerre civile sont éloquents.
N'importe quel gouvernement-de droite classique ou de gauche - ne peut permettre ni se permettre une guerre civile-qu'il n'est d'ailleurs pas certain de remporter sans dégats considérables par le biais de mesures drastiques et donc se contente de gérer et tenir comme il peut cette situation explosive au moyen de ses AIE (Appareils Idéologiques d'Etats "police ,media, justice) aucun retour en arriére n'étant possible.La France paie ses erreurs passées sans plus pouvoir sortir de ce carcan...sauf revolution armée hypothétique mais à quel prix?
En l'état le pessimisme du homard en cuisson dans la marmite peut se résumer ainsi : "la France risque la catastrophe dans deux hypothéses .1) Si elle subit une guerre civile 2) S'il n'y'a pas de guerre civile.

Jmarz a dit…

Votre analyse est parfaite, le piège s'est refermé.
Un seul point discutable: une guerre civile serait à l'intérieur d'un même peuple; or là il ya 2 peuples: les autochtones contre un peuple envahisseur, il est vrai soutenu par une 5ème colonne incompréhensible.

Jacques galazka a dit…

En effet il est trop tard ,il reste le grave problème des Juifs qui seront les plus "bousculés " par une éventuelle guerre civile .Je regrette l absence d une prise de conscience des instances gouvernementales en Israël qui est nulle ,contrairement a la mobilisation faite pour l alya russe.
Je connais des cas de retour en France ,et cela m affecté beaucoup.

Véronique Allouche a dit…

Je ne partage pas votre pessimisme. Si les journalistes ont une timidité à dire les mots justes, sur le terrain les policiers n’hésitent pas à « neutraliser » les terroristes, dernier en date ce matin même à La Défense. D’où viennent les ordres si ce n’est du gouvernement? C’est de mon point de vue la seule façon de régler le problème plutôt que de dénoncer sans cesse ce que l’on sait et qui pourrait effectivement mener à la guerre civile.
Zemmour qui compare l’islamisme au nazisme ne fait qu’attiser les haines et travaille pour l’extrême-droite. Ce n’est pas le rêve des français!

Elie BENICHOU a dit…

Tres bonne analyse Mr Bliah. Il faut seulement ajouter deux choses à mon sens, qui augurent un avenir tres sombre pour notre Pays.
D’une part la mentalité typiquement française (cultivée et encouragée par la gauche depuis 81), celle de la haine des riches et de l’argent, de la valeur du travail (35h) et celle du besoin constant d’assistanat et de protection de l’Etat. La grève actuelle démontre que la société française est bloquée (pourquoi tous les autres pays européens ont-ils réussi, eux, à se reformer en douceur ? ). Par ailleurs, la France souffre d’une économie en déclassement continu (l’Inde vient de passer devant la France pour son PIB), un pays qui se desindustrialise à toute vitesse. Et dont le poids de l'endettement public qui poursuit sa course folle vers les 3000 milliards dans les 5 ans, va bientôt devenir intenable. Le jour où les taux d'interêts partiront à la hausse, Il n’y aura plus d’argent dans la caisse pour acheter la paix sociale, surtout en direction des banlieues et cette guerre civile que tout le monde pressent et redoute, commencera alors pour de bon.

ACACIA52 a dit…


Merci à l'auteure de son analyse qui interpelle chaque français mais encore faut il raison garder et ne pas dramatiser un probléme réél mais qu'il est encore temps de traiter!
Mais toute prise de conscience est bonne à prendre!

Marianne ARNAUD a dit…

Madame Mazel a dressé le bon constat. Philippe Bliah et Imarz en ont tiré les bonnes conclusions.
Mais on peut encore noter que si inquiétude il y a, elle est aussi du côté du Pouvoir où le Président Macron - qui prépare sa réélection en 2022 - passe de la révolte des Gilets Jaunes de Noël 2018 aux grèves de Noël 2019, et a face à lui les Français qui, à ce jour, soutiennent encore massivement les grévistes.

ulysse75010 a dit…

Il n'y a plus qu'un pas à faire pour tomber dans le précipice : En avant, marche !!