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dimanche 8 décembre 2019

Condamner l'antisémitisme ? oui mais... par Michèle MAZEL



CONDAMNER L’ANTISÉMITISME ? OUI MAIS….

La chronique de Michèle MAZEL

            
            
Cimetière du Bas-Rhin profané. 

       Curieuse session au parlement français où nous dit Le Figaro du 4 décembre : «l'Assemblée valide le texte du parti majoritaire dans la douleur». Il s’agissait pourtant de condamner l’antisémitisme, une proposition qui aurait dû faire l’unanimité. Il n’en a rien été. Sur les 577 députés que compte l’Assemblée Nationale, il ne s’en est trouvé que 154 pour approuver le texte : 72 s’y sont opposés, majoritairement les députés de gauche, socialistes ou communistes, et tous les autres s’abstenant ou n’étant pas présents. 






        C’est qu’il s’agissait d’adopter la définition de l’antisémitisme telle que formulée par l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste selon laquelle «les manifestations rhétoriques et physiques de l'antisémitisme visent des individus juifs ou non et/ou leurs biens, des institutions communautaires et des lieux de culte». Toujours selon Le Figaro, cette définition constitue «un instrument efficace…en ce qu'elle englobe les manifestations de haine à l'égard de l'État d'Israël justifiées par la seule perception de ce dernier comme collectivité juive». D’où une levée de boucliers devant ce que d’aucuns perçoivent comme une condamnation de l’antisionisme.
            Au premier rang desquels on trouve 127 vertueux intellectuels juifs qui dans une tribune publiée par Le Monde, le 2 décembre, appellent les députés à ne pas voter la résolution.  Un appel largement entendu apparemment à voir le nombre de députés frileux quittant la salle pour que leur voix ne soit pas comptée et qu’ils n’aient pas à rendre compte de leur position à leurs électeurs. Plus généralement les opposants à la résolution soutiennent qu’elle rendrait impossible de critiquer la politique israélienne, ce qui n’est pourtant pas le cas, et qu’elle hiérarchiserait les racismes en privilégiant la condamnation de l’antisémitisme.

            Pourtant la diffusion en France du film «J’accuse», déjà vu par plus d’un million de spectateurs, aurait dû rappeler aux uns et aux autres comment un innocent avait pu être condamné au seul motif qu’il était juif. «Que Dreyfus soit coupable, je le déduis, non des faits eux-mêmes, mais de sa race» avait alors proclamé Maurice Barrès. C’est d’ailleurs en observant le procès d’Alfred Dreyfus, que Théodore Herzl, alors chroniqueur d’un journal autrichien, avait compris que la seule réponse à cet antisémitisme virulent était le retour à Sion, l’un des noms de Jérusalem, et la création d’un État juif, programme qu’il a présenté au premier congrès sioniste qui s’est tenu à Bâle en 1897 alors que «L’Affaire» enflammait les esprits en France et en Europe.
            Faut-il le dire, aujourd’hui comme hier, être antisioniste signifie s’opposer à l’existence de l’Etat juif. D’ailleurs les antisionistes autoproclamés comme les partisans du BDS n’en font pas mystère.  C’est en brandissant des drapeaux palestiniens qu’un petit groupe de protestataires avait manifesté devant l’Assemblée Nationale la veille du vote, une banderole proclamant «stop au chantage à l’antisémitisme». Bien sûr, il reste légitime de critiquer Israël, sport très populaire à l’heure actuelle. Ce qui ne l’est pas, c’est appeler à sa disparition, ou couvrir sous le manteau d’un antisionisme à la mode les manifestations d’antisémitisme qui se multiplient en France. Hier encore une centaine de tombes ont été vandalisées dans un cimetière juif d’Alsace, preuve que la haine du Juif poursuit ses victimes au-delà de la mort.

5 commentaires:

Marianne ARNAUD a dit…

Oserais-je rappeler ici, que 1063 insultes et profanations anticatholiques - en forte augmentation de 2017 à 2018 - ont été officiellement recensées, sans que cela n'émeuve trop les media français, qui préfèrent faire silence sur le sujet ?

https://www.letemps.ch/monde/centaines-dactes-profanation-deglises-passes-inapercus-2018

Quant à ce vote à l'Assemblée qui finalement a bien validé le texte sur l'antisionisme assimilé à de l'antisémitisme, je serais moins ironique que vous envers ceux que vous appelez : "vertueux intellectuels juifs".
Peut-être ont-ils encore fraîchement en mémoire ces crimes antisémites, depuis l'attentat de la rue Coppernic (4 morts, 46 blessés) - le premier crime depuis la fin de la guerre - jusqu'à l'assassinat de Mireille Knoll en 2018, en passant par le meurtre d'Ilan Halimi(2006), la tuerie de l'école juive de Toulouse (2012), l'attaque de l'Hyper-Cacher de la Porte de Vincennes (2015), et l'assassinat de Sarah Halimi (2017) un an avant celui de Mireille Knoll, dont aucun n'a pu être attribué à une quelconque mouvance d'extrême-droite nostalgique des années Trente.

Véronique Allouche a dit…

@Marianne
... et pourtant c’est bien Marine le Pen qui en 2017 affirmait que les rafles du Vél d’Hiv n’étaient pas la France contrairement au courageux Jacques Chirac pour qui la France était responsable et coupable des déportations de ses ressortissants juifs. Ou encore lorsque lors d’un meeting elle traite le président Macron de banquier d’affaires ayant travaillé chez Rothschild, insinuation à peine voilée de la rhétorique antisémite de l’extrême droite. Non le RN n’a pas fait d’attentats ces dernières années, c’est vrai, mais si les mots ont un sens, cette résolution votée à l’assemblée vise les ilslamo-gauchistes bien plus que l’extrême-droite puisque cette dernière n’a pas besoin de l’argument incriminé pour opérer. Son antisémitisme verbal se porte à l’intérieur du pays, pas envers Israël dont elle n’a que faire.
Bien à vous

Michèle Mazel a dit…

Chère Madame Arnaud vous n'avez sans doute pas lu mon papier publié sur ce site et intitulé "Et les églises, pourquoi ne parle-t-on pas des églises." Et les vertueux Juifs demandaient à l'assemblée de ne pas voter le texte.

ACACIA52 a dit…


Même en France ce renouveau de l'antisémitisme n'est pas compris ( par les vertueux intellectuels juifs notamment!).
Merci à l'auteure de nous montrer la frilosité de la presse françazise à dénoncer tous les abus anti-religieux à l'exception de l'Islam.

Marianne ARNAUD a dit…

"L'indignation est à son comble : rendez-vous compte, un cimetière français a été profané !"
Oui mais... un nouvel office national de "lutte contre la haine" est né :

http://h16free.com/2019/12/06/64975-fini-de-rire-la-republique-du-bisounoursland-entre-en-lutte-contre-la-haine