Je n’ai jamais été un militant. Persuadé que tôt ou tard je pouvais être sommé de penser et d’agir contre ma raison, je n’ai formellement adhéré à aucun groupement. En outre, si j’avais fait partie d’un mouvement quelconque, révolutionnaire ou nationaliste, par exemple, j’aurais été de ces militants qui continuent la lutte après la victoire.

Albert MEMMI

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vendredi 22 novembre 2019

L'Autorité palestinienne s'égosille à crier au loup par Michèle MAZEL



L’AUTORITÉ PALESTINIENNE S’ÉGOSILLE À CRIER AU LOUP

La chronique de Michèle MAZEL



           
        Dans l’étrange conflit qui oppose Israël à des voisins qui s’obstinent à lui refuser le droit d’exister, il y a un certain nombre de constantes qui expliquent et servent à perpétuer ce refus. Les menaces et les insultes d’abord. Voilà plus d’un siècle que tel ou tel dirigeant autoproclamé annonce son intention de jeter les Juifs à la mer ; plus d’un s’y est essayé.  Aujourd’hui encore, on peut entendre les tenants du BDS aux États-Unis défiler en chantant à pleins poumons «From the River to the Sea Palestine shall be free» (de la rivière, le Jourdain, à la mer, Méditerranée, la Palestine sera libre).



            Message éminemment clair qui appelle à la destruction d’Israël et auquel font écho les déclarations quasi quotidiennes du Hamas et du Djihad islamique à Gaza, du Hezbollah au Liban et bien entendu du grand architecte de la terreur chiite à Téhéran.  Les dirigeants de Ramallah ne sont pas aussi directs. Leurs condamnations d’Israël s’expriment en termes plus choisis. «Vous avez ouvert les portes de l’enfer» et «les portes de l’enfer vont s’ouvrir pour vous engloutir» par exemple. Ils expriment également sans ambiguïté leur opinion sur les Juifs en général, s’indignant de voir «leurs pieds sales souiller l’esplanade des Mosquées».
          Inutile de chercher une quelconque mention de l’Etat juif sur les cartes des livres de classe des petits Palestiniens. On y trouve en revanche un florilège de haine qui a enfin provoqué les condamnations de l’Union européenne, pourtant d’ordinaire pleine de sollicitude pour la cause palestinienne.

            Mais derrière ce petit Satan, qu’est aux dires des Iraniens Israël, se profile le grand Satan, l’Amérique. Abandonnant la ligne adoptée par le président Obama, le Président Trump multiplie les outrages. Transférer l’ambassade à Jérusalem, fut-ce dans la partie ouest. Reconnaître que Jérusalem est la capitale de l’État d’Israël. Et qu’on n’aille pas leur dire que si les autres pays n’osent pas faire de même, c’est bien là que leurs ambassadeurs viennent présenter leurs lettres de créance au président de l’État, et là encore que chefs d’État et de gouvernements viennent s’adresser à la Knesset ou participer à des cérémonies officielles.
            Forte de l’appui sans failles de l’Union européenne et d’une partie des institutions internationales, qui condamnent les mesures prises par l’Amérique, l’autorité palestinienne a décidé donc de couper les ponts. Les mesures américaines ont sonné le glas du processus de paix et tout espoir de solution à deux États a-t-elle déclaré. Elle a donc annoncé après le transfert de l’ambassade que l’Amérique ne pourrait plus jouer le rôle de médiateur et qu’elle coupait tous contacts avec elle. Ce qui ne lui laisse que peu de leviers pour influencer Washington. 
Pompeo

          Or le secrétaire d’État Pompeo vient de faire une déclaration inouïe : «l’établissement de colonies de civils israéliens en Cisjordanie n’est pas en soi contraire au droit international». Branlebas de combat à Ramallah qui annonce que «les mesures américaines ont sonné le glas du processus de paix et tout espoir de solution à deux États» et qui va une nouvelle fois demander le soutien des instances internationales, soutien qu’elle est d’ores et déjà assurée d’obtenir.
            Il y a tout de même un petit problème. On aimerait savoir de quel processus de paix il s’agit, Ramallah se refusant depuis des années à venir s’asseoir à la table de négociation. Plus grave encore, toute cette agitation politico-médiatique occulte la première partie de la déclaration du secrétaire Pompeo : «Après une étude approfondie du problème conduite par nos services juridiques depuis le début de l’année, la conclusion est que «l’établissement de colonies de civils israéliens en Cisjordanie n’est pas en soi contraire au droit international». Elle aurait pourtant dû conduire à une salutaire réflexion.

1 commentaire:

Ulysse75010 a dit…

Comme d'habitude on coupe ce qui est contraire la démonstration qu'on veut faire et on ne garde que ce qui va dans son sens