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dimanche 1 décembre 2019

Jeudi noir du 5 décembre, du désordre au chaos par BAZAK



JEUDI NOIR DU 5 DÉCEMBRE, DU DÉSORDRE AU CHAOS

Par BAZAK
            
l'intersyndicale (CGTR, FO, FSU, SOLIDAIRES, SAIPER, CFE-CGC et CFTC FP, sans la CFDT) vote la grève

            Était-on heureux comme Dieu en France s’interrogeait l’écrivain allemand Friedrich Sieburg, auteur d’un livre intitulé Dieu est-il français, repris d’une expression yiddish à l’origine. On vient de célébrer la première manif des Gilets jaunes. On nous promet la manif-monstre, mère de toutes les manifs. Tous les médias le répètent à longueur de flash et d’émissions. En prime, les experts économistes, politologues invités à satiété, ont chacun la bonne explication, et ce qui sera la bonne solution. Nous bénéficions ainsi de tous les anciens responsables qui n’ont pas traité les problèmes, mais qui savent comment faire.




            Alors, force est de constater que nous vivons trop longtemps. Cette évidence en vaut bien d’autres. C’est l’origine de tous nos maux. On vivrait moins longtemps, cela règlerait tout, voilà la solution ! Donc avant c’était mieux ! On en vient à se référer à la fameuse clause du grand père, qui permet très sérieusement d’envisager une réforme «réelle» qui aura ses effets dans 40 ans, donc dans cinq quinquennats, si notre mode électoral perdure. Depuis, nos élites ont trouvé une meilleure appellation, qui se veut elle, plus contrôlée, c’est la clause du petit fils ! Du coup on resterait en famille.
            Pendant ce temps, les syndicats qui représentent moins de 10% des citoyens donnent de la voix en s’affirmant représentants du peuple. Les mouvements politiques qui représentent le peuple, même dans l’un d’eux un seul homme le proclame «je suis le peuple». Tous affirment nous représenter et veulent maintenir le statu quo, afin que rien ne change et que l’on continue d’avancer vers le gouffre financier que sont devenus les divers régimes, nous en comptons 42 sauf erreur. Bien sûr, toutes les situations ne sont pas comparables, mais faut-il pour autant jeter le bébé avec l’eau du bain, nombreux sont ceux qui pensent que oui, car corporatistes nous étions et nous le restons.
            Les médias pratiquent le bashing à tout va, les réseaux sociaux rivalisent en matière de désinformation. Nous avions la malbouffe, désormais nous avons également la malinformation. Non, ce n’est pas une fake news, c’est juste qu’elle est un peu tronquée.
            On est contre les paysans, la RATP, la SNCF, les pompiers, les fonctionnaires sont contre l’Etat qui les emploie, et nous contre les automobilistes qui polluent,  les péages qui augmentent, EDF qui nous vend l’électricité la moins chère d’Europe, contre les riches qui paient leurs impôts, les pauvres car on ne voudrait pas qu’il y en ait dans la sixième puissance mondiale, contre la mondialisation car «avant c’était mieux», sauf que ce n’est pas à la même date pour tous. On voudrait toujours être au temps des trente glorieuses, on est contre le changement, car un changement ça ne peut qu’être contre nous. On soufre de deux pathologies bien française, le «ya qu’à» et l’autre bien connue «faut que».
            Bien qu’on s’intéresse de près à la réduction des énergies fossiles, nous restons les spécialistes des usines à gaz. De sorte que nos lois, ou nos réformes sont, pour une bonne part, largement fossilisées. Pour reprendre une formule déjà utilisée, la France se veut péninsulaire au centre du monde et proconsulaire au sein de l’Europe, On n’est pas héritiers de la révolution française pour rien. Rappelons quand même son mot d’ordre, la Fraternité ou la mort ! Sauf que ces temps sont révolus.
            On n’est pas xénophobes, non, mais on reste très méfiant à l’égard de ce qui marche ailleurs, qui ne marchera pas chez nous, car ne l’oublions pas, l’exception française s’applique partout, tout le temps. Quiconque feint de l’ignorer se heurte à un mur d’incompréhension.
            Enfin, constatons que les notions de solidarité, de fraternité et d’égalité entre citoyens et les nouvelles générations ont vécu. Au fond, les Français s’aiment-ils entre eux et s’aiment-ils eux-mêmes. Ce qui se passe depuis des mois, nous surprend, nous choque, nous rend triste et pourtant, il semble quand même qu’il fasse bon vivre en France. Alors le 5 décembre, les gagnants, à première vue, seront les loueurs de vélos, de trottinettes électriques, les agences d’intérim pour la garde des enfants, et les perdants, tous les autres.
            On est en droit de se demander si notre maladie de longue durée n’est pas cette redoutable exception française. Seule une thérapie européenne pourra nous en guérir !

2 commentaires:

Marianne ARNAUD a dit…

Si vous n'y voyez pas d'inconvénient, nous attendrons que "les escargots aient dégorgé", comme l'a si élégamment préconisé le président Macron, pour commenter votre article !

Unknown a dit…

La France est un paradis peuplé de gens qui se croient en enfer !