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samedi 9 novembre 2019

Israël en mal de cohabitation par BAZAK


ISRAËL EN MAL DE COHABITATION

Par BAZAK

            
1996 élections

          L’idée géniale vient de germer au sein du Likoud qui recherche manifestement toutes les options possibles pour sauver le soldat Netanyahou. La dernière trouvaille serait d’élire le premier ministre au suffrage universel. Après d’autres idées, voici la dernière bonne, fausse idée. Sans conteste il s’agit d’une idée neuve. Selon les témoins de l’époque, on se souviendra que, déjà en 1996, un essai pas très concluant eut lieu. Quand on pense aux témoins, ce sont tous les électeurs bien entendu. On compte trois précédents, en 1996 et 1999 et enfin en 2001 avec l’élection d’Ariel Sharon. Le système sera ensuite abandonné.



            Vu de Paris, on reste dextrement surpris et inquiets de constater que les hommes politiques de tous bord n’ont pas pu, et plus probablement pas voulu reformer la loi électorale en vigueur. On peut comprendre que lors de la création de l’État et dans les années qui ont suivi, la proportionnelle intégrale s’imposait. Le pays était en devenir, les menaces extérieures étaient graves et quotidiennes, le nombre d’électeurs était relativement réduit. Il était vital que tous les citoyens soient partie prenante à la vie du pays.
            Mais 70 ans plus tard, le système a montré ses limites et ne permet plus à la démocratie israélienne de fonctionner. Chaque élection est l’objet d’un marchandage éhonté avec parfois des hommes politiques, soit déjà condamnés pour divers délits, soit l’objet d’enquêtes diverses et variées. Il y va de la moralité de la vie politique et de la motivation des habitants, jeunes et moins jeunes. 
           On peut comprendre que pour la génération actuelle, cette conjoncture devient parfois insupportable. Trop, c’est trop ! les députés de tous bord doivent avoir suffisamment de lucidité pour se mettre d’accord sur une réforme réelle du système et mettre fin à cette foire d’enchères à laquelle on assiste au fil des années. Israël n’est pas une république bananière, mais voudrait-on y ressembler, qu’on ne s’y prendrait pas autrement.
            Ensuite, à l’instar de ce qui s’est déjà passé en France, lorsque le gouvernement de Lionel Jospin a cru prendre une décision subtile en modifiant l’ordre des élections, à l’origine élections législatives, puis élection présidentielle. Ce qui paraissait logique, une majorité choisit son candidat, lequel doit logiquement être élu. Jospin fait l’inverse. Depuis on voit bien aussi en France la perversion du processus qui focalise toute la vie du pays sur la prochaine élection présidentielle.
Jospin-Chirac

            En France, la première cohabitation a lieu de mars 1986 à mai 1988 alors que François Mitterrand est président de la République depuis 1981. De 1993 à 1995 : Mitterrand encore président, Balladur premier ministre. De 1997 à 2002, entre Chirac et Jospin.
            Si Israël veut pouvoir se développer comme une démocratie moderne et apte à faire face à tous les défis du quotidien et de l’avenir, le pays doit se doter d’un système électoral qui permette à un gouvernement de fonctionner, sans devoir recompter chaque semaine sa majorité qui risque de se fracturer parce qu’on aura promis, qui un poste dans une commission, là une subvention. Le pays a assez d’ennemis à l’extérieur, pour ne pas s’en créer à l’intérieur.
            Non, définitivement, élire un premier ministre qui se retrouvera ensuite et toujours sans majorité claire, avec un parlement qui s’entredéchire, ce n’est pas une bonne idée ! On attend mieux et autrement des hommes politiques israéliens, quelle que soit leur couleur.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Lionel Jospin a fait cette bonne chose: Il fallait que le président élu ait les moyens de mettre en oeuvre sa politique. Et pour cela ne pas être encombré d'une majorité hostile résultant de précédentes élections (par exemple un président de droite face à une majorité de gauche). Et donc les élections législatives dans la foulée de l'élection présidentielle peut donner au Président les moyens de sa politique.