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samedi 9 novembre 2019

CFD : la prochaine arnaque financière se met en place


CFD : LA PROCHAINE ARNAQUE FINANCIÈRE SE MET EN PLACE

Par Jacques BENILLOUCHE
Copyright © Temps et Contretemps
            

         La commercialisation d’options binaires – outil de trading qui permet de parier sur la baisse ou la hausse de cours boursiers – est définitivement interdite parce que ce placement présente un risque de perte en capital très élevé. La Knesset a adopté le 23 octobre 2017, à l’unanimité, une loi visant à interdire l’industrie des options binaires. La raison principale de cette interdiction consiste à protéger les épargnants contre les plateformes de trading illégales. Celles-ci se révèlent souvent être des escroqueries consistant à ramasser des fonds et à disparaître aussi vite, en reprenant un nouveau nom avec les mêmes opérateurs.




            Derrière le mot binaire se cachaient deux choix : la hausse ou la baisse. Investir en option binaire consistait à parier à la hausse ou bien à la baisse sur un produit qui peut être une action de société, ou bien un baril de pétrole ou encore un lingot d’or. Ces valeurs varient tous les jours selon la loi de marché défini par l’offre et la demande. L’idée de base est attrayante si on aime les risques et les sensations fortes mais la majorité des brokers d’options binaires étaient illégaux et n’étaient pas agréés, surtout en étant basés dans des paradis fiscaux pour détourner votre argent. Leur seul objectif était d’extorquer les mises de fonds de leurs clients.
            Ainsi, un des sites a été accusé d’une fraude de 100 millions de dollars. Par exemple, une investisseuse américaine du troisième âge a perdu 600.000 dollars après avoir déposé ses fonds auprès d’une société fantôme qui agissait depuis des centres d'appel israéliens et allemands. Les escrocs refusaient à leurs clients de retirer leur argent, déjà fortement diminué par des pertes. Ils se mettaient aux abonnés absents et aucune plainte ne pouvait aboutir. Le Parlement israélien a dû en urgence adopter une loi interdisant à des sociétés israéliennes de proposer des options binaires à des clients étrangers, à la suite de nombreuses arnaques dans le monde liées, à ces produits financiers hautement spéculatifs.
Lee Elbaz condamnée pour détournement

            Mais comme les escrocs disposent d’une capacité rapide de réactivité, ils ont cherché à reconvertir leurs plateformes d’options binaires en Israël, avec leurs bureaux modernes bien équipés et avec leurs dizaines d’opérateurs déjà expérimentés pour contacter par téléphone leurs victimes. Ils ont découvert les CFD, contrats de différences, qui sont des produits dérivés, à fort effet de levier, qui permettent de parier sur la variation du cours d’un titre ou d’un indice, sans l’acheter et en immobilisant un faible pourcentage de son prix d’achat.  
         Normalement les CFD ne s’adressent pas aux particuliers mais aux investisseurs professionnels, type Hedge funds, dont la stratégie repose sur des prises de risques élevées et donc des espérances de gain élevées. En juillet 2018 l'autorité européenne des marchés financiers a interdit aux épargnants particuliers les CFD en raison des dangers de certains placements spéculatifs. Mais rien n'a été décidé à ce sujet en Israël.
            Les Francophones, ayant fait leur alyah et souvent à la recherche d’emplois immédiats bien rémunérés, tombent entre les mains d’experts doués pour trouver de nouvelles arnaques afin de gruger les épargnants naïfs attirés par des gains rapides mais qui finissent toujours par perdre toute leur mise. La prochaine arnaque se met déjà en place et il est important d’en exposer le processus pour éviter que des épargnants soient à nouveau victimes de l’arnaque sur les CFD.

            Un CFD (contract for difference) signifie "contrat sur la différence". Sur les marchés financiers, c’est un contrat entre un client et son courtier, un «acheteur» et un «vendeur» ou broker qui jouent sur la différence de cotation d'une valeur. Mais les cotations sont souvent faites par le broker lui-même selon son portefeuille et non à la Bourse. L’acheteur encaissera la différence entre le prix de l'actif au moment de sa vente et son prix au moment de l’exécution du contrat. Mais si l’actif baisse, l’acheteur doit verser la différence au vendeur qui a émis le CFD.
            Les CFD sont des instruments financiers dérivés non réglementés qui permettent de réaliser des profits indexés sur la variation à la hausse, comme à la baisse, d’une action, d’un indice, d’une matière première ou d’une devise. Par exemple, dans le cas d’une action, un investisseur peut spéculer sur les mouvements du cours boursier, sans la nécessité de devenir propriétaire de l'action. L'attrait dans ce produit est attrayant car il est associé à un effet de levier important qui n'existe pas avec les actions classiques. 
        Ce même effet de levier était sous le collimateur des régulateurs des marchés boursiers car, s’il permet de réaliser de gros bénéfices avec un petit capital, il permet aussi d’engranger d'énormes pertes qui dépassent le capital de départ. La grande popularité des CFD et le nombre important de débutants qui y perdaient beaucoup d'argent ont poussé les régulateurs en 2018 à les encadrer dans une nouvelle réglementation au niveau européen.
            Les CFD sont actuellement disponibles pour les particuliers dans quelques pays, dont Israël. Ils ne sont pas autorisés aux États-Unis, en raison des restrictions imposées par la Securities and Exchange Commission (SEC) sur le marché de gré à gré des instruments financiers. Un CFD est totalement illiquide, à savoir constitué d'actifs dont le volume d'échange est faible et qu'on ne peut pas vendre rapidement sans une grande réduction de prix. Il s'agit d'un contrat entre un client et son courtier, limité dans le temps, souvent très court.  Les transactions via les CFD n'entraînent généralement pas de commission directement facturée puisque l'on joue sur la plus-value. 
            Le danger n'est pas dans le CFD lui-même mais dans les brokers chez qui il est acheté étant donné que ces opérations se font hors-bourse. En cas de mauvais choix, l'achat de CFD peut se révéler désastreux, car nombreux sont ceux qui perdent leur mise initiale après une forte variation du cours dans un marché fermé. 
            Les courtiers régulés en France se couvrent et préviennent leurs clients du danger avec la mention suivante : « Le service d'exécution d'ordres sur CFD présente un risque élevé et peut aboutir à des pertes excédant votre investissement initial. La négociation sur CFD ne convient pas à tout type de client. Veuillez-vous assurer que vous avez pris pleinement conscience des risques inhérents à ce type d'opérations».

            Le mécanisme des CFD est simple. Dans le cas de la bourse normale, vous pouvez investir 1.000 euros sur une action garantie puisque déposée en banque, dont les cours ont lieu à la Bourse et dont vous devenez propriétaire. Si elle dévisse de 10%, vous avez perdu 100€ mais il vous reste 900€ et vous pouvez attendre qu'elle remonte puisque vous n'êtes pas tenu par une durée imposée. Tant que vous n'avez pas vendu, vous n'avez pas perdu. 
       Dans le cas du CFD, l’investisseur privé n’achète pas une action à la totalité de son prix. Il spécule sur son évolution dans un temps très limité, une journée, une semaine, un mois. Il peut par exemple investir 100 dollars pour l’achat d’un CFD d’une valeur de 1.000 dollars. Avec ce montant il n’est pas propriétaire de l'action mais il joue sur sa variation dans un délai contractuel souvent très court. Si l’action passe à 1.100 dollars, le gain immédiat est de 100 dollars donc on double la mise. Mais si l’action baisse à 900 dollars, la perte est de 100 dollars donc tout le capital investi est dilapidé et sur des gros montants, on peut être ruiné. Et même si l'investisseur gagne, il est poussé à réinvestir sa mise jusqu'à ce qu'il ait tout perdu, un peu comme au casino.
            Alors comme pour les options binaires en leur temps, de nombreux sites vont fleurir en Israël proposant des gains rapides avec la vente de CFD mais ces sites non régulés n’ont qu’une durée de vie limitée, le temps de récolter les économies de quelques naïfs qui seront dans l’impossibilité de récupérer leur mise car une fois entré, votre argent ne vous est jamais remboursé surtout quand les officines de CFD disparaissent dans la nature sans laisser d'adresse.
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6 commentaires:

2 nids a dit…

Merci pour l'infos, mais j'ai pas gagné à l'Euromillion, donc pas de risque...et puis la naïveté c'est pas ma tasse de "thé"

bliahphilippe a dit…

lecteurs avant qu'il ne soit trop tard au cas ou certains auraient eu la mauvaise idée de rentrer dans cet engrenage. Pour ma part je souhaiterais compléter votre excellent article par une mise en garde plus générale sur le fait de "jouer" ou dit plus pompeusement "iinvestir" en bourse. Allons à l'essentiel : un apprenti joueur au casino a moins de chance de perdre en se plaçant à la roulette sur le "rouge" ou le "noir", en tenant compte bien sur de la variable "zéro" de couleur verte. En effet les statistiques donnent grosso modo une chance appoximative 50/50 sous réserve du Vert. En bourse les chances d'un investisseur petit ou moyen sont quasi nulles pour les raisons suivantes : 1)-Ce type d'investisseur désigné plus haut ne dispose pas des informations clés entre les mains de ceux qui appartiennent au "sérail",c'est à dire le cercle des informés qui décident d'acheter ou de vendre. 2) hors de ce cercle le joueur n'est plus un investisseur ,mais un parieur inconscient à considerer comme un suiveur de tendance où généralement il se place en fin de course.3)- Ne jouant pas dans la meme cour des grands il ne dispose pas des moyens techniques informatiques à la différence par exemple des banques, des Cie d'Assurance ou hedge fund. Ainsi le carnet d'ordre d'achat ou de vente est limité pour un joueur individuel alors que les "grands voient directement plus profondément à l'intérieur dudit carnet ce qui fait une grande différence dans l'orientation supposée de l'action ou de l'indice.4)- Ces grandes sociétés disposent en cas de necessité d'achat ou de vente de robots informatiques agissant à la nano seconde.pas le commun des mortels"avec son ordinateur si rapide soit-il. à qui ils abandonnent des miettes 5)- Les grands investisseurs regardant votre action sont capables en quelques secondes de faire baisser ou monter la valeur en raflant votre mise que vous imaginez protégée par un stop-loss.6)-Sortir d'une valeur est couteux à l'entrée et à la sortie :Soit vous gagnez peu ou bien vous attendez en multipliant les risques.7)- Vous pouvez gagner -allez! soyons généreux - 6 à 7 fois sur 10 -ce qui est un exploit ,mais les 2 ou 3 fois où vous perdez neutralisent les gains antérieurs au meilleur cas alors que les pertes vont plus loin que les gains en cas de chute toujours plus rapide.8)- Un broker important d'une société parisienne m'a confié un jour de dépression que 90% des petits et moyens joueurs sont lessivés apres maximum 3 ans si tant est qu'es qualité de pigeons'ils tiennent cette durée. En conclusion :évitez ce piége ,ne leur donner jamais votre argent et surtout ne le laissez pas gérer par autrui car vous aurez peu de chances de le retrouver meme si un un représentant au sourire carnassier vous affiche en guise de démonsration des belles courbes ascendantes matérialisant la réussite de ses-vos- investissements.

Patrick a dit…

Philippe je suis à moitié d accord avec vous mais la bourse avec des investissements sur des Blues Chips ou valeurs sûres ne représente pas ce risque.
Même certains gouvernements encouragent de tels placements.

bliahphilippe a dit…

@ Patrick : d'accord à 50%? Vous n'avez pas tout perdu alors puisqu'il en reste la moitié!
Quant aux "valeurs sures" que deviennent-elles aprés chute boursiere? France telecom par exemple -et bc d'autres- valait en bourse plus de 150 euros.Aujourd;hui elle en vaut moind de 20 euros.On dit que la bourse se jouait sur la durée.Mais comme dirait un traiteur juif :Avec Ladurée vous etes chocolat".Dans combien de siécles l'action retrouvera son cours? Il existe quelques belles exceptions avec des start ups à l'avenir brillants,je vous l'accorde mais la encore il faut etre bien informé et mieux encore en faire partie, y travailler et attendre le parachute doré.

Daniel D. CESZKOWSKI a dit…

Pas plus que pour les options (dont il existe par ailleurs des marchés régulés) les CFD ne sont une escroquerie en soi. Il existe des émetteurs tout à fait honorables, et il y a aussi de nombreux CFD sans levier. L'escroquerie est constituée quand les CFD à effet de levier sont proposés à des investisseurs peu au fait comme des investissements sans risque.

Gaston a dit…

D'accord avec Daniel. Certains émetteurs sont de confiance. La bourse est un métier pour les pros comme pour les investisseurs. Ils doivent avoir un plan dans tous les cas: stagnation, perte, gain. L'investisseur doit travailler sur son investissement, s'informer et décider. En somme, seuls quelques uns qui effectuent ce travail, s'en sortent.