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dimanche 27 octobre 2019

Solution par Claude MEILLET


SOLUTION

La chronique d'humeur de Claude MEILLET


           
          Poussé dans ses retranchements, Jonathan finit par donner acte avec bravade au cercle de ses inquisiteurs incrédules. «Vous l’aurez voulu. Vous allez bien voir ce que vous allez entendre». La discussion avait démarré sur la place, le rôle, le comportement d’Israël dans son environnement. «Vaste sujet» aurait dit le Général. Pour tourner, comme d’habitude, au débat multi couches, multi directionnel, aux déclarations aussi définitives que contradictoires. Et, dans un instant miraculeux de calme relatif, il avait commis l’imprudence de glisser, «il y a des solutions évidentes car rationnelles». Déclenchant aussitôt le flot d’exclamations ironiques, rigolardes, indignées, pour se terminer par une mise au défi unanime. Il fallait assumer les conséquences de cette aventureuse prise de position.



            Il faut commencer, leur dit-il, par montrer clairement l’absurdité des positions anti-externes, antisionistes comme anti-israélienne. Enlever les lunettes noires de tous les dogmatismes. L’antisionisme est maintenant une erreur historique. Il était possible au début et pendant la mise en œuvre du projet sioniste. Mais la loi de tout projet, celui-ci comme les autres, est de rendre caduc le champ de critiques et d’approbations qui l’accompagnent, quand il devient réalité. Un autre champ autour d’Israël s’est ouvert, mais radicalement différent. La transformation et le développement du sionisme en État israélien renvoient les antisionistes aux archives de l’Histoire.
            L’anti-israélisme, si vous permettez cette néologismisation, (des hourras fusèrent), relève, lui, du total irréalisme. L’arbre Israël, planté dans le sol du Moyen-Orient, est tout aussi indéracinable que les arbres France, Royaume Uni, Allemagne, Italie…. Dans le sol européen. Il creuse et élargit ses racines non seulement dans son passé, mais dans le futur. À partir d’un double appui. La faculté de résilience que sa religion a offert au peuple juif à travers les siècles. La faculté de la nation israélienne à transformer la vision et l’idéal sioniste en inconditionnelle volonté de vie, collective et individuelle. Volonté encore amplifiée par l’électrochoc absolu qu’a constitué la Shoah. Autant toute critique d’Israël est légitime, juste ou injuste, autant toute négation existentielle ne peut être que vœu vain, illusoire.
            Sans laisser souffler son auditoire, devenu plus attentif et discipliné, il enfonça un autre clou. «L’anti» interne devrait être aussi démonétisé. L’existence d’une significative et déterminante minorité arabe, musulmane, druze, chrétienne, bédouine, circassienne, devrait être considérée comme une double chance et non pas comme un handicap par la majorité juive du pays. Pour deux raisons majeures. Sa présence préserve le pays de la tentation théocratique d’un État qui ne serait constitué que d’une population de confession juive. L’histoire récente l’a encore démontré, le risque de prédominance de la loi religieuse sur la loi laïque n’attend qu’une occasion pour se réaliser. Raison positive par ailleurs, le judaïsme ne peut que s’enrichir d’une culture contradictoire. Stimulatrices, les diverses cultures arabes deviendraient rapidement complémentaires si les conditions de leur expression devenaient comprises, structurées, c’est-à-dire positives.
            Au lieu de baigner dans la réciprocité de la méfiance, parfois du rejet, les deux cultures, juive et arabe, gagneraient toute deux, dans un effort partagé d’interpénétration accrue, favorisée, cultivée. «Et nos amis Palestiniens, ta solution, elle les passe à perte et profit, sans doute ?», l’interrompit un de ses auditeurs, un peu plus hargneux qu’interrogatif. Très simple, renvoya Jonathan, en boulet de canon. Au moins dans le raisonnement, tempéra-t-il, par souci de relativité.
            La solution des deux États dans sa forme la plus pure, est certainement devenue impossible. Les positions de part et d’autre, le climat de méfiance au mieux, de haine au pire, les opinions publiques, sans compter la dualité de situation Cisjordanie/ Gaza, tendent à la rendre illusoire. La solution d’un seul État est en elle-même suicidaire pour la majorité juive israélienne actuelle. Et ses variantes semblent toutes irréalistes et très hypothétiques dans leur mise en œuvre.

            Un constat qui dirige droit vers la solution fédéraliste. À construire, je vous l’accorde. Mais qui donne ses chances au futur à quatre conditions. Un commencement modeste. En base, une autonomie réelle et limitée. Associée à une politique d’accords de collaboration sectorielle. Une prise d’appui sur la société civile ensuite. Le renforcement et l’élargissement du travail des associations israélo-palestinienne existantes. Nombreuses déjà. Dans beaucoup de domaines, éducation, technologie, architecture, santé, transport, culture…. De façon évolutive aussi. Par étapes, mutuellement définies et consenties. En fonction de la connaissance et de la confiance gagnées. Enfin, avec la consultation fréquente, renouvelée, des deux peuples. Pour les associer et les rendre acteurs de la solution. Et pour favoriser un mouvement d’unification politique. Qui, comme chacun sait, est une chose trop sérieuse pour être confiée aux politiques.
            Jonathan sentit que ses coups avaient portés. Soucieux de conforter cette demi-victoire, il compléta. Pas d’illusion. La solution, je crois, existe. Mais c’est un combat. À commencer par la lutte contre la corruption. Des deux côtés. Morale et matérielle. Qui infecte les deux vies internes. En restant attentif aux menaces externes. Réelles. Du côté de l’Iran. Du côté de cette guerre anachronique Shiites/Sunnites. Du côté de l’extrémisme religieux. Voilà. Une solution, sinon la solution. Qui ne demande que deux choses. La lucidité et le courage. Rien que ça.
            J’ai au moins, relevé le défi, pensa-t-il. Reste à me relever, tout court. J’aimerai bien trouver la solution à ce sacré mal de dos.

5 commentaires:

Unknown a dit…

Excellent.Votre position est la mienne depuis bien longtemps

Marianne ARNAUD a dit…

Ne manquerait-il pas un mot à la si séduisante "solution fédéraliste" de Jonathan ? Et ce mot pourrait-il être : l'argent ? Car un humoriste n'a-t-il pas constaté : "On trouve toujours de l'argent pour faire la guerre, jamais pour vivre en paix" ?

bliahphilippe a dit…

Israel est trop petit de taille pour offrir à se multiples minorités une solution fédéraliste qui aboutirait dans la situation actuelle à une solution "cessez sioniste"-pardon du jeu de mots-
Quant à l'état théocratique rappellons qu'il a existé du temps du royaume d'Israel sans qu'il ait ete fait etat-comme dans l'Occident chrétien et dans les pays d'Islam- d'exactions envers les minorités résidant en Israel car précisément protégées par le cadre biblique, celles-ci devant accepter la loi hébraique leur conférant en tant que "guer tochav"(étranger résident) un statut particulier dont les sociétés européennes qui ne cessent de nous donner des leçons par ses ambasadeurs émérites devraient s'inspirer s'ils veulent que leurs sociétés survivent hors une dislocation annoncée susceptible de s'avérer douloureuse. Gageons que nos sources en perpétuelle adaptation nous permettront dans le futur de trouver des solutions acceptées par des minorités qui n'auraient pas la volonté ni l'ambition de transformer un Etat juif en un Etat qui n'a plus rien de juif,Clequel n'aurait plus de raison d'etre. Et si un jour cela doit se faire dans un contexte théocratique cela ne regarde que les juifs.

Jonathan a dit…

Bliahphilippe, enlevez les lunettes noires de l'idéologie. Si vous relisez alors, vous verrez que la solution fédéraliste ne s'adresse évidemment pas aux minorités israéliennes.

Étirév a dit…

Bonjour,
Il est des gens naïfs qui croient que l'histoire est le récit exact des faits du passé. Ils semblent ignorer que le monde est, depuis longtemps, régi par le mensonge et que le désordre de la société actuelle en est la conséquence.
A toutes les époques, il y a eu des partis qui, voulant s'emparer d'un pouvoir auquel ils n'avaient pas droit, ont appuyé leurs prétentions sur une idée, un système, une théorie religieuse ou sociale, qu'ils ont propagée par violence, par fraude ou par ruse.
Le désordre social a été engendré par l'erreur ancestrale devenue l'erreur religieuse.
La Religion, c'est la force morale qui gouverne les hommes même à leur insu, puisque c'est elle qui fait les mœurs et les mœurs sont au-dessus des lois. Elles font les lois.
Donc le régime religieux est au-dessus du régime politique, même lorsqu'une religion cesse d'exister comme puissance reconnue, si sa morale persiste et perpétue le mensonge social.
On ne change pas une nation en changeant sa politique. On la change en réformant ses mœurs, et pour réformer les mœurs il faut changer les idées.
Pour cela il faut deux choses :
Etudier les lois de la Nature, créer une science impartiale, dégagée des idées préconçues que les préjugés religieux et sociaux ont ancrées dans l'esprit des hommes et qui influencent les savants eux-mêmes, puisqu'ils mettent les préjugés religieux et sociaux, c'est-à-dire la fausse morale, au-dessus de la recherche de la vérité.
Mais surtout, il faut faire la lumière sur l'ancien fonds de traditions qui sert de base à la vie morale et sociale, c'est-à-dire faire l'histoire réelle des religions.
En 1916, un professeur de Paris a dit cette phrase prophétique : « La question d'exégèse domine la question religieuse. La question religieuse domine la question philosophique. La question philosophique domine la science, laquelle domine la sociologie, qui domine l'Etat.
« Donc, tout doit partir de l'exégèse. »
L'histoire que nous allons relater maintenant est l'événement le plus extraordinaire qui se soit produit pendant le cours de l'évolution humaine.
Et ce n'est pas un fait circonscrit dans un temps donné, limité à une période de l'histoire, spécial à un peuple, c'est la conséquence inéluctable du rayonnement d'un cerveau, surgi dans un passé lointain, qui a grandi dans le temps et a eu un retentissement immense dans la vie des générations qui se sont succédé à la surface de notre planète. Les conséquences morales, sociales, religieuses qu'il a eues dans le passé, sont la cause de nos luttes actuelles. Et cela prouve l'inconcevable puissance que contient l'idée, quand un germe jeté dans le monde y est fécondé par la lutte des hommes.
Nous allons voir un livre, le Sépher, dont nous ne connaissons plus qu'une partie, mais qui, dans sa rédaction originelle, ne devait pas dépasser l'importance d'un ouvrage moderne de 150 à 200 pages, arriver à une fortune si extraordinaire que la moitié de l'humanité connaît aujourd'hui l'existence de cet ouvrage séculaire par la version grecque qui en a été faite et qu'on a appelée la Bible.
D'où vient le succès de ce livre ? Quelle fut la cause du grand mouvement qu'il suscita ? Comment les idées déposées en ces pages ont-elles soulevé tant de discussions, fait naître des passions si diverses ? Pourquoi ont-elles traversé les âges, pénétré en tant de pays, régi tant de peuples, servi de bases aux religions les plus répandues, en même temps que ces mêmes idées, dans leur forme première, étaient soigneusement cachées dans le symbolisme des sociétés secrètes ?
C'est ce que nous allons étudier.
Lien : https://livresdefemmeslivresdeverites.blogspot.com/2017/07/histoire-des-israelites.html
Cordialement.