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vendredi 11 octobre 2019

Notre bon ami Donald Trump



Par Jacques BENILLOUCHE
Copyright © Temps et Contretemps



Ceux qui se sont réjouis trop vite de l’élection de Donald Trump et de sa proximité avec Benjamin Netanyahou doivent se sentir bernés. Le président américain lâche ses amis les uns après les autres, la rébellion syrienne d’abord, l’opposition iranienne ensuite puis les Kurdes aujourd’hui abandonnés aux mains des Turcs qui vont se faire un malin plaisir de leur montrer le droit chemin, celui de l’extermination souvent, ou celui de l’exil s’ils trouvent un pays où se réfugier.



            Les revirements intempestifs de Trump commencent à inquiéter et mettent en évidence son égoïsme politique. America first ! Les sommets occidentaux se suivent et se ressemblent dans la même symbolique, le désintérêt total des Américains. Le président américain n’a que faire de la dramaturgie diplomatique. Il se singularise par une inconstance à toute épreuve, même face à Kim Jong-un, au point que le coordinateur des relations transatlantiques du gouvernement fédéral allemand, Peter Beyer, en vienne à déclarer que «les Etats-Unis ne sont visiblement plus un partenaire fiable dans les accords internationaux, et c’est un mauvais signe ».
            Israël doit donc s’adapter à sa versatilité et s’attendre à des jours sombres dans son amitié avec les Etats-Unis tant qu’il sera au pouvoir. L’État juif est contraint de revoir ses ambitions à la baisse. Heureusement qu’avant son départ Barack Obama avait signé un accord militaire de 3,3 milliards de dollars par an, sur 10 ans, assurant de manière irrévocable le financement des besoins militaires. On aurait pu avoir des surprises. Israël ne peut miser sur un avenir incertain, pour preuve la volte face qui laisse le champ libre à la Turquie dans le nord de la Syrie.


Erdogan a annoncé qu’il envisageait de lancer une attaque contre les Kurdes à tout moment. Son ministre des affaires étrangères affirme à présent que la Turquie est prête à nettoyer «le nord de la Syrie des terroristes» sous-entendu les forces kurdes, sachant que les soldats américains n’ont plus pour mission d’intervenir pour les en empêcher. Pour Trump, «il est temps d’en finir avec les guerres ridicules sans fin, souvent tribales. Il faut ramener nos enfants à la maison» comme il l’a écrit dans un tweet.
S’il est bien sûr critiqué par ses opposants démocrates au Congrès, certains Républicains n’approuvent pas cette décision unilatérale, à l’instar d’un fidèle du président, le sénateur Lindsay Graham, qui a qualifié la décision de Trump de «désastre. L’abandon des Kurdes sera une tâche sur l’honneur de l’Amérique». Le sénateur Marco Rubio estime qu’il s’agit d’une «grave erreur qui aura des implications au-delà de la Syrie. Daesh en sortira renforcé sachant qu’un millier de prisonniers des Kurdes pourraient retrouver la liberté». Nikki Haley, figure montante des Républicains, estime qu’il «faut toujours soutenir nos alliés si nous attendons d’eux qu’ils nous soutiennent. Les Kurdes ont eu un rôle crucial dans notre combat contre Daesh ; les abandonner à la mort est une grave erreur».
Mais fidèle à son ego, il n’est pas certain que Trump tienne compte de ces critiques. On ne peut imaginer une détermination aussi cynique. Trump prend des décisions impulsives sans analyse préalable, montrant ainsi sa méconnaissance totale du terrain. Cela peut et doit servir de leçon à Israël qui ne doit compter que sur lui-même et sur ses forces de défense. L’égoïsme américain, appliqué sans aucune retenue, pourrait être fatal à la sécurité d’Israël. Avec la nouvelle gouvernance, l'amitié américaine n'est plus fiable, donc Tsahal doit être prêt à toute éventualité. Ceux qui continuent à pérorer sur l’amitié de Trump et s’afficher sur des panneaux publicitaires à ses côtés, devraient en tirer vite des conclusions.  


Mise à jour du 8 octobre 2016

          Signe de confusion, devant les nombreuses critiques venues de son camp, Donald Trump a semblé revenir en arrière en précisant que seulement 50 à 100 membres des forces spéciales allaient être redéployés à l'intérieur du pays. L'imbroglio américain en Syrie est complet. La Maison-Blanche a reculé après avoir donné l'impression, la veille, d'un début de retrait des forces américaines de Syrie et d'un blanc-seing pour le lancement d'une opération militaire turque contre les Kurdes au nord-est du pays.


3 commentaires:

Gérard ATTAL a dit…

Je suis sidéré de constater que Trump lache tout le monde pour lui la politique c’est uniquement du business , je l’aime bien , mais maintenant je m’en méfie comme mon ombre , il parle trop et n’agit pas . Il est trop versatile et c’est très Dangereux , ses réactions sont totalement imprévisibles je souhaite qu’il prenne conscience de cela et réagira de manière probante pour la stabilité du Moyen Orient .

Jean ZERBIB a dit…

Mon cher Jacques Benillouche ,
Il me semble que Trump est fatigué des salamaleks de la politique intérieure Israélienne et des caprices de ces responsables .
A mon avis , c'est un signe adressé aux responsables politiques israéliens , ou vous formez très rapidement un gouvernement et l'amérique pourra être là ( diplomatiquement et fourniture de matériel militaire ) ou alors on vous laissera seuls face à Erdogan et aux ayatollahs .
Bibi est un des rares hommes à lui expliquer et faire comprendre ce moyen-Orient si compliqué .
A mon avis les caprices de Libierman en avril ont exaspéré Trump qui avait de grands espoirs avec son deal du siècle

Marianne ARNAUD a dit…

Cher monsieur Benillouche,

Le Général De Gaulle, ne disait-il pas déjà en son temps : "Les États-Unis n'ont pas d'amis, ils n'ont que des intérêts" ?
Et j'ajoute, qu'aussi choquante qu'ait pu apparaître la formule de Jean-Marie Le Pen sur : la Shoah "un détail de l'histoire", elle n'en est pas moins criante de vérité concernant les États-Unis et leur conduite au cours de la Seconde Guerre mondiale :

http://memorial-wlc.recette.lbn.fr/article.php?lang=fr&ModuleId=39